Satire du milieu pop-rock et spectacle grand-guignolesque à souhait, ce Phantom of the Paradise offre à De Palma l'occasion d'un délire visuel orgiaque sans aucune retenue. Tous les travers et les clichés de la première moitié des 70's se retrouvent ici (paillettes du showbiz, drogues, courants musicaux, producteurs tyranniques et artistes maudits) dans un fourre-tout savamment rythmé. Le trait est évidemment très appuyé (qui n'a pas pensé à Phil Spector en voyant l'interprétation de Paul Williams) et l'histoire mixe assez intelligemment les trames de Faust et du Fantôme de l'Opéra, petit manque d'originalité que l'on a bien envie de pardonner devant une telle débauche d'énergie. Les comédiens sont en roue libre et lâchent les chevaux tout au long du film et si tout n'est pas parfait (quelques effets approximatifs et une bande-son partagée entre grands moments et morceaux pas très mémorables, désolé c'est un constat), on ne s'ennuie toutefois jamais.
Le chef d'oeuvre baroque, lyrique, extraverti de De Palma reprenant le mythe de Faust en version comédie musicale fantastique et horrifique par moments dans un style sans tabous ni limites totalement seventies. De la grandeur,de l'amoralite, du spectaculaire,du scandaleux,De Palma ose toutes les audaces visuelles, narratives avec un style tournoyant,ultra dynamique, plongé dans la folie passionnelle du personnage principal, les images et le rythme accompagnant sa descente aux enfers. Des personnages hauts en couleurs, volontairement exagérés, presque grotesque et une bande son rock mais aussi ballades d'anthologie. Un film esthétiquement grandiose qui n'a pas pris une ride.
Se situant entre horreur fantastique et Opéra Rock, ce chef-d’œuvre signé Brian De Palma est vraiment hors norme. Malgré le poids des ans, la partition musicale reste superbe. L’interprétation de William Finley est inoubliable. Spolié, humilié, enfermé à Sing Sing, défiguré et aphone avant d’être emmuré vivant, le malheureux compositeur vient hanter le « Paradise », le Palais du Rock tenu par une créature diabolique interprétée par l’excellent Paul Williams. Cette version du mythe de Faust revue et corrigée est un incontournable du cinéma. Brian De Palma réalise de véritables prouesses techniques (passages en accélérés, cadrages bizarres, écrans partagés, superposition d’images comme les notes de musique qui défilent sur l’écran…). La musique au piano jouée par William Finley et la chanson interprétée par Jessica Harper sont toujours aussi belles. Même si les costumes style pattes d’éléphant font un peu kitsch de nos jours. J’ai relevé quelques menus défauts dans cette œuvre innovante et révolutionnaire : le leader du groupe de hard-rock ridicule (mais la scène, clin d’œil au « Psychose » d’Hitchcock, où le chanteur se fait clouer le bec sous la douche par une ventouse à toilettes est drôle), la laideur du concert de hard-rock au milieu du film ainsi que le spectacle final un peu carnaval. Cela n’est rien au regard de la qualité exceptionnelle du film.
Musical carrément marginal réalisé par Brian De Palma en 1974, "Phantom of the paradise" emmène avec style un genre classique dans une espèce d'extravagance psychédélique. C'est pourtant sur une histoire des plus simple que repose l’œuvre. En effet, le long-métrage s'axe sur la création d'un spectacle musical hors normes en débutant par la composition des morceaux et en finissant par les chorégraphies et le show en lui-même. Illustrant ainsi maintes vérités d'un milieu peuplé de squales affamés, "Phantom of the paradise" s'aventure peut-être un peu trop loin dans les bizarreries sans nous faire ressentir la profondeur tant désirée. Les comédiens quant à eux ne parviennent que rarement à briller devant les décors impressionnants qui tapissent le retour d'un artiste assoiffé de vengeance. Pour interprété ce-dernier on découvre William Finley qui représentera certainement l'atout majeur de la production. En contrepartie on retrouve un Paul Williams assez moyen qui retient guère l'attention en raison d'un charisme peu percutant. La participation de Jessica Harper remontera quelque peu le niveau des échanges mais le film ne réussira pas à nous faire vibrer comme certains de ses homologues.
Brian De Palma nous offre ici sa version du mythe de Faust et du Fantôme de l’Opéra version rock 70's. Sorti à la même période que le Rocky Horror, les deux films partage tout deux un visuel et une musique semblable qui les rapproche. Niveau musique, le film nus offre un florilège de morceau rock divers (types Beach Boys, Hard Rock, Pop,...) permettant d’éviter la redite au cours du film. Visuellement le film est fabuleux et on retiendra particulièrement le look du fantôme qui marqua le cinéma durablement. Niveau histoire cette révision de Faust est plutôt intéressante dans son approche, la mêlant à d'autres histoire pour en faire une histoire simple et néanmoins développé. De Palma signe la un film ancré dans son époque qui aura marqué le cinéma durablement à l'image du Rocky Horror.
Phantom of the Paradise réalisé par Brian de Palma en 1974. *Les points que j'ai appréciés → • L'histoire originale (voir très originale) • La réalisation efficace
*Les points que je n'ai pas appréciés → • La fin qui est beaucoup trop bizarre
*Conclusion → J'ai aimé, c'est original bien que parfois un peu trop. 6/10.
Un mélange étrange entre plusieurs autres oeuvres (que je ne citerai pas pour pas spoiler). Un film tout aussi étrange qu'il est prenant...il ne dure pas longtemps, mais il se passe pas mal de choses et on se laisse guider parmi les personnages et leurs évolutions.
Film qui est le vrai premier succès critique et financier de Brian De Palma, Phantom of the Paradise est toujours aussi appréciable à visionner aujourd'hui. Il faut dire que le mélange de cinéma fantastique, d'horreur et d'opéra rock fonctionne très bien grâce à la présence d'une mise en scène de qualité et d'une histoire bien agréable. Quant au casting, c'est un autre point fort du film comme en témoigne les performances de Paul Williams, William Finley et Jessica Harper.
Etrange seconde réalisation de Brian de Palma qui signe ici l'adaptation la plus survoltée du roman de Gaston Leroux "Le Fantome de l'Opéra". Loin d'etre un chef d'oeuvre, ce film est néanmoins culte pour toute une génération et de nombreux cinéphiles. Visuellement original et toujours aussi "ovni", Phantom of the Paradise a certes pris un sacré coup de vieux mais n'en demeure pas moins expérimental et a manifestement influencé nombreux réalisateurs et auteurs en herbe. Beaucoup de références à certains classiques de la littérature (on pense à Faust, Frankenstein,Le Portrait de Dorian Gray). J'ai largement préféré la première heure très innovante et originale mais le soufflé retombe dans la dernière demi-heure et l'ennui s'installe. De Palma expérimente durant 1h30 et c'est là que réside l'intéret de revoir ce film : accélérés, ralentis, split screen (Carrie n'est plus très loin...), travellings circulaires, panoramiques à 180°, on retrouve également certains thèmes chers au réalisateur comme le voyeurisme, les personnages doubles et une référence à Psycho de son maitre Alfred Hitchcock. Au final l'incroyable réalisation sert de fil conducteur entre les éléments parfois inclassables, toujours originaux de l'abracadabrant scénario. Un genre à lui tout seul.
Je ne suis pas adepte des comédies musicales sauf si le contexte si prête, ici ça fonctionne, la musique s'intègre parfaitement dans le film et devient excellente sur la fin. Une satire du showbiz teintée de fantastique vraiment drole, un scénario intéressant et une réalisation inventive avec tout de même les quelques déchets habituels chez de Palma.
Phantom of the paradise. Eh bien, que dire ? J’avais très peu aimé The rocky horror picture show, alors je m’attendais au pire. Mais il y a quelque chose d’indéniablement réussi dans l’ambiance. L’esthétique, aussi délirante que dans Brazil, est très maîtrisée. On y voit la marque de De Palma. Le problème, dans tous ces films absolument barrés, c’est qu’ils tiennent mal sur la longueur. Au bout d’une heure, la curiosité s’estompe, et on commence à s’ennuyer, et à se demander pourquoi on s’inflige un trip pareil. Alors, ce qu’il reste, ce sont des scènes absolument jouissives, l’aspect très « cartoon » qui nous plonge en immersion dans ce monde étrange, et un personnage que j’ai absolument adoré : Swan. Ce producteur énigmatique, qui à chaque apparition m’a fait quelque chose. Ce personnage vaut à lui seul tout le film, à mon sens. En tout cas, c’est lui qui m’a captivé le plus. Sadique, inquiétant, mégalomane, son allure résume à elle seule tout le film : complètement folle. C’est spécial, c’est tantôt angoissant, pesant, tantôt drôle (l’hommage à psychose !!). Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais comme dans tous ces films, il manque quelque chose pour le rendre vraiment génial.
Cette adaptation rock du Faust de Goethe est un pur régal. De Palma se fait plaisir et nous fait plaisir. Phantom of the paradise est sans conteste sur le podium des meilleurs films de son réalisateur.
Chef d'oeuvre incontestable, "Phantom of the Paradise" est totalement inclassable. Comédie musicale rock ? Tragédie psychédélique ? Thriller hitchcockien sous acide ? Un peu de tout ça. Je ne saurais dire ce qu'il y a de plus génial dans ce film : la musique, les comédiens, la réalisation de De Palma ? Des plans d'une beauté magnifique, des clins d'yeux cinéphiles détournés avec malice (la scène de la douche de "Psychose"), une énergie incroyable... Un grand film.
Phantom of the Paradise est certes très kitch et fait assez vieux. Et un côté trop déjanté dans sa fin surtout. Mais en dehors de ces défauts, je suis resté complètement ébahi par la mise en scène parfaite de Brian De Palma et l'incroyable BO de Paul Williams, qui s'est inspiré des chanteurs de l'époque (The Beach Boys, Kiss ou Janis Joplin). Bourré de références culturelles du cinéma et de la littérature, son récit est extrêmement bien mené, De Palma s'inspirant à la fois du Fantôme de l'opéra, Faust et du Portait de Dorian Gray pour en faire une œuvre personnelle et unique. Pour les cinéphiles, c'est un graal mais même si, comme moi, on en est pas un, le plaisir est immense. Et puis découvrir le costume de Winslow nous fait tout de suite comprendre d'où vient le design de Dark Vador ! Sans qu'il soit mon film préféré de De Palma, Phantom of the Paradise est assurément un chef d'œuvre singulier !
La parodie est peut-être le plus bel hommage à la culture. « Phantom of the paradis« est le remake du remake d’un thème hollywoodien repris d’un roman de Gaston Leroux : Le fantôme de l’Opéra. Ça donne l’occasion à Brian de Palma de citer des grandes œuvres littéraires et cinématographiques issues du romantisme (Faust, Le cabinet du docteur Caligari Le miroir de Dorian Gray, Frankenstein, Psychose…) et de faire la dérision de la culture pop, de sa mièvrerie sentimentale, de sa frénésie spectaculaire. Le film trouve son équilibre entre toutes ces inspirations, c’est à la fois envoûtant et drôle sans vulgarité, sur la crête du spectacle et de sa distanciation.