Le Fleuve
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Jrk N
Jrk N

48 abonnés 247 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 novembre 2018
The River (Le Fleuve, Jean Renoir, 1951) est un grand chef d’œuvre, et sans doute un des plus beaux films en couleurs comme le dit Scorsese dans un bonus du dvd Carlotta (2001) d’autant plus que la restauration superbe rend justice au Technicolor, à la photographie de Claude Renoir et aux éclairages de Subrata Mitra, qui deviendra le plus grand chef opérateur indien en travaillant avec le grand génie du cinéma Satyajit Ray qui est assistant sur ce film.
Renoir n’est pas de la même catégorie que ce grand génie-là mais il s’entoure de bons acteurs qu’il adore, de techniciens d’exception, il suit le scénario de l’anglo-indienne Rumer Godden à qui il abandonne totalement le récit, son caractère expansif et confiant fait le reste : grâce à la musique indienne qu’il choisit avec soin, à quatre « documentaires » (description du Gange, la fête de la lumière Diwali, les escaliers des rives, la cérémonie de mariage et la danse) insérés dans le film, la mayonnaise prend : on rentre dans l’atmosphère du Bengale et on tend à s’identifier à Arthur Shields (Docteur John), acteur fétiche de John Ford qui incarne un Anglais, veuf d’une Bengalie, devenu plus attaché à l’Inde que de nombreux indiens, comme cela est arrivé souvent. La fascination des couleurs, du rythme, des paysages, de la musique, des rites du Bengale fait le reste. Certes c’est de l’exotisme qui n’est pas indemne d’une facilité colonialiste puisque aucun problème de l’Inde des années 40 n’est réellement abordé. Mais il est dit, et il est clair que c’est la description d’une partie du Bengale vu par les yeux anglais.
J’avais vu cet détesté ce film en 70 avec les préjugés politiques de ma jeunesse. Je le revois aujourd’hui, après avoir étudié et aimé l’ensemble de l’œuvre de Satyajit Ray - l’un des quatre ou cinq plus grands cinéastes de tous les temps - et je comprends maintenant comme Le Fleuve a inspiré Ray, a été à l’origine de sa vocation et que de nombreux souvenirs de ce film reviennent dans ses plus grandes œuvres (Apu 59, Charulata 58, Le Salon de Musique 64).
The River est un grand film car il introduit à Satyajit Ray et honneur à Jean Renoir, un metteur en scène pas très constant parfois même assez nul, d’avoir réussi cet introduction .
loulou451
loulou451

149 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2008
Un chef-d'oeuvre. Sans hésitation, un film à placer tout en haut de l'histoire du cinéma, à ranger aux côtés de la "Nuit du chasseur" (pour sa poésie) ou, plus récemment, de la "ligne rouge" (pour son côté panthéiste où chaque élément de ce monde devient tout à coup constitutif de ce monde). Certes, on pourra toujours s'éterniser sur la photographie, sur le jeu des acteurs, sur les décors sublimes de ce film, mais rien ne remplacera jamais cette œuvre forte, hors du temps, de toute mode, à la fois terriblement sauvage et humaine, déifiante et poétique à l'extrême. Sans doute le plus grand film de Jean Renoir, beau comme une œuvre de son Auguste aîné. Inoubliable.
max6m
max6m

79 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2007
"Le fleuve" de Renoir est une oeuvre sur beaucoup de points comparable au "Black Narcissus" de Powell et Presburger. En effet, il s'agit de deux films sur l'Inde, réalisés à peu d'intervalle (respectivement 1950 et 1947), adaptés de deux romans de la même Rumer Godden, et détachés totalement du contexte politique de l'époque, ne cherchant qu'à nous offrir de purs moments de bonheur visuel. Dans les deux films, l'histoire racontée est ainsi reléguée au second plan, ne se révèlant pas particulièrement intéressante, et ne sert que de prétexte à cette exposition de véritables peintures mouvantes. Mais l'approche des deux réalisateurs est radicalement différente. Alors que Powell réalise une pure oeuvre de cinéma, entièrement tournée en studio et à la beauté complètement irréelle, Renoir fait au contraire une oeuvre extrêmement réaliste, à l'aspect quasi documentaire. De nombreux passages nous le montrent clairement: la fête de Diwali, la manufacture de jute, les escaliers le long du fleuve, la scène magnifique de danse traditionnelle de Mélanie... "Le fleuve" se révèle alors un peu plus "sale", moins idéalisé esthétiquement, avec cet applatissement des couleurs et cette omniprésence des tons ocres et jaunes, à l'image de la couleur du Gange. C'est une peinture plus impressioniste que nous propose ici Renoir et finalement, nettement plus suggestive. Il parvient par ailleurs merveilleusement, à travers cette histoire pourtant assez légère, à nous faire entrevoir et comprendre la culture et la sagesse du peuple indien. Le film trouve alors une réelle profondeur, non pas grâce au scénario, mais grâce à tout ce qu'il y a à côté.
"Le fleuve" ennuiera certainement une grande partie des spectateurs, avides d'intrigue et de suspense. Mais quel bonheur pour les contemplatifs, les amoureux de la culture indienne ou, tout simplement, les curieux intéressés de la découvrir! Le film préféré de Renoir est un véritable chef d'oeuvre.
QuelquesFilms.fr

365 abonnés 1 780 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juin 2013
Une oeuvre originale dans la filmo de Jean Renoir, adaptée d'un roman de Rumer Godden et réalisée durant son exil. Le scénario, qui décrit les joies et les peines d'une famille, est empreint d'une philosophie sereine, d'une acceptation de l'ordre naturel des choses : écoulement du temps à l'image de l'écoulement du fleuve, immuable cycle de la vie et de la mort... Renoir prend son temps, celui de la contemplation et de la réflexion, sur une trame romanesque minimale qui, à défaut d'être transcendante, révèle une autre facette de la sensibilité du cinéaste, ouverte à une spiritualité diffuse.
C'est le premier film en couleurs de Renoir. Il a été tourné près de Calcutta, aux abords du Gange. On dit que Satyajit Ray aurait décidé de sa vocation après la rencontre du réalisateur français sur ce tournage.
Hotinhere

803 abonnés 5 523 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 avril 2024
Souvenirs de jeunesse d’une Anglaise vivant dans les années 50 avec sa famille sur les berges du Gange, qui offrent une vision fascinante de l’Inde dans un Technicolor somptueux, compensant un scénario assez mièvre et un casting bancal.
Jipis
Jipis

45 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2012
Le fleuve opus quasiment inerte associe habilement le documentaire au romanesque dans des couleurs flamboyantes principales étincelles d'une action bien souvent somnolente.

Inutile de glaner un dynamisme dont l'oeuvre n'a nullement besoin. Tout n'est que lancinance et lenteur distillées dans un ennui profond faisant d'un site managé par ses rituels et ses croyances le contenu d'une seule journée ou tout ne fait que se reproduire à l'identique sous une chaleur accablante.

Trois jeunes filles sortent de leurs adolescences en s'éveillant au choix culturel et à l'amour antinomique envers un pays ou un grand blessé de guerre incapable de positionner son émotif au dessus de son handicap.

Un monde enfantin protégé et paisible s'estompe devant le brusque besoin de conquérir et de plaire un indécis de passage déconnecté d'une véritable perception émotionnelle pendant qu'un territoire immense et bigarré écoule ses jours dans son quotidien, son histoire et ses traditions.

Un film sublime, sécurisant, apaisant mais dérangeant par son immobilisme presque hypnotique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 janvier 2013
Quelle beauté que ce film, une lumière et des couleurs incroyables qui donneraient à chacun envie de devenir peintre. Loin des stéréotypes sur l'inde, avec des portraits de femmes sur plusieurs générations vraiment intéressants.
Moorhuhn
Moorhuhn

168 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2011
Renoir j’adore et j’en attendais beaucoup de ce film qui, hélas, se montre un peu trop classique pour réellement me convaincre. Sur le coup j’avais beaucoup aimé certes mais sur la durée il se révèle pas réellement marquant, pourtant les bonnes choses y sont.
Renoir choisit pour cadre l’Inde ainsi cette atmosphère exotique est plutôt savoureuse. Le film est un régal pour l’œil, le technicolor rend le tout flamboyant, ces couleurs sucrées propres à l’ambiance envoûtante font partie des qualités visuelles du film. L’histoire en elle-même est très classique. Une jeune fille tombe amoureuse d’un homme, ce qui marque en quelque sorte son entrée dans sa vie de jeune femme. Se formera alors un triangle (un quadrilatère ?) amoureux qui laissera des marques dans plusieurs jeunes vies adolescentes. L’histoire, même classique, a un intérêt tout de même, on suit le tout sans déplaisir et certains plans sont vraiment très beaux même si la mise en scène de Renoir demeure plutôt sage dans l’ensemble.
Un bon film mais un peu déçu venant de Renoir, ça manque un peu d’audace.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 juillet 2011
Le fleuve, de Jean Renoir (1950).
Un drame mêlant deux filles, habitant en Inde mais d'origine britannique, qui tombe amoureuses d'un ancien soldat américain. Le film met aussi en scène le père des deux filles, leurs sœurs et frères et Melina, une indoue. Pendant tout le film les deux soeurs vont se jalouser le nouvel arrivant. L'une des filles écrit des poésies, mais ne se trouve pas belle (je la rejoins dans son idée ...), l'autre fait plus âgé que son âge, mais a un fort caractère. L'ancien soldat, lui, n'a que faire de leur amour. Il est troublé. Ayant perdu une jambe pendant la guerre, il se sent dorénavant comme étranger, où qu'il aille. Un bon développement. Une bonne fin. Rien d'audacieux, le film se laisse suivre, comme un fleuve suivant son cours (magnifique !).
Sam Spade
Sam Spade

5 abonnés 292 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2010
C’est un bon film de Jean Renoir, une bonne histoire, qui nous emporte du début à la fin. Une bonne comédie dramatique.

C’est l’histoire de Harriet une jeune anglaise qui vit avec son frère (Bogey) et ses sœurs cadettes, qui tombe amoureuse d’un étranger qui revient de la guerre. Elle n’est pas la seule car Mélanie une belle métisse indienne tombe elle aussi sous le charme du bel étranger, Valérie une autre fille est elle aussi charmé par le charme du Capitaine John… Mais le petit le bémol de ce film est que l’histoire ne se déroule pas assez vite, c’est pour cela que je n’ais pas mis étoiles, c’est aussi parce que la fin est un peu décevante car elle se termine sans grande surprise. Ça reste un très bon film malgré tout.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 décembre 2014
Une bouffée d’aire aux parfums d’Inde, avec ses explosions de couleurs, de gens, d’habits, de musiques, d’une tradition incroyablement riche. Tout cela se sent à l’écran, on comprend la volonté du réalisateur de faire une sorte d’hommage à cette culture fascinante, tellement hypnotisante même, qu’elle en devient presque le sujet principal de l’histoire, l’intérêt premier du film, faisant passer cette pseudo découverte de l’âge adulte vue au travers des yeux d’adolescentes pour un prétexte à sublimer la nostalgie de l’exotisme colonialiste. À voir pour ses images magnifiques pas loin d’un documentaire et la danse de Radha Devi. À voir aussi car c’est le premier film en couleur de Jean Renoir et que la ré-édition Blu-ray est vraiment bluffante !
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

3 abonnés 59 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 avril 2026
Fresque intime aux couleurs du monde, Le Fleuve offre une méditation lumineuse sur le passage à l’âge adulte et l’écoulement du temps. Avec une douceur contemplative, Jean Renoir filme l’Inde comme un espace de sensations et de métamorphoses, où chaque instant semble chargé de spiritualité. Le regard adolescent, entre fascination et désillusion, structure le récit comme une initiation à la complexité des sentiments. La nature, omniprésente, accompagne les émotions avec une grâce picturale qui confère au film une dimension presque méditative. De cette harmonie entre couleurs, émotions et temporalité naît une œuvre d’une sérénité profonde, à la fois simple et infiniment riche.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 décembre 2012
Mystique à souhaits. Un conte indien en technicolor. Le cinéaste explore les traditions, le kitch et l'exotisme du pays. Un bémol sur le jeu d'acteurs, un peu mièvre au début, mais qui fini par gagner en intensité. Loin du chef d'oeuvre annoncé, un film contemplatif.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 août 2021
La magie du fils du peintre (et quel peintre !) Et quelle magie !
Dans une interview Martin Scorcese se souvient de son premier visionnage de The River avec son père lors de sa sortie en 1951, il avait 9 ans. Il fut saisi. Et nous partageons cet envoûtement. Départ pour l'Inde où fut tourné le film. La beauté des couleurs - le procédé Technicolor utilisé par Jean Renoir - la force du scénario au cœur de cette famille nombreuse, la réalisation virtuose car limpide, ses plans serrés sur la végétation, sur la vie quotidienne le long du Gange... c'est un chef d'œuvre toit simplement.
Andrea
Andrea

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5,0
Publiée le 11 juin 2025
Chef d'oeuvre.
Le bleu. L'enfant; l'animal.
L'Inde.
Le premier film en couleur de Renoir.
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