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CrystalEagle
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3,5
Publiée le 2 septembre 2026
Une date griffonnée sur un miroir, et le sort d'Alain Leroy est scellé. Malle lance un compte à rebours déjà écrit d'avance. Chaque rencontre qui suit n'est qu'une tentative de plus, et toujours ratée, pour Alain de trouver une raison de rester. Est-ce que le monde a encore quoi que ce soit à offrir à un homme qui n'attend plus rien ? Alain n'a rien d'un héros romantique, plutôt la médiocrité fatiguée d'un dandy qui s'est lassé de lui-même avant tout le monde. Et c'est tant mieux car je trouve que cette bassesse assumée évite au film le piège du pathos facile.
Derrière la question du suicide, il y a un mal plus sourd. Alain est saturé, incapable de se raccrocher à un corps, un souvenir, un visage aimé. Il lâche à un ami une phrase qui résume tout le film : il ne sait plus toucher personne. Sa sobriété retrouvée n'y change rien, elle ne répare pas cette étanchéité qui le tient à distance de tout. Le film avance sans vraie intrigue, comme une déambulation, un pèlerinage funèbre où chaque étape ressemble à une station. On s'y attache d'abord sans réserve. Puis cette liturgie finit par peser, franchement, et on la sent s'étirer un peu trop, presque jusqu'à l'épuisement.
Visuellement, c'est somptueux : la photo en noir et blanc, la caméra pudique qui regarde la douleur d'Alain sans jamais s'en repaître. Satie fait le reste, avec ses Gymnopédies et ses Gnossiennes qui ne collent pas juste aux images mais racontent le film en creux, comme une seconde voix intérieure. Et puis il y a Maurice Ronet, habité, réellement amaigri pour le rôle, un corps qui semble se consumer avec le personnage, jusqu'au dernier geste, celui que le miroir du début avait déjà annoncé. Peu de films tiennent aussi bien la promesse de leur première image.
Une plongée sublime dans la mélancolie au fil d’une errance dans un Paris d’après-guerre. C’est aussi la fin d’une époque. Maurice Ronet met toute son ambiguïté au service de ce personnage qui ne parvient pas à s’assumer et à aimer l’existence. La photo est superbe et la réalisation magnifique. Plaisir aussi de retrouver des acteurs typiques de ces années
Via l'errance parisienne d'un ancien alcoolique le récit évoque la fragilité de l'évolution des caractères, la confusion entre âge adulte et morosité, la difficulté à éviter les paradis artificiels que la mondanité confond avec des expressions de fantaisie voire de joie. Surtout, Maurice Ronet, d'un geste, d'un regard, d'un souffle, incarne pleinement cet homme revenu dans la réalité, confronté à la vacuité de son existence, atteint d'une profonde dépression devant les options mesquines qu'il distingue, dépité face aux chemins empruntés par ses anciens amis (divertis par la drogue prétendument créatrice, une famille bourgeoise, une culture érigée en valeur propre, une ambition narcissique, un oubli résigné). Enfin, la narration (soutenue par de brillants dialogues) souligne l'aveuglement, le déni, l'indifférence de ceux qui croisent un individu dont la mise en scène ne cesse de signaler le désespoir inguérissable - quitte à opter pour un rythme lancinant, cohérent mais étouffant. Froidement âpre.
Délicieusement suranné. La dépression d'un homme dans le Paris du début des années 60, son errance et ses questionnements. Du grand Louis Malle avec un Maurice Ronet impeccable.
Ronet joue l'intellectuel tranquille avec des nuances discrètes mais il est toujours à l'intérieur de son personnage. Il appartient à la catégorie des acteurs de caractère sensibles mais il n'est jamais assez voyant dans un rôle que certains autres acteurs auraient pu être tentés de sur jouer. Et puis le scénario n’est franchement pas bon ni les dialogue non plus y’a pas grand chose à retenir dans ce film malheureusement prometteur sur le papier c’est bien dommage . Même les casting ne sauve pas le film . Le ton crépusculaire, appuyé par la musique composée par Erik Satie, se noie dans un océan de discussions philosophiques plus ou moins accessiblesspoiler: .
A quoi ressemble la vie lorsqu'on est dégoûté de tout, au point d'avoir écrit sur un miroir la date où l'on voudrait la voir s'arrêter ? Alain Leroy se rend dans une clinique de Versailles pour mener une cure de désintoxication contre l'alcoolisme, mais c'est le monde entier qui est sans couleur. Esseulé, il rencontre des âmes vagabondes, bien vivantes, qui ont poursuivi leur chemin. Il fait le tour de ses anciens amis, de tous ceux qui pourraient l'aider, mais rien y fait. Il est seul, tristement seul, mortellement seul. Incompris. La vie n'a plus de saveur et son retour à Paris ne lui donne que la confirmation qu'il n'est plus tout à fait ici, qu'il a déjà choisi l'autre chemin, qu'elle ne vaut plus la peine d'être vécue. Le film, mélancolique à l'extrême, est la dernière ballade d'une âme en peine. Une poétique infuse le cinéma de Louis Malle. Les plans sont d'une extrême justesse, dans un noir et blanc de velours. L'histoire est magnifiquement interprétée, on assiste à de grands moments de cinéma. Ma réserve tient toutefois au scénario, qui tourne un peu en rond et se répète, jusqu'à la chute finale.
Louis Malle met en images les dernières 48 heures de Alain (Maurice Ronnet), un homme à la dérive, abîmé par la boisson et la séparation de sa femme. Il est en cure à Versailles, le médecin dit qu'il est guéri mais en fait Alain ne l'est pas du tout. Il décide de revoir tous ses amis parisiens avant de se supprimer. Les déambulations de Alain dans le Paris des années 60 est vraiment très esthétique, la musique de Erik Satie se moulent parfaitement à ces images urbaines en noir et blanc. Un film particulièrement triste sur le mal de vivre, sur l'impression de vacuité, une vie sans but. Certaines scènes sur les terrasses des cafés parisiens sont vraiment superbes. Un très bon film
Je viens de voir ce film sorti en 1963. Encore une fois, cela confirme qu’il ne faut pas regarder un film 60 ans après sa sortie. Cela a beau être du Louis Malle, joué par le magnétique Maurice Ronet, j’ai trouvé le temps long et le film a très mal vieilli. Ce n’est plus ce genre de cinéma qui intéresse actuellement.
Le Feu Follet de Louis Malle n'est pas précisément un "feel good" movie : le héros vient de passer plusieurs mois en maison de repos à Versailles par la suite d'une vie de débauche le conduisant dans l'impasse; seul et dépressif, poussé par son médecin à retrouver le monde, il sort de sa maison de repos et retrouve sa vie d'avant. spoiler: Il finit par se suicider.
Magnifique film toujours d'actualité, formulant la descente aux enfers d'un jeune homme détruit par un milieu dont les sentiments sont factices et superficiels, critique du milieu cultivé et aisé mais où chacun est enfermé dans un rôle et où la fraîcheur et l'authenticité des individus à disparu, laissant les individus vides. Le personnage suicidaire semble plus vivant que les autres et ne peut que souffrir dans ce monde clos, fermé et indifférent qui préserve le milieu mais est vain quant aux sentiments réels d'amour et d'amitié. Un être vrai et sensible ne peut survivre dans un tel milieu.
Film sur le mal-être et la dépression, on suit l'errance sur environ un jour d'un alcoolique qui termine une cure de désintoxication. On va le suivre de rencontres d'amis en rencontres d'amis avec qui il va échanger sur des choses pas forcément passionnantes. J'ai eu du mal à comprendre ce que Louis Malle voulait nous montrer au travers de tous ces individus manifestement membres d'une haute bourgeoisie oisive, futile, pour beaucoup inintéressants et même antipathiques, mais il arrive à retranscrire parfaitement à l'image l'état d'esprit du personnage interprété par Maurice Ronet. C'est évidemment le point fort du film tout comme son très beau noir et blanc, mais c'est quand même assez décevant tant je trouve que "Le feu follet" manque de force.
Film qui fut culte et qui parle d’un problème que l’on traiterait autrement sur la forme. Pas sur sur qu’on ferait mieux sur le fond étant donné la faiblesse des acteurs français. L’image est sublime et se situe à la hauteur des actrices choisies pour le casting. Je ne vois pas dans les critiques un point qui m’a paru central pourtant dans le film mais volontairement peu esquissé : l’homoerotisme marqué que l’on observe dans la façon dont Ronet regardent et touche ses amis. À la toute fin, il dit même qu’il n’aime pas les femmes. Il me semble que cet aspect - présent chez Drieu malgré son succès auprès des femmes - éclaire le thème du film d’une lumière nouvelle même si ce commentaire a dû être fait par d’autres. Ce dandy jouisseur ne se remet pas de vieillir et de se retrouver seul alors que ses potes de débauche se sont rangés. Écrivain raté il souffre de ne pas pouvoir s’affirmer en amour auprès des hommes dont il est proche et dont il recherche le contact.
Le cinquième long-métrage de Louis Malle nécessite un sérieux investissement de la part du spectateur pour en apprécier le contenu. Ce film, sorti en 1963, évoque les derniers moments de la vie d’un ancien alcoolique mondain (Maurice Ronet). En pleine déprime, cet homme part à la rencontre de ses anciennes connaissances pour retrouver un sens à sa vie. Mais chaque retrouvaille constitue une déception, permettant au passage de critiquer la vacuité des relations amicales ou sentimentales au sein d’un milieu parisien très embourgeoisé. Le ton crépusculaire, appuyé par la musique composée par Erik Satie, se noie dans un océan de discussions philosophiques plus ou moins accessibles. Bref, une œuvre sombre et sans fioriture.
Un film très fort, bien construit, sur le sujet, peu traité, de la dépression, du mal de vivre, de la mélancolie menant à l’autodestruction. Inspiré du célèbre roman de Pierre Drieu la Rochelle, qui s’inspirait lui-même de la vie d’un jeune poète dadaïste du début du XXe siècle Jacques Rigaut, lui-même suicidé en 1929 . Mais Drieu la Rochelle, qui l’avait connu brièvement dans sa jeunesse en avait gardé un souvenir très fort, se retrouvait un peu en lui, dans sa mélancolie et dans sa difficulté à vivre heureux , à trouver la sérénité. La profondeur et l’âpreté du thème permet à Louis Malle de développer tout son talent de réalisateur. Il a trouvé avec Maurice Ronet , l’interprète hors pair , qui endosse complétement le rôle de ce poète désespéré. Probablement son meilleur rôle, d’une puissance mélodramatique extraordinaire, on assiste à sa déchéance, il sombre et l’on plonge avec lui, au cours de 48.00 heures où il visite tous ses amis de la haute bourgeoisie parisienne. De très beaux plans en extérieur de Paris ,( i.e. Place Vendôme , superbe) dans l’esprit « Nouvelle vague », même si le film ne peut pas vraiment classer sous ce label . Les seconds rôles excellents, superbement filmés :la toute jeune Alexandra Steward, sublime, qui ne fera pas une carrière à la hauteur de cette classe, Jeanne Moreau superbe en artiste opiomane, Bernard Noel artiste oublié, très « grand style », ou le jeune Romain Bouteille dans un de ses premiers rôles .La musique de Erik Satie , devenue depuis lors un grand classique , ces "Gnossiennes" obsédantes, oppressantes et envoutantes. La force du film est aussi de raconter le milieu des artistes à la marge, dans un effet de mise en abyme, intemporelle, puisque l’époque d’inspiration du roman est celles de dadaïstes des années folles , puis la vie même de Drieu dans du surréalisme des années 30 , mais le film est lui transposé dans les années 60 et les milieux arty proche de l’existentialisme , vie de poète et de bohème, marginaux mais créatifs . Et cela fonctionne parfaitement bien. Quelques prouesses de mise en scène, quand Maurice Ronet perd pied , et que les plans courts s’enchainent, par dizaine , virevoltant autour de lui, montrant sa chute, sa perte de sens ,comme une valse ou une farandole diabolique. Etourdissant. Probablement effectivement le meilleur film de Louis Malle, le plus créatif et le plus risqué en tout cas.
Le portrait d'Alain Leroy, le feu follet, peut sembler rébarbatif au début du film. La mise en scène de Louis Malle est sombre, froide, lente. La souffrance de l'alcoolique pénitent qu'est Leroy se manifeste, imprécise et grave, sans qu'aucun élément biographique ou psychologique significatif nous renseigne davantage sur le personnage de Maurice Ronet. Toutefois, à partir du moment où il sort de la maison de repos où il est soigné, pour renouer le contact avec son passé, le héros de Drieu La Rochelle s'éclaire et s'anime, où l'on découvre les raisons d'un mal-être profond. Les anciennes relations qu'Alain rencontre, vieillies et embourgeoisées, nous apprennent la jeunesse tumultueuse et jouissive, entre femmes et alcool, de Leroy. Lui-seul, parmi tous ses compagnons de plaisirs et d'insouciance, parait n'avoir pas su franchir les étapes de la maturité. Avec la certitude d'être passé à côté de l'amour. L'incapacité à vivre et à communiquer du personnage s'exprime par une insondable détresse et par une touchante vérité psychologique.