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fabrice d.
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3,0
Publiée le 8 janvier 2016
C'est un film difficile à regarder car c'est presque un huis clos avec le personnage central. Cet acteur Maurice Ronet est vraiment un bon acteur, dommage qu'il ne soit pas plus connu. Son histoire c'est celle d'un bourgeois désabusé qui n'a surement jamais connu la misère ou même le besoin de travailler mais qui est complètement désabusé, désœuvré, et mal dans sa peau. Tellement mal qu'il boit. Enfin il buvait car après une cure de 4 mois il semble guérit mais n'ose pas sortir de son 'hôpital'. Il est malade de l'intérieur. On va le suivre dans les derniers jours de sa vie parmi les belles et bonnes gens du Paris des années 50. Il revoit ses amis et anciennes amies. Il ne les envie pas, bien au contraire il les rejettent pour mieux justifier son geste. Pour moi ce n'est pas le meilleur film de Louis Malle car ce n'est pas très rythmé, c'est presque du théatre.
Un film très fort, bien construit, sur le sujet, peu traité, de la dépression, du mal de vivre, de la mélancolie menant à l’autodestruction. Inspiré du célèbre roman de Pierre Drieu la Rochelle, qui s’inspirait lui-même de la vie d’un jeune poète dadaïste du début du XXe siècle Jacques Rigaut, lui-même suicidé en 1929 . Mais Drieu la Rochelle, qui l’avait connu brièvement dans sa jeunesse en avait gardé un souvenir très fort, se retrouvait un peu en lui, dans sa mélancolie et dans sa difficulté à vivre heureux , à trouver la sérénité. La profondeur et l’âpreté du thème permet à Louis Malle de développer tout son talent de réalisateur. Il a trouvé avec Maurice Ronet , l’interprète hors pair , qui endosse complétement le rôle de ce poète désespéré. Probablement son meilleur rôle, d’une puissance mélodramatique extraordinaire, on assiste à sa déchéance, il sombre et l’on plonge avec lui, au cours de 48.00 heures où il visite tous ses amis de la haute bourgeoisie parisienne. De très beaux plans en extérieur de Paris ,( i.e. Place Vendôme , superbe) dans l’esprit « Nouvelle vague », même si le film ne peut pas vraiment classer sous ce label . Les seconds rôles excellents, superbement filmés :la toute jeune Alexandra Steward, sublime, qui ne fera pas une carrière à la hauteur de cette classe, Jeanne Moreau superbe en artiste opiomane, Bernard Noel artiste oublié, très « grand style », ou le jeune Romain Bouteille dans un de ses premiers rôles .La musique de Erik Satie , devenue depuis lors un grand classique , ces "Gnossiennes" obsédantes, oppressantes et envoutantes. La force du film est aussi de raconter le milieu des artistes à la marge, dans un effet de mise en abyme, intemporelle, puisque l’époque d’inspiration du roman est celles de dadaïstes des années folles , puis la vie même de Drieu dans du surréalisme des années 30 , mais le film est lui transposé dans les années 60 et les milieux arty proche de l’existentialisme , vie de poète et de bohème, marginaux mais créatifs . Et cela fonctionne parfaitement bien. Quelques prouesses de mise en scène, quand Maurice Ronet perd pied , et que les plans courts s’enchainent, par dizaine , virevoltant autour de lui, montrant sa chute, sa perte de sens ,comme une valse ou une farandole diabolique. Etourdissant. Probablement effectivement le meilleur film de Louis Malle, le plus créatif et le plus risqué en tout cas.
Film sur le mal-être et la dépression, on suit l'errance sur environ un jour d'un alcoolique qui termine une cure de désintoxication. On va le suivre de rencontres d'amis en rencontres d'amis avec qui il va échanger sur des choses pas forcément passionnantes. J'ai eu du mal à comprendre ce que Louis Malle voulait nous montrer au travers de tous ces individus manifestement membres d'une haute bourgeoisie oisive, futile, pour beaucoup inintéressants et même antipathiques, mais il arrive à retranscrire parfaitement à l'image l'état d'esprit du personnage interprété par Maurice Ronet. C'est évidemment le point fort du film tout comme son très beau noir et blanc, mais c'est quand même assez décevant tant je trouve que "Le feu follet" manque de force.
Louis Malle met en images les dernières 48 heures de Alain (Maurice Ronnet), un homme à la dérive, abîmé par la boisson et la séparation de sa femme. Il est en cure à Versailles, le médecin dit qu'il est guéri mais en fait Alain ne l'est pas du tout. Il décide de revoir tous ses amis parisiens avant de se supprimer. Les déambulations de Alain dans le Paris des années 60 est vraiment très esthétique, la musique de Erik Satie se moulent parfaitement à ces images urbaines en noir et blanc. Un film particulièrement triste sur le mal de vivre, sur l'impression de vacuité, une vie sans but. Certaines scènes sur les terrasses des cafés parisiens sont vraiment superbes. Un très bon film
Une plongée sublime dans la mélancolie au fil d’une errance dans un Paris d’après-guerre. C’est aussi la fin d’une époque. Maurice Ronet met toute son ambiguïté au service de ce personnage qui ne parvient pas à s’assumer et à aimer l’existence. La photo est superbe et la réalisation magnifique. Plaisir aussi de retrouver des acteurs typiques de ces années
Ronet joue l'intellectuel tranquille avec des nuances discrètes mais il est toujours à l'intérieur de son personnage. Il appartient à la catégorie des acteurs de caractère sensibles mais il n'est jamais assez voyant dans un rôle que certains autres acteurs auraient pu être tentés de sur jouer. Et puis le scénario n’est franchement pas bon ni les dialogue non plus y’a pas grand chose à retenir dans ce film malheureusement prometteur sur le papier c’est bien dommage . Même les casting ne sauve pas le film . Le ton crépusculaire, appuyé par la musique composée par Erik Satie, se noie dans un océan de discussions philosophiques plus ou moins accessiblesspoiler: .
Délicieusement suranné. La dépression d'un homme dans le Paris du début des années 60, son errance et ses questionnements. Du grand Louis Malle avec un Maurice Ronet impeccable.
Alain Leroy (Maurice Ronet) vient de passer une nuit avec sa maîtresse. Il est séparé de sa femme Dorothy qui vit aux États-Unis. Alcoolique repenti, il achève une cure de désintoxication dans une clinique versaillaise. Agité de pensées suicidaires, il va passer une dernière journée à Paris. Les rencontres qu’il va y faire – un ami passionné d’égyptologie, marié et père de famille, deux camarades de régiment pervertis par l’OAS, une ancienne maîtresse (Jeanne Moreau à laquelle Louis Malle venait de donner le rôle principal d’"Ascenseur pour l’échafaud") – ne parviennent pas à le détourner de son macabre projet.
Le film de Louis Malle, sorti en 1963, est l’adaptation du roman de Pierre Drieu la Rochelle écrit trente ans plus tôt. Il lui est très fidèle même s’il transpose son action dans le Paris des années soixante, dont on revoit avec nostalgie les rues incroyablement embouteillées de l’époque, et s’il évoque la guerre d’Algérie et ses répliques dans la société française.
Il ne quitte pas d’une semelle Maurice Ronet, qui habite le rôle de ce trentenaire désabusé, rongé par ses démons intérieurs. Trop tôt disparu en 1983, l’acteur allait connaître son heure de gloire dans les années soixante. À l’époque sa renommée égalait celle d’un Belmondo ou d’un Delon, avec lequel il partagea d’ailleurs l’affiche de "Plein soleil" ou de "La Piscine".
J’avais lu "Le Feu follet" il y a quelques années. J’en étais curieux d’en voir l’adaptation. Le film comme le livre ont fait sur moi la même impression. J’ai trouvé qu’ils souffraient l’un comme l’autre d’un défaut de construction et d’un manque de rythme, les rencontres qu’Alain Leroy fait à Paris durant sa déambulation s’accumulant sans ordre ni logique. Mais j’ai été surtout mortellement déprimé par ce sujet plombant qui m’a laissé hagard et atone.
Réalisé en 1963, année fantastique de production de Cinéma, ce film n'a pas du tout vieilli ; les bonnes histoires bien interprétées sont impérissables. "Le Feu Follet" est un très joli film, parfaitement dirigé par Louis Malle, et délicatement mis en musique par Erik Satie. Louis Malle nous offre des dialogues profonds, une belle carte postale de Paris, et une mise en image exquise de ses personnages. Le scénario original de Pierre Drieu La Rochelle nous conte l'histoire Dramatique d'un homme qui aimait trop les gens ; les scènes sans dialogues où Alain regarde les femmes sont magnifiques. Outre la belle apparition d'un Romain Bouteille très jeune à l'époque, le casting nous offre une superbe affiche avec la blonde et belle Alexandra Stewart(Solange), Jeanne Moreau comme toujours excellente, les amis d'Alain brillamment interprétés par Jacques Sereys (Cyrill), Bernard Tiphaine (Milou) ... Le personnage central d'Alain est tenu par Maurice Ronet ; il est magnifique dans ce rôle romantique malheureux voulant "sortir de sa médiocrité dorée".
Ce film de Louis Malle tient surtout à son matériau source - superbe, indémodable. Quel dommage, donc, que la réalisation soit si sage, si scolaire, enveloppant le propos du film dans un classicisme qui ne lui sied pas. On préférera sûrement 'Oslo, 31 août' à cette adaptation fidèle mais manquant un peu d'imagination.
Le portrait d'Alain Leroy, le feu follet, peut sembler rébarbatif au début du film. La mise en scène de Louis Malle est sombre, froide, lente. La souffrance de l'alcoolique pénitent qu'est Leroy se manifeste, imprécise et grave, sans qu'aucun élément biographique ou psychologique significatif nous renseigne davantage sur le personnage de Maurice Ronet. Toutefois, à partir du moment où il sort de la maison de repos où il est soigné, pour renouer le contact avec son passé, le héros de Drieu La Rochelle s'éclaire et s'anime, où l'on découvre les raisons d'un mal-être profond. Les anciennes relations qu'Alain rencontre, vieillies et embourgeoisées, nous apprennent la jeunesse tumultueuse et jouissive, entre femmes et alcool, de Leroy. Lui-seul, parmi tous ses compagnons de plaisirs et d'insouciance, parait n'avoir pas su franchir les étapes de la maturité. Avec la certitude d'être passé à côté de l'amour. L'incapacité à vivre et à communiquer du personnage s'exprime par une insondable détresse et par une touchante vérité psychologique.
Un drame qui est vraiment pessimiste voir même dépressif. Bien écrit et réfléchit mais finalement à la moitié du film on a compris le message. Trop de longueurs sur la fin.
Alain Leroy, la trentaine bourgeois et tout jeune ex-alcoolique, va reprendre contact avec sa vie parisienne de fêtard durant 24 heures. Sa femme est resté à New-York, on ne la verra jamais à l’écran ; lui va reprendre contact avec ses vieilles connaissances ; mais le temps à passer. Le temps est un thème central du film comme celui du toucher et de l’image de soit. Des critiques se sont penchés de manière approfondie sur toutes ces thématiques très travaillées à l’écran. Louis Malle adapte ici le roman de Drieu la Rochelle et fait un film très nouvelle vague ; parfois donc aussi très intello, tout ce qui est montré à l’écran est sujet à intellectualisation, c’est un peu la limite. La France de la IVème république plus moderne éclate à l’image, les femmes sont libérées, l’OAS est présente dans les rues,… La thématique principale du film est intéressante et reprise dans un film de 2012 que j’ai adoré « Oslo 31 aout » : l’alcool maintenait chez Alain l’illusion d’être et d’être reconnu. Une fois le masque tombé, d’où l’usage fréquent de vitres et de miroirs, il s’aperçoit du fossé entre ce qu’il croyait être et ce qu’il est mais surtout entre ce que les gens percevaient de lui et ce qu’il est devenu. Une des nombreuses scènes fortes le montre avec un ancien maître d’hôtel qui le reconnait et lui dit qu’il n’a pas changé alors que lui pense le contraire. Toute cette réflexion sur la reconstruction après la dépendance et le travail sur l’image de soit et que l’on existe en grande partie par le regard d’autrui est le plus touchant du film. Pas grand amateur de la Nouvelle Vague, ce film n’a tout de même bien transporté.
Dans Le feu follet, Louis Malle respecte les genres. Ainsi, l'intuition sera féminine alors que l'entêtement sera masculin. Le réalisateur français adapte ici le roman éponyme de Pierre Drieu La Rochelle et engage Maurice Ronet pour incarner le personnage principal, Alain Leroy. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/la-rochelle/2019-2/
A quoi ressemble la vie lorsqu'on est dégoûté de tout, au point d'avoir écrit sur un miroir la date où l'on voudrait la voir s'arrêter ? Alain Leroy se rend dans une clinique de Versailles pour mener une cure de désintoxication contre l'alcoolisme, mais c'est le monde entier qui est sans couleur. Esseulé, il rencontre des âmes vagabondes, bien vivantes, qui ont poursuivi leur chemin. Il fait le tour de ses anciens amis, de tous ceux qui pourraient l'aider, mais rien y fait. Il est seul, tristement seul, mortellement seul. Incompris. La vie n'a plus de saveur et son retour à Paris ne lui donne que la confirmation qu'il n'est plus tout à fait ici, qu'il a déjà choisi l'autre chemin, qu'elle ne vaut plus la peine d'être vécue. Le film, mélancolique à l'extrême, est la dernière ballade d'une âme en peine. Une poétique infuse le cinéma de Louis Malle. Les plans sont d'une extrême justesse, dans un noir et blanc de velours. L'histoire est magnifiquement interprétée, on assiste à de grands moments de cinéma. Ma réserve tient toutefois au scénario, qui tourne un peu en rond et se répète, jusqu'à la chute finale.