Revoir Videodrome aujourd hui c est se rendre compte que non seulement c était un excellent film réalisé dans la meilleure période de Cronenberg mais surtout à quel point ce film était visionnaire. Montrant l appétence de l être humain pour la vision d images violentes et subversives, il décrit une humanité qui intègre au sens propre cette violence et comment ce stimuli le rend dépendant à cette même violence. À l époque de tik tok et des algorithmes Videodrome prend une dimension peut être encore plus impressionnante qu au moment de sa sortie d autant plus que ses effets très organiques ont formidablement traversés le temps. Parfaitement joué, parfaitement maîtrisé, c est l œuvre d un vrai auteur en pleine possession de ses moyens et qui ne cherchait pas encore au courir les récompenses dans les festivals.
Film ultra-prophétique s'il en est, ce chef d'oeuvre de D. Cronenberg peut se déguster en tant que simple film de SF, d'abord satire sociale qui glisse peu à peu vers le genre, flirtant avec le polar. Bénéficiant d'effets spéciaux incroyables (même si certaines textures ne sont pas parfaites) signés par R. Baker, le film est aussi porté par des acteurs au top, un scénario bien construit et il nous pousse à la réflexion. Bref, un film impeccable, qui délivre son message subversif avec subtilité tout en proposant un spectacle agréable et prenant. La recette parfaite du bon film de genre. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
“Le médium, c'est le message” Cronenberg signe une œuvre visionnaire sur le pouvoir d’aliénation des images, à travers un thriller hallucinatoire aussi fascinant que malsain, mais au récit un peu trop confus et visuellement daté, porté par un impeccable James Woods. 3,25
Dans Videodrome, David Cronenberg laisse déjà libre court à ses délires organiques tout en critiquant sévèrement déjà l'univers télévisuel ainsi que cette course au voyeurisme aussi dérangeant qu'hypnotique. En un sens c'est très visionnaire comme film et chacun y comprendra ce qu'il voudra, notamment après cette fin assez brutale. Côté réalisation le canadien nous propose des effets spéciaux saisissants pour l'époque et cultive toujours ce sens aiguisé du malaise, son fond de commerce en quelque sorte. Le casting est bon également avec un James Wood inspiré en tête, glissant doucement mais sûrement dans la folie. C'est du bon boulot, c'est maîtrisé de bout en bout et l'on retrouve avec plaisir la plupart des thématiques fétiches de Cronenberg même si l'on est évidemment pas certain d'avoir saisi toute la substance de son récit. Un classique en somme.
Inclassable, Videodrome fait partie de ces ovnis troublants du Cinéma. Des scènes qui oscillent entre la sci-fi, le gore et l'érotique, toujours intelligemment et bien mené. Un film déroutant à l'époque peut-être, mais ne fonctionne plus trop aujourd'hui car il vieillit mal il faut l'avouer.
le rapport de l’homme aux médias et son devenir technologique selon Crononberg. Entre hallucinations et réalité, la folie n'est jamais loin face à ceux, manipulés, qui se font happer par le programme. Un thriller à l'univers fascinant voire expérimental et aux effets traumatiques. Évidemment difficile d'accès.
Une fois de plus le Cinéma très spécial de Cronenberg surprend ! entre sexe, paranoïa, et autres délires purement psychédéliques, il ne s'en sert vraiment pas trop mal !
Si David Cronenberg avait réussi à s’imposer comme un auteur à suivre dans le domaine du fantastique dès ses premiers films professionnels, Vidéodrome marque une réelle étape dans sa carrière. En effet, il passe clairement un cap en sortant de la pure série B pour aller vers un univers extrêmement original, inédit et surtout totalement personnel. Le long-métrage débute dans un monde plus ou moins réaliste pour dériver petit à petit vers une plongée totale dans une folie bourrée de références sexuelles. Servi par une réalisation sans faute, des effets spéciaux délirants associés au travail du grand maquilleur Rick Baker et la musique envoutante d’Howard Shore, il se révèle être une œuvre fascinante, déroutante et d’une étrangeté extrême qui arrive en plus à offrir une critique du pouvoir des images et de la télévision (elle serait très certainement remplacée par internet si un remake devait être réalisé de nos jours). Ainsi, avec Vidéodrome, David Cronenberg signe son premier chef-d’œuvre et un de ses films les plus marquants.
Un film qui malgré une simplicité apparente s'avère, intelligent, gênant et vicieux. En arrivant à conserver du mystère tout du long, l'ensemble arrive à surprendre et à parler des fantasmes inavoués de l'être humain et des différentes casquettes de la télévision.
Un film d’horreur de la période gore de David Cronenberg, évoquant ici en même temps le sexe et la télévision, du pouvoir de contrôle que peut exercer cette dernière sur l’esprit humain au travers une histoire originale plutôt bien amenée.
Ah, les bons effets-spéciaux bien visqueux de David Cronenberg ! À la façon de "Ring" (ou encore son remake américain "The ring"), "Videodrome" relate l'histoire d'une VHS mystérieuse et maléfique. Ici, la vision de cette cassette provoquera hallucinations à long terme pour son spectateur. "Videodrome", film parfaitement ancré dans le style du cinéaste, se dotera d'un délire fascinant dont on ne décrochera pas, en plus de dénoncer subtilement l'évolution de notre société, et sa nouvelle drogue télévisuelle.
Sorti en 1983, "Videodrome" est sans conteste le premier film important de David Cronenberg. En effet, si "Chromosome 3" ou "Scanners" s'avéraient efficaces et laissaient entrevoir quelques parcelles de son univers, celui-ci était encore beaucoup trop épars. "Videodrome" change désormais la donne et révèle le Cronenberg à la fois cinématographique, social et politique. Ce n'est plus à un simple bon faiseur de films frôlant la série B que le spectateur a affaire mais à un réel artiste dont l'univers inspirera une génération de congénères. À travers l'histoire de ce patron minable d'une chaîne porno et de l'inquiétant programme qu'il reçoit, le cinéaste impose d'emblée l'un de ses thèmes phares : le pouvoir du média. Il s'affirme au passage comme un pionnier certain concernant la thématique de la mystérieuse cassette vidéo qui hantera plus tard Lynch ou Haneke. affecte non seulement l'esprit mais également la chair humaine. En complément se dévoile une autre de ses obsessions, à savoir la difficile distinction entre réalité et virtualité qu'il reprendra une quinzaine d'années plus tard dans "Existenz". James Woods trouve l'un de ses rôles les plus marquants. Peut-être trop court, il s'agit néanmoins d'un jalon d'importance pour le cinéaste.
Le thème du film est intéressant, à savoir l’influence néfaste des images, à l’époque, celle de la télévision, énoncé visionnaire avec le recul du temps (41 ans), où les écrans (smartphones, tablettes, ordinateurs) avec accès à internet, ont remplacé la télévision. Malheureusement, le fond du discours est amoindri par la forme : le film reste confus, en supprimant la différenciation entre réalité et sa représentation sous forme d’hallucinations. Peut-être pour immerger le spectateur dans la tête de Max Renn (James WOODS), directeur de la chaine télévisée Canal 83, diffusant des films pornographiques ? Personnage cynique et antipathique auquel il est difficile de s’intéresser, malgré ses crises d’hallucinations provoquées par le programme Vidéodrome qui filme des actes réels, violents et mortels. Malgré la qualité des effets spéciaux concernant les atteintes corporelles (spoiler: plaie béante et suintante dans l’abdomen de Renn où il peut glisser un révolver ou une cassette V.H.S. ! ), le spectateur est plongé dans un film de série B, que la musique angoissante (à l’orgue) d’Howard SHORE (3e collaboration sur 12) et la présence de la chanteuse du groupe Blondie, Deborah HARRY, maitresse d’un soir, masochiste, de Renn, ne sauvent pas. Le film est beaucoup moins convaincant que « Invasion Los Angeles » (1988) de John Carpenter, où même si le contexte est différent (infiltration d’extra-terrestres à visage humain dans la population), il est aussi question de la diffusion de messages subliminaux pour endormir la population.