Quel casting ! On a là, à quelques absents près, le gratin du cinéma français des années 90 : Depardieu, Marielle, Noiret, Galabru, Daniel Prévost, Luchini, Michel Blanc…Chacun aura son moment « de gloire » et ses tirades, même si la palme revient comme souvent à Depardieu, comme toujours excellent
(un petit bémol sur la scène de sa mort, jouée de façon un peu trop théâtrale)
. L’ambiance dans ce petit village français, dans l’immédiate après-guerre, donne un bon aperçu des rancunes et rancœurs entre les différentes classes sociales et les divers milieux politiques : Cela va du profiteur de guerre au collabo, en passant par les résistants de la première ou de la dernière heure. Il y a des salauds, des braves, et entre les deux tous ceux qui ont simplement fait en conscience ce qu’ils estimaient le mieux pendant la guerre. Entre tous ces personnages, les règlements de compte sont planifiés et exécutés soit sur des soupçons, soit sur des manœuvres politiques, soit encore sur des animosités personnelles, et chacun en prend pour son grade. En cela, Claude Berri ne prend pas de pincettes et montre la France dans sa diversité de pensée et d’actes, loin des utopies prétendant que tous les Français étaient dans la Résistance. Un film très intéressant pour ses dialogues et sa mise en lumière de manœuvres plus ou moins politiques en des temps troublés.