1714 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
153 critiques spectateurs
5
43 critiques
4
61 critiques
3
32 critiques
2
14 critiques
1
3 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Veneto
27 abonnés
71 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 12 mars 2018
Delon livre ici une interprétation juste et sobre d'un homme à la recherche de son homonyme juif, dans un univers absurde et glaçant, durant l'Occupation. Quelques longueurs néanmoins. Récompensé aux césars de 76, film à voir
Delon joue du Delon ... avec talent, un de ses meilleurs rôles. Avant qu il prenne un tournant plus typé d homme d action ... d un alpha qui joue encore plus du Delon
Nous sommes en 1942, et pourtant pas le moindre chaos de la guerre. Une guerre oui, menée de l'intérieur par Alain Delon. Son personnage est double, non pas par filiation comme dans la tulipe noir, mais par inadvertance. Le film est la quête de cette fausse identité, dont la clé n'est pas vraiment une énigme. C'est plutôt un homme de la bourgeoisie qui cherche un autre regard sur lui. Pourquoi est-il visé? Paie t-il les pots cassés? Ou alors tout simplement la rançon de ses origines ? La fin va donc dans ce sens, et laisse entendre qu'il y a résignation.
Un grand film qui ne vieillit pas. Delon donne beaucoup de profondeur et d’ambiguïté à son personnage qui passe du statut de dominant à celui de dominé, puis d'opprimé. L'organisation de la société française durant la guerre est très bien observée par Losey, lequel met le doigt sur les diverses lâchetés des plus aisés et sur la condescendance (au mieux) des forces de police (le commissaire interprété par Michel Aumont). Les personnages féminins sont particulièrement bien construits, servis par les superbes Juliet Berto, Suzanne Flon et Jeanne Moreau.
Beaucoup de choses à dire sur ce film des plus kafkaïen qu’il m’a été donné de voir. Joseph Losey évoque une période trouble de notre histoire et pas vraiment glorieuse, l’occupation, le régime de Vichy et l’antisémitisme déclaré. L’œuvre est troublante car elle évoque l’esprit nauséeuse de cette époque avec ce « Monsieur Klein », marchand d’art sans scrupule qui reçoit par erreur (?) un journal juif destiné à son homonyme. Et c’est le début d’une longue quête de son « double », obsession maladive dans ce complot, parfois abscons. Alain Delon est parfait dans ce personnage fat qui progressivement perd ses certitudes au fil des indices et des voies sans issues. On s’interroge, on essaie de comprendre ce qui lui arrive, ce qu’il risque aussi dans son entêtement absurde à travers cette recherche d’identité. Le rythme est volontairement lent à l’image de ce puzzle à reconstituer. Et l’évocation de la rafle du Vel d’Hiv sonne et résonne comme le point d’écœurement le plus révoltant de l’histoire française qui donne une certaine grandeur à ce drame et à son personnage principal.
Produit par Alain Delon avec Joseh Losey à la baguette : mise en scène créative et esthétique sur un scénario confus d’usurpation d’identité. Un exercice de style avec une belle reconstitution de Paris, des scènes très fortes au début et à la fin (l’examen racial, le Vel d’hiv) malheureusement séparées par une lutte absconse et ennuyeuse contre l’Administration en marche.
Voici la version restaurée d'un film exigeant du grand cinéaste britannique Joseph Losey. Alain Delon, impeccable en victime collatérale de l'antisémitisme sert un récit ambitieux, parfaitement mené. La scène finale est l'une des plus fortes que je connaisse.
Le réalisateur américain Joseph Losey remporte le César du meilleur film en 1977 avec « Mr. Klein ». Durant la seconde guerre mondiale, en pleine Occupation allemande à Paris, un marchand d’œuvres d’art profite de la détresse des gens pour s’enrichir. Par un concours de circonstances, il se retrouve confondu avec un homonyme d’origine juive. S’ensuit alors une enquête kafkaïenne dans laquelle Alain Delon interprète de manière magistrale le rôle de cet homme affairiste. La reconstitution historique de l’époque avec l’administration de Vichy, l’organisation de la rafle évoquant celle du « Vél d'Hiv », etc. est éprouvante. Malheureusement, le scénario s’éparpille avec une série d’intrigues qui ne débouche sur rien, laissant à chaque fois le spectateur sur sa faim jusqu’au dénouement final véritablement dramatique. Bref, une œuvre oppressante et glaçante.
Un film d’une exceptionnelle richesse, à multiples niveaux de lecture. La première scène met en place le contexte avec une efficacité exemplaire : sous des dehors banals de visite médicale pointe le mécanisme effroyable de l’élimination d’un peuple. Peu de moyens pour beaucoup d’effet, c’est la marque des grands. Joseph Losey va ensuite raconter l’histoire d’un marchand d’art qui profite sans scrupules de ce contexte historique et social : il va s’y trouver mêlé à son corps défendant. Le film prend alors -aussi- l’allure d’un polar, dans lequel le personnage principal mène une enquête sur un homonyme dont l’existence et les actes constituent pour lui une menace et un mystère. Cette histoire individuelle, parfaitement intégrée à l’histoire collective (le rôle de l’administration et de la police Françaises du gouvernement de Pétain dans la déportation des juifs), est passionnante. Exemplairement traitée, elle comprend de nombreux rebondissements, d’étranges rencontres et découvertes, et d’habiles correspondances et recoupements. Dans une atmosphère trouble et oppressante, le film aborde plusieurs thèmes, non de manière frontale ou didactique, mais par touches successives. La question de l’identité, qui commence par le nom, dont l’homonyme est juif, et se poursuit par les racines (quelle est donc cette branche hollandaise cachée de la famille ?), voire les attirances et les goûts (la peinture, Hollandaise elle aussi…). La question de la limite et des glissements entre l’indifférence, la responsabilité et la culpabilité, et qui se mêle à celle de l’incapacité à maitriser sa destinée dans une dernière scène tout aussi forte que la première. Si l’on a souvent pensé à Kafka pendant l’itinéraire tragique de Robert Klein, c’est Hugo qu’elle évoque magistralement. L’œil était dans la tombe et regardait Cain.
Un vrai bon film très kafkaïen et dans une atmosphère anxiogène. Alain Delon signe une grande performance dans une mise en scène impeccable. Un des films qui marque.
Monsieur Klein est un bon film avec Delon dans le rôle-titre. L'intrigue est super (dans un registre très kafkaïen), on est aussi perdu que le personnage de Monsieur Klein qui est incapable de comprendre qui il est. Tout son monde lui devient inconnu. Les scènes avec des figures d'autorité (comme Michel Aumont) sont très anxiogène et oppressante. spoiler: On peut même reprocher au film de nous laisser sur sa faim. J'ai trouvé que la fin ne répondait pas à toutes les interrogations.
Delon est excellent, comme d'habitude. Il porte très bien le film.
Un très bon film avec d'excellents acteurs dont Alain Delon qui est magistral, mais avec cependant quelques longueurs ; quant à la fin elle est assez "bizarre".
Très grand film qui s'ouvre sur une séquence odieuse qui vous met directement "dans l'ambiance" si l'on peut dire. Le personnage de Klein, campé par un Alain Delon qui a rarement été meilleur, est loin d'être sympathique, profitant de la période pour s'enrichir sans état d'âme. Son parcours est clairement kafkaïen, plus il s'efforce de prouver son identité plus il parait suspect aux yeux des autorités. Mise en scène magistrale de Losey qui parvient par ses cadrages à faire ressortir le côté asphyxiant, oppressant et par moment paranoïaque de la période.
Un chef d'oeuvre tout simplement. Du scénario aux prises de vue en passant par les costumes et les seconds rôles, tout est parfait dans ce film de Joseph Losey. Alain Delon livre la prestation de sa vie, et la ribambelle de seconds rôles - Michel Lonsdale surtout, mais aussi Jean Bouise, Jeanne Moreau et un jeune Gérard Jugnot - est de haut niveau. Sur un sujet - l'Occupation et les persécutions génocidaires des Juifs - pourtant archi-rebattu depuis lors, ce film sort du lot par sa tonalité d'une noirceur et d'un mystère envoûtants. Pas loin de figurer sur la liste des 10 meilleurs films que j'ai jamais vus!
Ballade kafkaïenne dans le Paris occupé de 1942, pour un homme prisonnier de sa propre identité, ou comment, par un simple jeu de hasard, Robert Klein, bon français, catholique, vaguement profiteur de guerre, se retrouve pris pour Robert Klein, partisan juif, recherché par la police française. La ballade sachève au stade tristement célèbre du Vel dHiv. La mise en scène glaciale de Losey sied parfaitement au sujet, Delon est fabuleux.