Pour complaire à son ombrageux frère ainé de passage en France (Francis Blanche, industriel vociférant), Roger Pierre, vendeur de voitures et séducteur, demande à son patron et ami Jean-Marc Thibault d'échanger leurs vies, jusqu'à lui confier son épouse. Le sujet est parfaitement stupide. Il tient à cette duperie dont ne voit pas vraiment quel en est l'enjeu sinon, pour le personnage de Roger Pierre, de ne pas se faire gronder par son frère. Mais peu importe, car les auteurs n'ont pas d'autre but que de mettre en place un vaudeville avec quiproquos crétins entre appartements ou chambres d'hôtel. Le vaudeville, même de ce niveau, nécessite une mécanique élaborée. Ici, rien ne fonctionne, rien ne fait illusion; tous les incidents sont à l'image des protagonistes, artificiels et sots. Rien n'est drôle et aucune séquence n'est un tant soit pour réussie dans cette comédie qui n'est rien d'autre qu'un nanar. On n'a aucun doute à ce sujet: il suffit d'entendre Francis Blanche cabotiner, faute d'un rôle réellement comique. Il en a l'habitude, hélas.
Ce film est un échec dans tous ses compartiments. Le scénario n'est pas en cause : il faut partir du principe que tout vaudeville possède son potentiel, sauf que là il n'est jamais exploité correctement. Coté distribution Roger Pierre et Jean-Marc Thibault sont mauvais, et Francis Blanche reste coincé dans un rôle qui ne lui convient pas. Pire les deux rôles féminins se confondent tellement qu'on ne sait plus très bien à qui on a à faire (pour un vaudeville, c'est gênant), C'est réalisé par-dessus la jambe, l'humour tombe complétement à plat et le film se termine en eau de boudin. Les petits curieux auront remarqué le petit rôle très pudiquement déshabillé d'Elizabeth Tessier qui avant de prévoir la fin du monde avait un charme certain.