Les Orgueilleux
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ronny1
ronny1

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4,0
Publiée le 10 avril 2019
Contemporain du « Salaire de la peur » d’Henri-Georges Clouzot, « Les orgueilleux » d’Yves Allégret entraine donc une comparaison entre les deux sites latinos. Même autarcie et même domination du pouvoir de l’argent sur une population qui survit. Mais le côté festif des « Orgueilleux » et certains personnages humains atténuent son côté implacable et létal. Ainsi, le happy end voulu par la production passe, même si un peu d’ambiguïté l’aurait rendu plus réaliste, alors qu’il aurait été impossible dans le film de Clouzot, et encore moins dans le brillant remake de Friedkin. Bien sur Allégret ne possède pas la maestria de Clouzot et l’adaptation d’un écrit de Jean-Paul Sartre pose un véritable problème quant à la conception cinématographique qu’on peut en faire. Sur ce point Aurenche a remarquablement réussi sa transposition de « Typhus » et le passage de la Chine à un petit village mexicain écrasé de chaleur fonctionne parfaitement. Mais la force des « Orgueilleux » réside surtout dans l’interprétation inhabituelle du couple central. Gérard Philippe, aux antipodes des rôles qu’il a tenu jusqu’alors, joue un médecin déchu, devenu alcoolique à la suite de la mort de sa femme dont il porte la responsabilité, et ne croyant même plus à une quelconque rédemption (la cruelle scène de la danse est un sommet). Michèle Morgan, interprète de la femme vestale, bourgeoise propre sur elle, au comportement et à la moralité irréprochables, interprète ici une veuve perdue, indifférente à la mort de son mari. Au mépris de sa classe elle est prête à un impossible amour avec un laissé pour compte, donc tout au bas de l’échelle. Pour casser encore un peu plus son image, le cinéaste n’hésite pas à l’érotiser, transpirante, en soutient gorge blanc et détachant les bas de ses jarretelles (il paraît que ce fut un énorme choc pour le jeune Martin Scorcese). Oui, mais voilà, malgré la noirceur, détaillée jusque dans les vomissements, les « cucarachas », la crasse, la sueur et l’épidémie, le film se regarde sans grands frissons, ni révolte, contrairement à ceux cités plus haut. A la place il développe une résignation implacable, jusqu’à l’absurde et la musique obsédante de Misraki n’y est pas étrangère. C’est, avec « Dédée d’Anvers » le seul grand film réalisé par Yves Allégret, qui de plus a très peu vieilli, car excepté la scène du miroir, après la tentative de viol (superbe idée, mal scriptée), tout fonctionne.
Pascal
Pascal

262 abonnés 2 497 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2025
Yves Allegret ( il fut le mari de Simone Signoret dont il lança la carrière ), fut une des cibles des critiques/ futurs cinéastes de la nouvelle vague.

Sa filmographie comporte pourtant de sacrées pépites, à l'image de " les orgueilleux" (1953 ), considéré par certains ( Jacques Lourcelles notamment et les mac mahoniens ) comme son meilleur film.

Tourné au Mexique, le scénario écrit par Jean Aurenche ( un des scénaristes majeurs du cinéma français, moqué un temps par les Cahiers du cinéma des années 1950, mais très justement réhabilité par Bertrand Tavernier et Patrick Brion ) a été remodelé à partir d'un autre scénario écrit par Jean-Paul Sartre ( il refusa la paternité du film et ne figure pas au générique).

Confrontation entre deux êtres perdus au bout du monde, la force du scénario puise son intensité dramatique dans l'absence de ligne dramatique évidente.

Opposition symbolique entre la mort et la vie, le film parvient à rendre tangible un monde où la sueur, la chaleur tropicale, la crasse règnent en maître.

Gerard Philippe montre un autre aspect de son talent, dans sa capacité à incarner une différente facette de la jeunesse de son temps.

On pourra noter dans un second rôle la présence de Michèle Cordoue ( seconde épouse de Yves Allegret après Signoret ).

Elle joua un rôle déterminant dans le cinéma français : ce fut elle qui lança la carrière du débutant Alain Delon avec lequel elle eut une liaison.

Avec " les orgueilleux" on est en présence d'un des titres majeurs du cinéma français des années 1950. Rien de moins.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 juin 2012
Très bon film.
Remarquable interprétation de Michèle Morgan et de Victor Manuel Mendoza.
Des scènes d'anthologie et une musique envoûtante notamment pour la scène où Nellie cherche le portefeuille.
Les points faibles sont pour moi : la fin du film ( "fin" qui n'était pas le choix du metteur en scène) et- cela n'engage que moi- le jeu trop théâtral de Gérard Philippe...il aurait fallu un Humprey Bogart "frenchie" !
Mme Hérisson
Mme Hérisson

6 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 avril 2026
"Les Orgueilleux" propose une histoire au scénario simple, très prévisible, et pourtant, on se laisse volontiers emporter par le film. Est-ce dû à la photographie rétro en noir et blanc, si évocatrice ? Ou bien à la présence des acteurs, et notamment à celle, envoûtante, de Michèle Morgan ? Toujours est-il que, sans être un chef-d’œuvre, le film offre un moment agréable.
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