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benoitparis
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4,0
Publiée le 6 mai 2010
Une version plus romantique, puritaine, édifiante, bref hollywoodienne de la célèbre histoire que les précédentes. On peut préférer celles mettant explicitement en valeur ses significations sexuelles et sociales sous-jacentes (les prostituées et les bas-fonds de Londres…). Le plus intéressant est le duo S. Tracy I. Bergman. Le premier pour son jeu de dédoublement, la seconde parce qu’elle est terriblement belle et émouvante.
S'il y a un theme cher au cinema c'est certainement celui du bien contre le mal et cette oeuvre en est la parfaite illustration , il y a des tas de versions mais comme c'est la premiere que je visionne je ne peut faire de comparaison mais ici rien que le casting vaut le detour : Tracy le bad boy hollywodien de l'epoque est genial et entre Bergman et Turner entre la brune et la blonde difficile de choisir disons que j'ai une preference pour les scenes entre Bergman et Tracy (en version jekyll car meme si le maquillage est bien fait ce masque "etouffe" son talent) sublimement eclairées (cf la scene de leur rencontre ) ca c'est du cinoche bon dieu ,j'ai moins accroché sur la partie "hyde " mais l'ensemble tient parfaitement la route surtout si l'on rajoute une musique et des decors excellent
Il s’agit moins d’une nouvelle adaptation du célèbre récit de Robert Louis Stevenson (Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde, 1886) que d’un remake du Dr. Jekyll et Mr. Hyde de Rouben Mamoulian, avec Fredric March, daté de 1931. Victor Fleming reprend en effet dans son film de 1941 des éléments de narration et un personnage (celui d’Ivy Peterson) qui n’appartiennent pas au livre mais au film de Mamoulian. On note au passage que ce personnage féminin, prostituée chez Mamoulian, est présenté par Fleming comme une serveuse de bar, certes aguicheuse, mais pas clairement condamnable par les codes de censure de l’époque aux États-Unis, qui s’étaient bien renforcés en dix ans. On note également que ce personnage est campé par Ingrid Bergman alors qu’il était destiné initialement à Lana Turner (qui endosse du coup le rôle gentillet de Beatrix Emery, la fiancée de Jekyll, d’abord prévu pour Ingrid Bergman). Cette inversion, générant finalement deux contre-emplois, était surtout voulue par Ingrid Bergman, désireuse de casser son image un peu trop lisse. La scène de la rencontre entre son personnage et Jekyll, dans la rue puis dans son appartement, est d’une formidable sensualité. Contre-emploi réussi, donc, pour elle. Et plus anecdotique, hélas, pour Lana Turner.
Au-delà de ces considérations, les films de Mamoulian et de Fleming demeurent les deux plus célèbres versions cinématographiques de l’œuvre de Stevenson, à ce jour. Deux films au carrefour de trois genres : une base de science-fiction, avec des expériences scientifiques qui tournent mal (comme dans Frankenstein ou L’Homme invisible), une dimension fantastique qui fait douter certains personnages de la réalité qu’ils perçoivent (notamment de la possibilité que Jekyll et Hyde ne fassent qu’un) et des accents d’épouvante ou d’horreur, avec la métamorphose monstrueuse du personnage central, métamorphose tant physique que morale. On retrouve par ailleurs dans cette histoire, comme dans Frankenstein, le concept religieux du blasphème, à savoir que l’homme ne doit pas intervenir sur le terrain de la création divine. Il ne doit pas chercher, ici, à démêler dans la nature humaine le bien et le mal. Cette dualité s’exprime concrètement par la thématique du double (le bon Dr. Jekyll et le mauvais Mr. Hyde), thématique que l’on retrouvera aussi, sous une autre forme, dans le Portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde, 1890 ; Albert Lewin, 1945, pour l’adaptation ciné).
Pour servir ce récit sombre et tourmenté, il fallait une esthétique saisissante. Fleming, en ce sens, a orchestré une très belle composition générale : reconstitution soignée du Londres de l’ère victorienne, dans un noir et blanc tout en ombres et lumières expressionnistes ; décor impeccable, également, pour le laboratoire scientifique de Jekyll ; maquillage spectaculaire qui confère à Spencer Tracy une bestialité vicieuse particulièrement réussie et qui donne naissance à l’une des célèbres scènes du film, un morphing, avec les moyens de l’époque, montrant la transformation progressive de Jekyll en Hyde ; sans oublier une inspiration fantasmatique qui offre quelques visions hallucinantes de Hyde dirigeant au fouet un attelage composé des deux personnages féminins principaux du film… Visions troublées d’un inconscient et d’une sexualité débridés, sous influence freudienne. Voilà qui fait la richesse d’un film au demeurant très moral dans son dénouement.
Cette version de Dr. Jekyll et Mr. Hyde fut bizarrement un échec public et critique au moment de sa sortie, avant de devenir un classique du cinéma US et de rejoindre les trois autres œuvres phares de la filmographie de Fleming : L’Île au trésor, Le Magicien d’Oz et Autant en emporte le vent.
Réalisé à peine dix ans après la version de Mamoulian dont il est plus le remake qu'une nouvelle adaptation du classique de Stevenson. Le film de Fleming reprend ainsi l'angle de vue du film de 1931, à savoir une approche psychologique des métamorphoses de Jekyll et réutilise entre autre le personnage féminin Ivy, créé pour le film de Mamoulian et absent du roman. Fleming reprend aussi certains plans du film précèdent à l'identique et use d'une structure narrative extrèmement proche. Le film présente tout de même un véritable intéret. Il est déjà beaucoup plus osé dans sa traduction des pulsions sexuelles de Jekyll et on se demande encore comment les visions fantasmagoriques où il se voit fouettant Ingrid Bergman et Lana Turner ont pu passer la censure. L'approche de la prise de pouvoir progressive de Hyde sur Jekyll est également amenée plus subtilement, notament grâce à la performance de Spencer Tracy. Le Hyde qu'il compose est beaucoup plus proche de Jekyll physiquement et sa monstruosité passe avant tout par son comportement et ses actes. Les scènes où il maltraite Ingrid Bergman, bien que présentent dans le film de 31, sont ainsi particulièrement fortes.
Probablement la meilleure adaptation du classique de la littérature fantastique. Mise en scène académique mais qui arrive a rendre inquiétant a peu près tout ce qui est à l'image. Le trio Tracy/Bergman/Turner est impeccable et le second degré (sexuel) vraiment bien vu.
6 214 abonnés
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4,0
Publiée le 12 mai 2021
Cette version de l'histoire classique de Dr. Jekyll et Mr. Hyde est plus lente et plus psychologique que la plupart des autres. Plutôt que de mettre l'accent sur les éléments les plus horribles elle s'appuie sur une bonne distribution pour faire ressortir la façon dont les personnages et leurs relations sont affectés par l'étrange expérience du docteur. Ce n'est pas la version à regarder si vous recherchez l'excitation ou l'horreur mais en tant qu'approche plus psychologique elle fonctionne en grande partie. Spencer Tracy joue le double rôle principal et réussit bien à créer deux personnalités distinctes. La transformation n'utilise qu'un minimum d'effets spéciaux et s'appuie sur Tracy pour rendre le personnage convaincant. Lana Turner et Ingrid Bergman jouent bien les rôles de Beatrix et Ivy et les autres acteurs sont également tous très bons. Le film manque d'excitation mais la compense par son histoire en rendant le monde du Dr Jekyll crédible. Si vous connaissez déjà le film dans ses versions les plus horribles il vaut la peine d'être vu si vous êtes intéressé par une version différente. Mais ce n'est probablement pas le film par lequel commencer si vous ne connaissez pas encore l'histoire...
Contrairement à la version de Rouben Mamoulian qui privilégiait l'horreur, on est plus proche ici du drame psychologique. Les maquillages sont discrets et très réussi. Spencer Tracy campe un Jekyll/Hyde particulièrement réussi.
Ce film fait très fort, il y a des passages vraiment marquants. Spencer Tracy est impressionnant dans son double rôle. Quand à Ingrid Bergman et Lana Turner ce sont 2 atouts charme indéniables.
Percutant et fin , c'est la seule version que j'ai vu de l'oeuvre de Stevenson mais je penses que les autres sont en dessous . Pour un film des 1940's la réfléxion sur le moi et le malsain de Hyde sont assez poussées . L'atmosphere est trés reussie ainsi que les moeurs du 19e s , l'acteur principal est trés charismatique et les transformations sont crédible pour les moyens de l'epoque , Ingrid Bergman est superbe . Génial
Après deux film en couleurs et de gros moyen financier pour réaliser "le magicien d'oz" et "autant en emporte le vent"... victor fleming reviens dans le noir et blanc et dans une époque un peu plus contemporaine. Le film a remarquablement filmé avec des trouvailles de réalisation assez innovant pour l'époque, notament les reves et transformation de spencer tracy, qui est impeccable dans son role tout comme ingrid bergmann et lana turner. Film qui a très bien vieillis...
Dr Jekyll et Mister Hyde, je ne connaissais pas cette histoire mais cela faisait longtemps que j'en avais entendu parler, j'ai donc voulu enfin la découvrir. Mon choix s'est porté sur ce film de 1941, en noir et blanc, qui malgré son âge a plutôt bien vieilli. Les acteurs sont excellents, l'ambiance Londonienne de l'époque y est très bien retranscripte surtout au niveau des décors. Le film ne fait visuellement pas peur même si il est dans la catégorie horreur/épouvante, c'est plus psychologique, mais je ne vous en dirais pas plus. C'est un film qui ne doit pas être oublié, j'ai passé un très bon moment en le visionnant, je n'ai pas vu passer les 1H52, c'est du très bon cinéma
spencer tracy est sublime dans ce role, de plus en plus effrayant tant le film avance, il confirmait qu'il etait un immense acteur adoré par un public dont je fus partie. sans aucun doute la meilleure adaptation de l'histoire.
Adaptation belle et libre du roman de Stevenson. Chaque apparition d'Ingrid Bergman élève le film à une grâce miraculeuse, au delà de l'histoire et du personnage.