Si le titre sait briller, “Sunshine” reste avant tout une œuvre sur laquelle il est intéressant de s’attarder. Premièrement car c’est un film de Danny Boyle qui a toujours été un explorateur dans son cinéma. Au niveau des genres, c’est un touche-à-tout : Trainspotting, 127 heures, Yesterday. Il propose là un film de science-fiction qui a du caractère et de l’audace. Le soleil, astre mystique et chaleureux que personne n’oserait trop approcher, sauf quand l’humanité se meurt d’une lueur qui n’existera bientôt plus. J’apprécie l’approche spirituelle et humaine qu’il y a autour de “Sunshine”, un aspect contemplatif émane des premières images, un rapport précieux à l’instant présent, à la vie. Le scénario est rempli d’idées ingénieuses, à commencer par celui qui ne doit pas se brûler les ailes “Icarus II”, une monstruosité spatiale laissant le champ de tous les possibles : un bouclier thermique ultra-résistant à la chaleur et aux rayonnements du soleil, des espaces foisonnant de biodiversité avec un écosystème durable permettant de générer de l’oxygène en grande quantité, une salle immersive permettant de vivre des moments comme sur Terre pour ne pas sombrer dans la folie, une salle de repos (si on peut l’appeler ainsi) permettant de contempler de manière toujours plus pur la seule vrai lumière qui nous éclaire du matin au soir, le soleil. Cette dernière salle est un symbole spirituel et contemplatif fort, où on relativise de notre condition et notre vie d’être humain. Les concepts essentiels étant posés, le long-métrage se retrouve fasse à un choix : comment rendre l’histoire et la narration attrayantes ? C’est à mon avis ici que le long métrage à pris une mauvaise direction.
L’erreur qui a décrédibilisé la dernière moitié du film : le retour d’un des passagers du “Icarus I” à bord du “Icarus II”. Et ils n’ont pas choisi le plus calme, ni le plus bavard. Mais le problème dès que ce protagoniste apparaît à l’écran, on a l’étrange impression de ne pas être dans le même film.
Pire encore, cela déconstruit tout ce qui a été bâti sur la première moitié du film. Cela devient rapidement indigeste et retire la dimension d’aventure humaine et spirituelle pressentie initialement. On peut clairement diviser le film en deux parties,
la première partie relève le niveau haut la main, la seconde est clairement discutable. Il n‘y avait pour moi pas besoin de lutter contre un esprit malsain, la difficulté d’atteindre le soleil et de larguer une bombe à l’intérieur était pour moi un défi amplement suffisant pour un faire un film
. A noter le travail remarquable sur la bande son et les effets spéciaux qui sont réussis, ainsi qu’un casting en béton, mais cela reste une déception.
Heureusement, l’équipe de “Interstellar” se servira 7 ans plus tard de la même idée d’un premier voyage raté pour un faire une œuvre bien plus solide et complète sur tous les points de vue. Ce n’est qu’une supposition, mais Christopher Nolan a sûrement puisé quelques inspirations dans ce “Sunshine” qui lui ressemble étrangement sur certains aspects.