1057 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
90 critiques spectateurs
5
3 critiques
4
27 critiques
3
36 critiques
2
17 critiques
1
6 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Nicolas S
55 abonnés
679 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 11 janvier 2021
Quand les policiers, les avocats, les syndicalistes et les amies cherchent un sens passionnel et intime à un crime, les assassins, eux, le rejettent : Bernard et Liliane ont tué sans autre mobile que le fait que la victime était une ordure. En suivant le père de l'assassin - Philippe Noiret, extraordinaire en papa gâteau qui finit par retrouver une dignité dans le refus de la compromission avec les autorités - 'L'Horloger de Saint-Paul" interroge bien sûr le sens de la filiation (comment finit-on par accepter que son fils est un assassin ?), mais aussi plus encore la nécessité de résister au confort bourgeois d'un rôle assigné d'avance, même quand ceux qui sont chargés de veiller à ce qu'on y reste, la police, semblent ne nous vouloir que du bien. C'est aussi, en creux, l'évocation d'une période émaillée de conflits sociaux et qui voit le souvenir libertaire de 68 s'évanouir doucement.
Le programme de Tavernier résiste toutefois à une lecture univoque. Loin de prôner une forme de résistance plutôt qu'une autre, on peut en effet autant y voir une apologie du terrorisme et de la violence comme remèdes à une satisfaction béate qu'une critique radicale de ces fictions qui voudraient nous faire croire qu'une forme de violence est plus légitime et explicable qu'une autre (le crime passionnel qui ne serait pas sur le même plan que le crime politique ou le crime légal qu'est la peine de mort). En ce sens, Tavernier propose d'une certaine façon une relecture de 'La Fureur de vivre', qui prendrait cette fois-ci le point de vue d'un parent.
Passionnant, et filmé avec une précision d'horloger - en particulier la scène du retour en avion - qui entretient une grande tension du début à la fin.
« L’horloger de St Paul » (1974) est le 3ème long-métrage de Bertrand Tavernier et il souffre peut-être d’un manque de maturité. En effet et si ce n’est pas un des tous premiers films de Philippe Noiret ni de Jean Rochefort, on ressent une direction d’acteurs un peu trop lâche. Le sujet est pourtant loin d’être inintéressant mais on reste sur sa faim : pourquoi l’horloger (Philippe Noiret) s’est-il séparé de son épouse et comment a-t-il pu élever son fils en ignorant finalement tout de lui ? Autre élément troublant, la complicité/amitié qui semble s’installer entre l’horloger et le commissaire (Jean Rochefort) chargé pourtant d’une enquête sur un meurtre potentiellement « politique » d’un patron indigne dans la France de Georges Pompidou, avec son opulence de surface mais déjà une orientation « gauchiste ». L’âme de la capitale des Gaules, ville de naissance du réalisateur, est toutefois très bien rendue avec ses traboules et ses bouchons. Pour ma part, il manque du liant dans ce film qui a reçu le prix Louis-Delluc mais qui a bien vieilli.
Un des premiers films de Bertrand Tavernier et c’est une plongée dans le Lyon des années 70. Une ville usée, ou l’on partage son temps entre travail dans l’artisanat ou les usines qui entourent la ville et des ballons de rouge autour d’un plat de charcuterie. C’est la description d’une époque où l’on étouffe comme le dit un des personnages. Les conflits sont larvés ou dissimulés sous le tapis et peuvent par moment exploser, comme c’est le cas pour le personnage du fils de Philippe Noiret qui tue un « sale type ».A partir de là son père va partir à la recherche de ce fils qu’il a élevé mais qu’il ne connaît pas. Le film bénéficie bien sûr de l’incroyable duo d’acteur Noiret Rochefort qui une fois de plus sont remarquables. Il est aussi intéressant pour le portrait qu’il dresse de son époque et de son climat social. Sinon le film est assez sobre peut être trop même, par la suite Tavernier fera mieux, beaucoup mieux même à l’occasion.
Pour son premier long-métrage, Tavernier adapte Simenon et réalise un film inégal mais poignant sur le thème d'un homme qui cherche à comprendre le geste criminel de son fils, interprété avec sobriété par Philippe Noiret, qui deviendra son acteur fétiche.
Évidemment le film vaut rien que pour la rencontre Rochefort - Noiret. Pour découvrir la France de province des années 70 ce film est parfait. Après Simenon est difficile à adapter car très descriptif d'une ambiance, très littéraire donc pour certains ce film pourrait être un peu lent et un peu trop bavard. Mais le thème, du père qui ne comprend pas son fils tout en le laissant vivre est passionnant.
Tavernier, Noiret, Rochefort, que voilà en bonne affiche et pourtant après un début intriguant et alléchant c'est la déception qui domine, c'est lent, ça blablate, ça n'avance pas, ça manque de rythme, quant à l'intrigue policière dont on ne saura pas grand chose, on apprend que finalement ce n'est pas le sujet du film, le sujet est donc ailleurs mais les talents conjugués de Bertrand Tavernier et de Philippe Noiret n'ont pas réussi à m'y intéresser. Quand à Rochefort il est décevant dans ce rôle
Magnifique interprétation de Philippe Noiret en père qui cherche à comprendre. Les face à face avec Jean Rochefort sont très intenses. Ce film a une dimension documentaire, sur la société française des années 1970. Bertrand Tavernier est un réalisateur génial.
L'horloger de Saint Paul est un film fortement psychologique. On suit un homme simple, horloger à Lyon, dont la vie bascule lorsqu'il apprend que son jeune fils de 20 ans a tué un homme. Il va découvrir qu'il ne connait pas vraiment son fils, il va découvrir aussi le milieu judiciaire et nouer une relation spéciale avec le policier chargé de l'enquête. Finalement ce malheur va paradoxalement le rapprocher de son fils, lourdement condamné. Le film est très "français": on voit beaucoup d'images de Lyon, ici et là il y a de belles scènes de repas, où la charcuterie est reine. Et il y a un petit fond politique, teinté des problèmes économiques qui commencent à surgir dans les années 70.
Le film raconte le parcours d'un homme confronté à la mise en cause de son fils dans une affaire de meurtre.
Le film en dit long sur les mentalités de l'époque post 68 : mentalités de la police, fonctionnement de la justice, l'émancipation de la jeunesse, bourgeoisie qui garde la main sur les rouages de la société, débat sur la peine de mort, la prostitution, le harcèlement sexuel, la presse et les partis politiques qui restent à la surface des choses, la difficulté d'élever seul un enfant, la scolarité, la crise d'adolescence. On notera que certaines de ces interrogations restent aujourd'hui encore très prégnantes dans notre société.
Enfin le film raconte le parcours d'un homme débonnaire, commerçant presque bourgeois, sonné par la mise en cause de son fils. Peu à peu il se met en tête de le comprendre et se rapproche de lui.
Comme souvent avec les films de cette époque, le rythme et la mise scène théatralisent moins les messages et les sentiments du film. La société, la langue ayant évolué depuis, il faut faire davantage d'effort pour décoder les principaux messages que dans un film contemporain. Cela fait aussi parti de son charme.
Philippe Noiret incarne avec sensibilité un horloger veuf tranquille et peu affirmé, dont le quotidien bascule le jour où il apprend que son fils a tué un homme. Ni drame familial ni film policier, ce premier long-métrage de Bertrand Tavernier relève plutôt de l'étude de mœurs. Le réalisateur utilise en effet cette histoire pour évoquer un pays où tout se politise, où les journalistes et les voyeurs sont légions, et où la violence sert à exprimer un ras-le-bol et un sentiment de vacuité. "L'Horloger de Saint-Paul" est filmé sobrement, et propose également un vision presque documentaire de Lyon. Signalons également un très bon Jean Rochefort en commissaire ambigu.
Davantage le portrait d’un homme ravagé par le sentiment d’avoir loupé quelque chose dans l’éducation de son meurtrier de fils que polar bien mené, le premier film de Bertrand Tavernier montre déjà le goût du réalisateur pour la nuance et la volonté de ne se laisser enfermé dans aucune étiquette. Plutôt progressiste de gauche, l’auteur s’entoure pourtant de la vieille garde du cinéma français en travaillant avec le duo Aurenche – Bost, largement conspué par François Truffaut, qui n’avait pas raison à propos de tout. La belle qualité d’écriture se ressent ici à chaque instant et le métrage tient toute sa saveur de cette capacité à faire évoluer la psychologie des personnages à travers des non-dits. Philippe Noiret y trouve un rôle parfait pour lui et Jean Rochefort le soutient avec beaucoup de professionnalisme. Au final, il s’agit d’un superbe film, émouvant et poignant, et ceci malgré l’extrême lenteur de l’ensemble.
Au lendemain de mai 1968, les illusions sont vite retombées quant à l'espoir sans doute déraisonnable d'un possible retournement de l'organisation sociale et politique. Le "joli mois de mai" comme on l'appelle désormais est vu par les historiens comme une parenthèse enchantée. C'est beaucoup de cette désillusion qui flotte tout au long du premier film de Bertrand Tavernier sorti en 1974. Cinéphile viscéral, Bertrand Tavernier fut longtemps assistant-réalisateur, critique puis attaché de presse avant d'oser se lancer dans la carrière de réalisateur. Un premier projet nommé "Bonny et Lafond" sur les dirigeants de la Gestapo sévissant au 93 rue de Lauriston à Paris n'ayant pu voir le jour, c'est un roman de Georges Simenon, "L'horloger d'Everton" qui sera proposé à Aurenche et Bost. Tavernier qui a entretenu des liens rapprochés avec la rédaction des "Cahiers du cinéma" et de "Positif" montre déjà son indépendance d'esprit en faisant appel à ces deux scénaristes emblématiques de la "qualité française" vilipendés par François Truffaut dans un article assassin paru en 1954 ("Une certaine tendance du cinéma français"). Le soutien de Philippe Noiret auquel Bertrand Tavernier avait immédiatement pensé pour le rôle principal sera indispensable pour la transposition à l'écran de ce sujet ne rentrant à priori dans aucun genre susceptible d'attirer les foules. L'action est transposée des Etats-Unis à Lyon, la ville dont le réalisateur est originaire et dont il sent bien qu'il est temps de lui rendre hommage avant que la transfiguration du paysage déjà entamée ne devienne définitive. Michel Descombes (Philippe Noiret) est un artisan horloger que l'on retrouve dans un bouchon lyonnais en train de tailler bavette sur la vie politique avec ses copains de quartier tout en se restaurant. Vivant seul depuis son divorce, il s'est laissé engourdir par une routine paisible qui le laisse un peu en dehors du temps. Quand il apprend brutalement que son fils en fugue avec sa petite amie (Christine Pascal) vient de tuer un homme, la dure réalité le prend brutalement au collet. Et surtout une question sans réponse se pose à lui ? Qui est vraiment ce fils qui n'a pas jugé bon de lui présenter sa petite amie? C'est une sorte de chemin initiatique que va emprunter Michel Descombes, s'ouvrant petit à petit à une radicalité qu'il n'a jamais réellement côtoyée ailleurs que dans les discussions animant les repas arrosés de fin de semaine. Ici, point d'intrigue policière ni de rebondissements malgré la présence à côté de Descombes d'un flic tout aussi désorienté que lui joué par un magistral Jean Rochefort remplaçant au pied levé François Périer prévu initialement pour le rôle, juste la prise de conscience déchirante du temps perdu à cause de la pudeur qui pousse à l'incommunicabilité. spoiler: Un temps perdu qui oblige Michel Descombes à une évolution à marche forcée le conduisant à choisir d'épouser la cause perdue de son fils plutôt que de risquer de le perdre définitivement spoiler: . L'ensemble d'une fluidité exemplaire prend grâce à la réunion de tous ces talents autour d'un Bertrand Tavernier qui apprend vite, l'allure d'une évidence pour le spectateur équivalente à celle de Michel Descombes déclarant un peu bravache devant le jury du procès : " « Je suis entièrement, totalement, solidaire de mon fils. ». "L'horloger de Saint-Paul" recevant le prix Louis-Delluc en 1973, la carrière de Bertrand Tavernier était lancée sous les meilleurs auspices ainsi que son long compagnonnage avec Philippe Noiret (sept films en commun suivront). Il convient aussi de signaler que malgré le succès et la célébrité jamais la passion de la transmission de Bertrand Tavernier ne s'est tarie depuis ce premier succès. Celui-ci toujours généreux et enthousiaste n'hésite jamais à faire profiter la communauté des cinéphiles de ses instructifs commentaires et analyses à travers des livres ou des bonus de DVD.
Premier long-métrage de Bertrand Tavernier, entièrement tourné dans sa ville natale de Lyon, L'horloger de Saint-Paul nous emmène sur des chemins de traverse auxquels on ne s'attend pas. Adaptation de Georges Simenon, ce faux film policier élégant et posé se concentre en réalitéspoiler: sur un drame intime et personnel lié à l'impossibilité de communiquer entre un père et son fils . Philippe Noiret et Jean Rochefort sont tous deux délicieux.
Tout a mal vieilli dans ce film. Mon unique étoile va au duo Philippe Noiret - Jean Rochefort et à la ville de Lyon. L'histoire est fade et sans intérêt, peut-on seulement appeler cela une intrigue.