Si dans Les amants, Louis Malle ne révolutionne pas l’art du questionnement amoureux, il filme toujours avec le même romanesque d’auteur, qui ne crée jamais d’ennui. Et derrière l’apparent classicisme du traitement de son sujet, qui à l’époque ne l’était pas si on recontextualise, le cinéaste vient ici nous parler de l’émancipation d’une femme, de la sortie d’une assignation des codes de la bourgeoisie, pour choisir la passion sûrement, l’amour peut-être.
Car finalement, comme l’amour peut naître d’un regard, Jeanne laissera peut-être tomber mari et amant, lassé du premier dans le fauteuil et du second dans le placard, pour un vaudeville trop codifié aux yeux de celle qui ne résiste pas à l’immédiateté du bonheur et comme en quête permanente de la complexité.
Dès les premiers plans, dans l’œil de la caméra de Louis Malle, et dans un très beau et puissant scope noir et blanc, Jeanne Moreau est enivrante, envoutante. Avec déjà comme une retenue, une souffrance ancrée, celle de l’insatisfaction, des rêves d’amour inachevés.
Les amants dit bien plus qu’il en a l’air et au vu de l’universalité de son propos sur le sentiment amoureux, avec toutes les questions que l’on sait si bien poser et toutes les réponses que l’on n’aura sans doute jamais, il se regarde avec un évident plaisir.
« L’amour peut naitre d’un regard » voilà bien la phrase qui résume l’insensé choix de Jeanne Moreau. Rongée par sa vie de province qu’elle juge ennuyante, elle se plait à côtoyer le tout Paris, futile mais distrayant. Fleuretant avec l’amour à Paris, elle ne le rencontrera pourtant qu’a la fin du film, lorsqu’un inconnu si semblable à ce qu’elle fuyait lui fera tout quitter. La nuit des amants est aussi douce que brutale, leur départ aussi naïf que révoltant. Louis Malle met en scène avec finesse l’adultère dont il se contente de filmer les comportements les plus irrationnels.
Un film qui durant des trois premiers quarts m'ont semblaient peu captivants. Le côté artificielle bourgeois rendant le film peu crédible. Puis vient la fin du film avec l'introduction du personnage idéal, qui apporte un contraste énorme avec l'univers peint en premier temps. Alors tout commence à devenir bien plus beau et intéressant.
Je dois dire que j'ai été un peu déçu car venant de Louis Malle et tout le scandale qu'avait provoqué ce film, je m'était attendu a mieux. Mais je pense surtout que ce film a un peu vieilli ce qui était inévitable puisque la scène d'amour qui nous paraît soft aujourd'hui, a choquée à l'époque. Ce qui veut dire que Les Amants était un film indispensable à l'évolution du cinéma et de ses limites. Néammoins, Jeanne Moreau est comme d'habitude, fascinante, provocante bref excellente, et la mise en scène ainsi que l'image sont de qualité. Un film, donc qui doit être connu des cinéphiles.
Jeanne est mariée à Henri. Elle rend régulièrement visite à son amie Maggie à Paris, prend un amant, Raoul, et tente de se persuader que sa vie est palpitante. "Jeanne s'était cru dans un drame et ce n'était qu'un vaudeville" Louis Malle nous emmène, brutalement, et ce choc est merveilleux, dans un romantisme absolu. Un film audacieux, il a osé la poésie la plus surfaite qui soit, où les sentiments sont abrités par la nuit.... La présence d'une narratrice renforce ce romantisme forcené et nous prépare à un nouveau choc, celui du jour qui va se lever. « Les amants » ou le culot de l'amour...
Je viens de voir ce film sur Arte et je suis encore toute ébahie !! Quel beau film ! Un film d'amour, plein de romantisme ! 2 acteurs absoluments éblouissants et surtout une Jeanne Moreau épatante, sensuelle et radieuse ! Quelle beauté ! Quelle actrice !! Bravo à Louis Malle qui est vraiment un des réalisateurs phares du siècle dernier !! Je n'ai pas vu le temps passer à tel point qu'à la fin du film (1h30), je me suis exclamée "Déja !!!" Une merveille !