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Nasheven
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4,0
Publiée le 27 février 2025
Deuxième film de Malick après l'intéressant "La balade sauvage", "Les moissons du ciel" compile dès 1978 l'ensemble des thématiques chères à cet auteur, un des rares américains avec Lynch et Scorsese, à être parvenu à s'édifier une mythologie unique à travers ses réalisations reconnaissables au premier coup d'oeil.
Comme toujours chez lui, le personnage principal est en réalité cette nature filmée comme nulle part ailleurs, dans toute sa lenteur et sa fragilité, à la fois gagne-pain et bourreau des hommes et des femmes qui la travaillent. Jamais ailleurs a-t-on été autant saisi au coeur et au corps par les oscillations quasi lascives de ces vastes champs de blé dans la lumière brumeuse du soleil couchant au rythme des thèmes hypnotisant d'Ennio Morricone ou de l'"Aquarium" qui s'érige en leitmotiv du film.
Au devant de ces spectacles naturels permanents se joue une histoire de triangle amoureux intrigante mais boiteuse avec des individus perdus dans une sorte de fuite en avant vers l'inconnu. La voix off rajoutée en post-production pour clarifier l'intrigue ne compense en rien un montage volontairement erratique et parcellaire, comme aligné avec le vent ou les saison qui s'égrènent et non avec les péripéties. C'est d'ailleurs précisément là toute la puissance du cinéma de Malick: c'est l'histoire tragique de ces jeunes gens qui sert de décor à l'environnement et non l'inverse comme dans 99% des films.
De ce constat qui joue avec nos habitudes de spectateur découle un film fatalement envoûtant et pourtant si difficile à expliciter, comme un doux rêve sitôt oublié au réveil. Il serait réducteur d'y voir seulement une parabole sociale, un simple documentaire ou une histoire d'amour: on est précisément à l'intersection de ces 3 univers. Car c'est bien la vie toute entière qui est convoquée ici, dans son aspect cyclique et implacable renforcé par de nombreuses références bibliques. Cette vision sera par ailleurs poussée à son paroxysme 40 ans plus tard dans le cosmogonique "Tree of Life"...
Le cinéma de Malik est fait d’un éblouissement visuel des paysages, animaux et toute la nature qui l’entoure. C’est une réussite évidente, à cela on rajoute une majestueuse musique de Morricone et on camoufle les faiblesses narratives du film. Malgré l’interprétation des acteurs, l’histoire est assez invisible.
Le second long-métrage de Terrence Malick, sorti en 1978, débute par un drame social et économique plutôt galvanisant avant de se transformer en romance bluette. L’univers des ouvriers agricoles au début du XXème siècle ne sert finalement que de décors à un mélodrame apathique. Certes, le réalisateur multiplie les scènes de nature et de faune sauvage pour mieux célébrer le caractère lyrique de son œuvre. C’est beau mais parfois pompeux. Le jeu des acteurs reste également empreint de retenu, ne dégageant aucune émotion ni charisme. Richard Gere, dont c’est le premier grand rôle au cinéma, Brooke Adams et Sam Shepard tissent une relation sentimentale triangulaire sans passion. Le style du cinéaste, fait d’une photographie contemplative et d’ellipses scénaristiques, trouve ici son paroxysme. Bref, une tragédie relativement fade.
C’est un bon film sur l’agriculture du début du siècle, les machines utilisées, les conditions de travail et les rapports dans la société. De superbes paysages de champs, de moissons ou d’incendie et la qualité de l’interprétation de Richard Gere, Brooke Adams et Sam Shepard ne font cependant pas oublier la faiblesse des évènements et la voix off un peu énervante qui se doit de de décrire les ressentis des personnages. La mise en scène est sans saveur, plate et la fin frise le pathétique.
Ce film nous plonge en 1919 dans l’Amérique rurale d’alors, avec ses riches propriétaires terriens et ses pauvres travailleurs arrivant en masse pour quelques dollars à l’occasion des moissons. Ce qui est particulièrement frappant ici, c’est la photo absolument fabuleuse (des scènes de moisson rappellent les tableaux de Millet, et les gros plans sur les sauterelles se gavant de blé sont exceptionnels). Quant à l’histoire sentimentale entre le propriétaire et celle qui se fait passer pour la soeur du personnage joué par Richard Gere, en fait son homme, elle est décrite avec réalisme. Un tableau social de l’Amérique d’alors très réussi, et quelle photo !
Globalement c’est pas mal du tout. Une œuvre picturale et peu bavarde, assez intimiste et contemplative. L’histoire est bien et la photographie est belle ! En revanche, le film a pris un sacré coup de vieux concernant son rythme. L’ensemble ne devient réellement intéressant qu’à partir de sa deuxième partie, où le récit prend davantage d’ampleur !
Terrence Malick se fait connaître grâce à ce film très beau visuellement, dans la vague naturaliste. L'affiche du film est un bel exemple des nombreux plans au sunset/sunrise magnifiant Des paysages pourtant assez incipide au premier abord. Les moissons du ciel raconte un triangle amoureux (et de classe sociale) qui met du temps à prendre de la consistance tant l'aspect esthétique du film est mis au premier plan. Pour ma part, je ne suis pas client des belles images à profusion, tant elles ont tendance à faire passer la beauté des images avant le récit et les personnages, qui sont forcément un peu plus froids... d'où ma note assez sévère.
Le 2e film de Terrence Malick est très intéressant sur les thématiques qu'il aborde. Traitant le social à sa manière. Un scénario sans être exceptionnel mais suffisant pour accrocher à l'histoire (on reste dans la lignée de son 1er film). Par contre, La réalisation et la photographie sont incroyables ! Un des plus beaux films que l on peut voir, accompagné par la musique sublime de Ennio Morricone. Je me souviendrais de ce film, non par son histoire (d'où ma note légère) mais pour sa beauté, sa réalisation !
Jolies images, mais scénario assez fade où aucun personnage ne vient vraiment troubler un bien trop doux tableau de la vie aux champs dans l'Amérique de ce début de XXème siècle (pour un film datant de 1978). Même si l'intrigue aurait pu s'avérer intéressante : un couple de prolétaires américains qui se font passer pour frère et sœur escroquent un millionnaire au cœur tendre, qui se trouve attiré par la 'sœur" en question, on est vite déçu du peu d'ampleur que prend celle-ci. Bref, ça se regarde avec un certain plaisir, mais on déplore un manque de relief, une certaine platitude dans des scènes qui s'enchaînent sans vraiment que l'une prenne le dessus sur l'autre, et on se demande à quoi sert dans le scénario la maladie incurable du millionnaire étant donné qu'il ne mourra pas de ça.
Maitre d'une impeccable photographie entre pure netteté et perfection picturale, Terrence Malick illustre la puissance impassible de la nature, alternativement miroir des tourments humains ou rappel de la faiblesse dérisoire face au destin. Trio amoureux voué à la tragédie, incarné avec délicatesse voire un trop-plein de pudeur, les héros pâtissent de leur hybris que la naïve voix narratoriale se permet de commenter telle une moraliste. Sous ce brûlant soleil l'émotion demeure fraiche...
Aussitôt vu aussitôt oublié ; Days of Heaven est certes une réussite esthétique indéniable dont la sublime composition de chaque plan, tant sur la photographie et les lumières que dans le cadre, assure le spectacle, mais c'est surtout un film qui ne raconte pas grand-chose d'intéressant. Il y a bien cette histoire de triangle amoureux mais celle-ci est vite obstruée par des digressions assez longues. Terrence Malick réalise un film magnifique sur le plan formelle mais creux dans son fond et au rythme assez aléatoire. Dommage vu que le cinéaste sait ponctuer son œuvre de véritables instants de gloire lorsqu'il parle de l'humain et de sa relation avec la nature plutôt que de l'amour.
Le film m’a tellement pas intéressé que ça m’a pris 20 minutes pour comprendre que ça se passe au temps des cowboys.
Le problème d’avoir vu The tree of life, c’est que ça apporte des attentes pour le reste. Et ça paraît tellement fade à côté. Alors qu’on sait de quoi il est capable. Ça reste très bien réalisé et éclairé bien sûr mais ça vaut pas The tree of life. Ça peut paraître stupide de baser son jugement sur la comparaison de deux films, surtout que Les moissons du ciel est le plus ancien, mais c’est la seule chose à laquelle je pense.
Le début de carrière de Terence Malick est sans aucun doute la plus intéressante. Dans ce film, il révèle Sam Shepard et Richard Gere. Il parvient à restituer ce que furent les vies des Hobos et des Wooblies tout en imprégnant d'un rythme lent une œuvre à mon goût trop rigide au montage. Cette liberté qu'il apprécie tant filmée aurait pu lui permettre de laisser plus d'espace à ses personnages et à laisser courir le temps dans des plans séquences plus long et habités. Une oeuvre dans laquelle toutes les thématiques de Terence Malick sont déjà là, prêtes à éclore...
Ce second film du peu prolixe et réputé Terrence Malick a été unanimement encensé par la critique. C'est que le film se démarque du cinéma Américain "habituel", propose un vrai style, et, surtout, des images époustouflantes de beauté. Pour autant ce n'est pas à mon sens un grand film ; le scénario est mince, les dialogues souvent plats, la voix off de la gamine qui commente les évènements aligne des clichés, et la réalisation contemplative ne donne ni émotion, ni profondeur à cette petite histoire. Il n'en reste au final qu'un souvenir émerveillé des plans sur la nature et l'environnement des protagonistes du film.
Un portrait pessimiste, noir et lourd des déboires du prolétariat américain en passant par esclavagisme et problème personnel. L'oeuvre possède tout de même une certaine photographie et bande son. Mais la réalisation, très et même trop introspective supprime de l'émotion qui était censée être l'arme du film. Un film qui au final s'avère superficiel et manquant de poigne.