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Norbert Sautelles
24 abonnés
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3,5
Publiée le 26 décembre 2022
Claure Berri confirme qu'il n'a aucun talent de metteur en scène. Il se contente d'illustrer son scénario. Dont les dialogues sont magnifiques et très bien énoncés par des acteurs solides dont le professionnalisme pallie à l'absence de direction d'acteur.
Le film est riche de la description de cet immédiat après guerre où collaborateurs avec l'occupant nazi, communistes, gaullistes, profiteurs, indécis, pleutres doivent cohabiter, pour reconstruire la France. Une des grandes qualités du film est son décor, ses décors plutôt, entre les ruines dans les rues et l'appartement des cohabitants.
Le truc du film est de faire cohabiter, comme pendant la guerre, mais dans un même appartement, un communiste, un pétainiste et un sans étiquette (dont nous comprenons qu'il sait s'adapter et va dans le sens du vent, c'est-à-dire qu'il n'a pas de point de vue, mais l'ironie veut que les autres lui demandent son avis). La cohabitation est recréée dans un appartement. S'ajoute à cela Gérard Depardieu, impressionnant dans sa révélation et son adoration de la poésie.
Le film est sauvé par ses acteurs qui déclament avec conviction leur texte: nous avons trop l'impression que chaque acteur prend la pause pour déclamer son texte. Nous voyons toujours l'acteur avant le personnage. Peut être que le film aurait du miser sur une distribution d'acteurs inconnus: il aurait gagné en puissance. Mais le film reste intéressant grâce aux dialogues et à ces acteurs, justement.
Chronique d'un village français à la fin de la seconde guerre mondiale. A la suite du bombardement de certaines maisons, les habitants sont obligés de cohabiter à plusieurs familles dans le même appartement. Entre les communistes, les pétainistes, les neutres et les profiteurs de tout poil, cette histoire tragi-comique réunit une pléiade de très grands acteurs. Au dessus du lot, il y a Gérard Depardieu qui campe un Leopold truculent, une force de la nature qui tient un café, tout en ayant l'âme d'un poète. Film d'anthologie de Claude Berri qui adapte le roman de Marcel Aymé.
Adaptant une nouvelle cruelle de Marcel Aymé, Claude Berri s’adonne à un film assez bonasse, à l’image d’un de ses héros incarné par Philippe Noiret. Il résume la relativité du choix politique et le manichéisme de la Libération; Il y a du vrai bien sûr mais tout est ici outré, presque caricatural. La réalisation est elle aussi bien bonasse et ne tient que grâce aux exceptionnels niméros de nos meilleurs acteurs du moment et aux dialogues brillants qui sentent leur Marcel Aymé, décédé depuis longtemps (1967). Cela reste un film plaisant et drôle malgré le sordide des situations.
Adaptant Marcel Aymé, Claude Berri dresse un tableau représentatif et peu glorieux des règlements de comptes aux lendemains de la libération. Une parabole cynique, aux dialogues parfois cinglants, qui n’épargne personne. Bien qu’un peu oublié, « Uranus » est avant tout un film d’acteurs : Depardieu, Noiret, Marielle, Prévost, Blanc, Lucchini, Galabru, Desarthe. Du lourd.
Les bases idéologiques douteuses et l'acuité historique probablement très approximative de l'oeuvre dont est tiré le film (un roman de Marcel Aymé) rendent pénibles et douloureuses les presque 2h de visionnage de cette pièce de théâtre filmé.
En bref, les points saillants de ce film pourraient être résumés comme suit : - Les hommes sont faibles, faillibles, et bardés de défauts - Parmi eux, les pires et surtout les seuls dont les défauts sont impardonnables sont les communistes - Les femmes sont obsédées par le sexe, infidèles et inutiles (elles veulent faire du théâtre !) - La France d'après-guerre et l'URSS, en gros, c'est kif-kif - L'après-guerre et l'occupation, en gros, c'est kif-kif
La distribution est exemplaire mais n'empêche pas certaines lourdeurs.
Je suis surpris que ce film ait pu sortir en 1990 !
La France de l'immédiate après-guerre. La peinture qu'aurait pu en faire Claude Berri ressemble plus à un défilé de grands comédiens Français avec un bonheur inégal .Depardieu sur joue, Noiret peine à installer son personnage. Rien n'est creusé, ni appronfondi, les choses vont trop vite mais tout le monde est là, pacifistes, collabos, communistes, notables, et la promiscuité que la guerre a engendré.Et les dialogues et l'acuité Marcel Aymee pour décrire la petitesse de l'être humain permette d'offrir un récit intéressant ou rien n'est blanc ou noir au royaume de l'arrangement.
Un film à la distribution remarquable, dont le thème est les lendemains de la libération vus d'un petit village français. L'occasion pour Claude Berri de réaliser une série de portraits de personnages qui ne sont pas tout à fait blancs, ni tout à fait noirs pour avoir dû affronter les circonstances souvent difficiles de l'occupation. On suit particulièrement les habitants d'un appartement partagé entre la famille d'un ingénieur (JP Marielle), celle d'un ancien résistant communiste ( Michel Blanc), d'un enseignant veuf (Philippe Noiret). L'appartement abrite aussi un ancien collabo qu'il faut protéger, de la gendarmerie, des ex-résistants et des communistes qui le traquent. Le second pôle, c'est le bistrot, tenu par G. Depardieu, alcoolique, poète depuis qu'il a découvert quelques vers d'Andromaque, ex petit trafiquant, ex catcheur de foire, et grande gueule indomptable, qui doit affronter le chef de gare vicieux et mielleux (Daniel Prévost);..s'en mêle un commissaire politique du PC ( étonnant Lucchini) et un commerçant qui s'est enrichi avec les allemands et le marché noir (Michel Galabru dans un rôle tragique) ... Les portraits sont soignés, le scénario vivant, les dialogues percutants, la direction d'acteurs réussie
Uranus, film dont j'étais passé à côté toute ces années... et pourtant quand on voit le réalisateur et la palanquée d'acteurs présents. Un film théâtral qui traite avec justesse de l'aprés-guerre en France et de la complexité de cette époque. Un Depardieu théâtral en barman poête, un Marielle confronté à un dilemme moral, un Noiret relativiste désabusé, un Luchini en idéologue communiste et un Blanc qui questionne son engagement politique. Un pur régal!
Avec une telle brochette d'acteurs, il était impossible de réaliser un mauvais film. Brillamment interprété, le film nous offre plusieurs tirades de grande classe comme Depardieu, Marielle ou Noiret savaient nous offrir. Mais c'est également là que le film nous perd. A force de sur-écriture, les monologues se succèdent et nous donnent l'impression d'assister à du théâtre filmé. Les (multiples) intrigues rencontrent le même travers : sur-écrites, elles en deviennent confuses, et on perd de vue les différents enjeux scénaristiques. Les différents sujets abordés sont pourtant extrêmement intéressants à creuser : Quelle vie après l'occupation ? Quel regard poser sur celles et ceux qui ont collaboré? Sur les résistants de la dernière heure? Quel idéal embrasser pour le "monde d'après"? En conclusion, un film relativement agréable à voir, mais dont on regrettera la lourdeur.
1945, la France est libérée mais le poison du doute et de la diffamation plane encore. Les esprits sont encore échaudés par les années de conflit et personne n’est à l’abri d’être accusé de collaboration. Nuancé et ambigu.
Acerbe, grinçant, lucide. Cette satire sur la France sortant de l'Occupation met aux prises collaborateurs, résistants, hésitants et dépités au sein d'un casting éblouissant mené par un tonitruant Gérard Depardieu dont la fin, éprouvante, émeut. Dans une mise en scène jouant sur les regards et l'implicite, le récit mêle mensonges, trahisons et épiphanies dans une tonalité entre poésie et violence. Singulier, osé, pertinent.
Marcel Aymé est un moraliste tout à fait particulier et l'adaptation de Claude Berri semble fidèle à son ton. Mais les acteurs de l'épatante distribution semblent avoir été dirigés à une certaine distance des personnages qu'ils doivent incarner - si bien que cette farce tragique manque par moments d'intensité et échoue peut-être à témoigner de la souffrance de cette époque.
L'intention était louable, celle de décrire le climat délétère qui a régné sur la France dans les semaines suivant la libération. Restait à savoir comment traiter ça en sachant que le film partait avec l'atout d'une brochette d'excellents acteurs. Or dès le début on se demande dans quel monde on est quand Noiret nous récite une improbable et ennuyeuse tirade de plus de 5 minutes, ou quand Depardieu héritant d'un rôle difficile (une brute qui adore les vers de Racine, c'est très plausible) et qui se met à faire dans le surjeu jusqu'à l'excès. Chacun semble jouer comme il l'entend sans que l'on sente une véritable direction d'acteurs et le discours est nettement plus théâtral que cinématographique, seul Michel Blanc semble parler de façon naturelle. Si les vedettes du casting font leur numéro en étant le plus souvent prisonniers du texte imposé, on ne peut pas en dire autant de certains seconds rôles souvent médiocres, de même que la distribution féminine. Quant au fond il est nettement ambigu : Renvoie-il tout le monde dos à dos ? Non il va plus loin, d'un côté sur les trois communistes, l'histoire en charge deux (Prévost et Luchini) férocement, En parallèle le collabo en fuite adopte une attitude très digne et sans aucun regret ! Ça fait drôle quand même !
Tiré du roman éponyme de Marcel Aymé, Uranus raconte le quotidien d'une ville française sinistrée peu de temps après la Libération. Au milieu d'une distribution en or ( Blanc, Marielle, Luchini, Prevost, Galabru...), Gerard Depardieu nage comme dans un verre de p'tit blanc avec son rôle de Léopold, patron de bistrot alcoolique et apprenti-poète. Mais au delà de ses acteurs, la véritable force de ce film ce sont ses dialogues proches du texte d'origine sorti en 1948 et témoignage d'une époque où, aux côtés d'une infime minorité de résistants ou de collabos, se trouve une majorité d'anonymes, lâches, hypocrites ou simplement indifférents sur lesquels l'Histoire passe sans qu'ils ne cherchent à y prendre part. Règlements de compte, délations, luttes politiques s'enchainent,même si le professeur Watrin ( Philippe Noiret) veut croire que l'humanité est foncièrement bonne. Par sa galerie de personnages qui se croisent, cela sonne parfois comme du théâtre. Mais du bon théâtre.