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calamarboiteux
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4,0
Publiée le 22 décembre 2010
Alfred Kralik (James Stewart), premier vendeur chez Matuschek, Budapest, a une correspondance amoureuse anonyme avec une jeune femme qui se fait embaucher par hasard dans le magasin. Tiré d’une pièce de théâtre, l’œuvre en a gardé le côté huis-clos. L’intrigue est mince, basée presqu’uniquement sur des quiproquos, et l’on ne donnerait pas cher du résultat à lire le scénario. Le talent de Lubitsch est de batifoler autour des personnages de manière à ce qu’on s’attache à eux, et de servir son film par un dialogue de qualité, pétillant, imaginatif et drôle à la fois, le tout sans beaucoup d’effets, presqu’humblement. Tous les acteurs sont bons, avec un satisfecit particulier pour la prestation de Margaret Sullavan (Klara Novak). Naviguant soigneusement entre les icebergs du sentimentalisme et de la farce, l’auteur maintient l’équilibre et trouve la voie d’un happy-end attendu, mais dont on se demande jusqu’au dernier moment comment il va pouvoir advenir de manière vraisemblable. Derrière de bons mots et des personnages typés se cache donc une construction tout à fait intelligente. Malgré un début un peu laborieux et quelques stéréotypes, l’action se déroulant en décembre, on à là un conte de Noël pour adulte roboratif qui entraîne le spectateur presque malgré lui.
Le maître allemand, spécialiste de la comédie et des ellipses, livre ici un film sur l'amour et les rencontres absolument fabuleux. En effet, en exposant ses personnages à une situation de quiproquo permanente, il en sort une série de gags des plus amusants, qui font de ce film un classique de la comédie. La mise en scène est fabuleuse, comme d'habitude chez Lubitsch, et on saluera le jeu d'acteurs de James Stewart et Margaret Sullivan, aussi bon dans l'amour que l'affrontement. Au final, on a affaire ici à un classique du cinéma américain et une merveille signé Ernst Lubitsch.
Une comédie tendre du talentueux Ernst Lubitsch qui s'amuse comme souvent avec des histoires de couples homme/femme et offre ici 2 rôles sur mesure pour 2 excellents comédiens. Un scénario limpide, intelligent (dont l'idée à bien été reprise depuis...) et des dialogues savoureux qui évitent de tomber dans la comédie romantique nunuche. La comédie américaine à son apogée, comme on la voudrait aujourd'hui. Cependant le divertissement n'égale pas les meilleurs films du même réalisateur comme "to be or not to be" où le degré comique était encore plus développé qu'ici.
Lubitsch est un vaudevilliste tellement brillant qu'il sublime son genre. Le problème avec "Rendez vous" c'est qu'on a un peu l'impression de rester dans du théâtre filmé. Le plus intéressant est peut être l'aspect satirique. On a rarement aussi bien croqué la vie de bureau ou de boutique, avec ses mesquineries, sa dérision et aussi ses drames, comme on a rarement donné à voir avec une telle justesse la classe moyenne. Et c'est servi par des gags et des dialogues de génie. James Stewart joue formidablement bien les personnages pris dans leurs dilemmes, leurs faiblesses.
L’année suivant l’anticommuniste «Ninotchka» où Garbo, au terme de sa carrière, riait enfin, «The shop around the corner» (USA, 1940) d’Ernst Lubitsch conserve sa charge anti-rouge (bien que le film soit adapté d’une pièce de Miklos Laszlo, dramaturge hongrois de l’époque soviétique) mais cible son intérêt ailleurs, dans le quiproquo d’une idylle. Réemployée à travers maints films puis téléfilms, l’intrigue amoureuse de Laszlo reprise par Lubitsch est celle d’un homme, Kralik, qui se dispute souvent avec une collègue de travaille, Klara, tandis qu’ils entretiennent entre eux, sans savoir l’identité de leur destinataire, une relation épistolaire amoureuse. Cette intrigue correspond pleinement au cinéma de Lubtisch qui, comme celui de Wilder, vise à faire germer au-delà des apparences le secret des choses. Si chacun des deux protagonistes ne peut supporter l’attitude de l’autre, jusqu’à se mépriser directement, ils correspondent tout de même par leur esprit, grâce aux lettres qu’ils s’envoient l’un l’autre sans le savoir. De même que lorsque dans le décor, Lubtisch insère des formes phalliques ou vaginales, ils procèdent par cette histoire d’amour à l’incrustation du désir dans des situations a priori innocente, ce qui fait de lui, avec Hitchcock, l’un des réalisateurs les plus subversifs du cinéma américain à l’époque du code Hays. Les décors du prolifique Cedric Gibbons rappellent le film au studio et donc à l’artificialité. Le souci de Lubtisch, homme de théâtre avant tout, n’est pas de situer son cinéma dans des conditions réalistes mais de représenter les situations entre homme et femme, en l’occurrence tout du moins, de façon ambivalente. Le spectateur et son esprit d’analyse et de lecture apercevra soit la romance entre deux camarades de travaille ou/et décernera les intentions cachées dans les gestes des acteurs, dans l’utilisation du décor et des costumes. La perspective interne au cinéma de Lubtisch, son vertige sophistiqué en enrichit la valeur.
"Rendez-vous " est plus connu en France sous son titre "the shop under the corner". Film de 1940, sorti en 1945 mais quasiment inédit en France jusque dans les années 1980, il fit l'objet d'un record de fréquentation pour une réédition. C est à cette occasion que je le découvris à l'action Christine, fameuse salle du quartier de l'Odeon à Paris. Je dois reconnaître que je suis passé, à l'époque, complètement à côté de ce film. Je l'ai revu récemment et c'est un pur chef-d'oeuvre. Sans conteste un des meilleurs films de son réalisateur Ernst Lubitsh. A la différence de ses autres réalisations, l'action se déroule dans le prolétariat et plus précisément dans une boutique. C'est un film subtil et fin. Le principal se trouve dans les dialogues, car il n'y a que peu d'actions. On est ici dans le banal, dans le quotidien, mais quelle description des caractères des personnages ! Le seul petit défaut que je relèverai, c'est l'actrice Margaret Sullavan, amie dans la vraie vie de James Stewart. Elle fut l'épouse de Henry Fonda et du réalisateur William Wyler et eut une vie assez brève qui se terminera par un suicide. Ses remarques acides sur Hollywood resteront dans la légende. Bref, Sullavan n'a pas beaucoup de charisme et face à james Stewart , ici dans un de ses meilleurs rôles ( j'insiste, il est ici exceptionnel) elle fait pâle figure. C'est un film formidable, un chef-d'oeuvre du réalisateur et du cinéma tout court. A mes yeux, le meilleur film du réalisateur est "to be or not to be", mais "the shop around the corner " atteint des sommets. Je relève enfin une citation de vers de Victor Hugo à la fin du film : " Aimer c'est être deux et pourtant n'être qu'un. Un homme et une femme, unis tels des anges. Le Paradis même. " fin de citation.
Ce film est un concentré d génie de Lubitch. Les rapports amoureux y sont analysés avec finesse. Le Monde professionnel décrit subtilement. Les dialogues sont très fins et très justes. La réalisation, la progression des relations concernant le couple principal permet de suivre avec émotion leurs sentiments.
J’avais aimé sans plus Sérénade à trois, je trouvais qu’il manquait un truc pour que j’adhère vraiment. Avec le recul ça m’avait paru plutôt posé, peut-être trop pour ce genre de films, et malgré quelques trucs sympas ça m’avait un peu ennuyé. Mais là, Lubitsch est au-dessus de tout avec The Shop around the corner. C’est bien simple, je n’ai rien à reprocher au film, c’est une merveille absolue du début à la fin, drôle, charmante, qui donne un rôle génial à James Stewart et à Margaret Sullavan, qui étaient faits pour être réunis à l’écran. C’est vraiment le mec qui a ta sympathie dès le début, tout pourrait lui arriver tu l’aimerais quand même. On a là un vrai film de maître, rythmé, très drôle, dialogué à la perfection. Mais ce qui est bien c’est que ce n’est pas que drôle, je veux dire qu’à un moment donné tu ne peux que avoir de la sympathie pour ce mec qui se fait virer par son patron, pour lui le monde s’écroule, d’autant plus avec l’incident qui lui arrive en ce qui concerne «l’inconnue ». Même le patron ne peut pas te laisser indifférent quand il a des problèmes lui aussi, après tout tu as envie que sa boutique continue d’exister, c’est moins niais que dans Be kind rewind pour prendre un exemple (même si j’aime ce film aussi). Enfin, on a juste un excellent scénario filmé par un excellent réalisateur, et ça donne un putain de chef-d’œuvre, un film sans fausse note et qui ne peut que ravir du début jusqu’à la fin (qui est assez brillante). J’en ris encore.
Une comédie romantique qui fonctionne à merveille grâce à un duo d'acteurs exceptionnel : James Stewart et Margaret Sullavan et plus globalement un casting excellent et un rythme parfait. Le scénario est très bien réfléchi avec des dialogues très pertinants. Il ouvre également la voie sur l'aboutissement de la réflexion (cf Matuschek). On regrettera une petite perte de temps vers la fin du film. L'image est sublime, les plans très travaillés. Ernst Lubitsch réalise un chef-d'oeuvre, un classique de la comédie romantique qui reste intemporel.
S'il ne devait y avoir qu'une seule comédie sentimentale, ce serait The Shop around the corner (titre original). Un film qui devrait être remboursé par la Sécurité sociale.
La seule chose que je puisse reprocher à ce film, c'est que ça ressemble un peu trop à du théâtre filmé. Et c'est tout. Car la mise en scène est sobre, le scénario est habile et sans temps-morts, l'humour est très subtil et fonctionne bien , James Stewart y démontre tout son talent, les personnages sont tous profonds et attachants, et en plus de tout cela, le film n'a pas vieilli. Il manque juste ce petit rien du tout qui aurait pu faire de "Shop around the corner" un grand chef-d'oeuvre.
Un film brillant, subtil, d'une incroyable finesse. Pourtant l'histoire parait simple et la mise en scène semble modeste. En réalité le film est un bijou de subtilité à la mise en scène prodigieusement moderne et limpide tant les scènes s'enchaînent avec une évidence étonnante. Mais ce qui transparait ici c'est l'amour de Lubitsch pour ses personnages, les deux héros grognons mais tellement timides, l'ami couard mais sympathique et chaleureux et le patron autoritaire mais finalement malheureux. Peut-être un des plus beaux films du monde , tout simplement.
C’est beau, ça fait pleurer. La crème de la comédie romantique. Que demande le peuple ? ‘’Ca ne vous rappelle rien ?» Ben si, ‘’Vous avez un message’’. C’est normal ça en est un remake mais, même si l’idée de réactualiser le concept en utilisant Internet était bonne, Nora Ephron est loin d’avoir le talent Ernst Lubitsch.
Pour moi, la meilleure comédie romantique de Lubitsch. James Stewart et Margaret Sullivan sont parfaits tout comme les seconds rôles. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai vu ce film.
Un excellent film, servi par des acteurs prodigieux (ah James...). Très drôle, très intelligent, très bien filmé bref très tout. Les personnages sont attachants à souhait (ah James...). Que demander de plus ? Ce film est un agréable chef d'oeuvre.