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ECh94
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5,0
Publiée le 26 novembre 2006
Très belle et très émouvante histoire que celle qui nous est présentée par L.Belvaux dans ce film policier fortement teinté de mélodrame. Les symptômes du chômage, de lexclusion et du déclin social inexorable sont abordés à travers un scénario sombre qui prend sa source dans le bassin industriel liégeois. A partir dune banale histoire de mobylette en panne, quatre sympathiques laissés pour compte de la société vont forcer leur destin et se lancer, en allant à lencontre de leur nature et de leurs valeurs morales, dans un acte aussi héroïque que désespéré, par amitié et solidarité. Le geste est dautant plus beau quil est vain et totalement démesuré au regard des suites à encourir puisquil va plonger ses auteurs dans une illégalité qui accentuera lostracisme dont ils sont victimes. Au delà dune peinture sans concession de la situation économique de la région, le réalisateur privilégie résolument les études de caractère de ces êtres marginalisés par leur statut social et la description des situations dramatiques qui vont les plonger dans lirréparable. Car si le braquage de lusine, au travers de sa méticuleuse préparation, constitue la motivation obsessionnelle, en guise dexutoire, de nos héros, il nest finalement quun prétexte à un drame social qui nous délivre un message profond et empreint de pessimisme sur les dérives de la société actuelle. A limage de la gravité du sujet traité, la mise en scène est sobre et efficace et nous offre au passage quelques superbes plans densemble de la ville. Les dialogues sont forts et percutants, comme il sied à un film qui mêle chronique sociale et histoire policière. Tous les comédiens sont formidables et donnent une grande authenticité et une touchante humanité à leurs personnages. Ce petit chef duvre, qui par son intensité dramatique et lexhibition de la détresse humaine aurait pu en dautres temps inspirer E.Zola, na malheureusement pas bénéficié de la diffusion quil aurait amplement méritée davoir en salle.
Lucas Belvaux méle avec brio et avec habileté le cinéma de société et le cinéma de genre. En confondant probléme de chômage et braquage, Belvaux fait un film original et d'une qualité plus qu'honorable. Sa séléction au festival de Cannes a amplement été merité en vue de l'atmosphére du film consciencieusement instauré. La musique de Riccardo del Fra taille l'oeuvre dans un bois angoissant. C'est d'ailleurs la musique aux notes appuyées et saccadées qui enrobe le film de tension et lui confére ce côté si grave. Mais "La Raison du Plus Faible" n'est pas un film grave. Il traite de sujets graves ( les accidents du travail, le chômage par ceux qui le vivent et ceux qui le voient, le divorce ) mais il utilise pour en traiter une forme familiére, presque drôle - sans pour autant l'être -. L'humanité qui déborde des acteurs nous noient sous un déluge de colére. D'une colére qu'ils ont enfui en eux et qui éclatent parfois. Le quatuor gagnant du film ( Eric Caravaca, Patrick Deschamps, Lucas Belvaux et Claude Semal ) déborde d'énérgie ou d'envie de se battre. "La Raison du Plus Faible" est un film qui brise les préjugés : Les chômeurs ne sont pas des gens fénéants, ce sont les victimes d'une société monstrueuse. Une monstruosité à son paroxysme lors du dernier plan. Le côté film de braquage est trés bien géré par Belvaux. Il ne tombe jamais dans le piége hollywoodien qui consiste à amplifier exagéremment l'action. Ici on a un vrai déclencheur : la détresse du chômage. Le braquage prend une vraie identité et ne passe plus pour une esbrouffe inutile. "La Raison du Plus Faible" est finalement une oeuvre généreuse où la retenu de Belvaux ( en acteur et en réalisateur ) donne au film toute son intensité et sa force. On ressort de là ébaubit par ce qu'est devenu notre monde : on utilise l'autre comme un objet et il nous le rend bien.
La compétition 2006 de Cannes fut quand meme loin d'etre rayonnante.Par exemple,"la raison du plus faible".C'est un bon film.Pas plus.Or,à Cannes,la compétition se doit d'etre respectée dans la grande tradition avec des chefs-d'oeuvres.Or,"la raison du plus faible"(autant qu'un autre d'ailleurs),n'en est pas un.Que les gens aient beaucoup aimés,ou pas,on ne pourra jamais crier à la perfection(existe-elle dans l'art?Ceci est une autre question).Donc pour en revenir au film,il est tout de meme stupéfiant que Eric Caravaca(pourtant bon acteur d'habitude)agace à cause d'un jeu maniéré à l'extrème(idem pour Lucas Belvaux,tout simplement mauvais acteur),et là ou tout le monde dit que la première partie est la meilleure et que la fin est baclée,j'en pense excatement le contraire.La mise en scène,au début,est froide,calculée,prétentieuse,et on a l'impression que tous les personnages sont des pions(effet surement voulu par le réalisateur puisqu'ici,les personnages ne peuvent échapper à leurs sorts),et le tout est mis en scène d'une façon théatrale assez énervante.Puis au fur et à mesure que le scénario se développe,le film devient plus improvisé,mais aussi plus élégant,plus juste.Dommage que des apparitions en guest-stars comme Gilbert Melki casse l'interet que l'on portait au film jusque là.Peut-etre Lucas Belvaux se perd-il trop dans la préparation du casse,trop longue et mal développée,mais le constat social qu'il donne à voir,effraie tout d'abord,et donne envie,ne serait-ce que par les couleurs ternes de l'ensemble,d'aider ses personnages devenus attachants,et là subsiste l'émotion enfouie du film.
Bien sûr, le point de vue du film n'est pas neutre. Mais pour ceux qui connaissent certaines régions européennes désespérées socialement, le film montre une vision assez juste de personnages perdus, pour qui tous les jours se ressemblent... Et ces personnages n'ont plus d'espoir parce que personne n'est là pour leur en donner. Alors en effet, pour sortir de ce gouffre, il ne reste plus que la volonté vaine de gagner au Lotto ou d'organiser un hold-up. S'ensuit un tension insoutenable, une belle histoire d'amititié et de solidarité, et beaucoup d'humour. Le film est tellement plus fort que ce que nous propose Hollywood car c'est avant tout un thriller social profondément humain. Bref, Lucas Belvaux est en pleine forme. Et pour le cinéma belge, c'est tant mieux.
CAVALE A LIEGE. C'est arrivé prés de chez vous. Inspiré d'un fait réel, la bande à Belvaux se fracasse contre la raison du plus... fort. Touchant et sincere.
A voir "La raison du plus faible" de Lucas Belvaux
Présenté dans le cadre de la compète officielle à Cannes 2006, ce film de l'acteur-réalisateur belge Lucas Belvaux n'apparait pas du tout au palmarès et c'est dommage. Tourné à Liège comme les films des frères Dardenne, l'esprit de "La raison du plus faible" n'est pas très éloigné de celui qui imprègne ceux des deux frangins. Pas très loin non plus de l'oeuvre de Ken Loach. Mélange de film social et de film "noir", "la raison du plus faible" nous permet de faire connaissance avec 2 acteurs belges excellentissimes, Patrick Descamps et Claude Semal, qui complètent une distribution dans laquelle on retrouve Lucas Belvaux, le réalisateur, Eric Caravaca et Natacha Régnier. Les distributeurs de ce film ont-ils eu raison de le sortir en plein coeur de l'été ? J'espère que oui et que beaucoup de spectateurs y contribueront.
Belvaux réalise, de nouveau, trois films en un : une bonne comédie de braquage dans la lignée du « Pigeon » de Monicelli un drame psychologique mou sur des problèmes de couple et un très bon thriller noir et lyrique. Bref, un peu inégal mais globalement convaincant. Et il faut reconnaître au cinéaste son habileté à ce que ces glissements n’affectent pas l’impression d’unité et de tranchant d l’ensemble. Sans conteste son meilleur film.
Lucas Belvaux reste un cinéaste à part dans le cinéma français actuel. D’un sujet grave, il arrive à en faire une satire sociale teintée de touches d’humour bien maitrisées. Un cinéma qui n‘en reste pas moins militant, dénonçant certaines dérives du système dans lequel nous vivons, certains préjugés sociaux mais s’attachant à ne pas tomber dans une forme de manichéisme ewacerbé. Un film envoutant, intéressant, prenant, émouvant et ….drôle, malgré une orientation pessimiste assumée. Un medley de sa trilogie Un Couple épatant/Cavale/Après la vie où se mélangent parfaitement l’humour, le militantisme et la dramaturgie.
il y a deux scènes magnifiques (celles où Lucas Belvaux tente de convaincre ses comparses d'abandonner leur projet de hold-up); Lucas Belvaux est un très bon acteur et un très bon réalisateur. il y a également deux erreurs de casting (Natascha Régnier et le gamin, aussi exaspérants l'un que l'autre), ainsi que deux problèmes majeurs: Le scénario n'est absolument pas crédible, aussi bien quant au mobile du crime que quant à la manière dont les protagonistes se font attrapper (un flic est la par hasard!!); et le fait de vouloir mélanger deux genres ( le film noir policier ainsi que le film social) se révèle tout à fait casse-gueule. Pendant les 45 dernières minutes du film, on attend, las, que le couperet tombe.
Après l'excellente trilogie de Lucas Belvaux, on s'impatientait de retrouver la nouvelle oeuvre de cet attachant acteur-réalisateur. La première partie de "La raison du plus faible" est franchement décevante: le prétexte du hold-up est énorme (l'achat d'un scooter), la misère des protagonistes trop démontrée et pas assez suggerée, le jeu des acteurs très forcé (ils sont tout de même très bons). Et le tableau s'affine et prend toute son ampleur dès lors que le thriller s'installe: on retrouve la touche noire et la tension de "Cavale" - le final romantique et désanchanté rappelle d'ailleurs ce dernier film. On gardera longtemps dans nos mémoires Liège et ses tours vus d'un hélicoptère qui tournoie tel un corbeau dans ce paysage funeste...
Belle surprise que ce film. Il commence comme une comédie sociale, d'ailleurs dans cette partie le trait est parfois un peu forcé (notamment à cause des dialogues et du jeu des acteurs), et ensuite le film vire au thriller. Belvaux excelle dans les deux genres, il montre à quoi en sont réduite certaines personnes pour survivre et à quelle vitesse la violence arrive dans c'est cas là. les 20 dernières minutes sont magistrales de par la réalisation aux accents d'une oeuvre de Melville.
Voilà un bon petit film belge comme il est bon d'en voir un tous les cinq ou dix ans... Pas plus, hein, parce que sinon, on va se jeter en courant dans l'Escaut ! Qu'est-ce qu'ils sont tristes, ces Belges... C'est pour ça qu'ils rigolent tout le temps, peut-être ! Belvaux est sans nul doute un petit-cousin de Delvaux (les deux, André et Paul) et de Jacques Brel... mais je le préférais dans la trilogie quand même. Allez, sans rancune !
Un très bon thriller mélangeant aussi bien critique social que drame humain dans lequel Lucas Belvaux fait preuve d'une sensibilité rare et d'une tendresse infinie pour ses personnages. Qui plus est, La Raison Du Plus Faible est visuellement très élégant en plus d'être très bien écrit, notamment grâce à des personnages profonds très bien joués par Eric Caravaca, Natacha Régnier ou encore Lucas Belvaux. Un bon film en somme !
Film engagé, révolutionnaire et utopique, montrant labrutissement du travail à lusine, la lutte des classes rappelant ainsi certains films des années 70 et une idéologie totalement disparue, La raison du plus faible, malgré son coté parfois un peu didactique, est un polar social efficace, qui fait du bien dans un cinéma où ce genre de film nest quasiment plus représenté. Un film sombre, radical et fort qui vous claque bien le cerveau.