Les Amants crucifiés
Note moyenne
4,2
270 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

31 critiques spectateurs

5
12 critiques
4
11 critiques
3
7 critiques
2
0 critique
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2025
En 1954, quand il tourne « Les amants crucifiés », Kenji Mizoguchi n’a plus que deux ans à vivre et trois films à réaliser. Âgé de 56 ans et fort de 90 films à son actif depuis 1920, le réalisateur est alors au sommet de son art. Tous ses films réalisés durant les années 1950, douze au total, seront unanimement reconnus par la critique notamment en Europe où sous l’impulsion de Jacques Rivette, Mizoguchi est désormais devenu très populaire à l’égal d’un Akira Kurosawa et plus tard d’un Yasujiro Ozu qui ne connaîtra la consécration qu’après sa mort en 1963. Le festival de Venise récompensera d’un Lion d’Argent quatre de ses films dont « Les amants crucifiés ».
Pour l’occasion il fait encore une fois appel à Yoshikata Yoda son scénariste favori pour adapter la pièce éponyme de Monzaemon Chikamatsu. L’action prend pour cadre un Japon féodal que Mizoguchi affectionne particulièrement pour en dénoncer l’organisation sociale essentiellement fondée sur l’hypocrisie et la soumission régissant les rapports de classes. Les politiques et le pouvoir économique sont en effet étroitement liés par le jeu subtil de compromissions mutuelles pour maintenir sous l’éteignoir les classes inférieures.
C’est par le biais d’un drame passionnel que Mizoguchi va mettre à nu les petites bassesses qui se nichent derrière l’aménité de rapports parfois à la limite de l’obséquiosité. spoiler: A cette époque, les relations adultérines et plus précisément celles unissant l’épouse d’un notable à un homme de rang inférieur étaient punis d’une crucifixion en place publique. C’est tout le cheminement implacable menant à cette issue fatale
qui sera finement décrit par Mizoguchi toujours entouré d’une équipe technique et d’acteurs qu’il connait parfaitement selon une règle non écrite qui fait toute la valeur du cinéma japonais des grands maîtres de cette période dorée.
Au sein d’une imprimerie prospère dirigée par Ishun (Eitaro Shindo), l’entrelacs de circonstances d’apparences anodines, spoiler: va amener O-San (Kyöko Kagawa) l’épouse d’Ishun à tomber follement amoureuse de Mohei (Kazuo Hasegawa) le meilleur ouvrier imprimeur de l’atelier. Le sacrilège du mélange interdit entre les classes va aussitôt réveiller jalousies, rancœurs et opportunismes voyant le couple à peine formé, déjà condamné, traqué puis exécuté.

Kenji Mizoguchi livre ici un de ses films les plus aboutis mais aussi les plus sombres car en partie dénué du lyrisme poétique qui est souvent sa marque de fabrique. Magnifiquement filmé en studio y compris pour les scènes extérieures, « Les amants sacrifiés » au côté de « La vie d’Ho’Haru, femme galante », « L’intendant Sansho », « Les contes de la lune vague après la pluie », « Conte des chrysanthèmes tardifs » et de quelques autres font de Kenji Mizoguchi l’égal des deux maîtres cités plus haut. Un film bouleversant par la plénitude de sa mise en scène additionnée à l’inexorabilité du choix radical fait par O-San et Mohei.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 737 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2025
Kenji Mizoguchi est probablement, un des cinéastes les plus sous-côté ! Pour le moment, aucun de ses films que j ai pu voir, m'a déçu... Avec "les amants crucifiés", le cinéaste japonais continue de traiter ces sujets phares, en orientant différemment le récit. Au coeur d'un quiproquo, Mizoguchi dénonce (comme toujours), un système patriarcale sans langue de bois et cruel. Comme ses autres ouvrages, c'est un film "moderne" par ce qu'il dégage et par l'importance des personnages féminins. Également, avec le personnage "Mohei" Mizoguchi dégage une sensibilité "feminine" rare du côté de cet homme perdu ; La mise en scène de Mizoguchi définie le véritable désir, comme un rêve dangereux, mais rempli d'un vrai bonheur. Un équilibre parfaitement ajusté et un grand film réalisé !
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mars 2025
Un hymne à l'amour réalisé avec rigueur et également une infinie tendresse. Le dernier plan, quand les Amants sont enchaînes l'un à l'autre est d'une prodigieuse beauté. Mizoguchi est l'un des plus grand réalisateur de L'histoire du cinéma. De plus un film qui ne prend aucune ride. Une merveille
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juin 2023
Si le cinéma est considéré comme un art, c'est grâce au génie de cinéastes comme Mizoguchi et à ces sublimes "Amants crucifiés". Ici, la description d'un amour impossible est d'une beauté exceptionnelle, entre Dostoïeveski et Stendhal. En effet, malgré un dénouement que révèle le titre-même de l'oeuvre, le réalisateur sublime les sentiments qu'éprouvent les amants l'un pour l'autre, hors de toute mièvrerie, par une mise en scène au cordeau et des dialogues réduits à l'essentiel où tout est suggéré. Les plans de la fuite désespérée des héros, dans la dernière partie du récit, sont admirables, empreints d'une déchirante poésie qu'incarne le jeu subtil des deux comédiens.
Romain Z
Romain Z

14 abonnés 246 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2022
Fait partie des tous derniers films du maitre, ou le découpage et la composition des plans atteint un très grand niveau de rigueur et de maitrise.
Avec une vision très noire d'une société aux ressorts de classes prépondérants et ou domine l'oppression implacable des femmes. L'Amour n'apparait plus alors que comme une ligne de fuite désespérée ou survit la beauté du sentiment pur.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 janvier 2022
Un mélodrame tragique et délicat qui dénonce l’asservissement des femmes dans le Japon féodal, servi par une mise en scène sublime. 3,75
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2022
Un authentique chef d’œuvre classique qui constitue d’abord un regard très critique sur la société féodale Japonaise, construite sur la prédominance de l’argent, la domination du pouvoir régalien, et l’inégalité hommes-femmes. Dans ce monde démystifié, plein d’intolérance et d’hypocrisie, Mizoguchi raconte une histoire complexe, qui met principalement en scène quatre personnages dont les rapports le sont tout autant, et qui se révèlent progressivement. La situation peu à peu révélée fait penser à Racine ; en paraphrasant l’argument de « Andromaque », cela donne ici : « O-Tama aime Mohei, qui aime O-San, qui est dévouée à son mari Ishun, qui aime O-Tama ».
L’histoire, très élaborée, consiste, dans sa première partie, en un enchaînement de décisions, d’actes et de situations qui ne se déroulent jamais comme prévu. Ainsi, paradoxalement, les nobles sentiments des trois personnages positifs, par le jeu de hasards, d’incompréhensions, de malentendus et de circonstances malheureuses, la font évoluer en tragédie.
Le caractère tragique du film est principalement produit par les déchirements constants que vivent les personnages. Déchirements entre d’une part le « devoir », inspiré par la conscience ou imposé par la loi ou les convenances, et d’autre part les sentiments profonds et intimes. Déchirements entre le devoir et l’amour, qu’il soit de nature amoureuse (Mohei vis-à-vis de O-San et réciproquement) ou de nature filiale (le père de Mohei, la mère de O-San).
Au service de cette tragédie, la mise en scène de Mizoguchi est exemplaire, à la fois élégante, efficace et pudique. La construction du film est remarquable, les scènes s’enchainent parfaitement, chacune durant ce qu’elle doit durer, pas une seconde manquante, pas une seconde de trop. Et les images atteignent dans la seconde partie du film une beauté poétique presque magique.
Dans la merveilleuse scène sur le lac Biwa, la tragédie s’élève et bascule. Vers la puissance et la supériorité spirituelle de l’amour, qui culminent lors de la dernière scène, probablement l’une des plus belles de l’histoire du cinéma.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 août 2021
Un film triste et beau. L'amour sacrifié. Le bonheur remisé au désespoir.
J'ai vraiment un coup de cœur pour cet acteur découvert dans la "vengeance d'une acteur".
Un cheminement gardé secret mais qui va se dévoiler au grand jour pour leur malheur en vérité.
C'est superbe.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 avril 2021
Les Amants crucifiés est un beau long-métrage japonais réalisé par Kenji Mizoguchi (cinéaste japonais que je découvre ici).
C'est une belle histoire avec une dramaturgie bien élaborée mettant en lumière une période où les contraintes sentimentales étaient particulièrement cruelles et injustes.
Les qualités d'immersion du film sont plutôt convaincantes et les décors semblent bien reprendre ceux du XVIIe japonais (même si je ne suis pas du tout expert de cette période historique ni du Japon).
Les acteurs m'ont semblé bien joué.
C'est plutôt bon.
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2021
C'est bien, long par moment. Il y a quelque chose me semblant artificiel, à cause de mon point de vue Français. Il y a de la beauté qui émane de ce film. Une poésie un peu explicite dans les dialogue mais des plans surpassant largement ces faiblesses selon mes goûts. À bien y regarder tout tient sans broncher.
Après, je me suis lacé des passages de blabla et des digressions ne me parlant pas.
Je pense que la direction d'acteur est tout de même le gros point fort de ce film. Des visages très expressif et reconnaissables sans efforts. Donc je me suis laissé porté par la sincérité des gens qui on fait ce joli film. Ne parlant pas de quelque chose d'immense mais qui y ont donné beaucoup d'importance. Comme spectateur ça me plaît.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 mars 2021
Presque un chef d'oeuvre. Je ne metterai pas la note maximal car le début est très brouillon. On a du mal a rentré dans l'histoire et c'est assez confus par moment.
Mais le reste, c'est du grand art ! que se soit l'interprétation ou meme la réalisation de MYSOGUCHI. On a des plan très beau cadre dans un noir et blanc somptueux. Le montage est lent et apporte un plus au film.
Un film a voire absolument...
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2021
Tragédie qui nous plonge à Kyoto, dans le Japon du XVIIIème siècle avec ses classes sociales, ses codes, ses rites, ses courbettes et ses salamalecs, mais aussi son sens de l’honneur, son machisme et ses magouilles. La mise en scène est nette, précise, avec une belle photo, notamment des scènes en extérieur.
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 juin 2020
À la fin du XVIIème siècle, Osan, l'épouse délaissée d'un grand commerçant de Kyoto, demande à Mohei, le contremaître de son mari, un prêt pour venir en aide à son frère, un joueur invétéré. Mohei, qui est en secret amoureux d'elle, subtilise le sceau de son patron pour voler cet argent. Mais il est découvert et arrêté. Osan subit bientôt le même sort.
Les deux complices s'enfuient, se déclarent leur amour mais sont finalement rattrapés. Ils seront crucifiés.

Lorsque Mizoguchi tourne "Les Amants crucifiés" en 1954, il lui reste deux ans à vivre. Il n'a jamais été aussi prolifique ni aussi talentueux. L'année précédente, "Les Contes de la nuit vague après la pluie", Lion d'argent à Venise, l'a fait connaître en Europe et avec lui le cinéma japonais d'après-guerre jusque là enfermé dans un ghetto exotique. La même année il sort "L'Intendant Sansho" et "Une femme dont on parle".

Comme "La Vie d'Oharu femme galante" ou "L'Intendant Sansho", "Les Amants crucifiés" a pour cadre le Japon féodal. Il s'agit pour Mizoguchi moins de faire oeuvre d'historien que de chercher dans le passé les traces de rapports de classes toujours présents dans le Japon contemporain. Trois pouvoirs dominent la société des "Amants crucifiés" : celui du créancier (l'argent), celui du fonctionnaire (l'État) et celui du mari (le patriarcat). Contre ces trois pouvoirs, les deux amants se rebellent. Mais ils n'ont rien pour eux sinon leur amour fou. Et leur fin sera fatale.
ORHVETKTA
ORHVETKTA

42 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2020
Le talent de Mizoguchi, c’est de montrer la corruption du pouvoir et l’avilissement de ceux qui l’exercent, et de faire surgir, à travers des héros qui surpassent leur condition, une lueur d’espoir dans toute cette noirceur. Et bien souvent, ça se termine mal... ce film est fidèle à l’ensemble de son œuvre.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2019
Parmi les derniers films réalisés par Kenji Mizoguchi, Les amants crucifiés est l’un des plus pleins et très probablement l’une des œuvres maîtresses du cinéaste japonais. Avec un brio sans égal, il fait étalage ici de toute la maturité de sa science de la mise en scène. Il joue ainsi sur la verticalité de ses décors avant de renverser sa façon de faire pour s’attacher à souligner les lignes horizontales offertes par ces mêmes décors. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/la-rochelle/2019-2/
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse