Le mystère de la vie, la fascination de l'univers, Danny Boyle nous y entraîne dès la séquence d'introduction. D'une voix-off qui met en place un contexte pré-apocalyptique on découvre que le destin de toute l'humanité repose sur un groupe d'astronautes et de scientifiques, membres de l'Icarus II. Le côté dramatique brossé de manière conventionnelle, qui aurait pu paraître inefficace, est au contraire marquant lors des toutes premières minutes. Une fascination insouciante, c'est ce qui caractérise au mieux ce film, qui nous fait découvrir avec amour l'astre qu'est le soleil et le miracle qu'il engendre : la vie. Si tout le film est un combat pour la survie, une lutte entre la vie et la mort, Danny Boyle en tire profit pour nous dire une chose, une seule, du plus profond de son cœur : La vie est plus forte que la mort. Même le soleil, machine de création mais aussi de destruction, puisqu'il représente un danger constant sur l'équipage, force l'admiration.
En tissant des personnages qui vont devoir s'interroger sur leur propre humanité, à mesure qu'ils s'éloignent de la terre, nous découvrons des relations complexes et touchantes, qui avivent notre compassion. De nombreux plans et effets sont là pour jongler entre la fascination de l'espace, de ses mystères, et des troubles liés à la mission, tandis qu'une empreinte musicale de toute beauté recouvre l'histoire, d'une dimension aussi éblouissante que le soleil. Le doute qui s'instaure, les difficultés que rencontre l'équipage, les tragédies continues, tout cela baigne au sein d'un hymne à la vie sans précédent et c'est ce qui rend le film à la fois si sombre et si beau.
Des questions sur l'humanité et sur son rôle sont soulevées, avec ce terme qui revient toujours, "poussières d'étoiles" ; ce que nous sommes. Des rien de l'infini universel qui ont pourtant ces aptitudes, ces possibilités, qui les poussent à être amenés à sauver l'univers, dont ils ne comprennent pourtant pas un millième des secrets. Et la manière de réagir aux évènements de la part de l'équipage nous pousse à comprendre le sens du sacrifice, de l'altruisme humain. Certes, tout n'est pas parfait dans la réalisation de Boyle, certains effets paraissent survitaminés au point d'en devenir parfois gênant (à vouloir trop en faire, on en fait trop), certes le scénario ne mise pas sur la crédibilité et la fin est tout à fait prévisible, certes un boss de Metal Gear Solid débarque dans le film de manière inopinée, mais qu'importe.
Le ressenti émotionnel, le fantasme cinéphile et humain, le plaisir spontané, la réjouissance visuelle, l'extase auditive, la beauté partagée avec les personnages, leur sincérité, leur combat, leur dénouement, leur vie, la vie, notre vie ; tout ça est beau à en chialer et grâce à Sunshine on le ressent pleinement pendant 2h. Un bain de soleil où l'on reste bouche bée devant tant de merveilles, la séquence avec le Capitaine étant clairement la définition de l'orgasme multiple au cinéma. Quant à la fin, elle a beau être clichée, elle n'en reste pas moins somptueuse, conclusion évidente d'une aventure poétique qui nous en fait savourer les moindres instants, avec le délice du spectateur comblé par autant de génie. Ça restera non seulement un moment de cinéma unique, mais aussi un moment de vie unique.