Marat/Sade
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ronny1
ronny1

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1,5
Publiée le 7 octobre 2019
Vouloir porter à l’écran une pièce de théâtre avant-gardiste allemande de Peter Weiss est une entreprise vaniteuse, sauf à considérer le cinéma comme un art suffisamment mineur pour justifier un tel exercice. La réflexion politique et philosophique n’est originale que pour ceux qui sont hors sol. Un pouvoir autoritaire, que ce soit avant ou après la révolution, ignore le peuple, ses besoins et ses aspirations. L’homme a peu de place dans ces mécaniques du pouvoir, et la réalité devient floue. Ce que l’immense majorité des habitants de la société occidentale ont compris depuis longtemps. Ainsi, malgré quelques beaux visuels et un effort pour rendre le texte intelligible, « Marat/Sade » est l’archétype de l’entreprise voulu par des intellectuels décadents, à l’usage des snobinards méprisants le brave peuple. Pour les amateurs de performance, Patrick Magee en Marquis de Sade et Ian Richardson en Marat sont excellents. Sans aucun intérêt, en dehors du défi technique.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 février 2026
En 1966, Peter Brook et sa Royal Shakespeare Company adaptent pour le cinéma la pièce allemande de Peter Weiss qu’ils ont déjà montée sur scène avec succès. Ils en conservent le titre à rallonge, The Persecution and Assassination of Jean-Paul Marat as Performed by the Inmates of the Asylum at Charenton Under the Direction of the Marquis de Sade. Titre abrégé finalement en Marat/Sade pour le commun des cinéphiles… Ouf.
Cette reconstitution imaginaire, par Sade, des derniers jours de Marat, offre une confrontation des idées de l’un et de l’autre sur les tenants et aboutissants de la Révolution de 1789, et plus largement sur la conception de la nature, de l’homme et du pouvoir. Sade voit dans l’après-Révolution le dépérissement de l’individu, la mort du libre arbitre, l’uniformité, la faiblesse d’un État sans contact avec l’individu, tout en étant inattaquable. Il met en scène une population qui n’est jamais sortie de sa pauvreté, qui réclame ses droits à la liberté et qui conteste la mainmise sur les affaires d’État de profiteurs et de manipulateurs. Sur le banc des accusés : Marat, en qui une partie de cette population voit un tribun et un dictateur, au point d’éveiller les pulsions meurtrières d’une jeune Normande, Charlotte Corday. Marat continue de croire aux idéaux révolutionnaires au nom de l’ordre et de la raison, là où Sade ne voit dans la nature et dans l’homme que destruction et indifférence.
En faisant entendre toutes ces voix, dans un cadre représentant les bains de l’asile de Charenton, en total huis clos, Peter Brook offre un étonnant morceau de cinéma expérimental, porté par un sens étourdissant de la joute verbale et par une énergie folle, exutoire, outrancière. Entre réflexions intellos et séquences chantées/dansées aux accents de comédie musicale violente et grotesque, le réalisateur fascine et déroute. Son spectacle est original, puissant, exigeant. Mais aussi un peu assommant et étouffant sur la longueur, malgré les variations de rythme et les bonnes idées de mise en scène pour exploiter le huis clos. Œuvre unique et inclassable, donc, dans la filmographie d’un auteur non moins unique et inclassable.
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 mars 2009
La révolution française traitée à l'anglaise, & donc un peu à la légère, et/ou façon 'comédie musicale': accessible mais fade.
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