Les Portes de la nuit
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Max Rss
Max Rss

251 abonnés 2 306 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mars 2025
C'est ici et là, aux portes de la nuit que vont se croiser et se jouer les destins de quatre personnes. Il y a parfois des trucs qui sont à n'y rien comprendre. J'adhère à l'idée d'un Destin personnifié sous les traits d'un pouilleux jouant de l'harmonica, tout comme j'adhère à l'idée d'une histoire bâtie comme un film choral, mais dans la narration, j'ai des montagnes de réserve en stock. Parce que si Prévert excelle pour ce qui est des dialogues, en ce qui concerne le scénario, il use de ficelles grosses comme des câbles. A la revoyure, même Carné se grattera la tête. Tout comme il y aurait beaucoup à redire sur le jeu d'un Yves Montand trop tendre (25 ans à l'époque, débutant et franchement pas convaincant) et d'une Nathalie Nattier tout à fait transparente, (le film avait été à l'origine écrit pour Gabin et Dietrich, imaginez...) Regginai s'en sort nettement mieux malgré un personnage qui n'est pas écrit avec la plus grande finesse, quant à Pierre Brasseur, il est clairement second rôle. Quant au côté mélo de l'affaire, si tu compares à ce que ce même Carné ou Gremillon pouvaient faire avant-guerre, t'as clairement un monde d'écart. Et pourtant... j'ai toujours adoré ce film... comme quoi, y a des fois où le cerveau humain joue de drôles de tours. J'ai toujours été captivé par son atmosphère particulière et toujours été happé par sa lenteur, celle-là même qui poussera Henri Jeanson à parler de portes de l'ennui. Que voulez-vous, et c'est arrivé au moins une fois à tout le monde, quelque chose a beau être chargé de défauts, et on l'aime quand même.
Toompea20
Toompea20

13 abonnés 8 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 janvier 2025
Paris a la fin de la guerre, la France est divisée en deux : les résistants et les collabos, ceux a qui la guerre a profité et les autres et l'on sent l'idéologie qui innerve le film.
Carné livre ici une oeuvre inégale, avec de très jolis plans dans le Paris industriel, mais dans laquelle les dialogues paraissent ampoulés et dit de façon bien peu naturelle. En choisissant une unité de temps (une nuit), il rends en outre l'histoire d'amour entre Diego et Malou bien peu crédible même si l'on comprends qu'en bien ou en mal, le Destin est a l'œuvre derrière.
Malgré la belle prestation de Serge Reggiani, le tout reste légèrement ennuyeux.
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 807 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 janvier 2025
Quel carnage ce mixage son! Ceci posé, la théâtralité de certains dialogues et interprétations (le voisin, le père, une falote Nathalie Nattier - d'autant plus quand on sait qu'elle remplace Marlène Dietrich...) renforce l'aspect intellectuel de ce drame qui rechigne devant l'émotion sincère. Rendre Yves Montand emprunté n'est pas le moindre exploit de cette réalisation qui réussit cependant à dessiner l'atmosphère incertaine, troublée, souffrante de la Libération où la recherche du plaisir, de la joie, de la légèreté se voit entravée par des réalités sociales ou psychologiques frustrantes - que le cynique Destin taquin incarne à merveille. Pointent pourtant, par fulgurances, rythmées par ces intemporelles Feuilles mortes, des scènes incarnant cette poésie réaliste qui définit aux meilleurs instants Prévert et Carné dont le souci d'un rythme stimulant ou d'un scénario intéressant semble leur paraître secondaire, l'allégorie ou l'impression prévalant. Inégal.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

89 abonnés 4 207 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2023
D'entrée, le narrateur nous fait part du désenchantement de Paris, passée l'exaltation de la Libération. Sur le bonheur de l'été est retombée la nuit. C'est dans cette nuit oppressante que Carné et Prévert ont puisé les personnages de ce drame. Ces noctambules se croisent, s'aiment ou règlent des comptes, dans la brume et l'humidité, en attendant le retour métaphorique du jour.
Le Film de Marcel Carné est un film complexe, ou plutôt multiple. Polémique par l'opposition entre anciens résistants et anciens collabos, sentimental par l'histoire d'amour naissante entre Yves Montand et Nathalie Nattier, merveilleux par le caractère irréaliste de cet amour, drôle par ses personnages fantaisistes, douloureux par la mort au bout de la nuit...La variété des tons rejoint celle des protagonistes. Il pèse sur le quartier de Barbès une atmosphère lourde et une indicible détresse en cette nuit où le destin de chacun sera bouleversé. Le destin, Prévert le personnalise sous les traits inquiétants de Jean Vilar, annonciateur désespérant de drame.
Ce compromis de réalisme social et de poésie pessimiste prouve, une fois de plus, dans cette troublante histoire, le talent conjugué de Carné et Prévert (et Trauner). Les comédiens sont formidables (quel plaisir de rencontrer Carette et Saturnin Fabre!) et la musique célèbre de Joseph Kosma achève de nous charmer.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2018
Marcel Carné à la réalisation, Jacques Prévert au scénario, Joseph Kosma à la musique, Alexandre Tauner aux décors, Philippe Agostini à la photographie et une belle distribution de seconds rôles, tel peut être le résumé de la fiche signalétique des Portes de la nuit. Tourné en 1946 et abordant avec noirceur et pessimisme des thèmes encore trop actuels, ce film fut incompris et rejeté par la critique lors de sa sortie en salle. Il aurait été un succès s’il avait été réalisé quelques années plus tard et mérite d’être redécouvert. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
pierrre s.

553 abonnés 3 426 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2017
Un film qui avait tout pour plaire (Prévert, le Paris d'après guerre) et qui finalement tombe rapidement dans la mièvrerie et dans l'ennui...
Jaba21
Jaba21

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2017
Réalisé tout juste après la Seconde Guerre mondiale, ce film a souffert des problèmes de casting. Jean Gabin et Marlène Dietrich avaient été présentis pour les deux rôles principaux mais le couple s'est rétracté au dernier moment, ce qui a contraint Marcel Carné à jeter son dévolu sur deux jeunes acteurs sans expérience, à cette époque, Yves montant et Nathalie Nattier. Malgré cela, on ne peut pas dire que le film soit mauvais bien au contraire. Les décors d'Alexandre Trauner sont remarquables. Le Paris d'après-guerre est magnifiquement restitué et ceux-ci contribuent beaucoup à la réussite du film.
Si les rôles principaux ne sont peut-être pas les plus convaincant, les seconds rôles sont, eux, très réussis (Pierre Brasseur, Saturnin Fabre, Carette, etc...).
Les Portes de la Nuit n'est sûrement pas le film de Carné le plus abouti mais il n'est pas non plus sans qualités.
Alors lancez-vous !
Djam A
Djam A

31 abonnés 66 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juillet 2017
magnifique film de marcel carné avec prévert aux dialogues et kosma pour une musique qui deviendra éternelle ,le film n,avait pas du tout marché a sa sortie,trop noir,les français venaient de sortir de la guerre ils voulaient oublié
n,en reste néanmoins un film sensationnel avec malgré quelques longueurs
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 771 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2017
Carné/Prévert, un des duos majeurs du cinéma mondial des 30’s, signe, avec leur dernier opus, la fin d’un courant : « le réalisme poétique ». L’aspect poétique est pratiquement entièrement porté par un personnage mystérieux : « Le Destin ». Ce film ne figure pas au panthéon des deux compères, mais bien injustement.
Un critique a écrit à propos de ce film : « La nuit tous les chats sont gris, dit-on. Sauf chez Carné et Prévert, les maitres du « réalisme poétique », chez qui la symbolique demeure toujours très forte. Clairement, pour eux, la nuit c’est l’occupation. Une tâche dans l’Histoire. Une période sombre sur le point de s’achever. Mais pas encore tout à fait. Dans ce Paris fraichement libéré mais toujours capitale d’un pays rationné et en guerre, l’heure est - plus que jamais - au règlement de compte. Car les rôles s’inversent : les puissants d’hier sont devenus les faibles ; les prédateurs sont devenus les proies. Et dans ce quartier populaire du nord de Paris, on assiste au chassé-croisé des ennemis d’hier tel un ballet orchestré de main de maitre par le Destin, personnifié en un fantasque clochard. De façon étonnement frontale, le film évoque ici - et sans concessions - la collaboration dans ce qu’elle a de plus sale et de plus rebutante : les dénonciations, les tortures, mais aussi l’exploitation de la situation, l’enrichissement et le profit personnel de certains aux détriments de leurs compatriotes et voisins. Autant de vices symbolisés par la Famille Sénéchal, formidables salopards de père en fils, merveilleusement incarnés qui plus est par Serge Reggiani et Saturnin Fabre. Face à eux, il y a ceux qui ont souffert en silence, les résistants et les gens du peuple. Ceux-là sont dans le ressentiment mais déjà plus dans la vengeance : trop de sang a déjà coulé, trop de souffrances ont été subies, et chacun aspire déjà à autre chose et à retrouver des jours meilleurs. Et puis, tel un printemps après un long hiver, il y a l’amour qui pointe le bout de son nez, comme l’espoir d’un possible renouveau. Sauf que chez Carné, il n’y a pas de rédemption possible. Tout cela est trop tôt. Les salauds restent des salauds et le bonheur n’est encore qu’un leurre. Au final, cela donne lieu à un beau film triste mais dans l’ensemble assez inégal, qui marque les débuts à l’écran d’un Yves Montand pas encore charismatique (pas trop aidé par l’interprétation assez fade de sa partenaire Nathalie Nattier) mais qui signe néanmoins avec la mythique chanson « Les feuilles mortes » son premier véritable succès. »
Bien entendu que le film a vieilli et que les deux acteurs principaux n’avaient pas les épaules assez solides : Montand esttrop tendre et Nattier est transparente… Mais qu’en aurait-il été si Gabin et Dietrich s’en était emparés ? Eux pour qui Carné/Prévert avait écrit le film.
Moins connu que leurs films précédents, il mérite pourtant largement le détour. Pour mon compte ,e jeu du Destin et du hasard m’a beaucoup fait pensé au cinéma de Allen.
mon blog : tout-un-cinema.blogspot.fr
ManoCornuta

357 abonnés 3 063 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 avril 2017
Carné et Prévert forment une association mythique s'il en est, mais ne sont pas pour autant exempts de tout reproche. Les portes de la Nuit est ainsi un drame sur l'errance de gens sans avenir (amoureux ou personnel) soigneusement monté en épingle, mais qui finit par se déliter poussivement, du fait d'une absence quasi totale de tension et d'un jeu d'acteurs un peu limité hélas par le style. Reggiani est formidable en petit mec crâneur et finalement bien faible, et de manière globale les interprètes masculins sont plutôt à la noce. On n'en dira pas autant de leurs consœurs, lesquelles sont à mon sens bien mal servies. Le film demeure aussi intéressant pour sa peinture très précise du Paris d'après-guerre.Sans être inoubliable, c'est un film à voir.
willycopresto
willycopresto

150 abonnés 1 383 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 avril 2017
"Les portes de la nuit" (1946) Arte le 03.04.2017

Même avec les signatures prestigieuses de Carné à la réalisation et Prévert au scénario, je me suis profondément ennuyé en regardant ce film qui a très très mal vieilli. C'est long, morne, ennuyeux, et on se demande si ces portes vont rester longtemps fermées ! Je trouve que la réputation flatteuse qu'on attribue à ce film d'après-guerre est surfaite ! Certes, c'est amusant de voir un certain nombre d'acteurs, alors jeunes (et il en est qu'on reconnaît difficilement), Yves Montand en tête ! Par contre, on dit que Nathalie Nattier avait été choisie parmi de nombreuses comédiennes sélectionnées pour remplacer Marlène Dietrich... Elle était pourtant loin d'en avoir le talent et sa carrière sur le grand écran s'est arrêtée à la fin des années cinquante. Ils ne sont guère nombreux à se souvenir d'elle aujourd'hui...Elle est décédée en 2010.
willycopresto
Estonius

4 733 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 novembre 2016
Que d'ennui ! A quoi se raccrocher ? L'intrigue ? Son intérêt est quasi nul puisque tout est dit d'avance par le personnage du Destin (incarné avec une lourdeur agaçante par Jean Vilar), quant aux scènes secondaires (la gitane) on se demande leur utilité. Le contexte ? Force est de constater qu'il est maladroit dans son manichéisme ? Les acteurs ? Ça manque considérablement de pointure, Montand n'est pas très bon, Reggiani fait ce qu'il peut mais est prisonnier d'un personnage trop chargé, Carette cabotine et Saturnin Fabre se croit au théâtre, quant à ces dames elles sont transparentes. Les dialogues ? Trop ampoulés, trop écrits, trop bavards, Prévert commettant les mêmes erreurs que pour "les Visiteurs du soir". L'ambiance ? Ben oui, il y a une ambiance, c'est indéniable, mais ça ne suffit pas à faire un film (idem pour la musique). Il faudra attendre "La Marie du port" pour retrouver le grand Carné.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 721 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 août 2015
Film assez étrange et obscur. Beaucoup de philosophie et un enchaînement de scènes qui ne semblent pas avoir de rapports entre elles. Seul l'amour est le point commun. Restent deux chansons immortelles de Prévert et Kosma.
ptiverat
ptiverat

18 abonnés 80 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mars 2015
Un peu brouillon, un peu mièvre, un peu trop de mots d'auteurs (ce à quoi échappe Prévert d'habitude) mais le film reste captivant, ensorcelant quand la musique s'y met (la chanson: Les feuilles mortes replacée dans le contexte du film n'a jamais été aussi belle) . La trouvaille du Destin en vagabond est une perle. Reggiani en salaud est crédible. Montand n'arrive pas à monter très haut. Cet univers glauque, éclaté est parfois d'une justesse étonnante dans la description des salauds et des collabos. Pour un Québécois, 75 ans après, tout n'est pas compréhensible et l'argot perdu n'y aide pas. La prise de son est parfois lamentable (comme dans bien des films français) surtout quand il s'agit de capter la horde des enfants où on peine à savoir et à comprendre ce qu'ils disent. À voir pour ce charme indéfinissable qui rend Carné et Prévert uniques même quand les portes ne s'ouvrent pas sur le Paradis!
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 octobre 2014
La dernière collaboration d'un duo mythique du cinéma français : Marcel Carné et Jacques Prévert. Datant de 1946, l'oeuvre s'érige en première exploration du monde résistant et de ses innombrables soubassements. Film maudit, échec cinglant à sa sortie dans un Paris se remettant tout juste du traumatisme, "Les Portes de la nuit" sera ensuite démoli quelques décennies plus tard par les jeunes-turcs de la Nouvelle Vague, en particulier Truffaut. À sa vue, on ne peut être que surpris que déjà, au lendemain de la guerre nous assistions à une première cristallisation des lieux communs de la France occupée ; du résistant héroïsé, parfois construit de toutes pièces au collabo cloué au pilori. Bref c'est tout ce lot d'images bientôt irascibles que Carné dévoile en avant-première et qui atteindront leur paroxysme absolu en 1973 avec "Le Chagrin et la Pitié". Prévert n'est peut-être pas dans sa meilleure forme scénaristique et littéraire, mais sait encore nous livrer quelques jets de sa force poétique. On a aussi beaucoup pesté contre l'interprétation initialement prévue à Gabin et Dietrich et finalement attribué à des jeunots. Celle-ci est tout simplement inégale, un peu à l'image d'Yves Montand ici dans l'un de ses premiers rôles ; l'acteur se débat remarquablement mais si persiste la fleur de l'âge. À réhabiliter.
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