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Un visiteur
3,5
Publiée le 13 septembre 2013
Un film profond, sensible et juste, qui invite à la réflexion sur la vie. Difficile peut-être à percevoir et à comprendre pour les moins de 30 ans, pour qui évidemment les temps de réflexion sembleront des temps sans action. Pour les autres, ces "petites vacances" sont un vrai moment de méditation et de pensée sur soi.
Une grand-mère encore très active, Bernadette Lafont, s’occupe de ses petits enfants. Sans même prévenir sa famille, elle décide de profiter un peu plus de leur présence et les embarque dans des vacances improvisées dans les Alpes Suisses... Contrairement à ce que laisse présager le sujet, c'est bien d'un drame dont il s'agit là, et non d'une comédie familiale. Olivier Peyon nous montre une femme qui prend conscience du temps qui lui échappe, et qui tente maladroitement de s'accaparer ses petits enfants. Mélancolique et désenchanté, l'ambiance du film montre l'inexorable décalage des générations, (notamment avec sa petite fille, ado qui s’affirme et refuse son autorité), mais surtout une femme qui, arrivée à la fin de sa vie, refuse la routine. Ce périple représente alors une remise en question sur sa vie, sur la vieillesse que l'on subit physiquement tout en gardant une jeunesse d'esprit. Bernadette Lafont, tour à tour mamie attentionnée ou inquiétante, parvient à montrer avec sobriété ses doutes et son mal-être. Il manque toutefois un peu plus de rythme à ce film étrange...
Souvent, les grands-mères cherchent à satisfaire leurs petits enfants, à les gâter, et parfois aussi, elles passent pour un tantinet gâteuses! C'est un peu ce que pense la petite fille de Danièle qui lui envoie à la figure quelque chose comme "T'es trop vieille et tu comprends rien!". Deux générations, deux passages pour mutations: celui de l'enfance à l'adolescence et celui qui annonce la vieillesse! Et forcément, il va y avoir des frictions. Au début du film, Danièle fait comme d'habitude l'accompagnement en train de Marine et Thomas. Le rôle qu'on attend d'elle s'arrête quasiment là, du moins ordinairement. Mais c'est sans compter avec cette bataille qui effleure parfois chez Danièle, Danièle en proie avec une recherche désespérée pour combler ce vide, ce manque, cette souffrance, cette fragilité et ces inquiétudes de plus en plus visibles et auxquelles elle parvient de plus en plus difficilement à se soustraire. Ce qui se passe en elle, qui grandit, Danièle ne veut pas toujours le voir, l'admettre, et elle va se cacher plus d'une fois derrière des apparences, des faux-semblants. Elle a le sentiment d'exister au-travers de ses petits enfants, mais Marine, ne m'entend pas de cette façon! Au fil des pages de cette histoire, le réalisateur ne nous laisse plus d'échappatoire pour éviter ce qui se tisse en Danièle. Jusqu'où est-elle capable d'aller, elle qui repousse l'échéance de ramener ces petits enfants à leur père, elle qui échafaude des plans, des fuites auxquelles Marine résiste tant qu'elle peut? On sent que le drame n'est pas loin, que la bascule de cette femme pourrait aussi les y entraîner. Bernadette Lafont joue juste et nous touche dans ce parcours qui cahote et se cabosse, avec des sursauts de vie, de lâcher-prises, comme de petites bulles de révolte et d'envie. Les ados n'ont pas l'exclusivité des états d'âme et de la folie! Un portrait sensible.
Très bon premier film. Bernadette est super et quel bonheur de revoir un de nos plus grands comédiens, Claude Brasseur... même s'il passe vite dans le film.
Pardon ? Je lis dans les critiques que cette Mémé aime ses petits enfants ? Elle les étouffe en les menant là où elle l'a décidé, une grand-mère comme ça, la dernière à qui je confie des gosses ! Bernadette Lafont campe à merveille cette vieille entêtée, (du style "fais ce que je te dis, point") et qui au bout de ces manigances déboule dans une impasse. Quelques faiblesses, de belles peurs aussi, surtout derrière ces troncs d'arbre... Tout de même, un portrait de femme vieillissante assez juste, des comme elle on en connaît, si malheureuses au fond, pitié, qu'on me pique si ça m'arrive...
"Les Petites Vacances" peine à susciter une émotion durable car l'histoire, peu inspirée, apparait répétitive et a du mal à se trouver une fin. Les jeunes acteurs sont impeccables mais le film reste dédié à Bernadette Lafont. Son personnage en profonde remise en question - jusqu'à la schizophrénie - est touchant sans être bouleversant. Dommage. Toutefois, certaines scènes sont très jolies et l'on retrouve toujours avec plaisir les apparitions de Claude Brasseur et de Claire Nadeau.
Un film d'une grande subtilité, très juste et très émouvant. Une direction d'acteurs remarquable. Un ami m'a dit bouleversé: "Ce n'est pas un film pour rien".Non, ce n'est pas un film pour rien, un film de plus, c'est un film unique qui vous marque pour longtemps.L'air de rien, avec légèreté il vous entraîne sur des chemins inquiétants : la vie, sans cesse border-line.
Magnifique !! sensibilité et subtilité sont au rendez-vous d'un film touchant et déchirant; je suis un homme de 35 ans et ce portrait de femme m'a beaucoup touché car on peut forcément penser à quelqun de son entourage qui gâte des petits enfants et que l'ingratitude inconsciente et légitime mais déplorable, rend vraiment triste. Mais la douceur du film nous laisse le temps de méditer sur le flottement de cette femme et la musique souligne ses tourmentrs intérieurs de façon raffiné et rythmé. Il n'y a pas de surenchère et parler de kidnapping est vraiment exagéré !!! il faut soutenir ce film magnifique sorti dans bien trop peu de salles. Et il est vrai que Bernadette Lafont campe son personnage de façon remarquable...
Il y a des films qui sont très réussis, mais plus rare sont ceux qui sont vraiment bien aboutis, ceux qui touchent juste, où tout est habilement suggéré par limage. Pour un premier long métrage, Olivier Peyon, loin des mas-tu-vu , à réussi la gageure de nous donner un grand film dune belle sensibilité. On perçoit un véritable travail déquipe, où tous les acteurs au sens large du terme c.à.d. les comédiens, les producteurs, les techniciens ont tous donnés, sans compter, de leur personne. Bien que le film soit porté par la magnifique Bernadette Lafont, accompagnée du clin dil de Claude Brasseur et de la fraicheur dAdèle Csech, je présume que rien nétait gagné à lavance pour Olivier Peyon. Cest le miracle de lalchimie du cinéma. Courrez vite voir Les Petites Vacances, avant que la caravanne des films à gros budgets ne le trépassent. - michel cr
J´ai vu... j´aime !!!! C´est tout lent au début, très quotidien, avec ce putain de cerf-volant qui décolle jamais et qui emmerde tout le monde (mais ceux qui volent, ils obstruent le ciel...) et j´aime, puis ca monte, les personnages prennent de l´épaisseur, le vernis craque. L´étonnant, le réussi, c´est qu´ils sont pas plats, on ressent tout, ils nous agacent ou nous ravissent comme en vrai, et on se surprend à penser : mais putain qu´est-ce qu´elle fait cette conne? Et on se projette dans la petite fille, dans la grand-mère, ou dans la mère absente. Et LA scène avec Brasseur, la scène des monstres, la scène de rencontre comme au cinéma, mais en vieux, après la fin de la fête : elle opère un décalage parce qu´on voit d´abord les acteurs vieillissants et que lors de ce regard échangé on ne sait plus très bien si ce sont les personnages qui sont contents de se reconnaitre ou si nous, spectateurs, sommes voyeurs d´un moment people où deux anciens monstres seraient heureux de se rencontrer lors d´un tournage, à nouveau. Et c´est du cinéma. Bref j´aime. Jolie construction de la narration, drolement bien tournée! Allez-y ...
En prenant le point de vue de Bernadette Lafont, grand-mère en vadrouille puis en dérive avec ses petites enfants, "Les Petites vacances" nous fait partager avec beaucoup de finesse et d'émotion les sentiments qui l'agitent. Passant de la gaité à l'inquiétude, le film donne à cette grande comédienne un de ses plus beaux rôles depuis longtemps!