Nouvelle adaptation du célèbre livre, cette version de "Docteur Jekyll et Mr Hyde" a la particularité de beaucoup ressembler à la version de 1932 reprenant le même schéma et certaines scènes à l'identique.
Néanmoins, malgré toutes ses qualités, cette version n'atteint pas le niveau de celle de Rouben Mamoulian, notamment sur la profondeur et le fond où le désir d'aller à l'encontre des conventions ainsi que le désir sexuel et l'instinct humain qui sont bridés ne sont pas exploités et ça se ressent sur une atmosphère qui n'est pas aussi malsaine que prévu. On remarquera par exemple que le personnage ici incarné par la belle Ingrid Bergman n'est plus une prostitué mais une serveuse et Victor Fleming s'attache moins à des réflexions et subtilités autour de l'âme et la nature humaine. Un autre reproche pourrait aller aux maquillages, pas forcément bien réussi par rapport à la version de 1932, on se contente ici d'un changement de coiffure. Mais bon tout n'est pas à jeter, la mise en scène est plutôt bonne, l'histoire reste toujours intéressante et le dénouement final est bien fait, l'ambiance est plutôt bonne, intrigante et angoissante et cette plongé dans le Londres victorien et parfois brumeux est passionnante. La photographie en noir et blanc est sublime et les interprétations sont plutôt bonnes, que ce soit Spencer Tracy, Lana Turner ou la sublime Ingrid Bergman.
Un bon film, qui même sans arriver à la hauteur de la version dont il s'inspire, reste captivant de bout en bout, parfois angoissant et fascinant et bien réalisé.
Plutôt déçu par cette version, j'ai lu le roman il y a trop longtemps pour en vérifier la fidélité mais cette adaptation semble moins noire et mystérieuse que le roman de Stevenson de plus le côté fantastique de l'histoire est ici trop gommé. Il en reste un film qui a vieilli même si Dr. Jekyll et Mr. Hyde bénéficie d'une belle réalisation (mais manquant de vie sans doute), de beaux décors et d'excellents acteurs par contre les transformations de Spencer Tracy n'ont rien d'impressionnantes ; pour ma part je préfère la version produite par la Hammer possèdant des décors moins jolis mais dont le scénario est plus passionnant à suivre.
Le style est bon. On a même l’impression de se retrouver dans le loup-garou de Londres version 1980! Les ombres, la nuit, les poursuites. Les actrices aussi mais mention passable à ma transformation qui n’est pas vraiment flagrante. On retiendra surtout la focalisation sur le travail mental de la maladie.
Une adaptation effrayante et bien faite de "Docteur Jekyll et Mister Hyde" réalisé dans les années 40 par le cinéaste Victor Fleming auquel on doit, mème si ce sont des longs métrages tournés en collectif, "Le magicien d'Oz" et "Autant en emporte le vent" !! Je ne connaissais pas l'histoire mème si elle est célèbre avant le visionnage de ce film, celle du docteur Jekyll ayant une jolie compagne de bonne famille dans la vie à la fin du 19ème Siècles testant dans un laboratoire de chimie quelque chose ayant pour remède de guérir les mauvaises personnes du mal mais il devient ou se transforme en faisant des tests sur lui en un abominable personnage méconnaissable Mister Hyde qui est le diable s'en prenant à une femme ayant fait du charme au docteur Jekyll. Une oeuvre qui vieillit bien avec le temps je trouve en noir et blanc qui fait planer le mystère, les transformations de Jekyll en Hyde (ou inverse) sont très bien faites. La mise en scène de Victor Fleming donne le tournis, angoisse en un visuel envoutant. Coup de chapeau à Spencer Tracy qui a un double role à la fois frissonnant et charismatique avec, à ses cotés, Ingrid Bergman dans un role féminin plus dramatique que Lana Turner belle comme tout mais secondaire. J'ai bien aimé et je le recommande.
Dans ce copié-collé magistral de la dernière interprétation de l'histoire du schizophrène forcé, on délaisse l'horreur et le maquillage jadis si bien dosés et on profite du succès du roman pour ressortir un vieux film des cartons (celui de 1931, donc) comme on ressort les films en 3D de nos jours. En revanche (si tant est que ce soit bien une qualité), la copie de l'ambiance de l'opus précédent est conforme de manière troublante.
Ayant acheté les droits du scénario « Dr Jekyll et M. Hyde » de Rouben Mamoulian, Victor Fleming réalisa donc neuf ans plus tard un remake, sans que les auteurs du scénario original, Percy Heath et Samuel Hoffenstein, ne soient crédités. Ainsi, les deux personnages féminins qui n’existent pas dans le roman de Stevenson sont repris, mais, code Hays oblige, la prostituée est changée en barmaid. La comparaison qui se fait automatiquement entre les deux films est largement en faveur du premier. Contrairement à Frederic March, le très américain Spencer Tracy (pourtant tous les deux sont natifs du Wisconsin) est peu convaincant en gentleman de la haute société du Londres victorien. Manquant de classe et de flegme, son accent moitié middle Atlantic, moitié bostonien, n’aide pas à le rendre crédible, surtout face au “so british” Donald Crisp. Heureusement les deux actrices s’en sortent mieux, même si la diction d’Ingrid Bergman tient du cockney d’opérette. Malgré un rêve très osé qui montre l’honorable docteur fouettant les deux filles qui tirent son char (les plans avec les impacts sur leur peau ont été censurés), la charge transgressive et érotique est nettement plus faible dans la version de Fleming qui n’ose, a vrai dire, pas grand chose, si bien que l’inversion des rôles entre Turner et Bergman semble la seule grande idée du film. Estimant que le rôle d'Ivy était plus intéressant (« more challenging »), Ingrid Bergman en fit part à la production et à Fleming. Ce dernier, d’abord réticent, accepta devant l’insistance de l’actrice de faire des essais et il fut convaincu. Peu effrayant, plombé par l’absence de rythme et de densité, la tension se perd trop souvent pour faire place à l’ennui. Cette mise en scène au ras des pâquerettes, malgré une pellicule remarquable de Joseph Ruttenberg, un score honorable de Franz Waxman et les décors très soignés de Cedric Gibbons et Edwin B. Willis, prouve, une fois de plus, que Fleming sans un collectif qui l’entoure à la réalisation, est un cinéaste très moyen.
« Pour moi, le film « Docteur Jekyll et Mr Hyde » est troublant par l’atmosphère sombre et envoûtante digne de l’univers de Jack l’Eventreur, par les effets spéciaux sur la transformation du Docteur Jekyll en un monstre hideux, Mr Hyde, mais aussi par la réflexion psychologique sur la « double personnalité ». La photographie en noir et blanc est sublime dans ce film. Des images sur les rues éclairées ponctuellement par des réverbères sous les brumes, sont à la fois belles et terrifiantes ! Elles renforcent en nous un sentiment d’angoisse car on a l’impression que elles nous annoncent un danger imminent ... Les course-poursuites sont palpitantes à la fin du film. Les jeux d’ombre et de lumière y sont pour quelque chose dans mon angoisse ! C’est très réussi ...
D’ailleurs, la métamorphose du Dr Jekyll en Mr Hyde, est assez saisissant ! Des effets spéciaux très réussis pour l’époque des années 40. Ce qui dommage, c’est que le début de Mr Hyde est assez ridicule. Il ne fait que ricaner et provoquer des clients. Il a tout de même le côté un peu trop théâtral. Cette séquence y est un peu longue. C’est à partir de la rencontre entre le personnage Ivy, fille des rues, jouée par l’actrice Ingrid Bergman, et Mr Hyde, que le film devient plus intéressant par l’intensité dramatique dans plusieurs scènes. Ingrid Bergman est étonnante dans le jeu de la comédie, elle joue avec perfection le rôle d’une victime séquestrée par l’abdominale Mr Hyde, le mal absolu, le reflet de nos pulsions maîtrisées et de nos fantasmes cachées ... Eh oui, c’est dérangeant, ce film qui ose aborder le thème de nos pulsions humaines. Dans le film « Docteur Jekyll et Mr Hyde », Dr Jekyll, chercheur scientifique passionné, est convaincu que l’esprit est animé par les deux forces opposées : le bien et le mal. Pour soigner un patient démentiel suite à une explosion, il veut les dissocier pour faire disparaître le mal et permettre à ce patient de guérir, ce qui a provoqué l’indignation générale. Il tente alors une expérience scientifique sur lui même. Dr Jekyll se transforme en Mr Hyde, un être hideux et brutal, double de lui même ! Juste avant cette transformation, il y a une séquence frappante : il se voit en train de fouetter deux femmes nues, sa fiancée Béatrix et la fille des rues, courant comme des chevaux ! Ce sont ses fantasmes morbides refoulées ... L’image de Mr Hyde est bien dégoûtant, elle met mal à l’aise car elle me force de reconnaître un homme en lui et des pulsions humaines. C’est très osé, en plus pour des années 40. Ce qui intéressant, c’est que cette histoire se déroule en 1883 sous l’ère victorienne donc avant l’introduction de la psychanalyse. Pour moi, l’histoire de Dr Jekyll et Mr Hyde est aussi une critique sociale contre l’hypocrisie de la bourgeoisie qui prône leurs bonnes manières sociales ...Pour terminer, le film « Dr Jekyll et Mr Hyde » est tout de même terrifiant. Souvent, il me fait penser au film « Le portrait de Dorian Gray » d’Albert Lewin (1945) beaucoup plus angoissant.
Très réussi ! L'interprétation terrifiante de Mr Hyde et du bienveillant Dr Jekyll par l'acteur Spencer Tracy est bluffante ! J'ai beaucoup aimé la transformation dans le finale. Les effets sont réussis, la musique correspond bien à l'ambiance.
Mon Dieu quelle claque ! J'avais envie de découvrir l'histoire du Dr Jekyll car c'est quand même sacrément culte alors je me suis lancé dans le visionnage de ce film en famille, un peu sceptique peut être mais alors bon sang que je ne regrette pas ! j'ai été happé pas l'histoire, par les acteurs et par le cauchemar que fait vivre Mr Hyde à la belle Ivy ! C'est traumatisant et franchement pour l'époque ça allait quand même loin et je comprend mieux pourquoi le film était classé dans la catégorie 'horreur' ! C'est juste génial et je suis aux anges d'avoir enfin découvert ce qui se cache derrière ce mythe ! Cauchemars garantis... hein Iliann !
Le sujet fameux de Stevenson invoque de multiples questions sur la nature humaine, sa dualité, sa tentation du Mal et, accessoirement, à travers les recherches du docteur Jekyll, les dispositions, funestes, des hommes à jouer les apprentis sorciers. Emanation de la vertueuse société victorienne -dont le puritanisme est relayé tout naturellement par le cinéma américain de la période- Jekyll s'inocule donc un produit de sa composition transformant le bien élevé et inoffensif médecin en un double diabolique, volontiers méchant et surtout avide de luxure -étant entendu que dans l'Amérique chaste et pudibonde de Victor Fleming, la concupiscence et la volupté sont les pires manifestations du vice. Hormis la dernière partie du film, où Hyde, la brute, scelle le sort de son créateur Jekyll, je ne me suis pas intéressé au sujet et encore moins au récit propose par Victor Fleming. La mise en scène est terne lorsqu'elle évoque la relation glamour de Jekyll avec sa fade fiancée (Lana Turner dans un contre-emploi); elle est maladroite et démonstrative, parfois grotesque, quand elle s'attache à décrire la méchanceté de Hyde, coupable de faire des croche-pied à un serveur ou de cracher des noyaux de cerise sur la moquette...Sa relation sadique avec la pas trop farouche employée d'un beuglant (Ingrid Bergman, dans un contre-emploi) dont il a fait sa maitresse, est aseptisée, trop théorique en tout cas pour que la composition terrifiée d'Ingrid Bergman se justifie. Enfin, notons la transformation physique excessive de Spencer Tracy lorsqu'il passe d'un personnage à l'autre : il ne manque à Mister Hyde que les incisives de Dracula !
Grrrrr Mouahahaha grrrrr. Voici une des nombreuses adaptations du roman de Stevenson. Signalons d'abord que le film s'éloigne pas mal du récit original. Fleming abandonne le narrateur et se concentre sur l'évolution du Dr Jekyll et de son alter ego. Le début est plutôt pas mal puisqu'il pose les enjeux moraux des expériences de Jekyll, il y a une réflexion bienvenue autour de la nature humaine qui s'opposerait aux principes religieux. Ensuite, ça se gatte. Sitôt qu'apparaît Mr Hyde, le film perd de sa force. En effet, le Mal incarné est juste insupportable à grogner sans cesse et à ricaner tel Gargamel. Peut-être est-ce voulu mais il est surtout montré ici comme un conjoint violent et oppresseur. Restent malgré cela de très bons moments comme la scène de séduction d'une Ingrid Bergman belle à tomber (scène absente du roman) ou les courses-poursuites diablement efficaces dans une ville de Londres magnifiquement photographiée. Autre ravissement pour les yeux, il faut les voir ces plans serrés sublimes sur les personnages féminins. A noter également la prouesse technique que représentent les scènes de « morphing ». En clair, une adaptation assez moyenne mais un bon film.
Bonne vieille réalisation, l’histoire de fond est sobre au niveau psychologique, le sujet traité contient des idées effrayantes en rapport à son époque, un homme transformé par la métamorphose perverse.
Victor Flemming a réalisé entre autre « Le Magicien d’Oz » et « Autant en Emporte le vent ». Deux grands films très connus. Ce « Dr Jekyll et Mr Hyde » a une moindre place dans l’histoire du cinéma pourtant, il mériterait un peu plus de reconnaissance. Effectivement, ce film est superbement bien filmé avec une belle qualité d’image (pas de grain…) et un Spencer Tracy jouant très bien Jekyll et Hyde. Manquant de rythme parfois. Mais les qualités de jeu d’acteurs, de cadrage et de lumière jouent un rôle important.
un superbe film expressionniste pour le realisateur d'autant en emporte le vent. Spencer Tracy est genial en Docteur Jekyll, à la fos charmant et pathétique. Les actrices (Bergman et Turner) sont excellentes et ajoutent la touche romantique au film. Les effets speciaux sont bluffants pour l'époque. Un grand classique du fantastique que je ne me lasse pas de voir.