Trois Samourais hors-la-loi
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Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2016
Lorsque des paysans décident de montrer leur mécontentement et de se révolter contre le seigneur local, ils kidnappent la fille de celui-ci et seront bientôt rejoints par un rônin de passage.

C'est à tout juste 35 ans que Hideo Gosha met en scène Les trois Samouraïs hors-la-loi, sa première oeuvre, où il nous immerge assez vite dans le Japon féodal et met en avant une lutte des classes entre les paysans et ceux qui les dirigent. Bénéficiant d'une très bonne et juste qualité d'écriture, notamment dans les personnages et les dialogues, il la sublime à chaque instant avec une mise en scène sombre et pessimiste qui nous tient en haleine durant 90 minutes.

Il dresse un tableau critique de cette société, qu'il n'est pas difficile de mettre en lien avec son évolution à travers les temps, et dénonce la façon dont elle est inégale et corrompue jusqu'à la moelle, là où l'individualisme a pris le pas sur toute autre valeur et que la violence devient omniprésente. C'est au coeur de cette société qu'il dresse le portrait des ronins qui eux, ont choisi la liberté, mais aussi des différentes classes que ce soit les riches propriétaires qui n'ont que mépris pour les paysans où ces derniers dont on ressent à chaque instant la peur dès que se dresse une classe différente face à eux. D'ailleurs Gosha privilégie clairement les personnages et leurs dilemmes, ce sont eux qui vont apparaitre puis disparaitre à l'écran, et l'étude qu'il en fait va permettre au film d'être à ce point réussi. Il met l'humain face à la mort, que ce soit les plus pauvres ou non, et observe la façon dont ils vont réagir et la sensation de peur plane tout le long sur le film.

Là où Gosha se montre brillant, c'est dans la façon dont il va mettre en scène toute la richesse de cette écriture et ses propos. Assez vite, et magnifié par une photographie en noir et blanc, il met en place une atmosphère sombre, glaçante et pessimiste, avec une obscurité de plus en plus envahissante, tant sur la société que l'humain et ses sentiments. La construction du récit est efficace, il y a de nombreuses scènes d'action et il alterne bien entre celle-ci et les moments de répit. D'ailleurs les séquences de combat sont aussi lisibles que violentes et remarquables, tout comme la réussite formelle du film et sa façon de jouer avec les ombres.

C'est au coeur d'un Japon féodal pourri par les inégalités, l'individualisme et une violence omniprésente que Hideo Gosha met en scène son premier film. Tant sur le fond que dans la forme, il fait un travail remarquable, sachant nous faire ressentir l'obscurité envahissante, la violence, l'injustice et la peur. (Merci à Sergent Pepper pour le découverte)
Acidus

872 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 juin 2025
Hideo Gosha est essentiellement connu pour ses films de samouraïs ou de yakuzas. Et, c'est sans surprise que son premier long métrage est un chanbara. Jeune cinéaste, on décerne son ambition de bouleverser les codes du vieux film de sabre en proposant des héros disposant d'un libre arbitre et interrogeant leur propre morale.
En dehors de cette originalité pour l'époque, le scénario de "Trois samouraïs hors-la-loi" reste malheureusement très redondant. Dommage, car l'ambiance était bonne et la mise en scène impeccable mais cette répétition scénaristique m'a un brin lassé.
Walter Mouse
Walter Mouse

547 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 août 2017
À partir de 1954, le cinéma japonais va requestionner le chanbara avec différents auteurs tels que Kurosawa et Kobayashi qui retravaillent progressivement les codes du genre. L'un des derniers cinéastes à apporter sa pièce à l'édifice est un nouveau-venu sur le marché, Hideo Gosha, qui frappe très fort dès sa première réalisation avec Trois Samouraïs Hors-la-loi. Le jeune prodige va chambouler toutes les règles en interrogeant ses guerriers sur l'idée de suivre leurs préceptes. La voie salvatrice qui leur est enseignée a cessé de les influencer devant l'injustice absorbant le pays. Même en se rebellant, ils tombent de déception en déception, ne trouvent pas satisfaction en suivant leur code d'honneur. Pour illustrer ce renversement, Gosha réutilise les oppositions entre classes sociales mais n'offre que des déconvenues aux trois guerriers, issus de clans divergents et réunis par leur désappointement commun, qui ne sont guidés que par leur propre jugement. Par son récit pessimiste, sa mise en scène admirable et ses personnages profonds, Trois Samouraï Hors-la-loi est indiscutablement un grand film, intense et important.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 octobre 2012
Je ne connais pas encore trop les chambaras, mais ce premier film d'Hideo Gosha qui vraisemblablement s'est inspiré de Kuroswa est un vrai petit bijou aussi bien visuel que scénarisitique (au point qu'il a sans aucun doute contribué à l'inspiration de Léone pour son cultissime The good, the bad and the ugly). En effet, on a l'impression d'avoir les thèmes du western et du film de sabre réunis en même temps sur fond de critique sociale et avec une touche de tragédie. Excellente réalisation, ça me donne envie d'en voir d'autres.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 août 2007
Le Chambara est parfaitement représenté dans ce premier long métrage de Gosha. Des acteurs plein de charisme, dosant parfaitement les sentiments et les dialogues jouent à merveille dans une histoire très fidèle à la réalité de la vie de tous les jours pendant l'époque du Japon féodal. Le rendu noir et blanc apporte son plus à une mise en scène à la fois mélancolique et dramatique.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 15 janvier 2012
Excellent Chambara de Hideo Gosha qui signe avec ce premier film en noir et blanc une œuvre sublime sous inspiration des 7 samouraïs de Kurosawa. Seulement, à la différence de ce dernier, le film est bien plus noir et le réalisateur n’hésite pas à renverser l'image habituelle du samouraï en le faisant patauger dans la boue tout en présentant certaines contradictions morales de leur code d’honneur. Le style Gosha se fait déjà sentir et la présence d’acteurs bourrés de charisme ne fait qu’augmenter la qualité d’un film qui, pour ma part, est un chef-d’œuvre du genre. A découvrir absolument pour tous les fans de Chambara et de Gosha.
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