Qu'est ce que c'est beau. J'ai vu pas mal de films, rares sont ceux qui ont une qualité esthétique aussi grande que ce film de Terrence Malick. Les moissons du ciel c'est un délice de photographie et de mise en scène. Si j'ai parfois reproché à son réalisateur de faire du remplissage dans d'autres films ce que j'ai adoré ici c'est sa justesse, sa volonté de ne pas en faire trop mais d'avoir à chaque instant l'image juste pour illustrer son propos. Et pourtant tout foisonne à l'image et cela m'a littéralement happé dans cette romance pourtant classique et vers laquelle je n'aurais pas été attiré s'il n'y avait une telle grandeur à l'écran . Une magnificence qui paradoxalement n'en fait jamais trop, avec en plus une économie de mots qui n'alourdie pas le film (si ce n'est la voix off qui m'a déplue). Les acteurs aussi sont très justes même si personnellement je trouve Richard Gere trop propre sur lui avec sa belle gueule qui ne fait pas trop ouvrier laborieux de la sidérurgie puis des champs. Mise à part ces quelques réserves je ne saurais trop conseiller de voir ou de revoir cette leçon de cinéma et de spectacle naturaliste.
Je suis très loin d'être un thuriféraire de Malick (pour employer un mot qui fait riche). Ayant peu apprécié en son temps La Ligne Rouge pour son côté ronflant et assommant de considérations philosophiques, me voici face aux Moissons du Ciel pour faire à peu près le même constat: certes Malick s'y entend en termes de visuel et joue admirablement de sa caméra pour faire passer le message, mais pour le reste il n'est pas ce que l'on peut appeler un directeur d'acteurs, laissant ces derniers se débrouiller avec peu de texte et une économie d'expression faciale. L'image prend le pas sur l’histoire, laquelle n'a au final que peu d'intérêt car très sommaire et sans aucune surprise. Ce film ne semble être qu'un exercice plastique en image et son, très réussi au demeurant mais manquant de souffle et d'un discours plus construit.
Encore un film injustement encensé par la critique. De belles images certes, mais qui ne masquent guère beaucoup de vacuité, de futilité et de niaiserie. Le déroulement de ce triangle amoureux n'excède pas 95 minutes. Pourtant, les bâillements se font rapidement sentir, aidés qu'ils sont par une musique soporifique. Seuls quelques tirs de chasse et des cris parviennent à vous réveiller... A oublier très vite.
Mis à part les magnifiques plans de la nature, du travail collectif et des très belles photos du générique du début, ce film ne me laissera aucun autre souvenir. L'arnaque montée par le couple, qui se retourne contre eux de manière tout à fait prévisible (il y a écrit "drame" dans le synopsis...), est malsaine, glauque, improbable et stupide (et comme par hasard, ils ne sont pas discrets dans leurs effusions secrètes, c'est même pitoyable de bêtise ). Le personnage de Richard Gere est insupportable de suffisance, de roublardise et d'arrogance, et pas du tout crédible, la petite soeur est une vraie tête à claques, elle tire la même tronche du début à la fin du film sans plus d'expression qu'un poisson. Les deux autres acteurs s'en sortent mieux mais on ne croit pas une seconde à leur histoire d'amour. La voix off enfantine raconte platitude sur platitude et fait la morale au téléspectateur. La musique, pas trop mal dans l'ensemble, est souvent horripilante. Bref on dirait plus l'oeuvre d'un photographe que d'un cinéaste tant le scénario est faible.
En 1917, en fuite après un meurtre, un ouvrier et sa petite amie vont faire les moissons dans les champs du Texas. C'est alors qu'un riche fermier repère la jeune femme et, loin de la protéger, son compagnon l'incite à séduire le fermier pour récupérer son argent. Dernier film de Terrence Malick avant un hiatus qui durera 20 ans, "Days of Heaven" est surtout connu pour sa beauté visuelle. Amoureux de la nature, le réalisateur nous régale avec de magnifiques plans exploitant la lumière crépusculaire des champs, allant des panoramas splendides aux gros plans sur des détails de la biologie (blés qui battent au rythme de vent, insectes...). Outre ces décors naturels, la reconstitution de l'époque, très picturale, s'avère soignée. Tout ce cadre permet de faire ressortir l'animalité d'un trio de personnages : une Brooke Adams touchante en femme perdue entre un petit ami sanguin (tout jeune Richard Gere) et un fermier doux et timide (attachant Sam Shepard). Accessoirement, le scénario évoque les inégalités sociales et la condition ouvrière de l'époque, faisant penser à "The Grapes of Wrath". Pour couronner le tout, ce beau film est accompagné de la BO d'Ennio Morricone, qui a choisi d'y intégrer Le Carnaval des Animaux.
Un film daté (Hollywood, années 1970-80). Les images sont belles, la reconstitution historique intéressante (quoi que de la neige, pendant les moissons, on ait du mal à y croire...), les acteurs font bien leur boulot. Mais le scénario, qui abuse de voix off, procédé non cinématographique, n'est pas convaincant; limite gnangnan. Ça ne dure qu'une heure et demi, on n'a pas le temps de s'ennuyer ! Pas grand-chose à en dire d'autre, si ce n'est que les récompenses obtenues sont volées.
La sortie récente en copie neuve restaurée permet de (re)découvrir comme il se doit ce pur chef d'oeuvre. Car, soyons clair, Les Moissons du Ciel est un total enchantement, de la première à la dernière image. Énigmatique, pointilleux, parcimonieux, ne produisant qu'un seul film par décennie, le maître Malick nous subjugue ici avec ce Days of Heaven. Car ce qu'il met sur pied ici est une oeuvre monumentale, un panthéon d'une folle majesté. Malick filme les couchers de soleil, les récoltes de blé, le passage des saisons, la complicité naissante entre deux êtres, l'amour et le désamour, la neige, la pluie, le ravage des criquets avec un sens du sublime à toutes épreuves. A chaque instant, nos pupilles sont conquises par ce véritable festival de beauté qui se déploie devant nous. Malick a l'intuition des combinaisons sublimes, grandioses: le morceau "Aquarium" du Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns sur fond de locomotive à vapeur dans les paysages désertiques du Texas= extase. Malick revient aux éléments (air, feu, terre, eau), prend son temps, nous cueille par la splendeur inénarrable de ses images, sans oublier de nous raconter l'histoire, simple mais belle, de la vie.
Un bon film sur le travail agricole aux Etats-Unis, dans les années de le Grande Guerre. On y voit les nombreux saisonniers et les machines de l'époque pour couper le blé. Egalement, l'enrichissement des employeurs, les conditions de vie et les opportunités de chacun pour améliorer sa condition, que ce soit le riche fermier ou les plus pauvres. Un bon film avec des costumes et la reconstitution d'une époque réussis. Même la narration de la jeune sœur est bienvenue et permet de connaître davantage sur les ressentis des personnages tout en évitant des longueurs. J'ai également aimé la BO mais le final... Moyen !
Chef d'œuvre ? Peut-être. Je viens de revoir ce film remasterisé. En tout état de cause, ce film n'est pas bavard, laisse aller la caméra de l'action à des vues de nature ou des détails de la pousse d'un grain de blé ou un oiseau ... Bref. C'est un film magnifique que l'on regarde très agréablement quand bien même le scénario est attendu. Mais quel plaisir des yeux, des oreilles ... et du cœur. Evidemment à voir ! Et revoir !!
Malick est, avec évidence, un de mes cinéastes préférés, mais, assez paradoxalement, je n'attendais rien de ce "Les Moissons du Ciel". Sans réelle raison qui plus est, car ça avait parfaitement l'air dans le même esprit que "Le Nouveau Monde", avec un triangle amoureux, un relation mise à mal par les différences, culturels "dans Le Nouveau Monde" et social dans ce celui-ci, entre les protagonistes. Bref, j'espérais quelque chose d'au moins beau, c'est le minimum pour un Malick, et c'est le cas, mais le film échoue là où le cinéaste est pourtant habituellement le plus à l'aise : émouvoir.
C'est gros point noir du film, son incapacité à créer et transmettre l'émotion, en majeur partie dû aux trop nombreuses ellipses du montage. On a rarement l'occasion de voir la vie de ces personnages, les voir interagir, sauf quand cela est nécessaire à déployer le drame et la tension entre les protagonistes. Impossible de s'attacher aux personnages si ils ne vivent pas en dehors de l'avancée du récit.
Surtout que ce dernier peine à être compréhensible avec les interventions incessantes de la voix-off, élément important de la filmographie du cinéaste, qui ne trouve malheureusement ici aucune pertinence et nous fait qu'alourdir inutilement la narration.
Après, ça reste du Malick, avec ce que ça implique de beauté. Et sur ce point le métrage est irréprochable, il est baigné dans cette ambiance crépusculaire, où chaque plan sur un couché de soleil est annonciateur de drame, la photographie est indéniablement sublime. Surtout que la mise en scène suit, cette manière de filmer le feu a rarement été vu, de même que pour la nature, le plan des sauterelles qui prennent leur envol est un pur moment de grâce. Le cinéaste sait faire comprendre l'évolution entre les personnages sans un mot, juste par un regard et un mouvement de caméra à l'image de ce moment où Bill comprend les sentiments de Abby envers le fermier, elle le regarde sans dire un mot et pourtant on saisit autant que lui l'évidence.
Puis, bien qu'il traite encore des thèmes qui lui sont chers tel que l'amour et ses dangers ou la liberté source de délivrance, il se permet d'en aborder de nouveaux comme l'industrialisation ou l'exploitation de la classe ouvrière "Ils n'ont pas besoin de vous, si vous partez d'autres prendront votre place".
Les Moissons du Ciel est un film imparfait, son incapacité à émouvoir ainsi que sa narration lourde rend difficile l'implication dans le récit. Toutefois le film est visuellement d'une beauté inouïe et les diverses pistes réflexives s'insèrent sans mal dans l'oeuvre de Malick. Un film aussi froid émotionnellement que solaire visuellement.
Je regarde ce film par hasard après l'avoir vue dans le "TOP 5 1979", je trouve qu'il manque cruellement d'action, je peine à m’intéresser à l'histoire malgré une mise en scène sublime. Après avoir consulter la page allociné du film, je constate qu'il s'agit du même réalisateur que "The Tree of Life" où je m'étais fait la même remarque, Terrence Malick semble donc privilégié l’esthétique pour accentuer la poésie de ses histoire, au détriment du rythme.
Un drame très émouvant, servi il faut le dire par un Richard Gere attachant et un Sam Sheppard riche en sous mais bien démuni face à la situation qu'il découvre petit à petit. C'est à la fois une ode à la nature, à l'ouest américain, face à une industrialisation détruisant progressivement ces espaces, mais aussi une réflexion sur l'amour véritable et l'union par intérêt, Malick prenant parti pour le premier mais ne jugeant jamais de manière radicale, l'intrigue même tournant autour de cette contradiction que ce soit des amoureux qui refusent cet amour pour des questions d'argent, contrairement aux récits habituels où l'on nous présente une vierge follement amoureuse mais dont la virginité qu'elle promettait à un jeune Dom Juan sera sacrifiée sous l'impulsion de ses parents à un homme riche et mature. Pas de jugement de classe donc, mais une réflexion lucide sur les rapports entre hommes et femmes et sur la recherche du bonheur matériel, parfois en contradiction avec l'épanouissement de l'esprit et du coeur . Petit bémol, bien que Malick ne tombe pas encore dans ses futurs délires mystiques, se prenant pour un Kubrick qu'il n'est pas, des plans languissants et des paroles un peu mièvres desservent parfois ce qu'il veut nous présenter
On pourrait se dire qu'en adoptant un style elliptique aussi exacerbé Terrence Malick voulait épurer son récit mais le problème c'est qu'il y a derrière cette narration en voix off vraiment mal doublée, lourde et mièvre. Des partis-pris contradictoires qui impacte considérablement le scénario en le rendant jamais subtile ni intense. La direction d'acteur bien que bonne y tient aussi un rôle dedans car ne transcendant jamais l'ensemble à cause de son manque de relief. En fait je crois que le problème dans ce film c'est que c'est presque ce triangle amoureux qui apparaît en background par rapport à l'imagerie, pour le coup beaucoup plus puissante car disant beaucoup plus. Or d'après moi, un style contemplatif, aussi réussit soit-il, doit toujours servir le récit, et non l'inverse. Là les plaisirs filmiques et l'esthétique naturaliste prévalent sur à peu près tout et derrière ça c'est convenu. On suit tout ça avec pas mal de distance et d'indifférence même si on comprend le message de Malik avec la place laissée à la nature et aux animaux dans l'œuvre.
Emporté par une succession de plan travaillés et magnifiques, rebuté par une banale histoire de duperie amoureuse, je me résigne à mettre quatre à un film que j'imaginais plus universel et que ce récit de triangle amoureux a mauvaisement et péniblement traversé.
Après son premier film qui était formidable, voilà sa deuxième oeuvre qui bénéficie d'une photographie et d'une bande-son excellente, la musique de St-Saëns est très bien utilisée et correspond bien au film. Les dialogues et les personnages sont très bien écrits mais l'histoire est un peu trop molle, ce qui rend le film un peu ennuyeux par moment. Mais on voit bien la patte de Malick, un film qui est presque métaphysique et qui sort de l'ordinaire