Un beau film très émouvant avec en filigrane cet amour en attente. Une très belle interprétation et un final digne de madame X. Curiosité rare et bouleversante
Le film n'est pas si mauvais qu'on pourrait le redouter. Plus gros succès du cinéma de l'Occupation, il montre Louise alias Loulou passant sa vie à se dévouer aux autres, plus exactement aux enfants. C'est là que le scénario a la main un peu lourde, car, si l'intelligence de Louise n'est pas à mettre en défaut, il reste qu'elle tire systématiquement la mauvaise carte et se retrouve constamment en condition de précarité. On peut voir ce film avec cynisme, ou avec candeur. Deux lectures en sont dès lors possibles. Le rôle est porté à plein cœur par une Morlay grandiose qui hisse la générosité à hauteur de pathologie mentale. Réserves par contre sur le final, ridicule.
16 164 abonnés
13 117 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 7 novembre 2024
Merveilleuse Gaby Morlay dans le rôle de Louise Jarraud qui transcende son deuil pour devenir la madone des orphelins! Une performance très èmouvante de gouvernante de trois gènèrations d'enfants qui aurait pu sombrer facilement dans le larmoyant facile! Ce n'est, bien heureusement, pas le cas et grâce à elle, "Le voile bleu" (1942) est devenu depuis un classique du cinèma de l'Occupation! Pourtant il y a belle lurette que l'actrice est entrèe dans un demi-oubli injuste! Comme souvent! Et comme Charpin et Pierre Larquey sont particulièrement touchants dans cette histoire mèlodramatique! On notera que le film de Jean Stelli a eu lui aussi droit à son remake amèricain appelè "The Blue Veil" (1951) avec Jane Wyman et Charles Laughton! A quelques dètails près c'est la même histoire, mais à la sauce hollywoodienne...
En 1914, Louise perd son nouveau-né à la maternité. Elle sera dorénavant nourrice, avec ou sans le voile bleu, et Jean Stelli la met en scène au fil des années et des places successives qu'elle occupe dans des familles diverses et variées, d'où un générique bien fourni en vedettes. C'est un des films les plus emblématiques de l'Occupation et de l'esprit de Vichy. C'est essentiellement ce qui fait son intérêt, sauf à être touché au coeur par cet édifiant mélodrame des familles. Parce qu'elle incarne l'amour maternel, parce qu'elle se substitue au besoin à l'absence ou à la négligence des parents et, surtout, parce qu'elle a le sens du sacrifice -ce dogme du redressement moral d'inspiration maréchaliste - Louise est l'héroïne par excellence de l'époque. Le film ne cache pas qu'il est un hommage au dévouement de ces femmes qui se mettent au service de la collectivité (et qui ont le bon goût de s'effacer et de rester à la place domestique où le régime veut les maintenir); et de dévouement, d'amour exclusif, Louise n'en manque pas, qui refuse trois demandes en mariage ! C'est un des rôles les plus célèbres de Gaby Morlay, dont le mélodrame est déjà ou deviendra une spécialité. On voit vieillir Louise, de séparations douloureuses en nouvelles places, jusqu'à ce pathétique dénouement -un 25 décembre, jour de Noël croit devoir préciser Louise- où le réalisateur, en manifestant la reconnaissance que les enfants et le pays doivent à ce voile bleu, ne mégote pas sur l'effet lacrymal.
C'est un beau film, émouvant grâce au jeu habité de Gaby Morlay, dans la veine des films doloristes en vogue à l'époque, mode qui a pas mal vieilli aujourd'hui. La fin est larmoyante, mais les rôles secondaires sont savoureux, joués par les vedettes d'alors, comme on savait si bien les proposer à cette époque.
Un film d'un autre temps, pour les amateurs de cinéma classique c'est une belle découverte. Cette histoire d'une femme qui a consacré sa vie à élever les enfants des autres avec une dévotion exacerbée est bouleversante. Les acteurs sont admirables en particulier Gaby Morlay et Pierre Larquey, tellement touchants qu'il est impossible de ne pas verser une larme. Avec combien d'intelligence, de sobriété et d'amour, Louise (jouée par Gaby Morlay) s'occupe des enfants délaissés d'une manière ou d'une autre par leurs parents et qu'on lui a confiés meurtris et sauvés de cette indifférence à leur égard par cette nounou qui endosse, à ses dépens, un rôle qui n'est pas le sien, celui de parent de substitution. On n'y croit plus mais le moment de grâce arrive quand on ne s'y attend pas. La gratitude est au bout du chemin.
Un joli film, très émouvant... Bien servi par une pléiade d'acteurs et actrices malheureusement et injustement oubliés, beaucoup d'amour, d'amitié et de noirceur aussi...