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Spiriel
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5,0
Publiée le 10 novembre 2008
Souvent comparé à la Dolce vita (1960, italien, bourgeois oisifs...), L'avventura est LE film qui projeta le cinéma vers l'avenir, tellement plus que la nouvelle vague... Antonioni quitte définitivement le néoréalisme pour tourner ce film, qui veut rendre compte de la peur de l'inconnue morale dans laquelle s'enferment ces gens sans soucis apparents. Pour cela, le réalisateur ne recule devant rien et fait de L'avventura l'un des films les plus ambitieux qu'on ait pu voir, déconcertant, allant dans le sens contraire de ce qu'en attendrait le spectateur (ce qui rejoint le thème central). Rarement une substitution de personnage principal se sera passée aussi subrepticement. Car Monica Vitti n'était pas encore la muse d'Antonioni à l'époque, et pour cette raison sa présence quasi invisible au début du film n'intrigue pas. La séquence sur l'île est irréelle. Les personnages sont perdus, plus proches de se perdre que de trouver la disparue. Le film prend alors le sens inverse de ce qu'il devrait, contre le gré des personnages, contre le gré du spectateur. Il faut le reconnaître, l'ennui peut poindre lors du visionnage du film. L'atmosphère est étouffante, les personnages se débattent en vain. La scène finale est bouleversante. Une véritable baffe, une des dates les plus importantes du cinéma. L'audace d'Antonioni n'aura malheureusement fait que peu d'émules. Admirable en tout point.
Un très beau film signé par l'un des maîtres italiens. Monica vitti que j'ai découvert avec ce film, est resplendissante .C'est une sorte de love story assez dérangeante sur le fond, immoral et parfaitement filmée. A découvrir pour les plus jeunes , à revoir pour les autres.
Chef d'Oeuvre !. C'est le premier Antonioni que je vois, et je suis épaté par la mise en scène. Je vais pas écrire une tartine de critique, y en a qui font ça bien.. J'attends avec impatience la suite de cette trilogie, l'Eclipse et la nuit.
Le premier grand coup de maître d'Antonioni. Hué au festival de Cannes 1960 en raison de son caractère novateur et dérangeant, L'Avventura y remporta pourtant le prix spécial du Jury. Avec ce chef d'oeuvre antonionien ( pléonasme, étant donnée la délicieuse filmographie du réalisateur...), le spectateur d'aujourd'hui redécouvre le cinéma : utilisation ingénieuse du hors champ, cadrages proches de la perfection ou encore panoramiques imposants. Monica Vitti excelle dans le rôle de la meilleure amie d'Anna, les décors naturels sont magnifiques ( au passage, Antonioni développe avec une certaine liberté de ton la séquence de la disparition d'Anna sur l'île ), la musique est jolie...Au final, L'Avventura se déguste comme le bon vin : plus le temps passe et plus il prend de l'ampleur. Mais plus qu'un simple bon film, L'Avventura est une oeuvre d'Art, certainement l'une des réussites majeures d'Antonioni et du cinéma italien des années 60. Léger sans être superficiel, profond sans être lourd. Un plaisir pour les yeux et pour l'âme. Antonioni, repose en paix...
Encore une de ces nombreuses descriptions par le Maître du cinéma-vérité - à voir absolument si vous n’en avez pas vu une … - de ce milieu contenant ces gens & notamment ces couples aussi riches qu’affectivement immatures ; ici un peu longue et penchant bien sûr vers le malsain tant les situations burlesques que provoquent ces enfants gâtés ( Gabriele Ferzetti : extraordinaire dans son rôle de séducteur-prolétaire enrichi, et la blonde définitivement stupide avant l’heure : l’exemplaire Monica Vitti … ) peuvent irriter les + francs d’entre nous, ainsi que cette scène du jeune garçon au dessin odieusement détruit …
Marre des gens qui se masturbent sur des plans séquences où on voit des cailloux,des cheveux dans le vent,des gens qui s'habillent ou se déshabillent,où le seul intéret et de donner un style et une atmosphére qui pourtant est plombée.Il y a enormément de façon de raconter ce genre d'histoire,la façon dont il implicite ces evenements c'est très intelligent mais il se casse souvent la gueule par trop de prétention dans la mise en scéne.
Le charme absolu de la sublime Monica Vitti, les images très esthétiques en noir et blanc, une histoire pleine de mystère et de passion. Autrement dit, un envoûtement de tous les instants... "L'avventura" est sans doute LE chef d'oeuvre de Michelangelo Antonioni. Un film inoubliable...
Film atypique et puissant, brillamment mis en scène par le grand Michelangelo Antonioni, "L'Avventura" fit sensation à Cannes en 1960 la même année que "La Dolce Vita". Il est amusant de noter que les deux oeuvres sont diamétralement opposées et que l'inspiration du cinéaste puise dans différents courants mais aboutit pourtant à un résultat extrêmement personnel. Le réalisateur s'attache effectivement à construire ou plutôt déconstruire un long-métrage explorant les contraintes de l'amour tout en s'éloignant de toute trame classique possible et ce parfois à la limite de l'abstraction. Eliminant de façon similaire à Hitchcock (là encore en 1960) son héroïne au bout d'une demie-heure, il opte pour une sorte d'anti-polar vite transformé en un voyage initiatique des sentiments peuplant l'âme humaine. Les grands couloirs vides du château en sont l'explicite métaphore et l'on pourrait à la fois mettre en parallèle et distancier "L'Avventura" du néo-réalisme et plus particulièrement du fameux "Viaggio In Italia" de Rossellini. Le premier est l'anti-thèse du second, optant pour un crescendo du désespoir à l'inverse de son prédécesseur. L'un comme l'autre sont en tous les cas une plongée profonde et émouvante d'un couple entouré de l'Italie, elle-même peuplée par une histoire ancienne constamment exhibée. Monica Vitti, muse d'Antonioni est une fois de plus superbe, habitant littéralement l'oeuvre d'un bout à l'autre, d'une présence physique stupéfiante, jouant avec son corps et sa façon de le présenter avant son visage et sa voix. L'introspection va chercher loin, la solitude et l'humiliation étant les principaux thèmes récurrents d'un homme triste essayant d'évacuer ses sombres pensées à travers les travaux qu'il offrit au septième art. Le petit plus provient de sa technique irréprochable, à l'esthétique visuelle et notamment la photographie remarquable. On pourra toujours lui reprocher d'être nombriliste voire prétentieux, n'empêche que l'impact exercé est incontestable.
Film envoûtant et oppressant, «L'Avventura» exhale une atmosphère de profond désenchantement et peut être regardé comme l'expression du désarroi philosophique qu'éprouvait une certaine bourgeoisie italienne à l'aube des années 60. On comparera d'ailleurs inévitablement avec «La Dolce Vita» de Fellini (dont le point de vue est plus extérieur). Antonioni met en scène un groupe de vacanciers désoeuvrés, tous issus des classes les plus aisées de la société italienne, et qui se complaisent dans un ennui profond mâtiné de cynisme désabusé. Lorsque, d'une manière inexplicable (et qui demeurera d'ailleurs inexpliquée), l'héroïne supposée du film, Anna, disparaît définitivement après une demi-heure, le malaise des autres personnages éclate dans toute sa plénitude. Le film raconte alors comment Sandro, le fiancé d'Anna, et Claudia, sa meilleure amie, vont se rapprocher l'un de l'autre pour une très improbable histoire d'amour. Mais comment ne pas voir, derrière ce scénario délibérément banal, une évocation de l'effacement contemporain des valeurs traditionnelles (scène de l'église désertée, mise à distance des symboles religieux) et du profond mal-être qui s'ensuit ? Antonioni ne veut-il pas nous montrer comment ses personnages vont tenter péniblement de recréer un sens à leur existence? Ceci dit, le film vaut surtout par la très remarquable mise en forme de son contenu. «L'Avventura» est d'abord un chef-d'oeuvre de suggestion qui use à merveille des images et de la musique pour évoquer l'au-delà non dit de l'histoire contée. Mais il s'agit aussi d'un monument sur le plan plastique. On a tout dit, ou à peu près, sur le génie d'Antonioni dans la maîtrise de l'espace ou la composition de chaque plan tel un tableau. Et, de fait, «L'Avventura», d'une splendeur visuelle inégalée, est une fête pour les yeux!