La seule oeuvre de sa pourtant plutôt excellente filmographie pour laquelle Louis Malle avait de l'estime. En tous les cas, il est certain ce film triste et désespérant est une réussite. Paris a rarement été aussi bien filmé, la musique d'Eric Satie et la très grande et authentique interprétation de Maurice Ronet s'intégrent parfaitement à la texture même du film. Quand à la vacuité qui ressort des réceptions parisiennes, elle est décrite avec une acuité qui n'a rien à envier à celle de Fellini pour les soirées romaines dans "La Dolce Vita". Une des plus belles oeuvres de la décennie et peut-être la plus ambitieuse de son réalisateur.
Voilà le plus beau Louis Malle, et la plus belle adaptation littéraire française. Deux raisons, l'impossibilité d'adapter Drieu, écrivain ambigu, aventurier désorienté des mots et des idées, plus grand que Céline et Maurras sur bien des points. Adapter Drieu, c'est volontairement se faire ombrage. Récit calfeutré ou rien n'échappe à la conscience du héro, impossibilité et maquillage des étapes du livres, font du film une entité trés distinctes ou l'esprit de l'auteur de Gilles est miraculeusement sauvegardé. Beaux monologues, mouvements claires et evidents, complexité absolue de la misce en scène, et intelligence, partout...
Touchant ce mélange de mélancolie, de sensualité et de religieux. Le tout baignant dans une musique enivrante, parfaitement adapté au propos. J'aime ce genre de films dans lesquels il est avant tout question d'atmosphère, de regards, de dialogues anodins. "Le feu follet" sa place dans dans la lignée de "La femme mariée", de "Cléo de 5 à 7", bien que Louis Malle ne se définisse pas comme appartenant à la Nouvelle vague. La prestation de Maurice Ronet est excellente, une grande partie de la réussite du film tient à son jeu d'acteur, à ses mimiques, à son timbre de voix.
Ce film commence par une laborieuse scène de coucherie vaguement esthétisante. Il continue par des plans interminables sur un bonhomme qui traîne derrière lui son mal vivre. Louis Malle, riche héritier d’ne famille de sucrier du nord de la France, fait joujou avec ses milliards. Son seul mérite aura été de s’entourer d’une bonne équipe technique. Il en avait les moyens, le bougre ! Pour le reste, son cinéma appartient à cette bourgeoisie décadente qui étale à travers des œuvres insanes la vacuité de sa pensée. Cela nous vaut des films dégueulasses comme « le souffle au cœur » apologie de l’inceste ou comme « Lacombe Lucien » tentative écœurante de réhabilitation de la collaboration. Son « Adieu les enfants », réalisation bien appliqué comme un devoir de vacances, ne sauve pas le reste. Bien que ne partageant pas leurs idées politiques, je préfère encore le travail de Chris Marker, Armand Gatti, R. Guédiguian. Avec eux, au moins, on ne ressort pas de la salle obscure complètement déprimé voire, au contraire, avec une certaine forme d’espoir en tête.
Un long cri de désespoir, bien trop long malheureusement et la fin, plutôt que de serrer la gorge, soulage. Les réflexions insupportables et boursouflées du personnage principal n'arrangent rien à l'affaire.
Un film d'une puissance émotionnelle et d'une désespérance absolue, dans un magnifique Paris de 63 et un Maurice Ronet parfait. C'est une adaptation parfaite d'un livre qui l'est tout autant.
Le début ne m'a pas spécialement emballé mais aimant particulièrement Louis Malle j'ai insisté et peu à peu on s'attache au personnage principal interprété avec une grande humanité par Maurice ronet. La dernière partie ou il va à la rencontre de ces anciens amis est particulièrement réussie, le noir et blanc donne de plus une profondeur supplémentaire au film.
Le meilleur Louis Malle (et de loin!) et une des rares adaptation qui soit supérieure au roman (quoique ça peut aussi se discuter). Là où l'oeuvre de Drieu La Rochelle porte encore quelques stigmates de pathos adolescent et un dandysme un peu affecté, Louis Malle, grandement aidé par un Maurice Ronet impérial, choisit une forme de resserement formel, pas necessairement minimaliste, qui insiste sur la mélancolie du personnage principale ainsi que sur la vanité du milieu parisianniste dont il se détache pour sombrer. Une sorte de dernière danse, cahin-caha, qui s'en va mourir seule dans l'indifférence des hommes.
Je viens de rvoir ce film qui m'avait tant ému lors de sa sortie, Hé bien , c'est dur à dire, mais il a trés mal vieilli, en particulier, les acteurs débitent leurs textes comme s'ils le lisaient, je n'avais pas noté cet aspect artificiel des dialogues qui gache cette marche vers la mort. Tot cela sonne faux, c'est en grande partie du non pas aux acteurs mais à la direction d'acteurs.