Le film de Robert Kramer est exigeant, rébarbatif, développant lentement son propos militant. Si la première heure ne laisse entrevoir qu'une oeuvre sèche, sans nuances et rebutante la deuxième partie propose enfin l'altérité des idéaux politiques : Ice découvre au bout du compte sa fine ambiguïté au travers de longs plans épousant rigoureusement l'action des guerilleros, se débarrassant peu à peu de son manichéisme un peu facile. Constat d'une époque, Ice est une politique-fiction des plus intriguantes dont la forme documentaire laisse entrevoir l'influence de John Cassavetes : style visuel fauché, semblant d'improvisation des comédiens, découpage simple et proprement structural... Ice demande un certain effort pour être apprécié dans sa globalité, parce qu'il s'installe dans la longueur et dans la lenteur. Une rareté plus que respectable, ennuyeuse mais qu'il faut resituer dans son contexte socio-culturel : les années 60, époque charnière de tous les possibles et de toutes les libertés...