Sydney Pollack a parfaitement saisi l'univers d'Horace McCoy, auteur du sublime roman qu'était "On achève bien les chevaux" et s'en empare pour le retranscrire à l'écran avec une fougue palpitante et une lucidité impitoyable. Sa caméra se promène sur la piste danse avec grâce, saisissant au passage les moments d'épuisement, de désespoir mais aussi de vivacité et d'espoir. Ces gens qui dansent des jours et des semaines durant pour tenter de gagner une récompense sont des victimes de la Dépression, des déçus de l'american dream qui dansent jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la folie, jusqu'à la mort parfois. Le décor unique de la salle de danse crée une atmosphère étouffante qui correspond parfaitement au sentiment que l'on avait en lisant le livre. McCoy et Pollack ont la même vision des choses, de cette Amérique loin d'être parfaite et qui est mise en scène (Gig Young est parfait dans le rôle du commentateur et animateur de ce spectacle qui ressemble plus à un carnage qu'à un concours de danse) pour le plus grand bonheur des spectateurs. Et les spectateurs c'est nous, pris dans l'effervescence du cours des choses comme Jane Fonda et Michael Sarrazin, tous deux touchants en couple tragique. Le chef-d’œuvre de Sydney Pollack.
"On achève bien les chevaux" est un long-métrage qui garde le spectateur en haleine dans une seule salle. Néanmoins, les quelques longueurs dans le film se font parfois trop ressentir alors que l'on s'attend à plus de danse. Toutefois, la réalisation est réussie et les acteurs sont très convainquants. De plus, le scénario est bien écrit pour intriguer le public. Ainsi, l'oeuvre amène plusieurs réflexions chez le spectateur comme la fin qui est bien complexe, tout en restant intéressant et plaisant.
Symbolique de la société du spectacle, On achève bien les chevaux se vaut être une critique d'une société de voyeurs fatigués, passant leur temps à regarder des gens tourner en rond, le tout sous les commentaires du spectaculaire illusion. Cela dit, et même si côté réalisation tout est parfait, on ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil derrière les rideaux et de s’apercevoir que le message ne tient pas la route ; Pollack ne peut pas être crédible : la société du spectacle ne peut pas critiquer la société du spectacle, tout simplement. Avec ce film, nous assistons à une critique de façade, certes juste et pointilleux, mais qui ne peut pas faire mouche.
Bon film, un scénario complet et digne des grands drames américains des années 40-50. Des performances d'acteurs impressionnantes (surtout Jane Fonda une fois de plus hallucinante). L'histoire racontée est éprouvante pour les protagonistes et pourtant la mise en scène est léchée et douce ce qui finalement n'est pas incompatible.
Un film bouleversant signé Sydney Pollack !!! Dans les années 30, période de la crise économique semblable à celle que nous connaissons de nos jours, un concours de danse et de course avec un temps infini allant, comme dans ce long métrage, jusqu'à plus de 1000 heures d'activité jusqu'à l'épuisement s'organise. Les participânts, des gens pauvres, tiennent le coup pour remporter 1500 Dollars pour vivre ou plutot survivre. On suit des gens, dont lesquels une femme enceinte, des apprentis acteurs ou des anciens, perdre le pied, le fonctionnement du corps en basculant dans la folie pour certains dans un jeu ou les règles et les organisateurs sont prèt à tout pour assurer le show et le porte feuille. Le film se tourne sur une jeune femme caractérielle et un ancien prisonnier des barreaux joué par la grande actrice qu'est Jane Fonda et le jeune Michael Sarrazin vu dernièrement pour ma part dans le film de Paul Newman, "Le clan des irréductibles". Sydney Pollack signe un film poignant dans un unique lieu d'un gymnase, de ces gradins et ses vestiaires comme quoi, avec une bonne histoire, on a pas besoin d'un gros budget pour faire un chef d'oeuvre tel qu'il est. A visionner d'urgence.
Sydney Pollack nous permet de découvrir l’aspect le plus cauchemardesque du rêve américain à travers ce descendant du combat de gladiateur et ancêtre de la téléréalité qu’est le marathon de danse. Partant sur une version chorégraphiée du principe du "Marche ou crève!", ce spectacle permet aux voyeuristes et autres pervers de suivre au plus près la déchéance physique de quelques danseurs chevronnés pendant un show de près deux mois sans repos organisé par un jury manipulateur fonctionnant sur le concept toujours d’actualité que le fait d’observer le drame des autres fait oublier le leur aux spectateurs. Il s’agit donc bien d’une épreuve éprouvante que le découpage rythmé parvient à nous faire partager avec une intensité remarquable. Métaphore évidente de la déshumanisation inhérente à l’industrialisation, ce film est un message politique fort s’accompagnant d’une romance à l’eau de rose et d'une intrigue sans intèret. Malgré le jeu plein de profondeur de Jane Fonda et sa mise en scène ingénieuse, l’esthétique de ce long métrage a bien plus vieilli que son message alarmant.
Une histoire pessimiste, cruel, presque inhumaine, avec de bons acteurs qui font bien refléter la dureté de la chose et la quasi déhumanisation que ces marathons provoquent. Mais ce film ne m'a pas plus marqué et c'est aussi loin d'être mon préféré.
'' On acheve bien les chevaux''...le film,fait malheureusement parti de ces grandes oeuvres cinématographiques oubliées des cinéphiles et fait tres peu parler de lui aujourd'hui,en effet le temps aurait du lui mérité un meilleur sort,car l'oeuvre ,d'une puissante force évocatrice ,est toujours d'actualité.. .Par son film ,le réalisateur Sydney Pollack,réussit a retransmettre la noiceur du roman du meme titre d'Horace Mccoy,car en effet '' On acheve bien les chevaux'' est une oeuvre sombre et pessimiste ( ce qui valut au film quelques critiques négatives lui reprochant d'etre trop sombre )...mais comment peut il en etre autrement??? le film décrit une période charnieres de l'Amerique,soit les grandes années de noirceur que l'on a surnommé les années de '' LA GRANDE DÉPRESSION'' au début des années 30,ou des gens ruinés par le systeme étaient pret a faire n'importe quoi pour une bouché de pain ( comme s'inscrire a un marathon de danse par exemple ).En se sens,le roman de Mccoy est en fait une virulente charge contre le reve Américain et ces excess. Pollack nous amene donc dans un lieu clos,un lieu fermés,ici pas de distractions,les personnages du film doivent survivre a un marathon de danse et tous les personnages sont en compétition les uns des autres ,compétition qui laissera des marques et qui finira tragiquement....D'ailleurs ces biens la une des grandes forces du film ,soit cette facon que Pollack a d'amené la déterioration psychologiques de ces différends personnages a mesures que ceux ci s 'essoufflent physiquement sur une piste de danse . ''On acheve bien les chevaux '' est un grand film ,comme on en fait plus...a voir absolument... p.s....Juste un petit mot pour le regretté Michael Sarrazin ,acteur Québécois,décedé a Montréal en 2011 dans l'anonymat total...honte au médias Québécois et au médias culturelles en général ,ce grand acteur méritait bien plus qu 'un petit entre filet .
"On achève bien les chevaux" est le meilleur film que j'ai vu de Pollack pour le moment.
Et l'un des plus pessimiste que j'ai vu.
L'homme est un animal dont la misère sert à divertir les plus aisés.
Voilà un spectacle digne de l'antiquité, les Romains étaient certainement moins sadique à l'époque.
Durant la Grande Dépression des gens sans argent se ruent à la porte d'un marchand de bonheur qui leurs offrent de les prendre pour un concours de danse.
Le dernier couple sur la piste gagne une somme de 1500 dollars.
Une mise en scène classique, mais une intrigue et une histoire très puissante qui devient de plus en plus forte au fur et à mesure que le film avance.
Triste, fort et désespérant .
J'ai pris une claque, mais finalement je suis assez peu inspiré en écrivant ce commentaire.
Portrait poignant de l'Amérique souffrant de la Grande Dépression, On achève bien les chevaux réussi avec brio un pari risqué : réaliser un film dont l'intrigue se déroule uniquement sur un seul lieu sans susciter le moindre ennui. La description émouvante de l'homme prêt à renier toute dignité pour sortir de la misère ne peut que marquer les esprits, d'autant plus que le sujet est toujours d'actualité. Une oeuvre intemporelle, donc, qui donne matière à réfléchir.
La moindre des choses c'est de reconnaître le pessimisme de On achève bien les chevaux mais pour être honnête j'imaginais un film plus marquant, je trouve par exemple que l'on ne ressent pas assez la douleur des participants à ce marathon de danse (oui bon vous allez me rétorquer "toi coco t'as regardé ce film tes fesses bien calées dans ton canapé" oui certes mais...) sinon Pollack réalise une oeuvre intéressante par sa noirceur et son absence d'espoir ; l'utilisation des flash-back est astucieuse, il faut attendre la scène finale de On achève bien les chevaux pour les comprendre spoiler: moi qui bêtement croyait que Fonda gagnerait le tournoi . Très bonne interprétation entre une Fonda qui voit tout en noir et une Susannah York méconnaissable.
En voilà un gentil film qui mérite de figurer dans les dix oeuvres les plus déprimantes de tous les temps. Mais il faut reconnaître que Sidney Pollack avait rarement été aussi inspiré par un sujet, à savoir les marathons de danse, métaphore très noire et très représentative de la Société, donnant grâce à une mise en scène habile et toujours surprenante une tension constante à son film. La scène du sprint de 10 minutes, filmée avec l'aide de patins à roulettes, est particulièrement éprouvante. Le tout avec une très grande profondeur qui interroge sur la condition humaine, ici proche de l'esclavage, et de laquelle il n'est pas difficile de trouver des résonances actuelles. L'interprétation parfaite, en particulier celle de Jane Fonda, de Gig Young (justement récompensé par un Oscar !!!) et de Susannah York, achève de rendre ce film absolument indispensable.
Le sujet était piège. Piège car intéressant mais assez difficile à filmer (comment reconstituer tout ça ? Comment mettre en scène toujours et toujours la même chose). Et bien au final Sydney Pollack s'en sort pas trop mal, même si, je pense qu'il aurait pu avoir de meilleures idées de mise en scène. C'est vraiment sur son scénario que repose son film (bon, j'exagère un peu, il y a des choix de narration intéressants). Jane Fonda assure et les évènements narrés suffisent à tenir en haleine face à la barbarie de la situation.
"Les gens veulent voir le spectacle de la misère. Pour pouvoir mieux supporter la leur". Film métaphorique, quasiment visionnaire, tant certains passages s'apparentent au "spectacle" de la téléréalité. Sidney Pollack, cinéaste citoyen des seventies, dénonce une société voyeuriste, avide d'émotion, accaparée par la volonté de réaliser un spectacle en exploitant la difficulté. L'organisateur de ce concours imbécile est particulièrement saisissant. Pollack montre l'espoir dans les yeux de candidats exploités et utilisés dans des concours aussi stupides que dangereux pour leurs santés physiques et psychiques. On peut juste regretter une mise en scène élégante mais manquant parfois de force et une Jane Fonda en dessous des autres interprètes mais c'est un film visionnaire, vraiment visionnaire. Les seventies étaient une grande période pour le cinéma (bis).
Un des chefs d'oeuvre de la carrière prolifique de Sydney Pollack."On achève bien les chevaux"(1969)maudit le rêve américain,d'une force évocatrice rarement atteinte.A travers ce concours de danse organisé durant la Grande Dépression,et où tous les couples sans le sou s'inscrivent,Pollack dépeint l'instrumentalisation de la souffrance humaine,le côté débectant du spectacle à tout prix et livre en prime une critique visionnaire du voyeurisme et du sensationnalisme.Privés de repos,manquant de sommeil,traités comme des animaux,les candidats perdent tout repères et dansent encore et toujours pour l'illusion d'une hypothétique victoire.Jane Fonda,teigneuse et désillusionnée y est vraiment formidable.On peut remarquer aussi les grandes prestations du présentateur rugueux,Gig Young,et de la diva blonde névrosée,Susanna York.Ce drame assez dur,réserve une poignée de scènes cruelles et ubuesques comme le marathon de 10 minutes en duo ou le pétage plombs d'Alice dans la douche.Même avec la placidité de Pollack,qui tend à la douceur visuelle,et à l'élégance de la mise en scène,le film laisse une impression tenace de manipulation du monde par les puissants toujours d'actualité.