Je serais, pour ce film, en accord avec la plupart des gens, pour dire que le scénario d’Avatar ne brille pas par sa subtilité. C’est un scénario classique à la « Indiana Jones », transposé sur une planète exotique virtuelle. On y retrouve tous les grands clichés du cinéma américain : les très bons et les très méchants (les uns vont gagner à la fin et les autres perdre, bien évidemment), l’histoire d’amour sous-jacente, la trame classique (tout commence bien, tout tourne mal et tout finit bien, ouf !), et puis les clichés sur les « bons sauvages » et c’est extraordinaire comme la tribu des Na’vi ressemble étrangement à n’importe quelle tribu africaine ou amérindienne du cinéma d’Hollywood. Les clichés encore sur les vilains militaires et les actionnaires sans âme, contre les gentils écolos. Donc, au-delà de ce fond-là, il y a heureusement, la forme qui sauve largement le film et qui le rend totalement regardable. Tout l’effort a été ainsi placé dans les images de synthèse et l’action, les unes et les autres étant de l’ordre du grandiose. À ce titre c’est donc un film superbe, merveilleux, éblouissant et le voir en 3D dans une salle doit vraiment valoir le coup. Des images resplendissantes, dans l’évocation d’un monde paradisiaque (mais dangereux), féérique, gigantesque. Les images de synthèse sont vraiment époustouflantes, de complexité, de précision et de réalisme. Par exemple, c’est assez épatant de voir comment on retrouve le caractère des personnages réels, des acteurs en fait, dans les visages de synthèse des extra-terrestres. Et puis, toutes les expressions très fines des visages, les regards, les mous, toute la palette des sentiments qui passe par ces visages de synthèse donne une véritable humanité aux Na’vis. Des extra-terrestres faits à notre image, quoi. C’est un beau film, un joli conte, une belle histoire, très classique, très basique et dichotomique, avec sa touche d’écologie. Cela passe bien et on ne s’ennuie pas une seconde, dans la mesure où tout est bien emballé, dans un superbe décor, de superbes images, donc c’est un grand spectacle. On n’en ressort pas enrichi intellectuellement, ni au niveau de la réflexion, ni au niveau du message (un classique écologique, genre forêt amazonienne en perdition), mais on en ressort enrichi de formes et de couleurs, émerveillé, c’est un film du cœur et de l’émotion.