Napoléon
Note moyenne
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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juin 2026
Avec Napoléon, Abel Gance repousse les limites du cinéma avec une audace qui demeure sidérante près d’un siècle après sa réalisation. Chaque séquence déborde d’inventions visuelles, de mouvements de caméra vertigineux et d’expérimentations formelles qui donnent parfois l’impression de voir naître le langage cinématographique sous nos yeux. Plus qu’un simple portrait historique, le film construit une véritable légende romantique, faisant de Bonaparte une figure emportée par une énergie presque mythologique. La célèbre Polyvision finale reste un moment de cinéma absolument renversant, où la démesure technique rejoint enfin la démesure du personnage qu’elle célèbre. Une œuvre monumentale et visionnaire, dont l’ambition artistique continue de défier le temps et l’histoire du médium lui-même.
jppmovie
jppmovie

7 abonnés 76 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 décembre 2025
Ce film est un monument de mise en scène et d'interprétation même si l'hagiographie est pesante concernant le plus célèbre des Corses. Une oeuvre magistrale.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 1 avril 2025
Je savais que je faisais une erreur en allant voir le biopic d'un génocidaire (oui Napoléon c'est 4M de morts hein) et ce film prouve à la perfection que l'histoire est écrite par ceux qui ont gagné.

On est carrément dans une fiction qui mêle la glorification et ça dès le plus jeune âge du tyran, présentait comme un immense stratège à 10 ans qui n'a rien à envier à Superman, c'est d'un grotesque affligeant.

Si la plupart des techniques utilisées par Gance sont novatrices, ce montage utilisé pour les différentes batailles donne un mal de crâne affreux.

Le petit a déjà tout du dictateur et s'accapare toute la gloire sans penser une seule fois à ses camarades, et on devrait plaindre ce petit Calimero ?
Cette façon de vouloir nous donner de l'empathie afin de justifier ses actes est pitoyable, encore plus à cette façon de nous le représenter comme Rambo.

Oui, le jeu de couleurs est sublime mais ce n'est qu'une petite lumière face à l'obscurité de ce récit.
En passant par la genèse de cet hymne barbare qu'est La Marseillaise qui déchaîne tristement la passion et le patriotisme, Gance démontre tout son amour pour le tyran.

On voit néanmoins un Napoléon envieux de cette aristocratie mais le voir parler de lâcheté est un comble quand on connaît son opportunisme.

La plus grande qualité du film (à mon sens) réside dans cette façon de filmer la Corse, en faisant d'elle la plus belle île du monde. Le réalisateur rend parfaitement hommage à l'île de beauté.

Il y a aussi un manque de charisme certain chez Albert Dieudonné (désolé pour la balle perdue mais je ne peux m'empêcher de voir Louis Garrel) et tout cette mascarade pour nous provoquer de la sympathie envers ce tyran m'a révolté.

Comment ne pas parler du ridicule de ces face à faces, où le mégalo se retrouve confronté à des vingtaines d'hommes, heureusement qu'il bénéficie du haki des rois pour les pétrifié de peur, ridicule...

La glorification du personnage aura eu raison de ma patience, cette mise en scène pour le dépeindre tel un dieu est odieuse.

La course poursuite à cheval est saisissante de première part, puis subie elle aussi ce montage donnant le tournie, totalement illisible, de plus tout les tireurs qui n'arrive aucune fois à l'atteindre, ce fut la goutte de trop.

Oui, techniquement le film est novateur et fondateur mais le récit est grotesque et révoltant.
Jean-Marie Bourgeois
Jean-Marie Bourgeois

19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 décembre 2024
Début de la première partie est trop long et trop lent puis cela devient captivant : c’est une fresque historique.
Le film traité en détail la révolution et les débats de l’assemblée.
On voit en détail combien la France était tombée bien bas et dans l’anarchie totale et violente lors de la révolution.
Napolitain tout fédéré.
Vu en 2parties(donc 2fois) 3h40et 3h20
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 novembre 2024
Napoléon de Abel Gance, est sans aucun doute la plus grande oeuvre du Cinéma ! Une fresque monumentale ! Durant 7h, Abel Gance nous fait part de sa passion, de son ingéniosité et de son talent ! Tout d'abord, l'histoire suffit à elle même : on est plongé direct dans un passé, comme-ci, on vivait les souvenirs de Napoléon. Sa mise en scène est révolutionnaire, mais également unique ! A chaque minute du film, Abel Gance propose des tonnes idées, pour alimenter le film ; Les 20 dernières minutes sont d'une prouesse inégalés à ce jour : un bonheur visuel, jusqu'à émouvoir par tant de beauté. La restauration de ce film est au niveau de son réalisateur : Une prouesse dingue et un travail extraordinaire. Malgré sa longue durée, on retient de nombreuses scènes comme sa fin, mais notamment le siège de Toulon, qui est, une des meilleures scènes du film.

Je pourrai en parler pendant des heures, mais le mieux, c'est de profiter chaque instant, que ce film ait pu avoir une version définitive. Abel Gance aurait été fier, par le travail de la restauration.

Regret éternel que Abel Gance, n'ait pas pu continuer son épopée par manque de moyens. Mais même si le film représente 20% de sa pensée, cela reste un des meilleurs films de l'histoire du cinéma. Inégalable et chef d'oeuvre incontesté
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2024
Napoléon d’Abel Gance est un feu sacré, une œuvre où le cinéma s’élève au rang de prophétie visuelle. Sous la main d’un visionnaire, l’écran devient un champ de bataille où les émotions, les idées et les techniques s'affolent et s’embrassent. C’est un monument où chaque image abonde, vibre de vie, où chaque scène exhale la grandeur et la fragilité de l’histoire humaine.

Ce film n’est pas une simple chronique, mais une ode au cinéma total, où chaque aspect visuel, sonore et narratif, participe à la grandeur de ce monument.

Du langage révolutionnaire de la polyvision, où trois écrans s’étendent pour embrasser l’immensité du champ de bataille, à l’intimité d’un regard, Gance pulvérise les frontières de la narration traditionnelle. La caméra ne se contente pas de regarder, elle vit : elle vole à dos de cheval ou à balançoir.

Le montage rapide, audacieux, s’impose comme une respiration haletante qui donne corps à l’urgence et à l’immensité du récit. Les surimpressions, comme des rêves surgissent d'un génie, où se mêlent passé, présent et futur, magnifiant l’épopée tout en dévoilant les tourments intérieurs du héros.

Chaque innovation technique est au service de l’émotion, chaque audace visuelle porte la marque d’un cinéma qui ne se contente pas de représenter, mais cherche à transcender. Le gros plan scrute l’âme des personnages, tandis que les panoramas embrassent l’infini, soulignant à la fois la grandeur de l’homme et son insignifiance face à l’histoire.

Gance fait de son film une fresque totalisante où la lumière, l’ombre, le mouvement et le son s’unissent dans une symphonie visuelle inégalée. Napoléon est une épopée, mais aussi une réflexion sur le pouvoir, le destin et l’humanité. En réinventant la grammaire du cinéma, Abel Gance ne se contente pas de raconter une histoire ; il fait du cinéma lui-même un art héroïque, un cri, une vision.

Ce film n’est pas qu’un hommage à un homme ou à une époque, mais une déclaration d’amour au septième art, un appel à repousser les limites, à rêver au-delà de l’écran. En cela, Napoléon n’est pas seulement un chef-d’œuvre : c’est un manifeste.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 novembre 2024
Très délicat de mettre une note à une œuvre cinématographique aussi ancienne - même après 14 ans de restauration sous la direction de Georges Mourier . Un chef-d’œuvre du cinéaste français créateur de « La roue », film idolâtre et parfois pompeux, avec ses scènes improbables (Brienne), ses effets spéciaux (superposition d’images) et ses...longueurs (on pouvait s’en douter pour une œuvre qui dure en tout près de huit heures) dont l’interminable retour de Corse à la voile. Au bout des quatre premières heures on termine sous une pluie battante... le siège de Toulon ! L’excellent Albert Dieudonné convainc ou mate les foules – favorables ou hostiles - avec son regard d’aigle... Une œuvre monumentale, des kilomètres de pellicule, des techniques de pointe, interrompue par une faillite qui retarda sa sortie et fut trois ans plus tard entravée à l’export par l’apparition du parlant
monCinemajm07
monCinemajm07

3 abonnés 53 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 novembre 2024
Quelques longueurs en début de film et sur la fuite de corse vers la France sur un petit navire
Une fresque hist très intéressante
Albert
Albert

14 abonnés 429 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2024
J'ai vu la moitié de la partie 1 : Enfin un film dans lequel il y a ce qu'on peut appeler de la musique, le napoléon est super, candeur, noblesse grandeur dans son jeu, quelques bons dialogues, la scène de la marseillaise est très émouvante, mais malheureusement il y a constamment des longueurs monstrueuses, c'est simplement un film d'une autre époque pas la faute de qq1 en particulier mais au bout de 2H on a plus l'impression d'être à un concert qui s'éternise plutôt que devant un film alors oui le film vaut le coup mais je vous conseille d'attendre une sortie dvd ou vod parce qu'au moins vous pourrez accélérer dans les longueurs !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 août 2024
Absolument mégalomaniaque, la réalisation se met elle-même en scène, usant avec redondance de certains jeux de caméra ou d'effets dont Abel Gance semble vouloir souligner l'originalité géniale; évidemment que ses trouvailles, son symbolisme, sa maitrise sont remarquables mais elles procurent un sentiment indigeste par les mélanges produits, donnant trop à voir en une scène, notamment lors de batailles interminables. Etonnamment d'ailleurs, alors que l'oeuvre porte anachroniquement une visée sérielle, certains éléments semblent hors de propos (l'idylle de la jeune candide envers Napoléon) tandis que d'autres font cruellement défauts (les apports réels de Bonaparte); de même, le portrait hagiographique voire messianique du Corse ne permet pas de fournir une image positive du personnage (alors qu'il y aurait eu diverses façons de manifester sa grandeur ou du moins ses qualités, l'intrigue prétend en faire l'héritier de la Révolution!) dont la personnalité est fort peu développée, réduite à quelques traits caricaturaux (à l'instar d'une inintéressante Joséphine, au contraire de la femme historique), ne dégageant aucune sympathie, ce que le jeu très minimal d'Albert Dieudonné renforce - au contraire du saisissant Vladimir Roudenko, parfaitement fier et touchant. Voulant embrasser la totalité de cette vie hors normes, la narration (très didactique) laisse plusieurs aspects de côté ou inaboutis - comme ce film alors délicat à juger absolument. Une vision très discutable...
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juillet 2024
Comme attendu, le « Napoléon » d'Abel Gance est un monument cinématographique monstrueusement épique. Complètement hagiographique, mais fondé sur de solides bases historiques, il est pourtant tout sauf académique et lénifiant. On a beau sentir passer les 7h30 de la Grande Version (Apollo) enfin restaurée par la Cinémathèque Française, on ne s'ennuie pas un seul moment grâce au génie de la mise en scène de Gance.

Le cinéaste mêle trois types d’influences : la grammaire cinématographique étatsunienne promue par Griffith, efficace et narrativement limpide ; le montage russe par association d’idées, parfois jusqu’à en être stroboscopique ; et les surimpressions françaises tantôt délicates, tantôt pleines d’un symbolisme quelque peu martelé. Au-delà des ces grandes dimensions, le long métrage regorge de trouvailles visuelles toutes plus audacieuses les unes que les autres, faisant de ce « Napoléon » un film étonnement moderne, qui n'a presque pas vieilli.

Premier bémol toutefois, au niveau du scénario : cette jeune femme amoureuse de Bonaparte en secret, comme s'il fallait ajouter une jeune première pour plaire au public de l'époque. Second bémol : si le casting est plutôt bon, emporté par un Albert Dieudonné impérial, l'actrice qui joue Joséphine de Beauharnais n'a clairement pas le physique adéquat, si l'on se fie aux tableaux représentant l'impératrice... Heureusement qu'elle a une présence scénique en rapport avec le personnage. Mais on sent qu'elle répond aux canons de beauté des années 1920 et elle est donc totalement anachronique, ce qui m'a régulièrement sorti du film...

Pour le reste, Abel Gance brille par cette ample reconstitution dotée de moyens considérables (ces innombrables figurants, ces décors, ces scènes de bataille...). Le prologue retraçant l'enfance de Napoléon est génial, très inspiré. Les grands moments de la Révolution sont à la fois grisants et terrifiants… agrémentés de quelques pointes d’humour. Le siège de Toulon est impressionnant : les armées s'entrechoquent et meurent sous un déluge de pluie, digne des « Sept Samouraïs » de Kurosawa. Le bal des victimes est complétement fou, à la mesure de la joie de celles et ceux qui ont échappé à la guillotine. Et puis quand on croit avoir tout vu, Gance sort l'arme ultime : le triple écran pour conter les débuts de la campagne d'Italie, sorte de Cinémascope avant l'heure, qui vient encore rajouter un surcroît de panache à ce film qui en est bourré jusqu'à ras bord...

Pour ce qui est de la reconstitution de ce film aux multiples versions, celle-ci semble de qualité. La narration se tient de bout en bout et les images sont très belles, parfaitement restaurées. L’accompagnement musical, quant à lui, est très réussi. Elaboré par Simon Cloquet-Lafollye, il reprend un certain nombre de musiques de grands compositeurs, de Mozart à Penderecki, avec une dominante romantique. Cet accompagnement met bien en valeur les images, sachant se faire suave ou martial quand il le faut.

Mon seul véritable regret, c’est que ce film était censé être le premier volet d’une série de six longs métrages. Vu les moyens gargantuesques qu’a dû nécessiter celui-ci, on comprend que Gance n’ait pas trouvé de producteur pour le suivre… Ce « Napoléon » s’achève donc en 1796, alors que la vie de l’Empereur fut très bien remplie par la suite, et qu’avec un même niveau d’inspiration, les autres parties de cette fresque auraient été incroyables… Toutefois, Gance a pu réaliser d’autres films sur Bonaparte par la suite, de moindre ampleur. On pourra donc toujours se consoler avec ces opus ultérieurs… Et avec ce chef-d’œuvre du cinéma muet, pas totalement parfait, mais plein d’une ardeur incandescente particulièrement contagieuse.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 566 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juillet 2024
Ai vu « Napoléon » d’Abel Gance à la Cinémathèque de Paris. 7h30 de projection d’un film muet mythique de 1927 dans une copie totalement neuve et inédite avec une bande son toute nouvelle de Simon Cloquet-Lafollye, qui doit aussi au succès de cette projection mémorable. En 1927, Abel Gance avec ce projet pharaonique posait définitivement sur l’écran toutes les lois de la grammaire cinématographique ainsi que des innovations extraordinaires pour l’époque. Plans séquences filmés à plusieurs caméras, superposition d’images, montage clipesque (dont c’est énormément inspiré Jean-Luc Godard), prises de vue aériennes, coloration (alors que le cinéma en couleur n’existait pas encore), épopée hollywoodienne dans des décors immenses, caméra subjective (sur un cheval, sur un bateau, sur une balancelle…) cinémascope (avec trois images sur le même écran). 7h30 d’émerveillement, de larmes au bord des yeux, de rires car Abel Gance sait alterner les scènes historiques et l’humour décalé… 7h30 où j’ai eu envie de crier « Bravo » à la fin de plusieurs séquences devant tant de génie, d’innovations, de perfection. Il n’y a pas une scène devant laquelle je me suis dit « Ah tient ! Coppolla, Scorsese, Godard, Lurhman et tant d’autres n’ont absolument rien inventés… ils avaient juste vu « Napoléon » d’Abel Gance ». Cette journée mémorable m’a fait frissonner tout autant que ma première fois à l’Opéra. J’ai été émerveillé et ému pendant 7h30, tout en ayant conscience que je me souviendrai de ce jour jusque’à la fin de mes jours. Abel Gance a une vision presque christique de Napoléon dont nous suivons le parcours de l’enfance (mémorable scène de bataille de boules de neige qui augure bien sûr l’avenir) jusque’à la bataille d’Italie. Le réalisateur sait mettre en scène la foule, le peuple, l’armée d’une façon épique et sans précédent. Le travail phénoménal de restauration est absolument époustouflant. Et l’autre grand maitre de la journée est Simon Cloquet-Lafollye qui a travaillé sur un puzzle musical d’une cinquantaine d’oeuvres du répertoire classique de Mozart à Penderecki, le tout enregistré par l’Orchestre et les Choeurs de Radio-France où les symphonies de Gaubert, Godard, Schmitt, Mahler, Magnard, Schubert, Beethoven s’enchainent superbement aux images en leur donnant une dimension encore plus homérique. Une expérience folle qui me laisse des images indélébiles et une joie de spectateur incommensurable.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2024
L'histoire de Napoléon Bonaparte, de son enfance à l'école militaire de Brienne jusqu’à sa première campagne d’Italie.

L'Empereur Bonapart est l'un des personnages historiques les plus représentés sur les écrans, avec plus de 700 apparitions (selon l’historien et critique de cinéma Antoine de Baecque), quoi de plus normal qu’il ait eu droit à un biopic si tôt après la création du cinématographe par les frères Lumière.

Après un travail titanesque de 16 ans (et au budget colossal de 4M d’€) mené par Georges Mourier dès 2007 pour reconstruire et restaurer ce film mythique mais disparu ou plutôt charcuté en de multiples versions qui ne ressemblaient en rien à l’oeuvre d’origine (il a fallu récupérer des éléments conservés dans des archives éparpillés aux quatre coins du globe), le grand public à enfin la possibilité de découvrir l’oeuvre tel que l’avait imaginé son réalisateur près d’un siècle plus tôt (et que les spectateurs n’avait pas revu depuis sa première présentation en mai 1927) tout en respectant scrupuleusement le matériau d’origine, à savoir, sa colorimétrie, son cadre de projection et les teintes d’origines.

Au commencement, il existait 3 versions (officielle) du film, la première appelée “Opéra” d’une durée de 4h, la seconde appelée “Apollo” d’une durée de 9h30 et une troisième (qui est la version définitive) appelée “Grande Version” d’une durée de 7h. C’est sur cette dernière que la Cinémathèque française a réalisé la restauration (d’autres versions ont circulé dans le monde, notamment celle de la Metro-Goldwyn-Mayer, totalement charcutée au montage puisqu’elle ne dure plus que 2h).

Abel Gance réalise ici une oeuvre phare dans l’Histoire du 7è Art, une fresque épique et démesurée (un tournage étalé sur deux ans et un montage qui aura nécessité une année entière) avec laquelle il ne cessera d’innover en cherchant à se surpasser et tout cela se ressent à l’image. Sa mise en scène est novatrice et bon nombre de séquences sont à couper le souffle (surtout pour un film qui s’apprête à fêter ses 100 ans !). On pense bien évidemment à la séquence culte du triptyque final dit “Le Départ de l’Armée d’Italie” selon le procédé conçu par le réalisateur, de projection en triple écran, qu’il nommera plus tard “Polyvision” ou bien les poursuites avec caméras déportées sur les chevaux au galop, plans kaléidoscopiques, les multiples surimpressions, la caméra harnachée à un balancier, les cadrages à hauteur d’enfant, les split-screen,…

Le travail de restauration (en 5K) est une pure merveille et rend un vibrant hommage au travail titanesque orchestré par son réalisateur. Abel Gance n’ayant donné aucune instruction quant à l’accompagnement musical de sa version définitive, la Cinémathèque française l’a confiée au compositeur Simon Cloquet-Lafollye et le résultat est tout simplement sublime et vient parfaitement accompagner les 7h de projection.

On est pris au coeur du film, de part son histoire, sa fougue, sa mise en scène endiablée et virtuose et ses acteurs si charismatiques (bien que le jeu puisse prêter à sourire, car cinéma-muet oblige, le surjeu était de rigueur), avec en premier lieu Albert Dieudonné qui incarne Napoléon à la perfection. Si la durée du film peut en réfréner certains, cela reste une expérience à vivre, de même que les 7h de Guerre et Paix / Война и мир (1966) de Sergueï Bondartchouk (où il était là aussi question de Napoléon, mais dans une moindre mesure), c’est quelque chose à vivre au moins une fois dans sa vie (et sur grand écran de préférence).

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 765 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juillet 2024
Compliqué à noter, 5/5 pour l'époque et l'inventivité avec des idées à quasiment chaque plan mais je trouve le film un peu trop didactique et scolaire. Gance veut tout montrer et du coup il rentre dans des détails qui nous font plus penser à Alain Decaux raconte qu'à un film spectaculaire. Néanmoins c'est un film à voir quand on est un amoureux du cinéma.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mars 2024
Le projet faramineux et ambitieux d'Abel Gance de raconter la vie de Napoléon s'arrête, faute de moyens, après 5h33 d'un récit épique, au début de la campagne d'Italie. On est, malheureusement pour Gance, bien loin du compte et son "Napoléon" aurait dû s'intituler, sans ironie, "Bonaparte". A la fin du film, je ne peux m'empêcher d'imaginer le film-fleuve magistral que le cinéaste aurait produit s'il l'avait pu, et je ne doute pas qu'il aurait basculer dans le cinéma parlant.

Je me suis lancé dans ce film au long cours par devoir et curiosité de cinéphile et je laisse le soin aux historiens du cinéma de relever tout ce qui a pu caractériser la virtuosité, les prouesses et les innovations de Gance. Pour ma part, j'admets volontiers que le mode narratif de ce film muet ne m'a pas happé. (Notez bien que le dernier "Napoléon" de Ridley Scott m'a paru bien en dessous et bien bien mauvais malgré sa technologie.)
Le coloriage des scènes (rouge pour les séquences violentes, jaune pour ce qui a trait à la Révolution, violet pour une séquence de bacchanale...et la nuit de noce de Napoléon et Joséphine) m'a même paru une fausse bonne idée dans la mesure où la copie du film est beaucoup plus agréable dans un noir et blanc classique

Le film s'ouvre sur la fameuse et longue bataille de boules de neige à Brienne dans laquelle Abel Gance détecte déjà les talents militaires de tacticien et de meneur d'hommes de l'adolescent Napoléon Bonaparte. C'est, dans sa candeur et sa réalisation, une des plus belles séquences du film à mon sens. Il y a une volonté affirmée de montrer un jeune cadet prédestiné à la gloire.
Abel Gance ne cache pas plus longtemps son admiration pour Napoléon qu'il n'hésitera pas à filmer plus tard, en Corse, comme un messie que la France attend, en dépit qu'il n'est encore qu'un modeste capitaine de l'armée. Gance filme son héros comme une figure hiératique que son génie place au dessus de la mélée. Pour autant, le cinéaste n'ignore pas la Révolution qui suit son cours et il filme de larges scènes relatives à Danton et à Robespierre (une vraie gueule de psychopathe!), au épisodes de Thermidor et de Vendémiaire.

Gance déploie de gros moyens, une foule de figurants, des costumes à foison, et en définitive, les capacités techniques de l'époque et la qualité de la copie ne rendent pas grace à la mise en scène d'envergure de Gance. Ainsi, l'homérique bataille du siège de Toulon, sous la pluie et dans la boue, est un des moments forts du film dont on ne ressent pas l'intensité faute de sons et d'images harmonieuses.
Toutefois, l'utilisation, dans la toute dernière partie du film, à l'aube de la campagne d'Italie, d'une image en triptyque est impressionnante; elle donne une largeur aux scènes qui annonce le Cinémascope; elle multiplie aussi les points de vue de l'action, renforçant l'impression d'épopée et accentuant la puissance allégorique recherchée par Abel Gance, exalté par son patriotisme et par son hagiographie.

Observons, pour l'ironie de la chose, que ce sont les anglais qui ont restauré le film...
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