Un homme dépressif et déprimant résume le film en quelques phrases sympathiques : "Ca ne vous ennuie de pas de ne pas avoir beaucoup d'argent ? Moi, ça m'ennuie." "Je tiens à vous dire, Monsieur, que pas plus que vous, je ne trouve drôle de se coucher sur une tombe. Quand il est si facile de l'ouvrir et de se coucher dedans." Voici ce que j'ai retenu du film et de son personnage principal.
Superbe partition dramatique de Maurice Ronet ; Noir et Blanc proprement rutilant ; sujet fort et propice au cinéma ; on pense à Robert Bresson pour la sécheresse émotionnelle de certains plans, de certains visages ou encore à l'oralité des films d'Eric Rohmer ; Paris est incroyablement bien filmé, la musique de Satie poignante... et pourtant Le Feu Follet de Louis Malle ne convaint pas totalement, faute à un personnage tout sauf véritablement sympathique, se complaisant dans son scepticisme existentiel et sa douleur morale d'un bout à l'autre. Certes le film se présente d'emblée tel une élégie, la préparation d'un départ méticuleusement choisi par le protagoniste mais cette solennité généralisée semble très rapidement se mordre la queue : trop d'emphase tue l'emphase, en somme. Si quelques magnifiques éclats de cinéma sont à relever ( surtout dans cette fameuse chambre visiblement présentée autour d'une date étrange, peut-être même fatidique ) Le Feu Follet reste un film fâcheusement inégal et assez distancié dans ses états. Je préfère la récente variation du très prometteur Joachim Trier qui, avec Oslo, 31 août, est complètement parvenu à m'émouvoir. Une déception.
Voilà le plus beau Louis Malle, et la plus belle adaptation littéraire française. Deux raisons, l'impossibilité d'adapter Drieu, écrivain ambigu, aventurier désorienté des mots et des idées, plus grand que Céline et Maurras sur bien des points. Adapter Drieu, c'est volontairement se faire ombrage. Récit calfeutré ou rien n'échappe à la conscience du héro, impossibilité et maquillage des étapes du livres, font du film une entité trés distinctes ou l'esprit de l'auteur de Gilles est miraculeusement sauvegardé. Beaux monologues, mouvements claires et evidents, complexité absolue de la misce en scène, et intelligence, partout...
Film qui fut culte et qui parle d’un problème que l’on traiterait autrement sur la forme. Pas sur sur qu’on ferait mieux sur le fond étant donné la faiblesse des acteurs français. L’image est sublime et se situe à la hauteur des actrices choisies pour le casting. Je ne vois pas dans les critiques un point qui m’a paru central pourtant dans le film mais volontairement peu esquissé : l’homoerotisme marqué que l’on observe dans la façon dont Ronet regardent et touche ses amis. À la toute fin, il dit même qu’il n’aime pas les femmes. Il me semble que cet aspect - présent chez Drieu malgré son succès auprès des femmes - éclaire le thème du film d’une lumière nouvelle même si ce commentaire a dû être fait par d’autres. Ce dandy jouisseur ne se remet pas de vieillir et de se retrouver seul alors que ses potes de débauche se sont rangés. Écrivain raté il souffre de ne pas pouvoir s’affirmer en amour auprès des hommes dont il est proche et dont il recherche le contact.
Je viens de voir ce film sorti en 1963. Encore une fois, cela confirme qu’il ne faut pas regarder un film 60 ans après sa sortie. Cela a beau être du Louis Malle, joué par le magnétique Maurice Ronet, j’ai trouvé le temps long et le film a très mal vieilli. Ce n’est plus ce genre de cinéma qui intéresse actuellement.
Quel film ! Quel film ! Dès les premières images le ton est donné : l'esthétique dominera. On ne tombe pas dans l'onanisme intellectuel mais le Beau guide chaque choix de plan de Louis Malle. N'est-ce pas là peut-être la spécificité de son cinéma ? Ne pas troubler, faire du beau. Or c'est peut-être ici un de ses chefs-d’œuvre. Pour ceux qui ont lu le roman de Pierre Drieu la Rochelle, vous remarquerez la grande fidélité, jusqu'au dialogue, tout en gardant une grande liberté artistique et de ton. C'est une vraie bonne adaptation, on ne tombe pas dans le calque. Seul bémol : pourquoi l'addiction n'est-elle pas la même que dans le roman ? Puritanisme de l'époque ? Je ne me le suis pas expliqué ! Et l'alcool ne va pas si bien que cela aux mondanités dans lesquelles évolue Alain. Une mention spéciale, si je peux me permettre, à Maurice Ronet qui campe là un rôle qui semble l'habiter, sous ses faux airs d'Alain Delon. A voir !
Juste un mauvais moment à passer. Déjà que je ne suis pas fan de ce que fait ce réalisateur. Zazie dans le métro m'avait bien emmerdé par sa stupidité, Au revoir les enfants m'avait bien touché (du moins l'histoire), je lui trouvais quand même un peu de longueurs malgré le sujet touchant ; mais avec Le Feu follet ça confirme bien ce que je pense du cinéma de ce monsieur : ennuyeux, ordinaire et suffisant. C'est un film qui se range très bien dans la collection de ses autres films, à réserver pour les pseudos-intellectuels ou pour ceux qui avant de mettre fin à leurs jours (je blague) veulent se donner un dernier coup de cafard. La photographie est maigre, le scénario également maigre. Le film n'a rien à raconter d'intéressant si ce n'est les malheurs d'un pauvre homme désemparé et ancien alcoolique dans un Paris bourgeois, et tout ça sur un ton très sérieux, tristounet, et avec des réflexions philosophiques pédants. La musique d'Erik Satie, bien qu'elle soit agréable, ajoute de la mélancolie à ce long métrage et à ce personnage, mais pas dans le bon sens du terme, tout est très lourd et ennuyeux. Maurice Ronet joue correctement, il est pas mauvais mais pas non plus charismatique, juste correct.
Le cinquième long-métrage de Louis Malle nécessite un sérieux investissement de la part du spectateur pour en apprécier le contenu. Ce film, sorti en 1963, évoque les derniers moments de la vie d’un ancien alcoolique mondain (Maurice Ronet). En pleine déprime, cet homme part à la rencontre de ses anciennes connaissances pour retrouver un sens à sa vie. Mais chaque retrouvaille constitue une déception, permettant au passage de critiquer la vacuité des relations amicales ou sentimentales au sein d’un milieu parisien très embourgeoisé. Le ton crépusculaire, appuyé par la musique composée par Erik Satie, se noie dans un océan de discussions philosophiques plus ou moins accessibles. Bref, une œuvre sombre et sans fioriture.
« Le feu follet » de Louis Malle (1963) est un film difficile car le passé d’Alain Leroy (Maurice Ronet) n’est pas à mon sens assez explicité. Comme « il a fait la guerre et a commandé », on peut supposer qu’il a fait la guerre d’Algérie et que de retour à Paris, il ne reconnait plus la vie mondaine et fortement alcoolisée qu’il a connue plus jeune dans St Germain entre le café de Flore et la brasserie Lipp. Séparé de son épouse, Dorothy restée à New York, il est manifestement seul même si Lydia (Lena Skerla) aurait aimé être son épouse. Il a subi une cure de désintoxication à Versailles et est sur le point de sortir, mais il va replonger une dernière fois dans la vie parisienne où il ne reconnaitra plus le parcours de ses amis et ses anciennes conquêtes. Las de la vie – « Moi je n’ai rien. Je ne peux mettre la main sur rien. Les femmes me font peur … alors je vais essayer avec la mort » - et à son ami Dubourg il dira « c’est fini pour moi, je m’en vais » et même « aide moi à mourir » et Dubourg de lui répondre « Moi, j’ai vieilli et toi tu es resté enfermé dans ton adolescence ». Il replongera avec un verre de cognac et la fin de cet homme qui « avait tant voulu être aimé » est lentement inéluctable. A noter dans la distribution une Yvonne Clech que je n’avais pas reconnue et Jeanne Moreau dans le rôle d’une artiste peintre. Le noir et blanc de ce film est superbe ainsi que la caméra et le montage bercé par la musique d’Éric Satie… Un film très grave mais hélas un peu trop élitiste et intellectuel, magistralement interprété par un Maurice Ronet non charismatique voire cynique mais dont le tourment transpire de son visage.
Le « feu follet » est un constat sur le refus de s’assumer dans un monde responsable.
Un regard vide, indifférent offert par un détaché en cure de désintoxication cible ceux que l’on entend plus, que l’on ne voit plus malgré quelques bons conseils rationnels sur les devoirs de l’existence.
Certains vous tendent la perche mais celle-ci est méprisée par un homme décidé à s’éjecter d’un contexte refusé en quarante huit heures d’errances Parisiennes s’achevant sur un nombre fatidique, choisi ou tout s’éteint.
Des mains rivées à un corps sans énergie exécutent des mouvements, déplacent des objets sans pour cela respecter la lucidité d’une logique.
Alain Leroy délimite le pouvoir d’une décision en caressant les contours métalliques d’une délivrance. Le monde n’est plus perçu, les séquelles de l’alcool ajoutées à une paresse existentielle ont crées des sillons irréversibles.
Dans un contexte de départ thématique un homme sans but, s’asperge jusqu'à plus soif d’un vice préalablement endormi, la dernière perception d’une fête incessante réveillant pour quelques moments les sens d’un indifférent.
Ce film pour public très averti tissé dans un leitmotiv musical Satien déprimant à souhait est désorientant, décalé, au dela de tout normalisme nécessaire entretenant par un équilibre salutaire trente glorieuses toiles de fonds accompagnatrices d'un personnage refusant de s'intégrer à la prospérité d'une époque.
Alain Leroy frappé d’une mélancolie tenace ne voit que ce qu’il ne désire que voir condamnant ainsi toute thérapie victorieuse.
Diminué par son propre mal, déconnecté des responsabilités par un coté jouissif inassouvi sa descente aux enfers s’effectue dans un état second fait de rencontres éphémères dans un Parisianisme sans âme.
Un inéducable processus transactionnel sans intérêt tire vers le bas un être vaniteux ventilant de son esprit des choses simples synonymes malgré leurs absences de lumières d’une continuité.
Un jeune homme, alcoolique, dandy et mondain est en cure de désintoxication à Versailles, alors que sa femme est aux usa. Porté vers des pensées nihilistes alors qu'il est entouré grâce à son tissu relationnel, il est déterminé à en finir avec la vie. Il décide de se rendre à Paris pour voir une dernière fois ses connaissances et amis, sans rien leur dire de son projet. Tiré d'un livre de Drieu la Rochelle inspiré par le parcours de J Rigaut ( poète et ami de Drieu) et merveilleusement bercé par la musique d'Éric Satie, " le feu follet " ( feu éphémère et spontané dont l'image représente sans doute la vie et la mort ) est pur ravissement visuel et émotionnel. Porté par une interprétation exceptionnelle de Maurice Ronet, il est sans doute un des meilleurs films de Louis Malle mais ne fût pas considéré ainsi par le grand public. Il me semble que l'éclairage du film et sa raison d'être se trouvent donnés lorsqu' on cite Albert Camus dans " le mythe de Sisyphe" :" il n'y a qu'un problème philosophique vraiment serieux, c'est le suicide " On notera parmi la distribution dans des petits rôles la Suisse Ursula Vian Kubler ( qui était a l époque épouse de Boris Vian), la Canadienne Alexandra Stewart ( qui fut la compagne de Malle) et Vera Valdez ( mannequin Brésilien, qui fut aussi compagne de Malle). C'est un film particulièrement émouvant, mais aucunement macabre malgré son sujet tragique. Ajoutons que l'image magnifique est de Ghislain Cloquet, un des plus importants chef opérateur français, que fit venir aux Usa, Arthur Penn après avoir vu ce film. Malle et Ronet furent particulièrement impliqués dans ce projet et forcément par sa thématique. On reprocha parfois à Malle ( proche de Roger Nimier et du courant littéraire des Hussards) de remettre sous les feux des projecteurs un livre de Drieu la Rochelle dont la réputation sulfureuse sous l'occupation ( et son suicide) était toujours vive. Film d'errance ( il a à ce titre quelques passerelles avec "sous le signe du lion" de Rohmer, beaucoup moins réussi) magnifique, empreint de beaucoup d'émotion et de nostalgie, c'est à mes yeux une réussite exceptionnelle.
Une heure cinquante de vacuité pseudo-intellectuelle prétentieuse, durant laquelle Louis Malle enfile les plans interminables à la morosité déprimante, à l'image de son personnage principal.
Un homme dépressif revient à Paris pour revoir du monde et tenter de s'extirper de son mal-être Malgré des lenteurs, un film touchant, authentique et humain, porté par la musique d’Éric Satie.
Malgré les qualités de ce film et ma bonne volonté, je ne peux mettre plus de 3 étoiles. De tels films signeraient la mort du cinéma tellement ils sont vains. Ils ne peuvent apporter des connaissances et encore plus du plaisir qu’à des spectateurs qui pour des raisons personnelles ont vécus de tels moments. Tout est a fuir, le malheur et l’ennui rodent et les certitudes qui font que la vie puisse continuer y sont bannies.¨Personne en dehors de lui même ne peut aider Alain. Malle se sert fort bien du cinéma mais sur un tel sujet, c’est mission impossible puisque seul des hommes et des femmes plus désespérant les uns que les autres interviennent et que l’environnement à la Fellini ou à la Antonioni n'apparaît pas. Paris en plus est inexistant sauf quelques lieux branchés que fréquente un petit microcosme snob des années 60 . Maurice Ronnet est exceptionnel certes mais quel anti-héros! Quant à Louis Malle qui ne cessera par la suite de progresser et de montrer un éclectisme étonnant, je ne peux que l’admirer à travers son montage final et m'étonner qu’il se soit attaqué à un tel sujet .