Incroyable tous les sujets que Cronenberg arrive à traiter dans un même film (causant un gros mal de tête à la fin du visionnage) : évolution des médias, télévision qui change le spectateur, représentation de la violence et de la sexualité aux USA... Un film qui fait toujours écho aujourd'hui et qui à influencé un grand nombre de films. Bien-sur il y'a le côté sexuel et gore propre à Cronenberg pas toujours évident à supporter mais vous passerez vraiment à côté d'un ofni rare. Vraiment géant.
Le seul film de Cronenberg que j’ai vu jusqu’à présent est Cosmopolis. J’avais aimé, même si je sais que ce n’était pas représentatif de ce que j’appellerais le « vieux » Cronenberg. Vidéodrome est un film jouissif, c’est ça qui est bon. C’est un mélange entre un thriller, un film expérimental érotique et un pamphlet anti-télévision (ce qui me plaît je dois le reconnaître). Jouissif parce qu’il sait très bien mettre en scène le malaise, comme au début où Max et sa copine se font du bien, ça met mal à l’aise. L’intrigue est vraiment plaisante à suivre et ce qui est formidable c’est qu’à un moment on se demande si on n’est pas en train d’halluciner complètement ce qu’on voit, on est comme le héros perdu entre la réalité et le monde télévisuel. J’aime beaucoup cette obsession qu’il a de la transformation du corps (littérale), cela donne lieu à des images justes magnifiques spoiler: (le « ventre-vagin », la main-flingue ou encore le corps rentrant dans l’écran de télé la tête la première) . C’est vraiment de la bonne mise en scène. J’aime ces films totalement barrés, ces thématiques freudiennes vraiment fascinantes. Et la fin, l’idée de mise en abîme, je trouve ça très intelligent, ça fait peut-être encore plus d’effet quand on regarde le film sur une télé. J’ai hâte de voir La Mouche (entre autres). Vraiment un bon film, assez gore et jouissif.
« Vidéodrome » est une éxpérience unique sur la question de ce que répercute la télévision sur lhumain qui peut se définir comme une sorte de réalité dans lirréalité. Tout le film est très complexe et laisse passer un message sur le corps et particulièrement la chair mais aussi sur le sexe, le voyeurisme, lextrêmisme politique. Cronenberg lance une idée visionnaire sur le fait que plus tard lhumain modifiera peut être son corps en modifiant son aspect extérieur qui est la peau. Lintégrité physique est décidemment lobsession majeure de Cronenberg, ça le hante. Dans son film, James Woods, incarnant Max un diffuseur de programmes de télévision pour une chaîne érotique, verra son corps modifié par la vision dune VHS nommé Vidéodrome qui a comme répercution de créer un nouvel organe dans le cerveau et celui-ci est responsable dhallucinations. Le parcours de Max Renn sera marqué par une confusion mentale où il ne saura plus si il est dans la réalité ou dans le fictif en raison des hallucinations dont il sait être victime. Cronenberg montre limportance que peut désormais avoir la télévision sur les gens, tout ce quelle propose peut être source de manipulation. Cette manipulation, il la montre par cette création du vidéodrome qui servira à maîtriser nimporte quel être humain. Le film explique aussi que les gens sont souvent attirés par lextrêmisme comme le sadomasochisme ou la violence quils nient aimer mais qui est malgré tout bien ancrés à lintérieur de chacun d'eux. Il suffit dun élément déclencheur pour le réveiller. La télévision est définit comme un moyen de voyeurisme mais aussi un moyen de voir des choses choquantes qui changent de la norme. Je ne pense pas avoir tout compris de ce film très complexe mais bon cest comme du Lynch, la difficulté délucidation de certaines choses est justement passionnante.
Vidéodrome est un bon film plus complexe et subtil qu'il n'y parait, satire de la télévision et totalement visionnaire pour son époque. Mais on s'y perd un peu entre les hallucinations du héros et la réalité.
Un des films les plus barrés de Cronenberg, pourtant je lui préfère Scanners ou Chromosome, de la même époque et qui lui sont proches par l'atmosphère très étrange. Il fait beaucoup penser à Existenz également par son jeu sur les réalités.
Un grand et bon film qui donne matière à réflexion. James Woods est parfait dans son rôle. Tout est réuni pour passer un bon moment, on peut ensuite passer encore du temps sur le décryptage du film dont plusieurs rapport très intéressants sont disponibles sur internet.
Je ne suis pas fan des films de Cronenberg, mais ayant beaucoup entendu parler de "Vidéodrome" en bien, je me suis décidé à me mettre devant ce film, mais comme à chacun des films du réalisateur canadien, je suis partagé. Un poil meilleur que "Existenz" qui est dans la même veine, voici un ovni qui partage à plus d'un titre. L'idée est de dénoncer les méfaits des médias sur les personnes lambdas et les conséquences sur notre comportement. On pourrait presque parler d'une oeuvre avant-gardiste, tellement adaptée à notre époque, mais à la sauce Cronenberg, on se retrouve en face d'une oeuvre complètement mystérieuse et dense, à la limite incompréhensible. Alors oui, le film possède de solides atouts : une ambiance sombre et étrange, une BO réussie et un acteur principal au top. Si certaines scènes sont vraiment réussies dans lesquelles on peut comprendre le message qui nous est adressé, dans d'autres plus alambiquées, il est vraiment difficile de voir où se dirige le réalisateur. En effet, son but est de nous perdre avec le héros dans les méandres de la télévision et de ses effets, mais parfois on a vraiment du mal à percevoir l'idée qui en ressort. Je ressens souvent ce sentiment avec les œuvres de Cronenberg, on ne peut pas dire que ce film soit moyen, il est même plutôt bon, mais le sentiment d'incompréhension que l'on ressent nous empêche de profiter pleinement de cette oeuvre.
Bien avant de s'attaquer aux jeux-vidéo avec "eXistenZ", qui est d'ailleurs excellent, du moins dans mes souvenirs, le réalisateur canadien s'intéresse à la télévision en 1983 avec ce film donc. Cronenberg est donc toujours dans l'actualité puisque si la télévision s'est énormément démocratisée et imposée dans les foyers américains dans les années 50, elle connait une explosion dans les années 80 avec des foyers possédant plusieurs postes et surtout, l'explosion des télévisions indépendantes grâce au câble. Ce qui nous intéresse tout particulièrement ici puisqu'il y ait question d'un patron de chaine de télé, Max, diffusant du contenu plus que discutable cherchant des émissions de plus en plus trash dans la violence et la pornographie. C'est ainsi qu'il va tomber sur Vidéodrome, une "émission" dont la ligne est très floue entre la fiction et la réalité, se rapprochant même de snuff movies. Mais Max va ensuite très rapidement tomber dans une spirale infernale en voulant chercher l'origine de ces émissions et va se rendre compte que leur véritable but est peut-être tout autre que du simple divertissement, si on peut appeler du snuff tel quel. Alors, je reconnais que c'est assez bordélique, plus le scénario avance, plus le réalisateur nous plonge dans un monde surréaliste que l'on a quelques-fois du mal à comprendre. Mais d'un autre côté, le spectateur est à l'image de Max, il est ce spectateur curieux qui se laisse emporter en envouter par ces imageries violentes (parce-qu'on reste chez Cronenberg quand même). Car oui, de par son côté dérangeant, le film a cet aspect envoutant qui a en tout cas très bien fonctionné sur moi ! Je me suis en effet laissé happer par le film pour ne plus en sortir jusqu'à la fin, un peu comme "eXistenZ" d'ailleurs qui fonctionnait sur le même modèle. Même si les effets spéciaux ont forcément vieillis, certains fonctionnent encore très bien aujourd'hui et participent à ce côté hypnotisant ; on ne peut en effet s'empêcher de détourner le regarde devant tous les trucs dégueulasses qui nous passent sous les yeux. Car ce qui intéresse le réalisateur comme d'habitude, c'est la déformation des corps et leur destruction, sous toutes les formes possibles et imaginables. Concernant les acteurs, nous retrouvons principalement James Wood, Sonja Smits et la leadeuse de Blondie, Debbie Harry, qui jouent très bien. "Vidéodrome" n'a donc pas voler sa réputation de film dérangeant dont en découle paradoxalement la fascination que l'on en éprouve.
Film mélangeant horreur et fantastique, Videodrome est dérangeant et avant-gardiste. L’histoire n’est pas facile à expliquer tant c’est étrange et que c’est un film qu’il faut voir pour vraiment le comprendre. Elle raconte la descente aux enfers d’un homme suite au visionnage d’une émission télévisé sur la torture. Plus les minutes avancent et plus on va assister à des hallucinations organiques répugnantes, ou la chair s’ouvre et se transforme au point de ne plus savoir si nous sommes dans la réalité ou non. Car avant tout, le long-métrage est une critique des écrans - plus particulièrement de la télévision - et tente de nous mettre en garde à sa façon, contre sa surconsommation et les dérives qu’elle peut engendrer. Côté casting, James Woods campe un homme sûr de lui qui va sombrer petit à petit dans la folie et Deborah Harry apporte une touche de sensualité. Car oui le film contient aussi une certaine tension sexuelle même si on voit plus de scènes gores que de scènes de sexe. Les dialogues eux sont plutôt bons. Niveau réalisation David Cronenberg nous livre quelque chose de froid et précis tout en restant assez sobre. La b.o. pour sa part colle parfaitement à l’univers et contribue grandement à créer cette ambiance à la fois repoussante et hypnotique. Reste un fin qui laisse interrogatif sur ce qu’on vient de vivre et vous obtenez avec Videodrome un film déstabilisant qui ne laissera personne indifférent.
Un patron de télé trash, télé spécialisée dans les programmes violents et pornos, est à l’affût de toutes les propositions faisant de l’audience. On est en 1982, c’est le début de la télé commerciale et de la vidéo ; Le Lay, patron de TF1 ne sortira sa célèbre phrase « notre métier est de vendre du temps de cerveau disponible à coca cola » que 20 ans plus tard. Donc David Cronenberg dépeint ici une image visionnaire et annonciatrice de la décadence télévisuelle contemporaine : un robinet à déverser du contenu vide, voyeuriste, décérébré,… satisfaisant plutôt les bas instants humains. C’est un vrai beau travail sur la fascination de l’humain pour l’image, nos pulsions voyeuristes et notre malsaine volonté que tout soit le plus réel possible. Aujourd’hui, plus largement que la télévision, cette violence et ce réel mis en scène se retrouve sur Internet, les jeux vidéos,… Comme Max Renn, le patron de cette foutue chaine de télé, nous sommes contaminés ; le cancer nous a gangréné ou a plutôt gangréné nos sociétés ; ce cancer chez ce dernier prennent la forme d’hallucinations. Celles-ci font écho aux déformations du réel induites par une soumission trop forte à la télévision ; notre vision du monde en devient altérée comme notre libre arbitre et libre pensée. Le fond du film est super riche. Après sur la forme, on peut regretter une grande confusion d’un film qui semble écrit ou réécrit à fur et à mesure qu’il avance. Il semble accumuler une profusion de messages quitte à perdre un fil directeur pourtant très riche. Dommage. C’est pourquoi la dénomination de chef d’œuvre me semble excessive ; juste un film visionnaire nécessaire à la réflexion. PS: en prime y a Blondie tout-un-cinema.blogspot.dom
Videodrome est une oeuvre très complexe, bourrée de métaphores.
Même si l'atmosphère générale reste excellente, le film reste beaucoup trop fumeux pour que l'on s'y accroche. La raison est qu’à 89 minutes, Videodrome est beaucoup trop court pour un film aussi complexe. Cronenberg nous balance ses idées et théories à tout va, sans que l'on comprenne les sens (lors du premier visionnage tout du moins). Quant à sa finale, elle demeure intéressante, mais beaucoup trop préméditée.
Il n’en demeure pas moins que Videodrome est un film curieux et probablement indispensable pour les fans de David Cronenberg. Malheureusement, pour ceux qui ne sont pas familiers avec les oeuvres du célèbre cinéaste, le résultat risquent d’être foireux...
8 ème film du réalisateur, qui peut être considéré pour moi comme son deuxième classique, liste parsemé de 10 films, voire 11 si on rajoute "Dead Zone". Ce film commence par nous happé directement avec sa réalisation, où l'image filmé représente le tube cathodique, on va comprendre par la suite que ce choix de réalisation est très pertinent. Le film est visionnaire et commence par dénoncé la pornographie, puis la télévision, avant de laisser parler des images, un vaste trip, où l'on ne sait plus vraiment si le réel est une hallucination, et l’hallucination le réel. L'effet est voulue, car c'est une critique de la télévision. Un film chaos et comme le dit James Woods: « Long life to the new flesh ! ». Mais au final, le film alterne entre le chef d’œuvre et le navet, notamment avec ses scènes érotiques. La mise en scène bien qu'intelligente n'arrive pour moi pas à transcender son propos, et le film reste trop court et répétitif. Je lui préfère un film comme "Body Double", tant dans le fond, que dans la forme.
Au travers de ses films d’horreur ou psychologiques, David Cronenberg a le don de choquer pour mieux dénoncer. « Videodrome » en est l’exemple parfait. Le patron d’une chaîne de télévision érotique cherche à programmer des vidéos qui vont toujours plus loin pour rameuter un audimat fidèle. Il capte par hasard un programme-pirate dénommé Videodrome qui met en scène des tortues. Plus de trente ans plus tard, nous avons ce recul de comprendre d’avance que ces scènes s’assimilent à des tortures politiques pour faire parler des ennemis du djihâd ou des Etats-Unis. Pourtant ici, le programme est assimilé à des sévices sexuels et des jeux sadomasos-pervers. Malgré sa volonté de diffuser ce genre d’images sur sa chaîne, le directeur va être pris d’hallucinations et générer vraisemblablement un déséquilibre malsain chez lui. Avec du recul encore, le film fait déjà écho aux nombreuses téléréalités qui manipulent le cerveau de ceux qui les regarde. Le film d’horreur est donc visionnaire sur l’étendue du pouvoir du petit écran sur les consommateurs. Le cinéaste va aller très loin pour décrire cette supercherie, qu’est l’emprise du média qui nous force au fantasme virtuel et nous déglingue notre vraie vie. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Plus brouillon que d'ordinaire chez David Cronenberg, Videodrome est de ces films qui se servent un peu paresseusement de leur jeu entre fantasme et réalité pour bricoler un scénario pas forcément limpide (pas au sens où il est difficile à comprendre, mais au sens où je n'ai pas l'impression marquée que chaque scène est à sa place pour servir une vision claire). Ces choix et ces visions un brin aléatoires, Cronenberg a du mal à toutes me les faire passer comme des éléments de la mise en abyme qu'il opère entre le matériau (télé)visuel et l'esprit qu'il accapare à force de s'en constituer le substrat unique - mise en abyme qui finit quand même par trouver son souffle dans une conclusion bien sentie. La force qui émane (un peu trop occasionnellement) de Videodrome vient au final, comme toujours, par la prégnance des visions gores et organiques de Cronenberg, qui filme une réaction absurde de la chair, comme si le corps faisait sécession face à l'asservissement de l'esprit par le pouvoir de l'image. Véritable cancer, le mal qui ronge le personnage de James Wood questionne par sa symbolique visuelle et le sentiment qu'elle véhicule, celui que nous cultivons peut-être les monstres que nous serons demain. Même si ce genre de discours est depuis devenu complètement éculé, saluons quand même la précocité de ce pamphlet de David Cronenberg, un peu confus dans son écriture mais loin d'être mauvais pour autant, bien sûr.