Sphinx est un film qui a tout pour lui sur le papier : adaptation d’un best seller littéraire, un réalisateur oscarisé, un budget confortable, un casting plutôt convaincant, bref, tout pour devenir un blockbuster d’aventure, d’autant qu’il sort à l’époque de la mode égyptienne au cinéma et que la même année sort le premier Indiana Jones. Mais non, le film est complètement oublié aujourd’hui et on comprend pourquoi ! Ok, le budget a servi. Le film est tourné en décors naturels, les images en Egypte sonnent vrai, il y a même des plans rares et assez iconiques sur Gizeh. Il y a eu aussi un effort certain de reconstitution, en particulier la séquence finale qui aurait coûté un million de dollars rien que pour les décors. Visuellement, le métrage est donc plutôt joli et fait pas toc et carton pâte comme les Allan Quatermain plus tardivement. De même, la bande son très hollywoodienne marche bien et le film distille également quelques séquences de violence assez trash qui font plaisir à voir.
Malheureusement, ces quelques bons points sont compensés par de gros défauts, à commencer par un rythme soporifique. Le film dure 2 heures et c’est d’un ennui rare. Ca bavarde énormément et le film vire la moitié du temps à la comédie romantique entre Lesley-Anne Down et Frank Langella, romance d’ailleurs assez gênante entre un Langella qui fait vachement vieux et une Lesley-Anne Down plutôt jeunette, on dirait une romance incestueuse ! Tandis que l’histoire principale manque singulièrement d’enjeux et d’intérêts, cette romance insipide et grotesque suit tous les clichés attendus !
Les acteurs sont également pas au niveau. L’héroïne est charmante mais on ne croit pas une seconde qu’elle est doctorante en égyptologie et en plus elle ne fait pas grand-chose à part crier et se faire sauver. Parfois ça en devient loufoque comme sur la fin. Langella comme je le disais fait davantage vieux vicieux que charmant quinqua. Il a la tête de Dracula pas celle d’un savant séduisant et romantique. Au milieu de tout ça des têtes connues aux prestations souvent gênantes, avec une mention spéciale pour Maurice Ronet. Tous sont plus ou moins inutiles, sans personnalité, et Rhys-Davies a bien fait de prendre aussi son rôle dans Indiana Jones la même année car sinon il serait resté anonyme !
Pour le reste, le film est honorablement mis en scène, mais ça ne suffit pas. Sphinx manque singulièrement d’action, d’aventure, de rythme, d’une histoire prenante, de personnages convaincants. C’est juste un beau catalogue d’images avec une musique à la Lawrence d’Arabie sympathique, et pendant 20 minutes ça fait illusion, mais sur 2 heures on sent vraiment le temps passer et ce n’est guère acceptable dans ce registre. Pas étonnant qu’Indiana Jones ait enterré le métrage. 2