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Un visiteur
5,0
Publiée le 13 juillet 2023
parce que j'aime le cinéma italien, j'aime Visconti, Alain Delon, Claudia Cardinale, Annie Girardot. parce que j'ai pleuré. parce que c'est magnifique. et parce que j'ai jamais autant haï un personage que celui de Simone
En 1960 c'est un film d'un auteur: Visconti célébré par la critique avec un partage d'acteurs français et italiens. Une démiurgie absurde avec des talents de mise en scène, lente pour accentuer les effets et la musique qui ponctue des scènes anormalement dramatiques ; les deux personnages principaux le salaud et l'ingénu sont tout simplement peu crédibles et par là inintelligent juste une forme d'art abscons sinon abject dans ses côtés sordides. Mais en tout cela rien n'a changé ou si peu dans un cinéma névrotique, moraliste et pseudo populaire.
O tempora O mores ... Il y a 60 ans ce type d interprétation pouvait passer mais là j' en riais. Théatrale au possible , la gestuelle excessive, quasiment tous les acteurs surjouent. La scène de l' esclandre familiale a provoqué mon hilarité ! Qui croit encore à cette mise en scène là, à ce jeu d ' acteurs ? Simone est affublé de tous les vices ( voleur, brutal , menteur , violeur ) alors que Delon est un bisounours. La palme de la mauvaise interprétation revient à la propriétaire de la lingerie , dont la postérité n a pas retenu le nom ( et c 'est tant mieux ) . Qui va croire que Nadia se prostitue dans un lieu complètement à l' écart de tout chalandage ? Ce cinéma là n 'est plus crédible à mes yeux en 2023 ; certains films supportent bien l épreuve du temps mais Rocco et ses frères n ' est pas de ceux-ci .
Un chef-d'oeuvre évidemment, qui renouvelle le genre de la tragédie en l'adaptant à la chronique sociale de l'Italie de 1960. La distribution est remarquable - on peut d'ailleurs s'étonner que certains des acteurs n'aient pas eu la carrière qu'ils semblaient mériter. La construction du film, en cinq blocs dédiés à chacun des cinq frères, le service militaire de Rocco formant en son milieu une sorte d'ellipse, est exemplaire. On peut se demander si ce film est encore au goût du jour, à vrai dire il est si intense qu'il peut sembler un peu éprouvant à regarder - on ne s'ennuie pas une seconde. Mais une claque, assurément.
Chef-d’œuvre du cinéma italien - avant que les Berlusconi de tout poil ne le fassent mourrir - tourné par un des plus grands, Luchino Visconti. Il serait dommage, comme le font beaucoup de critiques, de réduire ce film à un monument du néo-réalisme italien. Ça en est assurément une belle illustration mais il y a aussi de la tragédie grecque, du Corneille, du Dostoïevski et beaucoup de romantisme dans ces personnages d’une famille d’émigrés du sud de l’Italie vers Milan qui se disloque dans la société nouvelle d’après-guerre. L’histoire imbrique le malheur social et la violence qu’il engendre, l’amour, la rédemption, la fragilité humaine. \> Tout est réussi au plus haut niveau : la mise en scène et sa symbolique omniprésente, la science du cadrage, la photographie noir et blanc magnifique, la musique somptueuse de Nino Rota, la richesse des personnages. Lesquels sont interprétés extraordinairement, les deux principaux, Annie Girardot et Alain Delon, étant transcendés par la direction du maestro Visconti. \Un monument du cinéma.
Je n'ai pas grand-chose à ajouter à ce que d'autres critiques diraient mieux que moi. Le film contient des scènes touchantes par le sentiment de fraternité, de pureté, qui s'en dégage (le dialogue au café), des scènes presque sublimes (celle sur le toit de la cathédrale, la scène finale entre Simone et Nadia), mais aussi, peut-être parce que je le regarde avec un œil moderne, une théâtralité outrée qui touche souvent au ridicule. Pour moi, qui affectionne particulièrement le thème du pardon, et qui parviens à le comprendre dans les films de Lars von Trier, je suis resté dubitatif devant la facilité avec laquelle Rocco pardonne tout à son frère presque immédiatement, sans le moindre reproche, tout en proposant des « solutions » immondes pour Nadia. Je n'ai pas pu suspendre mon incrédulité, selon l'expression consacrée, et cela m'a rendu cette figure christique impossible à concevoir autrement que comme un personnage de fiction.
S'il fallait un film-étalon pour juger un chef-d'oeuvre, ce serait "Rocco et ses frères". On y trouve une distribution prestigieuse, une histoire à la fois sociale et mélodramatique, une réalisation virtuose, une image magnifique et un montage parfait (voir le montage parallèle entre le combat de boxe que livre Rocco et l'altercation entre Nadia et Simone). Il en ressort un film d'une justesse et d'une intelligence rare sur l'âme humaine, qui fait oublier les rares longueurs inévitables sur près de trois heures
Une fois passée l'introduction rébarbative par l'âpreté de la mise en scène néo-réaliste et le surjeu de la mater dolorosa, les thématiques se dessinent entre poids familial et entraves sociétales cependant que l'intrigue tisse sa toile à travers cinq portraits d'hommes liés par deux femmes principales, la mère et la putain, dans une bichromie soulignant les deux axes de vies a priori difficilement conciliables, incarnés par le démoniaque Simone d'une part et l'angélique Rocco de l'autre dont les excès sont condamnés par leur responsabilité partagée dans le sacrifice de la femme amoureuse. Porté par la mélancolique musique envoûtante de Nino Rota et des jeux scéniques symboliques le film bénéficie d'un trio de comédiens incarnés, chacun se faisant l'allégorie respectivement de la brutalité, de la candeur et de la lumière, toutes soumises au destin auquel peut-être le benjamin saura échapper, une fois libéré du regard omnipotent de la caméra. Dense.
Un excellent drame social d'abord avec l'hostilité Nord/Sud qui existe encore aujourd'hui en Italie et puis familiale ensuite avec une fraternité déchiré par des relations amoureuses.
Deuxième film de Visconti que je découvre après le merveilleux « Guépard » et deuxième grand film. « Rocco et ses frères »est un film naturaliste et intemporel sur le déracinement et la reproduction sociale. On y suit en effet une fratrie qui a fuit l’Italie du sud avec leur mère pour Milan dans l’espoir d’une vie meilleure qui sera déçue. Le film est clair, tire sa force de sa limpidité et de son interprétation sans faille (avec notamment un Delon dont je ne suis pas le plus grand fan mais qui est ici admirable). C’est un film qui est aussi d’une grande beauté plastique, alors qu’il se veut le plus crédible possible, il magnifie toutes ses scènes « naturelles ». C’est beau, c’est fort, c’est grand.
Un film qui a très mal vieilli… Je ne sais si cela est dû à son inexpérience ou à une mauvaise direction de la part du metteur en scène (Visconti), mais Delon est particulièrement mauvais dans son interprétation. Et le autres acteurs n'arrivent pas davantage à rattraper le manque de crédibilité de ce film !
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1,0
Publiée le 3 mai 2021
Une pauvre femme italienne quitte la campagne pour s'installer à Milan avec ses fils. Bien qu'une partie du film soit consacrée à chacun des cinq frères l'accent est mis sur Delon (le saint) et Salvatori (la brute). Delon est si sensible qu'il a les larmes aux yeux si le vent souffle trop fort. Il y a une scène ridicule où les deux acteurs se battent pour une prostituée. Le film couvre plusieurs années et il semble au départ que Visconti va présenter chaque événement banal avec des détails atroces. C'est une corvée d'assister à trois heures d'épisodes aléatoires de scènes de boxe ennuyeuses et de mélodrames embarrassants. Presque tout les acteurs sur jouent dans cette histoire. Au-delà de quelques belles images en noir et blanc et d'un travail de caméra adéquat je n'ai pas vu grand-chose d'autre qui justifie même de loin toute cette agitation autour du film. J'ai entendu dire que Visconti était un grand metteur en scène de théâtre mais réaliser des films pout le cinéma est une autre affaire. Au moins Rota apporte une belle partition musicale a ce mélodrame bien trop long...
Je n'ai pas grand-chose à dire. Le film parle de lui même, il te dit tout ce que tu as à savoir sur les personnages c'est qu'ils ressentent et ce qu'ils pensent
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5,0
Publiée le 14 avril 2021
Maître en l'art de diriger les acteurs et fidèle à une vision similaire du mèlo conçu comme le reflet critique d'une sociètè, Luchino Visconti rèallise avec "Rocco e i suoi fratelli" un chef d'oeuvre, une illustration admirable et sombre de l'èmigration prolètarienne du sud de la Pèninsule vers Milan! Examen minutieux d'un noyau familial dans l’Italie d’après-guerre qui s'exprime en une sèrie de scènes parfois très dures, allant fatalement jusqu'au crime! Avec ce film, Visconti impose plus que jamais son style! La pauvretè, l’innocence, l'amour, la haine, la fatalitè se mêlent en un ensemble exceptionnel où les acteurs s'y dètruisent à nu! Alain Delon avait 25 ans et sortait de l'èblouissant "Plein soleil". Avec ce rôle fragile, douloureux, èmouvant, il devint une vèritable star! spoiler: Les larmes nous tombent des yeux dans la scène du viol, coupantes comme des lames! Renato Salvatori & Annie Girardot, eux, se surpassent comme il ne l'ont jamais fait, accomplissant une exceptionnelle performance que les critiques vont saluer! Immense film du cinèma italien et du cinèma tout court avec la musique sublime de Nino Rota...