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Attigus R. Rosh
260 abonnés
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3,5
Publiée le 10 octobre 2016
Que la fête commence est plutôt un film signé Bertrand Tavernier. Philippe Noiret, Jean Rocherfort et Jean-Pierre Marielle sont tous les trois très bons. Le film montre un visage satirique de la période de la Régence à travers les déboires sexuels des personnages principaux. L'histoire se tient. On rit pas mal. C'est un bon petit film à regarder.
Ce film de Bertrand Tavernier évoquant la régence de Philippe d'Orléans à la mort de Louis XIV est conclu par un acte isolé de paysans en colère, incident moins anecdotique que symbolique annonçant rien moins que La Révolution et la sanction d'une monarchie dévoyée. On ne s'étonnera pas de ce dénouement "politique" tant le cinéaste a fait la démonstration, à travers une satire de moeurs à la fois fantaisiste et documentée, de l'incurie et de l'indignité de la gouvernance de l'époque. Alliance naturelle de l'aristocratie et de l'Eglise, le pouvoir est incarné ici par le Régent et par l'abbé Dubois, deux personnages "honteux" de l'Histoire de France et deux rôles savoureux pour Philippe Noiret et Jean Rochefort. Le premier est ce Philippe d'Orléans ambivalent, à la fois libéral lucide mais faible et paillard; le second est un ecclésiastique roublard, un roturier athée complotant pour obtenir la pourpre cardinalice. En petit noble fomentant une illusoire indépendance bretonne, le troisième larron, Jean-Pierre Marielle, fait bande à part. De ce sujet singulier et généralement cocasse, je retiendrai le souci d'authenticité des moeurs et la description d'une caste, d'un régime portés au libertinage, l'imposture religieuse et, globalement, la corruption de la monarchie. Amer ou truculent, le film est une peinture féroce d'un temps de débauche et d'un pouvoir coupé du peuple.
Le film repose sur un grand duo d'acteurs principaux, qui le sauve véritablement, et laisse le souvenir de quelques scènes réussies ou du moins de bonnes répliques ( évidemment toutes apocryphes). Cependant, le fond du film reste faible, ramenant la Régence à une joyeuse débauche pour les élites, avec une ambiance libertine des années 1970, en costumes du dix-huitième siècle.
Malgré une grande performance de Philippe Noiret ce film historique est loin d'être le meilleur de Tavernier. La faute à des personnages pas tous attachants et à une histoire parfois confuse.
Si tu dormais en classe lors des cours d’histoire, tu peux dormir aussi devant ce film. Par contre, si tu veux voir une reconstitution historique ouvre grand les yeux.
Que la Fête commence est trop scolaire à mon goût, car Tavernier ne choisit pas de faire l’intrigue la pièce maîtresse de son film : ce sont les personnages qui sont le moteur. Tavernier avait même pensé intitulé le film Le libéral, le cynique, l'idéaliste et la putain. Heureusement qu’il ne l’a pas pris car ici les personnages ne sont pas tout à la fois contrairement au film de Leone. Bertrand Tavernier est un brosseur de portrait, ce sont les personnages qui portent le film au travers des acteurs et des dialogues. Ce long métrage demande à être revu rien que pour ces paroles.
Trop scolaire à mon goût, car le film montre trop de détail dont on pourrait se passer comme par exemple l’histoire des seaux ou de la carte de France. Le réalisateur aurait pu gagner du temps mais on voit qu'il veut montrer qu’il a potassé pour faire ce film. Il insère ces scènes inutiles dans des plans séquences qui vont jouer aussi sur le champ et le hors champ. Ces jeux avec la caméra ne sont pas suffisants pour faire un film de cinéma. Ces plans séquences sont en opposition avec certaines scènes très ou trop théâtralisées. Ces plans séquences vont donc apporter un certain dynamisme et une tension, notamment quand la caméra est porté à l'épaule (mention au cameraman).
A noter que la musique du film, c’est celle composée par le protagoniste principal du film, le Régent.
Ma scène préférée : la séquence finale, car c’est là que la petite histoire rentre dans la grande histoire.
Au risque de déplaire aux critiques précédentes j'ai trouvé le film confus dans sa narration et manquant totalement de souffle. La réalisation est laborieuse avec Noiret, Rochefort et Marielle qui cabotinent à tout va. La photo est vraiment quelconque. Les plans relevent plus du film amateur quand on pense que le chef d'oeuvre Barry Lyndon à été réalisé à la même époque.
une bonne caricature de cette époque... ce film a vieilli , mais reste bon . Le jeu de certains acteurs est toutefois excessif . La mise en scène elle est aussi un peu datée
Malgré mon grand respect pour le Tavernier cinéphile et réalisateur, j'ai été déçu par le coté désordonné et irréaliste du film, autant dans les scènes grivoises peu cohérentes que par la teneur des dialogues. Heureusement reste des acteurs de grand talent iconiques des années 70.
Un divertissement sympathique et original. De plus un cours d'histoire de France plus vivant que dans les manuels... certes un peu romancé, voire osé, mais bon, c'est ça le cinéma !
Avec Que la fête commence..., Bertrand Tavernier ambitionne une fresque historique foisonnante qui finit par s’éparpiller dans ses intrigues. La richesse des dialogues et des personnages donne d’abord le vertige, avant de diluer toute véritable ligne dramatique. Philippe Noiret impose une présence solide, tandis que Jean Rochefort apporte une ironie bienvenue, sans que l’ensemble ne gagne réellement en intensité. Le film semble davantage fasciné par sa reconstitution et son verbe que par l’émotion qu’il pourrait susciter. Une œuvre ambitieuse et érudite, mais dont la densité finit par créer une certaine distance.
Tavernier portraiture les figures oubliées d'une histoire où la Révolution en germes porte déjà en elle la désillusion. Insolent, anarchiste, oserais je dire gauchiste ?
Sous couvert de brosser une grande fresque historique de la régence de Philippe d’Orléans, Que la Fête commence est un navrant condensé de dérives soixante-huitardes. On y trouvera, pêle-mêle, un éloge de l’ivrognerie, de la vulgarité, de la prostitution, de la branlette, de la partouze et même… du viol. Cinéphiles s’abstenir !
Bertrand Tavernier signe une fresque historique où la France de la Régence devient le théâtre d’un ballet de pouvoir, de corruption et de décadence. Emmené par un trio d’acteurs plaisant (Noiret, Rochefort et Marielle), le film mêle élégance, humour noir et critique politique avec une liberté jubilatoire...
Ici, le pouvoir n'a rien de sacré : des tableaux de maître y servent de cibles à fléchettes, des hommes s'y soulagent dans ce qui deviendra notre patrimoine. Sous les perruques et les habits d'apparat se joue une comédie du pouvoir d'une actualité troublante, faite d'arrivisme, de calculs et de jeux de cour. Tavernier applique à la lettre la leçon de Michelet, pour qui comprendre l'histoire commence par lui retirer son respect. La Régence n'est qu'un déguisement pour parler de courtisans qui n'existent que par leur proximité au trône. Deux mondes se frôlent sans jamais vraiment se croiser : la débauche insouciante de Paris et la misère paysanne bretonne qui gronde en arrière-plan, unies par le même mal, celui d'un monde à bout de souffle. La fête n'est qu'un anesthésiant contre le silence et la mort, omniprésente de la scène d'autopsie initiale jusqu'au carrosse en flammes, en passant par ce fantôme qui hante littéralement le récit.
Oubliez la mécanique du suspense : la narration s'éparpille en une succession de tableaux plutôt qu'en un récit linéaire, et le titre lui-même est un piège, la liesse n'occupant que quelques minutes d'un film surtout traversé par la chronique amère d'un monde qui se délite. On est projeté dans l'époque sans balises, comme un contemporain jeté dans le bain, livré à lui-même pour en saisir les codes. Côté image, Tavernier tourne le dos au film en costumes académique qui fige ses personnages en toiles de musée. Le cadre est ici sans cesse traversé, décentré, encombré de seconds rôles qui vivent leur propre scène en arrière-plan. Cette authenticité se retrouve jusque dans les décors, châteaux réels, abbayes et côtes bretonnes brutes, préférés aux artifices du studio.
Le trio Noiret-Rochefort-Marielle, réuni à l'écran pour la première fois alors qu'ils étaient amis dans la vie, est tout simplement magistral. Noiret compose un Régent profondément humain malgré ses vices, où se lisent à la fois l'intelligence, l'impuissance et la lassitude, sans qu'aucune ne prenne le pas sur les autres. Rochefort, en abbé aussi athée qu'habile stratège, jure en habits sacerdotaux avec un plaisir de duplicité communicatif. Marielle, en gentilhomme breton ruiné et quasi Don Quichotte, porte ses plans grandioses avec une conviction bouleversante. Mon vrai coup de cœur reste pourtant Christine Pascal, dans un rôle entièrement inventé qui porte à lui seul la conscience morale du film. Face à cette galerie de figures hantées par la mort, elle apporte une lueur presque angélique, celle qui continue de brûler un peu après le générique, une fois le carrosse consumé.