La Nuit
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4,0
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38 critiques spectateurs

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scorsesejunior54
scorsesejunior54

181 abonnés 694 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2009
Second volet de la trilogie qui consacra Antonioni, "La Notte" se situe entre "L'Avventura" et "L'Eclisse" et, soyons dès ces premiers mots tout à fait clairs, est de très loin le plus abouti des trois. Oeuvre majeure de son auteur, elle emploie une métaphore classique dans les codes du cinéma d'auteur Européen des sixties. L'écrivain qu'interprète Mastroianni n'est autre que la représentation à peine voilée de l'artiste en général et par extension du cinéaste qui d'une certaine manière s'implique personnellement dans ce qui pourrait bien être son alter-ego. Survient une crise de couple posant un cruel dilemme car l'écrivain ne peut créer que lorsque sa femme est là (elle le stimule autant sexuellement qu'artistiquement) tandis que celle-ci ne parvient pas à se sentir libre lors de tels instants. Alors, à la sortie de son dernier ouvrage, elle décide de s'en aller. Déboussolé, il va tenter de la retrouver sans se douter que l'un et l'autre bien que proches physiquement vivront une nuit peu prévisible. S'enfonçant dans une soirée sans fin, le couple se cherche, se perd, se retrouve... Cette réflexion sur le sens de la relation amoureuse et la place que celui-ci peut occuper dans les activités créatrices évoque en outre la question de l'intégrité pour Antonioni dans une époque pourrie par le fric. Critiquant cyniquement la bourgeoisie, il se situe dans la vague contestataire des normes sociales alors en place. Sur la forme, il rompt avec les schémas traditionnels : l'intrigue ne comprend pas les 3 actes significatifs, la musique jazzy est décalée, le rythme ralenti à l'extrême afin d'illustrer l'errance d'hommes perdus... Les plans longs et léchés en contact direct avec la faune contemporaine servent un trio d'acteurs géniaux interprétant des protagonistes complexes et tourmentés. Profond et novateur, "La Notte" souffre néanmoins de dialogues trop explicites sortant les sentiments de leur contexte pour ensuite les renfermer dans la banalité, voire la caricature.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

274 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2008
Sur les traces d’un ménage en passe de rompre, Michelangelo Antonioni décrit dans «La Notte» (Italie, 1961) les afféteries d’une bourgeoisie précieuse, repliée sur ses richesses financières et intellectuelles. Tout commence dans un hôpital où agonise dans un lit un des amis du couple. Ouvert sur le ton de la mort, le film perdurera dans cette intonation et contiendra dans chacun des plans une absence délétère ou une présence étouffante, dans tous les cas une représentation moribonde des lieux. Toute une journée durant, période sur lequel s’étale le film, le couple ne cessera de se fissurer davantage pour atteindre in fine un état de crise tel qu’il ne reste plus pour seule réunion qu’une étreinte étrange et réprouvée. Cette discordance qui met à mal l’alliance de Giovanni (Mastroianni) et de Lidia (Moreau) provient de la différence qui les divise. Tandis que l’un est un écrivain intellectuel enchanté parmi la foule bourgeoise, l’une ne cesse de chercher son identité parmi le vide, au sein des terrains vagues où des ouvriers se ruent de coups. Le couple n’a de cesse d’être menacé par une rupture directe tout au long de l’œuvre. L’idée de leur crise s’étale jusque dans la vision du monde qui les entoure. A plusieurs reprises, Antonioni fait d’un lieu plein, où s’agglutine un aréopage de bourgeois, un endroit vide d’où se sont dispersées hors-champ les têtes en smoking. Dans un monde froid, délaissé de vie, hanté par une mort perpétuelle, vestige d’une seconde guerre mondiale destructrice, le monde de l’intelligence et de l’industrie qui se félicite de ses gloires n’apparaît que comme l’ultime illusion. Aux yeux de Lidia, l’alentour n’est qu’un lointain mirage débordant de maniérisme ou anéanti de toute vie. En opposant son visage las en premier-plan et des paysages délaissés en arrière-plan, Antonioni reformule l’image de la femme au cinéma comme celle d’un être dénué de charme et pétri du chagrin d’un monde bouleversé.
SebD31
SebD31

104 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2008
Un film magnifique. La réflexion sur la lassitude d'un couple de la bourgeoisie italienne des années 50-60 est très intéressante. De plus, l'interprétation du duo Moreau-Mastroianni est irréprochable. Incontournable!
BlindTheseus

349 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2008
Goût aigre-doux des vieilles choses ayant un tant soit peu vieillies pour ce (très) célèbre film des 60’s ; parsemée d’ heures parfois lancinantes et un peu dépourvu d’intrigue(s), dont le pivot central est ce malade en « phase terminale » ( Tommaso / Bernhard Wicki ) , mais nous arrachant parfois quelques sourires par l’incongruité de ses situations parfois déplacées, pittoresques - & surtout pour le comportement outrageusement machiste et dominateur de Giovanni / Mastroianni sonnant définitivement très après-guerre… - & italiennes ! A ne pas rater : le moment bien sûr filmé à large focale de la « soirée-piscine », toujours actuel , et enfin cette scène un peu cruelle de cette « nymphomane » gentiment folle de M.M et encore une fois si désuète
Ladyshamble
Ladyshamble

10 abonnés 167 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2008
Des plans qui restent inoubliables et une Jeanne Moreau en femme fatale, comme elle le joue si bien.
Yoloyouraz
Yoloyouraz

37 abonnés 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 août 2007
La Nuit atteint incontestablement, dans ses derniers soupirs, une beauté touchante qui doit beaucoup au talent de son couple vedette. Seulement, le prix à payer est une nouvelle fois trop lourd, M.Antonioni multipliant les bien silences bien trop pesants.
VodkaMartini
VodkaMartini

65 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
"La Notte" voit Antonioni se concentrer sur un de ses thémes favoris, l'incommunicabilité (le théme de l'identité l'autre pilier de son oeuvre). Il n'hésite pas à filmer l'ennui qui frappe ses personnages (et il faut bien avouer que cet ennui est contagieux par moments), et surtout il montre le monde urbain, et ses microcosmes, comme un désert sans sens ni émotions ("L'Eclipse" et plus tard "Blow-Up" suivront cette voie). L'angoisse de la séparation devient palpable à travers tous les non-dits et on nous laisse finalement nez-à-nez avec la fragilité lâche de ces deux êtres, fragilité lâche qui est la nôtre aussi.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Un fim estraordinaire. Moreau et Mastroiani sont sublimes (et Monica Vitti aussi). Antonioni est la révolution du cinéma. On ne peut voir un de ses films puis l'oublier ou continuer à voir le cinéma de la même manière. La psychologie des personnages comme les plans, les scènes, la narration déstructurée, absoluement tout est révolutionnaire dans ce film. Un chef-d'oeuvre du cinéma. Simplement inoubliable!
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