Le thème de l’amour chez les petits est trop peu souvent exploité pour le rater quand un scénariste ose enfin s’y aventurer. Traité comme un film indépendant, mais avec un budget, Little Manhattan s’annonçait sympa même si je ne suis pas un fan des comédies sentimentales.
Ce qui m’a plu est que le titre n’est pas trompeur. En effet, on a droit à des anecdotes ainsi qu’un bel aperçu des quartiers de New York, et pas que les coins touristiques. L’histoire a le mérite d’aborder un sujet inhabituel et de vraiment se mettre à la place du héros. On a droit à sa vision des choses et des soliloques intéressants pour comprendre sa façon de voir les évènements, tout au plus certains les trouveront peut-être trop nombreux. Si ce n’est pas toujours bien joué, tant les adultes que les gosses, on retrouve toutefois intactes l’innocence et la maladresse des débuts. Enfin on a droit à une love story complète : de la naissance des sentiments, alors que rien ne le présageait (surtout à un âge où les garçons y sont insensibles), à son développement et sa finalité.
Puis le fait que ce ne soit pas un happy end classique et prévisible à fond contribue à rehausser le niveau.
Si on compare avec « Génial mes parents divorcent », soit le pendant français mais aussi prédécesseur de ce long métrage, ça reste mieux. Bon après le casting est pas énorme (et ça nous le rend bien pour le coup), la VF a des faiblesses (très molle), les gags tombent souvent à plat, quelques longueurs, un rythme qui se tient et des musiques qui vont bien, puis les incrustations sont pas les mieux réussies mais ça sert juste à mettre en images les pensées des enfants.
En fait c’est un peu un ovni, on aurait dit du Woody Allen juvénile : moins compliqué et alambiqué, sans intrigues sexuelles, plus mignon mais pas enfantin. Tant dans le sujet traité que dans sa trame on pourrait croire à une fable moderne, même les maladresses servent à garder le ton. Si c’est assez inhabituel, et pas forcément le film le plus intéressant du 7ème art, ça respecte son intitulé et sa présentation : on a eu une histoire d’amour new yorkaise, avec ses tranches de vies, ses petites victoires et ses ratés, ça change et ça fait du bien.