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4,5
Publiée le 23 août 2020
Un film magnifique! La jeune Tina Apicella est prèsentèe par sa mère à un directeur de Cinecittà dans l'espoir de la voir devenir une sorte de Shirley Temple à l'italienne! Tout en dècrivant les souffrances de l'enfance, victime de l'obsession de sa mère, Luchino Visconti en tire une admirable peinture sociale! La force de "Bellissima", c'est le caractère possessif de la mamma, qui tente d'imposer sa fillette de 5 ans dans les mythiques studios romains! Anna Magnani trouve sans doute son plus grand rôle! Elle y incarne à merveille cette mère romaine de notre enfance qui nous amuse et nous èmeut en même temps! Comme on dit à Rome, pour recevoir il faut donner! Et la Magnani nous le rend au centuple! Des rires (la coupe à la garçonne) et des larmes (les bouts d'essai de la potentielle plus belle fille de Rome dans la cabine de projection) pour un classique inoubliable du cinèma italien des annèes 50! Un Visconti à part...
Bellissimo! Essayez de le voir, en vaut la peine, c'est un des meilleurs film de notre cinéma. La réalisation de Luchino Visconti, le scénario de Luchino Visconti, Cesare Zavattini, Suso Cecchi D'Amico, Francesco Rosi, le talent d'Anna Magnani! Nous, les italiens, on le considère comme un des films essentiels de notre néoréalisme.
Ce film raconte les sacrifices d'une mère qui rêve d'émanciper sa fille en la faisant star de cinéma. En parallèle, il est un questionnement sur le sens et la position du cinéma Italien. Son talent principal est la manipulation du double language: d'une part, il distille des thèmes chers à la Démocratie Chrétienne, tels l'importance de la famille, et d'autre part, par exemple, il dénonce le mirage de l'émancipation par les métiers liés à l'illusion. Mais le film n'en est pas moins appesanti par cette morale sans doute alibi (destinée à s'affranchir de la censure), mais omniprésente. En outre, les mammas Italiennes et tout particulièrement le personnage interprété par Anna Magnani sont souvent insupportables; leurs cris entrainent le film dans une cacophonie épouvantable. C'est finalement assez symbolique du film, au demeurant cohérent tant du point de vue du scénario que de la réalisation: à force de crier dans tous les sens on finit par se rendre inaudible.
Si quelqu'un veut voir ce film assez méconnu dans la carrière de Luchino Visconti pour sa critique du monde du cinéma, il sera franchement déçu. Si le réalisateur égratigne un petit peu ce milieu c'est en franche camaderie. En fait c'est plutôt l'aspect social du film qui est ici important à travers le portrait d'une mère qui veut une vie meilleure pour son enfant. Le cinéma est représenté comme une chimère, un monde plein d'espoir ce qui souligne cet aspect. Même si les réactions de son personnage sont parfois difficiles à comprendre, Anna Magnani est comme à son habitude magistrale dans le rôle principal. L'ensemble n'évite pas quelques longueurs mais il se laisse voir sans ennui même si c'est avec une légère pointe de déception au final.
Quelle belle leçon de cinéma et de vie, nous livre là, Luchino Visconti, avec un scénario a plusieurs étages de lectures et d'interprétations, quelle place réservée à l'enfance comme un réquisitoire de ce monde ou l'adulte, avide de reconnaissance à travers l'argent et la possession est prét a tous les sacrifices. Anna Magnani, tiens là un rôle des plus imposant, remplissant l'espace et ne lachant rien sur son passage; l'opportunisme règne avec talent. Il en faudra arriver aux railleries les plus humiliantes à l'adresse de sa fille ( protégée, pas tant que ca..)pour que l'instinc maternel puisse agir. A revoir ou voir au minimum. Que Bella Bellissima.