Porcherie de Pasolini est une oeuvre dérangeante. Elle secoue le spectateur par sa beauté brute ( mais jamais surfaite ) et son humour criminel. Le film commence par un moment de poésie peu banal, teinté d'une ironie qui se retrouvera par la suite de façon permanente. Porcherie est une provocation. Un scandale réalisé quelques années avant le maléfique Salo. On peut d'ailleurs émettre un parallèle entre les deux films : les lectures épistolaires du film testament de Pasolini renvoient à la scène où le père de Julien joue de la harpe. Pierre Clémenti et Jean-Pierre Léaud campent à merveille leur personnage : un marginal et un fils de bonne famille qui connaîtront tous deux l'issue fatale. A la manière d'un peintre, Pasolini parsème le cadre de symboles : le résultat n'en est que plus troublant car le cinéaste italien rend de ce fait le film intemporel ( même si l'on sent une réaction virulente du nazisme à travers la musique et l'allure hitlérienne du père de Julien ). Un bon film qui a le mérite d'aller au bout de ses idées. Le final s'abat sur nous tel un couperet. A voir.
Rareté que ce film, au titre assez éloquent. "Porcherie" est un des meilleurs Pasolini de la grande époque, un film marquant. Personellement, un de mes préféré du maestro par qui le scandale arrivait souvent...