Quel film! Il vous prend aux tripes dés le départ et ne vous lâche pas un instant, sans jamais s’écarter du sujet . C’est courageux et magnifique d’autant que les deux principaux acteurs sont bouleversants parfois de violence et parfois d’humilité, bien dirigés et bien filmés. La foi, la grâce, la communion des Saints sont des choses passées de mode en France où le catéchisme n’est plus assumé par des prêtres et pourtant elles existent et devraient intéresser tout à chacun. Ce film unique qui vient de sortir en DVD est l’occasion pour les gens curieux de métaphysique de comprendre ces notions difficiles à vivre. On n’en sort pas indemne, c’est souvent insoutenable et c’est par la souffrance qu'on atteint la grandeur de cette oeuvre. La notion de sacrifice, si discutable est ici poussée à son paroxysme à tel point que Dieu et le Diable se confondent parfois. Merci au cinéma de nous enrichir à ce point. Leo Joannon a pris le risque de l'incompréhension et du ridicule, il a atteint le sublime proche de la folie des ses personnages mais à s’approcher trop de Dieu ou de Satan n’est ce pas l’inévitable? Je n’avais jamais vu ce film, ni un tel film. Pialat, Bunuel, Bresson n’ont jamais été aussi loin, mais attention à bien le comprendre. Sans une solide connaissance de ce que pouvait être l’église catholique romaine il y a 60 ans dans notre pays ou un athéisme soutenu par une forte culture des religions le mot fin peut se transformer en point d’interrogation.
Le film est dur pour la religion chrétienne dont on ne comprend pas pourquoi il s'acharne à vouloir la renier malgré sa foi d'antan. Toutes les tentatives pour le faire revenir en arrière sont vaines et en cela la fin du film est capitale...... Un film sur les vocations. Assez rare mais bien interprété et intéressant.
A mes yeux éberlués ce film fut un succès très tangible à sa sortie. Tant mieux pour lui puisqu'il est sincère. Sincère, oui, mais empesé; bien plus qu'un Renoir gêné dans ses mouvements, plus coincé qu'un Autant-Lara par des ligues de vertu. Le problème me semble être le cadre. Dans les films qui traitent gracieusement de la Foi, le cadre doit être large; c'est une aspiration qui occupe tout le sac pulmonaire, ce qui monopolise tout le corps. A amenuiser son cadre en permanence, Joannon amenuise ainsi la portée de son propos. Les propos tenus par les prisonniers ne sont pas non plus trés "en situation"; le film me semble une régression totale par rapport au sublime (viscéral, pour tout dire) "Journal d'un curé de campagne" de Bresson. Peut-être parce que le film de Bresson tenait debout sans chercher à s'affider un public, celui-ci en trouve un à force de se défiler sans cesse. Rien ne tient debout ici, les dialogues sonnent faux, mais ce n'est pas un film réellement haïssable, juste songe-creux. Dommage.
16 164 abonnés
13 116 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 9 octobre 2015
« Une fois prêtre, toujours prêtre ! » Pierre Fresnay est Maurice Morand, un prêtre dèfroquè! Cet homme qui n'a eu que des sarcasmes pour la foi des dètenus de l’Oflag XIII-4 en avril 1945! On ne savait de lui que ce qu'on ne connaissait : un professeur d'histoire au Caire, un homme d'ètudes! il y a un adage qui dit que si un roi se retire pour ce qu'il pense être son devoir, on ne doit pas croire qu'il l'a fait pour une femme! Maurice Morand n'est pas roi mais règne sur soi-même! C'est difficile ? Non, juste orgueilleux! Bref, tout vaut mieux que les fausses vocations! Morand en est un cèlèbre exemple! Ours de bronze au Festival de Berlin, "Le dèfroquè" n'est pas ce qu'on appelle un chef d'oeuvre du genre! Le film a mal vieilli et l'affrontement final entre Morand et Lacassagne est à la limite du ringard! Reste la grâce du dernier plan (la larme à l'oeil de Morand qui prie en latin) et le jeu excessif de Pierre Fresnay! N'est pas Bresson qui veut monsieur Lèo Joannon, rèalisateur français à qui l'on doit "Atoll K", le plus mauvais film du tandem Laurel & Hardy...
Dans un très long prologue dans un camp de prisonniers français en Allemagne en 1945 -prologue qui parait disproportionné a posteriori en même temps qu'il est la séquence la plus singulière du film- on fait connaissance avec le prêtre défroqué que joue Pierre Fresnay. Sur les raisons qui lui ont fait quitter la foi et lâcher le sacerdoce, pas d'informations; il ne lui reste que la virulence et les sarcasmes anti-religieux. Le très bigot Léo Joannon, tellement qu'il joue lui-même un chanoine en soutane (comme la confession d'une vocation ratée?), met ensuite en perspective l'évolution des deux personnages principaux, Morand le défroqué enfermé dans une rancoeur inexpliquée et Lacassagne touché par la grâce au point d'entrer au séminaire.
L'enjeu dramatique de ce film catholique et militant est de sauver l'âme de Morand et de le faire revenir dans le droit chemin. Le spectateur mécréant, lui, reste au bord de la route: ce film ne lui est pas adressé. De bondieuseries en considérations mystiques pas toujours claires par maladresse, ou qui nécessite un minimum d'érudition religieuse, de scènes bavardes en séquences déclamatoires, le cinéaste finit par arriver là où il voulait, à une conclusion spectaculaire où le pathétique se mêle au grotesque. Entre temps, on aura vu l'aspirant-curé Lacassagne (joué par le terne Pierre Trabaud, qui fait ce qu'il peut pour avoir l'air habité)spoiler: se saouler, au sens propre, du sang du Christ dans un moment inattendu qui ne craint pas l'emphase. "Le défroqué" n'est pas un bon film; son engagement et son inspiration catholiques constituent l'intérêt du sujet sans rien masquer des coupables raccourcis de la mise en scène. Pierre Fresnay trouve ici un rôle assez vague et caricatural, où le cabotinage finit par rejoindre l'hallucination à grand renfort de colères caractérielles et de haussement de voix qui discréditent souvent son personnage.
Un thème passionnant et osé pour l'époque. Pourtant, le film me laisse une impression mitigée. Je trouve exceptionnelle la prestation de Pierre Fresnay. Son jeu tant visuel qu'oral est admirable. J'aime aussi l'idée d'adopter le point de vue d'un prêtre défroqué, cherchant à démonter les religions. Pourtant, je suis déçu. A aucun moment on assiste à une réelle confrontation d'arguments. Et pourtant, Dieu sait combien c'est facile sur la religion ! On se limite à quelques questions : la vocation, la foi, le Salut... Par ailleurs, le film est très désagréable à suivre. On crie, on se provoque... tout cela a fini par m'excéder. Enfin, je suis déçu par le message sous-tendu derrière "Le défroqué". Au début, on se dit : "chic, ça va casser du prêtre". A la fin c'est plutôt : "eh merde, c'est l'inverse, ce n'était qu'une ruse pour nous convertir". La mise en scène finale est à ce titre flagrante. Pour ma part, je n'aurais pas été surpris de voir Jésus débarquer et sortir un "Bon, vous allez croire maintenant bordel de merde !". C'est le Vatican qui sponsorise le film ou quoi ?
6 188 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 9 mai 2021
Le film est une extravagance plein de scènes incroyables que personne n'oserait tourner dans un film aujourd'hui. La foi de Fresnay revient sans arrêt avec la phrase je meurs pour vos péchés puisse mon sang laver vos péchés. La vrai question est de savoir pourquoi un acteur aussi talentueux que Pierre Fresnay qui a travaillé avec les meilleurs réalisateurs comme Marcel Pagnol, HG Clouzot, Julien Duvivier, Maurice Tourneur ou Abel Gance ai pu tomber aussi bas. Le meilleur ou le pire exemple le prêtre défroqué (Fresnay) dans un cabaret consacre tout un lot de vin blanc ainsi transformé en sang du Seigneur et il doit être bu. C'est le jeune prêtre le copain de Fresnay qui doit le faire il dit donc vous lisez bien je ne peux pas mélanger le sang de mon Seigneur avec le Rognons Sauce Madère et la Pêche Melba et se précipite aux toilettes où il vomit son dîner. De retour à la table où l'attend le diabolique Fresnay il se met à boire tout le seau. Arrivent alors les gitans les violons et tous les clients cette scène pousse le ridicule à de nouvelles limites et même si elle est magistralement mise en scène cela ne change rien...
Il a beau être ancien et en noir et blanc, c'est film extraordinaire, aux dialogues sublimes, de quoi faire réfléchir tout athée, agnostique ou même chrétien et catholique sur le sens de la vocation sacerdotale, sur la présence réelle du Christ dans l'eucharistie (des scènes 'cultes' à ce sujet !).
Un film grandiose si on le place dans le contexte de l'époque . Les anti cathos-anti culture y verront ce qu'ils ont toujours vu . Rien. Fresnay est lourd mais c'est fresnay. N'est fresnay qui veut. Juger un tel film sur les critères inconsistants de notre époque , c'est comme dire que les romains étaient des fachos sous prétexte qu'ils imposaient leur mode de vie et pratiquaient l'esclavage. Ils n'y a que les cons prétentieux pour dire cela.