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Un visiteur
4,0
Publiée le 5 novembre 2006
Bonne petite surprise que ce film tendre, amusant, émouvant. Certes quelques longueurs que lon pardonne aisément. Découverte dun Darroussin non plus excellent acteur mais aussi réalisateur prometteur. Pas tapageur, parisien et nettement mieux que « Dans Paris » Sympathique.
Un film volontairement modeste dans son ton, dans sa réalisation et dans son jeu. C'est reposant, à l'opposé des films du box office. Daroussin fait autant passer les sentiments derrière la caméra que devant. La distance est toujours juste.
Le film ne vaut d'être vu que pour le jeu de de Darroussin (on notera également les apparitions réussies d'Hippolyte Girardot). Pour le reste le film oscille entre conte désillusionné, documentaire mal-façon "Strip Tease", fable à la morale sans conviction : il vaut mieux être riche parmi les pauvres que pauvre parmi les pauvres. Reste que Jean-Pierre Darroussin est lumineux en paumé du confort qui joue du carnet de chèque pour tenter de faire le bien là où l'on fait son miel des emmerdes des autres.
Un petit bijou de délicatesse et dhumanité ! Pour son premier film, Darroussin impressionne par sa maîtrise et son sens du rythme, de la respiration Ode à la lenteur et au temps de vivre, la forme colle au fond et rend cette uvre salutaire à plus dun titre. Les caractères sont finement dessinés et lintrigue rondement menée. Ce film se trouve toujours là où on ne lattend pas, renverse les codes pour mieux nous surprendre et va dénicher lhumanisme au cur de lhumanité On en ressort ragaillardi et plein de foi en lêtre humain (ce qui n'est jamais gagné davance) Petit bonus : Paris est filmée comme rarement, avec amour, dans toute sa beauté Un coup dessai, un coup de maître !
Il y a quelque chose du "Goût des Autres" dans ce film de J-P. Daroussin - mais en plus pessimiste sans doute, ou du moins avec un fond désabusé. Les "petites gens", qui semblent au premier abord plus sensibles et plus "aimables" que la haute société, se révèlent avec leurs failles et leurs idées reçues - mais sans pour autant devenir antipathiques ni caricaturaux. Finalement, Daroussin met en quelque sorte en lumière les petites méchancetés humaines pour ce qu'elles sont souvent : de petites réactions sans graves conséquences, des faiblesses qui appellent plus la compassion que le rejet. Derrière une apparence de funambulisme misanthrope, ce film reste un tableau humain et finalement assez tendre. Et qui garde un message optimiste : même si la "bonne intention" peut être mal comprise, elle reste utile et apporte de la lumière à ceux qui en manquent. Le film pêche par moment par un rythme un peu désinvolte, mais comment le reprocher pour un premier film, surtout aussi réussi par ailleurs ?
Jean-Pierre Darroussin signe un film subtile, ingénieux et original. Etant à la fois acteur principal et réalisateur du film (pour la première fois), il a réussi à rester humble ( ce qui n'est pas si fréquent dans le monde du cinéma) et à nous offrir une mise en scène inventive et pourtant tout en retenue, ce qui suppose un talent de cinéaste non négligeable. Son film aborde entre autre la question des rapports de classe et de la manière dont la société cherche à nous imposer des attitudes, des manières de vivre; ce qui est "convenable" et ce qui ne l'est pas. mais ce film nous interroge aussi sur la liberté de l'artiste, et plus généralement sur l'absurdité de la vie. Un grand film donc, tout en finesse, avec un Jean-Pierre Darroussin trés inspiré et que l'on espère retrouvé trés vite derrère la caméra.
Je trouve que Darroussin, partagé entre ses deux fonctions, est sur quelques scènes moins convaincant quà laccoutumée, lui qui est dhabitude un acteur parfait de bout en bout ; ce qui ne lempêche pas de camper son personnage avec force. Voici pour mon habituel côté obscur de la critique, et je vais maintenant me confondre en éloges. Quel film magnifique ! Par où commencer Tout dabord, la transposition du roman de Bove dans le Paris actuel est brillante tant sur le fond (le conflit intérieur dun homme qui souhaite se détacher de la société tout en conservant son humanisme) que sur la forme (simplicité, subtilité, unité de ton, cohérence temporelle). Un scénario béton donc, qui permet aux acteurs dincarner leurs personnages au plus intime puisquil savent où aller, de surcroît dirigés par un metteur en scène qui a une vision très précise de son projet et sancre dans la sobriété pour laisser son film respirer. Cette démarche est transcendée par le travail remarquable de léquipe technique : la conjonction de la prise de vue (cadrage et couleurs), de la prise de son et du montage permet au film de retranscrire fidèlement latmosphère parisienne, et surtout de capter dans un même plan la réalité et la magie du monde. Par son aspect contemplatif (mais sans lenteur), elle renforce la subjectivité du personnage principal, à la fois dans la vie et détaché de lexistence. Comme lindique avec pertinence le générique de fin, ce film généreux est dédié à ceux qui lont fait ; je les remercie tous pour ce moment de pur bonheur cinématographique.
Petite précision : Je ne suis pas prof de collège, je ne corrige pas une copie, je ne peux pas me permettre de "noter" des mois des travail en 5 minutes sur un coin de table... mais comme Allociné m'oblige à mettre une étoile... "Le Pressentiment" n'est pas un film inregardable; à la télé un dimanche soir, on peut même peut-être l'apprécier. Mais au cinéma, je pense qu'on peut s'en passer : sans être tout à fait une caricature de film français, Le Pressentiment confond une fois de plus dépression et existentialisme : un personnage à la dérive qui se regarde complaisament sombrer, ça s'appelle la dépression, pas de quoi se prendre pour un poète incompris et torturé, et surtout, pas de quoi donner des leçons au monde. Car c'est le second problème de ce film : comme tous les films qui essaient de faire passer un message "moral" (càd les 3/4 des films), il est "sociologique" : les personnages n'existent pas en tant que tels, il n'y a que des produits d'un milieu social, caricaturés si possible pour bien qu'on comprenne la démonstration. La démonstration en question est confondante de naïveté et ne doit émerveiller que les bourgeois qui, n'ayant jamais vu de vrai pauvre, fantasment les milieux prolos : "chaque milieux social a sa culture et sa logique". La belle affaire! Un grand bourgeois qui décide de se retirer chez les prolos, quelle transgression! C'est surtout une occasion de plus pour aligner des clichés sur les pauvres, lorsque les riches les regardent : nécessairement désespérés, fatigués, ralentis, les pauvres vivent nécessairement dans la misère sociale (ce qui n'a pourtant rien à voir avec la pauvreté), méritent la compassion, méritent qu'on les aide, et a fortiori s'ils satisfont aux critères esthétiques bourgeois : à la fin, le héros "sauve" deux femmes de la "misère", parce qu'elles ont la grace et méritent ce "salut". Ce film très moyennement réalisé transpire une fois de plus la morale bourgeoise, et n'est sauvé que par la bonne prestation de Darroussin
J'ai honte. J'adore Jean-Pierre Darroussin. Et je suis scandalisée. Contre une production pourtant reconnue qui permet le mico dans le champs à pas moins de 10 reprises, de façon complètement amateur. Contre un distributeur et une salle ( le MK2 Bastille) qui ose balancer pour un plein tarif une vieille copie presse pourrave avec le peigne sur les deux premières bobines plein pot. Le public appréciera. C'est contre productif vis à vis d'un film sensible qui n'avait pas mérité tel traitement
J.P Darroussin nous montre un belle exemple de fraternité. En incarnant un personnage fort et sensible qui n'attend pas forcément un retour à se qu'il donne. Le pressentiment est un film plaisant qui peut nous faire réfléchir sur le rôle que l'on peut jouer dans un quartier. :)
Les dialogues et la direction d'acteur sont ratés : alors que le film tente de coller à une certaine réalité, les intonations et les mots utilisés sonnent complètement faux, et Darroussin, d'habitude excellent, livre ici une prestation assez médiocre. En outre, il est affublé d'une perruque fort laide qui parasite chacune de ses scènes. C'est bien simple, on ne voit que ça ! Par-dessus le marché, on ne peut pas dire que l'intrigue soit des plus passionnantes... Et pourtant, Le pressentiment est loin d'être un film antipathique, grâce à une ambiance nonchalante qui sied particulièrement à l'image publique projetée par l'acteur, et la volonté de s'attarder sur un Paris populaire bien souvent laissé de côté par une production cinématographique se cantonnant aux sites touristiques ou aux prétendûment beaux quartiers. Sans être une réussite, le film laisse entrevoir le potentiel de Darroussin en tant qu'auteur.
Le rendu à l'écran de livre de Bove n'est pas tres sensible et l'on navigue sans émotion dans un film tout en errements et en vides. Le scénario est tres sage et je regrette le manque d'entrain. La petite musique mélancolique me laisse indifférent.
Très Décevant, par rapport aux critiques ou à la bande annonce. Le film a trop de longueurs, et pourrait se tenir en 30 minutes maxi. En plus, le thème du changement de vie n'est quasiment pas développé, tandis qu'on a de longs plans de "réflexion"...Je me suis donc franchement ennuyée.
Pour moi, ce n'est pas une grande oeuvre de cinéma. Par contre ça donne envie de lire le livre, de s'arrêter sur les réflexions d'un auteur à découvrir, de s'y intéresser... De cette façon, le pari de Darroussin n'est-il pas gagné, au fond?