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S M.
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5,0
Publiée le 22 septembre 2013
Hué lors de sa sortie à Cannes, "L'avventura" est devenu au fil du temps un chef-d'oeuvre, un classique du cinéma moderne tellement il était en avance sur son temps. Mise en scène et techniques impeccables, magnifique scénario, très bons acteurs (Inoubliable performance de Monica Vitti). A voir et à revoir.
Sensuel, visuel, immoral, beau, étrange mais assez indescriptible. C'est particulier il faut comprendre l'univers du réalisateur après on aime ou pas ce style athypique. La photographie, elle, n'a pas d'égal (Quand passent les cygognes ou Persona de Bergman peut être). Huer à Cannes, ce film montre à quel point notre pays pouvait être, déjà à l'époque, à la bourre sur la véritable culture du 7ème art. La "nouvelle vague" française fût violente mais pas autant que le tsunami italien de la même époque, l'Avventura en est son porte drapeau. Une expérience à part que j'aurais aimé vivre sur grand écran. Bon film. Michelangelo Antonioni 1912 - 2007 :).
"L’avventura" provoqua la polémique à Cannes en 1960. Il est sûr que le film d’Antonioni déstructure la trame habituelle du récit telle qu’elle est imposée depuis l’origine du cinéma et la prédominance de l'industrie du divertissement hollywoodienne . Dans sa démarche radicale Antonioni se veut l’alter ego des Godard, Resnais ou Pasolini. C’est en réalité un non-film policier qui nous est proposé par le metteur en scène qui après avoir posé les jalons d’une trame habituelle de film à suspense abandonne tout en plan pour nous ramener dans la vraie vie, celle qui fait que souvent nos sentiments guident nos faits et gestes. Est-il vraiment surprenant que tout en cherchant Anna disparue sur un îlot rocheux au large la Sicile son petit ami Sandro et sa meilleure amie Claudia finissent par se laisser griser par le jeu de l’amour au point d’oublier complétement le drame qui s’est peut-être joué sous leur yeux ? A partir de là, Antonioni filme quasiment sans discontinuer le cheminement de cet amour naissant qui ne laisse place à rien d’autre. On connaît tous ces emportements qui nous dépassent mais la question est de savoir si l’on a envie de se tenir deux heures vingt durant face à ces personnages qui nous ressemblent. De là est née la polémique autour du film. Les sentiments intenses qui nous étreignent sont-ils valablement transposables à l’écran sans les artifices de la narration ? Beaucoup à l’époque ont pensé que non il est à parier que dans ce nouveau siècle de l’informatique et de l’instantanéité la critique serait encore plus sévère devant cet exercice de style qui vaut surtout pour le postulat qu’il révèle. On a beaucoup vanté la beauté plastique de « L’avventura » qui viendrait sublimer le désert narratif imposé par Antonioni et Toni Guerra son scénariste attitré. Cette affirmation n’est sans doute pas fausse mais l’on peut regretter l’absence de la couleur qui aurait donné tout leur lustre aux couchers de soleil sur l’azur méditerranéen. Si le film ne dit pas grand-chose, invitant le spectateur à s’immerger dans l’univers amoureux de Claudia et Sandro on peut tout de même remarquer une mise en lumière par Antonioni du mépris de la classe privilégiée pour les sans grade que le couple regarde souvent avec une certaine condescendance comme dans la séquence du train qui les mènent à Palerme. Claudio, ne pouvant commander ses sens, culbutant une starlette de pacotille lors d’une soirée est-il si différent de ces mâles rustres et menaçants qui enserrent Claudia lors d’une visite de Sandro dans un village du fin fond de la Sicile ? Antonioni ramène donc finalement cette jeunesse dorée qui se croit élue à sa simple et sordide humanité. Six ans plus tard Antonioni en se conformant davantage aux canons du film de genre livrera un chef d’œuvre tout aussi surprenant que « L’avventura » mais qui ne laissera pas le spectateur livré à lui-même. Il s’agit bien sût de « Blow-up » palme d’or à Cannes qu’il faut sans doute recommander à ceux qui ne voudraient voir qu’un film d’Antonioni..
Tout comme Les Quatre Cent Coups de François Truffaut ou comme À Bout De Souffle de Jean-Luc Godard en France, L'Avventura est en Italie l'une des oeuvres fondatrices du cinéma de la Nouvelle Vague. Ce mélodrame est un film dont le rythme est quasiment inexistant et dont l'histoire est assez vide. L'intrigue de départ est assez intéressante (entre le mystère de la disparition d'Anna et l'ironie de voir une bande de bobos chercher leur amie sur l'île alors qu'elle passe devant leur nez à bord d'une navette) mais on tombe rapidement dans une surenchère des sentiments qui ne parvient jamais à combler le vide intersidéral du scénario. Alors, L'Avventura se résume à une critique de la bourgeoisie italienne qui frappe par le non-sens de son existence et à une nouvelle esthétique dans l'expression des sentiments servie par le charmant couple d'acteurs Monica Vitti - Gabriele Ferzetti.
Certes la photographie et les paysages sont magnifiques mais est-ce suffisant pour rassasier l'oeil pendant la durée du film? Le film est une comédie sentimentale qui fait le constat que l'être ne peut s'épanouir dans l'étau de la fidélité absolue et éternelle. Il ne fait pas pour autant l'impasse sur l'insécurité affective qui en découle. Il pourra sembler bien difficile d'accrocher au film même s'il donne des idées de vacances.
Hué à Cannes puis défendu par un comité de critiques et d'artistes, «L'Avventura» est de ces films qui révolutionnèrent le cinéma. Pour la première fois dans un long métrage, la narration se désintéresse complètement de tous ses éléments dramatiques pour se concentrer sur le ressenti des personnages, dans leurs non-dits et tous ces sentiments qui demeurent « invisibles » mais bel et bien présents. Fait impensable à l'époque, à la fin de «L'Avventura» on ne sait toujours pas ce qu'il advient de la jeune fille disparue, sur le papier élément central de l'intrigue, alors qu'en réalité Antonioni s'attarde sur son amie restante (intrigante Monica Vitti) et partie à sa recherche. Michelangelo Antonioni fait ici entrer le cinéma dans une nouvelle maturité artistique, le hissant au rang d'art des plus subtils, capable de sonder le fonds des êtres et de leurs âmes grâce à la suggestion que constituent images et sons. Véritablement inoubliable, «L'Avventura» vaut aussi pour sa maîtrise technique éblouissante, parsemé de cadrages magnifiques et éclairé par un noir et blanc enchanteur. Un très très grand film, à voir absolument. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Oeuvre fondatrice du cinéma transalpin moderne avec "la Dolce Vita","l'Avventura",sorti la même année(1960)proposait de bouleverser les codes cinématographiques connus.Une croisière de riches Romains oisifs autour des îles méditerannéennes.La disparition de la jeune héritière désabusée.Les recherches de son fiancé et de sa meilleure amie.Puis l'histoire naissante entre ces 2 derniers,dont le sentiment de culpabilité s'éteint à mesure que le temps avançe.Le film fit en tolé au festival de Cannes à l'époque.Pourquoi ne jamais expliquer ce qui arrive à Anna?Pourquoi refuser toute dramaturgie?Pourquoi étendre chaque scène au-delà du raisonnable?Michelangelo Antonioni n'avait aucunement envie de brosser le spectateur dans le sens du poil.Encore aujourd'hui,son drame-vérité reste régulièrement incompris.Mais cet aspect rugueux,qui demande une grande ouverture d'esprit et une grande patience,le film en dit très long sur les moeurs de la société italienne aisée des années 60.Désèchement des relations humaines,agissements par dépit,désoeuvrement et égoïsme indécent,pessimisme vis à vis de la sincérité du couple.Seules les femmes échappent à la dépression d'Antonioni(le pardon de Monica Vitti sur le parvis de l'église).La mise en scène est superbement maîtrisée,avec des cadrages évocateurs,sans pour autant faire oublier les innombrables longueurs.
Le cinéma de Antonioni exige la plupart du temps un effort d'implication. Peu accessible, parfois difficilement perceptible car trop fin (l'Eclipse), il a pourtant le mérite d'être intelligent, subtil et beau. L'Avventura ne déroge pas à la règle car les trente premières minutes sont loin d'être passionnantes. Le reste, en revanche, est quasi parfait. Esthétiquement, le film est une bonne claque, la photographie sublime, les plans extrêmement travaillés et métaphoriques (surtout celui du couloir, éblouissant de finesse et de pureté). Mais l'Avventura est également un film extrêmement novateur sur le fond, un des premiers à faire de l'absence d'un personnage un enjeu du métrage. À la manière de la Anna de Saraband, la Anna de l'Avventura (clin d'oeil de Bergman ?) hante littéralement le film, elle revient dans toutes les discussions et son fantôme est presque présent à chaque plan (on l'attend alors derrière une porte qui s'ouvre ou, dans les grands espaces, rejoindre le cadre). Le film de Michelangelo est extrêmement sensuel, mais aussi émouvant (ce qui est assez rare, pour ma part, chez le cinéaste). Sans rien spoiler, le film a également un côté Rashômon fortement sympathique. Chef d'œuvre. C'est à voir absolument.
L'Avventura est un film devenu classique à cause notamment de la difficulté de le produire et de son originalité qui provoqua des réactions particulières lors de sa découverte (mais qui fut une réussite commerciale). Que dire des acteurs et surtout de la sublime Monica Vitti qui explose l'écran dans son interprétation pleine de force et d'émotion. Mais ce genre de cinéma reste difficile d'accès et demande une réelle attention de la part du spectateur.
Même si je n'ai pas du tout aimé "L'avventura", horriblement long et barbant, il est cependant indéniable que c'est une oeuvre à part. Si j'étais cynique, j'ajouterais que c'est tant mieux. Quiconque s'intéresse un peu au film sait même avant de le regarder qu'il ne s'agit pas d'un thriller, et que par conséquent, la disparition d'Anna n'est pas le sujet du film, et qu'on ne saura jamais ce qu'elle est devenue. Quel est le véritable sujet, alors ? Les relations ambiguës et naissantes entre son fiancé et sa meilleure amie ? Plus ou moins. Une nouvelle forme de narration en ce début d'années 1960, qui, fait habituel à Cannes, a été à la fois huée et récompensée. S'il ne me vient nullement à l'esprit de remettre en question le talent de cadreur d'Antonioni (contre qui je n'ai au demeurant rien, "Zabriskie Point" étant un des meilleurs films que j'ai vus récemment), il faut quand même se rendre à l'évidence : l'exercice était vain ; le film ennuyeux ; le culte qu'on lui voue, exaspérant.
À l’occasion d’une promenade entre amis, riches et oisifs, sur le bateau de l’un d’entre eux, l’héroïne (du moins celle posée ainsi dès le début du film par les conventions cinématographiques et narratives en usage) disparaît au cours d’une brève escale dans une île déserte. Après l’avoir cherchée vainement, ses amis repartent et la vie continue de même que leurs amours… L’Avventura est un chef-d’œuvre absolu et un moment clé dans l’œuvre de son auteur, qui révolutionne le cinéma et même tout le procédé de la narration, le point de vue subjectif habituel se trouvant balayé. Au lieu du procédé habituel, qui consiste à suivre le héros du récit où qu’il se trouve, Antonioni introduit ici à une innovation radicale. Jamais en effet nous se saurons ce qu’est devenue Anna (Léa Massari) et la caméra ne va plus s’attacher à elle, le centre d’intérêt du film se déplaçant vers le duo constitué par son ancien amoureux (Gabriele Ferzetti) et sa meilleure amie (Monica Vitti). Cette façon de faire, brutale, bouleversante pour tous ceux attachés aux conventions narratives, introduit une réflexion vertigineuse sur l’identité, la vacuité de la vie et son caractère éphémère, la fragilité des sentiments humains et la solitude de l’être bien sûr, encore et toujours. La technique d’Antonioni est à la hauteur de la puissance du propos et le renforce encore par une direction d’acteurs parfaite et une mise en scène de visionnaire, à la fois précise et poétique (cadrages virtuoses, recherche permanente de l’esthétique). Après la vision coup de poing de cette œuvre unique (sous le choc de laquelle je suis encore, des années après), on se dit qu’il y a un cinéma avant et un cinéma après L’Avventura.
Le début, la séquence de la disparition dans l'île est très réussi : une alchimie de résonnances entre la situation, les états d'esprit des personnages et l'environnement naturel. Dans la suite, Monica Vitti est magnifique, les paysages et les décors italiens splendides, et Antonioni a une science impressionnante du plan et de la durée. Mais tout cela paraît nettement plus gratuit. La fin retrouve du mystère par son coté très déconcertant.
Un des plus célèbres d'Antonioni qui s'imposa alors comme un cinéaste moderne. Anna disparaît, on la cherche un peu et puis on finit par laisser tomber pour s'attarder (c'est le bon mot car le film dure 2h30) sur les déboires de Sandro et de Claudia, qui sont sans intérêt. Aucune explication sur la disparition d'Anna mais le cinéaste nous avait prévenu au bout de 20 minutes en faisant dire à un de ses personnage que les mots ne servent plus à rien. La mise en scène est très belle mais il n'y a pas grand chose à part l'ennui surtout sur la fin car la plupart du temps, les films d'Antonioni, on s'y emmerde comme dans la vie.