Aujourd’hui âgé de 81 ans, Ridley Scott, réalisateur mondialement reconnu et célébré compte près de trente films à son actif en quarante ans de carrière. « Alien » (1979), « Blade Runner » (1982), « Thelma et Louise » (1991) et « Gladiator » (2000) considérés par beaucoup comme des chefs d’œuvre sont indiscutablement les plus hauts faits d’armes de l’ancien réalisateur de publicités qui avec ses collègues anglais Alan Parker, Adrian Lyne, ou encore Hugh Hudson ont pris d’assaut Hollywood au début des années 1980. « Les duellistes », son premier long métrage qu’il réalise à près de quarante ans est quelque peu oublié mais on peut sans aucun doute le placer dans le quinté de tête de la filmographie de Ridley Scott. Exercice de style visuel somptueux, il rend parfaitement compte de la totale maîtrise de tous les aspects de la réalisation dont fait preuve d’emblée son auteur qui réussit le tour de force de parvenir à transcender son sujet malgré un budget limité de 900.000 dollars. Grâce à une parfaite connaissance de la technique apprise dans le monde de la publicité et à une ingéniosité, alliées à l'autorité qui en découle, il parvient à surmonter tous les obstacles pour les transformer en « aubaines artistiques ». Après l’échec de la mise en chantier d’un scénario sur Guy Fawkes, l’un des inspirateurs du "Complot des foudres" de 1605 qui lui tenait à cœur et pour lequel il avait embauché Gerald Vaughan-Hughes, il se rabat sur l’adaptation d’un roman de 1907 de Joseph Conrad (« Le duel »). Inspirés par l’approche visuelle brumeuse de Stanley Kubrick pour « Barry Lindon », sorti deux ans plus tôt, Scott et Vaughan-Hugues s’intéressent aux duels entre officiers de l’armée napoléonienne, notamment ceux restés dans les mémoires qui opposèrent à 30 reprises et sur 19 années, François Fournier-Sarlovèze à Pierre Dupont de l’Etang. C’est au cours de ses repérages en Dordogne que Ridley Scott apprit par le maire de Sarlat que le roman de Joseph Conrad était justement inspiré de cette histoire homérique qui se déroula dans la région. Heureuse coïncidence qui renforça encore la conviction de Scott d’être sur la bonne voie. Pour camper les deux officiers, le choix initial s’était porté sur Michael York et Oliver Reed tous les deux excellents escrimeurs. Mais la Paramount qui finançait le projet enjoignit Scott de choisir parmi une liste de cinq acteurs américains en pleine ascension. Un séjour de trois mois à Hollywood sera nécessaire pour que l’encore jeune réalisateur parvienne à convaincre Harvey Keitel, habitué à travailler avec Martin Scorsese dans des films urbains, de revêtir l’uniforme de l’armée napoléonienne. Le tournage pouvait alors commencer. Tourné presque exclusivement en décors naturels et sans éclairage, le film permet à Ridley Scott qui tient lui-même la caméra de profiter à plein de son expérience de réalisateur de films publicitaires pour maximiser les effets de lumière tout en s’adaptant à la topologie des lieux et au climat alors automnal de la région qui lui complique la tâche. On suit la quête insondable des deux hommes dont ceux-ci perdent assez rapidement le sens, si tant est qu'ils ont su un jour qu’elle en avait un. L’épopée du général Bonaparte devenu Napoléon ponctue ce duel qui, parti de Strasbourg en 1800, traverse l’Europe de l’Est pour s’achever en 1816 à Paris alors que l’empereur déchu est exilé à Saint Hélène. En cinq étapes et autant de duels où les armes varient à plaisir (épée, sabre, pistolet, charge à cheval), Scott relate l’état d’esprit du moment des officiers qui se répartissent entre fanatiques de l’empereur comme Gabriel Féraud (Harvey Keitel), officier issu du rang ou pragmatiques qui tel Armand d’Hubert (Keith Carradine), noble de souche, regardent par-delà une aventure expansionniste parvenue dans une impasse. Malgré leur différence, un lien indéfectible tenant tout à la fois de l’orgueil, du dépassement de soi et d’une lutte de classe inavouée, les amène à se rechercher pour l’un et à ne pas se dérober pour l’autre. Autant de tableaux sublimes où la nature magnifie ces joutes inutiles qui résument assez bien la difficulté de l’homme à dépasser son instinct de mort qui à travers les siècles l’a conduit souvent au pire y compris dans les dommages qu’il a fait subir à Dame Nature avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui. La scène finale où Gabriel Féraud contemple la vallée après son dernier duel en dit long sur le doute qui l’assaille, arrivé au terme d’une obsession qui ne l’a mené nulle part. Harvey Keitel, le petit gars du Bronx, en lieu et place métaphoriques de l'empereur, il fallait y penser et surtout oser ! "Les duellistes" est assurément l’un des plus beaux films qui soit. Certains ont reproché à Ridley Scott la joliesse de ses images. Comme si la beauté était vide de sens. On notera la présence furtive de Pete Postlethwaite en barbier et la participation amicale d’Albert Finney qui campe le ministre de la Police, Joseph Fouché toujours prêt aux accommodements. Au total, Ridley Scott est l'un des plus grands réalisateurs du demi-siècle écoulé.
chef d'oeuvre incontesté du cinema ! ce film n'est évidemment pas fait pour les ados boutonneux adeptes des Star wars et autres niaiseries du genre. L'ambiance du film est telle que pendant 1h40 on a l'impression de vivre l'époque Napoléonienne comme si on y était.
Avec son premier long-métrage sorti en 1977, Ridley Scott marque les esprits. Le soin apporté à la photographie et la mise en scène fait déjà preuve d’une grande maitrise artistique. En nous plongeant dans la période napoléonienne, l’histoire raconte l’acharnement de deux soldats (Harvey Keitel et Keith Carradine), qui pour des raisons d’honneur, se battent en duel à chacune de leur rencontre. Si le scénario semble répétitif, la montée en puissance du récit constitue une belle réussite avec en toile de fond l’ascension puis la chute de Bonaparte. Bref, une œuvre dramatique et historique efficace.
Film d'époque de Ridley Scott, dans tous les sens du terme (1977), les Duellistes porte sans aucun doute la marque de son réalisateur : bien que le budget soit modeste et que l'absence d'effets spéciaux modernes nécessite une forme de créativité pour parvenir à recréer le 19e siècle français, je n'ai pu m’empêcher d'admirer la qualité étonnante des décors et de la photographie en milieu naturel. Au-delà de cet aspect, le duel entre les personnages incarnés par Harvey Keitel et Keith Carradine fonctionne parfaitement, et on se retrouve au final avec une oeuvre un peu décousue, mais plaisante et immersive.
Bien que l'histoire en elle même soit différente, ce film semble être une version alternative de Barry Lyndon, cette fois réalisée par Ridley Scott. On retrouve en effet malgré la différence dans la chronologie des deux films, de grandes ressemblances comme les affrontements, l'esthétique et l'histoire. Ce film réussit cependant ce que Barry Lyndon ne parvient pas à faire : donner un contenu intéressant au spectateur. L'histoire est parfaitement simple, mais le jeu des acteurs y est tout à fait correct (mention spéciale à l'énorme Harvey Keitel), bref un bon film.
Quel sujet nase : deux officiers de l’armée napoléonienne se querellent pendant 15 ans pour une sombre histoire d’honneur et se livrent à plusieurs duels . Voilà pour l’histoire ! Autant dire que ce n’est pas passionnant, même si le dénouement donne une bonne morale à l’ensemble. Heureusement c’est très bien filmé avec une excellente reconstitution d’époque et des acteurs convaincants, et on suit en arrière plan l’épopée napoléonienne mais ensemble bof.
Mais que voulait donc réaliser Ridley Scott?! Car s'il s'agit d'un drame, que de situations, regards et dialogues (notamment sur les éternuements) ridicules! Quel manque d'enjeux scénaristiques (dénoncer l'honneur à tendance d'hubris?) et de profondeur psychologique (deux hommes aux réactions politiques diverses l'un enflammé l'autre taciturne)! S'il s'agit d'une parodie burlesque, quelle lourdeur dans la mise en scène! Que de longueurs avec ces amourettes insipides! Certes, le réalisateur joue sur la nuance d'un duel à l'autre tout en soignant la photographie avec des séquences dignes de tableaux mais cela ne suffit pas à rendre le film intéressant...
Un chef-d'œuvre! La retranscription de l'époque est parfaite et la photographie du film incroyable. On y retrouve la perfection esthétique et artistique habituellement recherchée par le réalisateur. Pas de fioriture même temporelle. Le scénario est simple et fluide. Un chef-d'œuvre mais aussi une œuvre d'art. Indispensable!
1800 dans l'armée napoléonienne, le lieutenant d'Hubert est chargé d'aller informer le lieutenant Feraud qu'il est aux arrêts pour avoir blessé un homme lors d'un duel. Ce dernier se sent attaqué par d'Hubert et le provoque à un duel. Suite à cette confrontation sans réel motif, les deux se battront en duel chaque fois qu'ils se croiseront, la haine et l'amertume s'accumulant dans un passif de plus en plus lourd. Premier film de Ridley Scott, de 1977, le film paraît de ce point de vue-là très actuel. Les dialogues, la narrations, sont plutôt efficaces, et visuellement, costumes et image sont de qualité. Le film pâtit cependant d'une certaine lenteur, alors que le film ne fait qu'une heure trente.
spoiler: Sur fond de guerres napoléoniennes, deux officiers français, après que l'un estime avoir été gravement offensé, s'affrontent dans un duel à l'épée qui se soldera par une blessure. Durant plusieurs années, ils vont de nouveau s'affronter à plusieurs reprises à chaque foi que leurs routes se croiseront au hasard des mouvements des troupes armées. Ces duels récurrent ne pourront prendre fin que par la mort de l'un des deux.
La terrible rancune d'Harvey Keitel contre Keith Carradine, qui n'a d'autres choix que d'accepter les duels qui lui sont imposés, est donc le fil rouge dans cette histoire qui nous montre les trajectoires de deux officiers de l'armée napoléonienne 25 ans durant, mêlant judicieusement une histoire de haine personnelle et l'histoire de la France, une petite histoire et l'Histoire.
Ridley Scott a réalisé un film sur l'honneur de deux hommes qui se traquent des années durant, dans une très belle mise en scène directement inspirée de Barry Lyndon, sorti quelques années auparavant, sur fond de guerres napoléoniennes. Si les films de Ridley Scott ont souvent péchê par la faiblesse de leur scénario (blade runner), ici il n'en n'est rien. The duellists est un excellent film, tant sur le plan de l'histoire que de la mise en scène, la reconstitution historique et le jeu des acteurs.
Premier film de ridley et premier coup de maitre. Certainement un des meilleurs film de son réalisateur. A 40 ans Ridley Scott nous réalise un film historique d'un homme stupide, completement conditionner par un code d'honneur dont l'origine est d'une stupidité sans nom. L'histoire d'un duel sans fin entre deux hommes. Le film nous rapelle par certain aspect Barry Lindon de Kubrick, tant par l'histoire que la splendide photo du film. Malgré le film sois redondant dans les scènes et s'ennuit absolument pas dans ce film. Un chef d'oeuvre a voire absolument.
Faussement inspiré de Barry Lyndon et donc de Kubrick, Ridley Scott bien avant Alien et Blade Runner, film Keith Carradine et Harvey keitel dans ce film d'époque bien respecter mais le film est un peu plus ennuyeux et moins captivant que son modèle, les personnages n'ont pas assez de profondeur et la fin est décevant tant que je m'y attendais à plus épique, dommage le scénario était de bonne qualité.
Je suis en tout point fort impressionné par le premier long métrage de Ridley Scott. Si la dualité des protagonistes se manifestent avec autant de retors c'est vers la caméra qu'il faut tourné l’œil pour prendre source du conflit. L'histoire se développe à mesure, le récit passionne de bout en bout et surtout Ridley Scott ne part pas dans la quête vaine de la reproduction à l'identique. On s'évite donc tout développement trop appuyé pour pouvoir se centrer sur la querelle de ces deux personnages que tout oppose. La fresque est toutefois très prenante, l’esthétique du film est très soigné et maîtrisé, les séquences prennent donc encore plus de poids. Keith Carradine et Harcey Keitel se livre duel avec dévouement, le premier m'a en particulier beaucoup intéressé. Très envie de revoir quelque films du genre.
j'ai fait de la reconstitution entre 2005 avec le bicentenaire d'Austerlitz jusqu'en 2015 , celui de Waterloo . entrant ainsi dans la peau des protagonistes sans pour autant les départager vraiment . c'est le film culte pour tous les amateurs comme moi de la période impériale , bien loin devant Bondarchuck . il y a quelques années , j'ai voulu retrouver tous les lieux de tournage du film ... et les ai retrouvés avec beaucoup d'émotions !
Un bon film. Il manque toutefois un peu de souffle dans la narration. Pour autant, l'attention est fortement captivée : les images et la mise en scène sont maîtrisée, les acteurs sont excellents et l'histoire racontée est originale. On passe un bon moment.