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4,0
Publiée le 6 mars 2021
La réalisation de David Lean La Fille de Ryan est une œuvre cinématographique exceptionnelle. C'est un drame romantique qui se déroule dans un petit village sur la côte irlandaise. L'humeur des villageois est aussi changeante que les vagues qui s'écrasent sur le rivage. David Lean utilise la mer pour créer un effet dramatique en alternant entre les villageois et la mer elle-même. John Mills dans le rôle de Michael l'idiot curieux du village est superbe alors que nous le regardons jouer avec une boîte d'explosifs. Sarah Miles joue Rosy déchirée entre l'amour pour son mari instituteur irlandais (Robert Mitchum) et une passion débridée pour un officier britannique nouvellement arrivé. Je pense que les scènes les plus belles étaient celles des hautes falaises et des larges plages où Rosy marchait souvent seule avec la marée montante. Malheureusement les empreintes de pas dans le sable pouvaient révéler ses secrets les plus intimes...
quelques momoents poétiques : le parapluie au début, les coquillages d'une taille qu'on ne trouve plus, la couleur des vagues, la musique est très belle, l'actrice principale est super, par contre les passages religieux ne servent à rien, les scènes du quotidien sont ennuyantes à mourir, mais le film fait très vieux et périmé.
Une belle et longue romance. Emma Bovary dans les magnifiques paysages Irlandais. On retrouve ici tout Lean, celui intimiste des premiers films et celui des grands drames historiques. Des images poétiques, parfois langoureuses, parfois brutales. Les pièces s'assemblent méticuleusement. Lean s'y connait en fresque. Le drame se joue d'abord insidieusement, puis sournoisement pour finalement éclater. Du grand art. Peut être peut on trouver la première heure un peu trop langoureuse, mais à vrai dire elle donne toute sa force à ce qui va suivre. Le film prend réellement toute sa plénitude quand "Emma" s'amourache du beau et perturbé capitaine. On ne transige pas avec la beauté. Quand on la tient, ses exigences sont bien peu de chose.
Encore l'exemple d'un pays envahi (l'Irlande en 1916) impliquant donc une justice à deux vitesses, ça pour certains & "ceci" pour les autres, une police corrompue et de certains de ces collaborateurs et délateurs malsains; tels qu'on les voit souvent dans ce genre de drame. La fille qui tombe amoureuse de celui qui ne faut pas pourra rappeler les romans d'Albert Cohen, comme l'infantilisation et le harcèlement sous-jacent et psychologique pour faire cesser tout rapport et implication.
Vraiment un très beau film signé par le grand David Lean ("Le pont de la rivière Kwai", "Lawrence d'Arabie"..). Un souffle épique et romanesque, des paysages somptueux et des acteurs éblouissants.
Film réalisé quatre ans après le Docteur Jivago, La fille de Ryan fut l’un des plus décrié du réalisateur. La fille de Ryan constitue à la fois une continuité et une rupture dans la carrière du réalisateur. Après les superproductions telles que Le pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie ou le Docteur Jivago, David Lean revient à une forme de cinéma plus personnel dans un film qui peut paraitre léger, parfois ennuyeux voir incompréhensible tant la trame peut paraitre simple au premier abord par rapport aux productions précédentes. La fille de Ryan est pour certains un film énigmatique et pour d’autres le dernier chef d’œuvre du cinéaste. Résumé l’intrigue du film en une phrase ou deux c’est dénaturer le film. Dans l’Irlande des années 1915, Rosy Ryan, fille du barman d’un village épouse un instituteur. La rencontre d’un officier britannique envoyé en garnison sur la côte irlandaise après avoir combattu dans les tranchées va bouleverser la vie de Rosy qui va s’éprendre de l’officier britannique alors que le mécontentement des Irlandais contre l’Angleterre ne cesse de monter. On a ici des personnages qui vivent une histoire très simple, sont entrainé dans une passion que l’incompréhension amènera à la haine et qui, tout comme Youri Jivago et Lara, sont emportés par les évènements qui ébranlent leurs vies, des éléments, qui comme une tempête en mer, nulle ne peut maitriser. La légèreté et le romantisme de Rosy se trouve confronté à une violence sourde et destructrice ajoutée à l’incompréhension et à l’hostilité. Lean oppose ici la beauté et la violence des hommes à celle de la nature, la scène de tempête constituant le point d’orgue du film. Chaque scène est construite et filmée de façon méticuleuse, rien n’étant laissé au hasard dans la structure du décor. Robert Mitchum laisse ici l’une de ses plus belles prestations.
L'Irlande au début du XXe siècle, véritable oeuvre d'art déposée sur la pellicule, une femme romantique et passionnée dans une contrée non moins passionnante. C'est de la peinture britannique pure, une histoire digne des récits chantés par les ballades irlandaises, une historie d'amour tourmentée et émouvante à souhait. La condition des gens, et principalement des femmes dans cette Irlande de la belle époque, contexte de crise, mais c'est dans ce contexte que naît la passion, entre ciel ennuagé et mer, verts pâturages et chemins sans fin, la poésie de ce film est sans pareille. David Lean signa un autre grand chef d'oeuvre avec ce film, démontrant si besoin était qu'il fut un très grand réalisateur. L'art cinématographique porté comme une toile où l'on aime s'égarer...
Un très beau film, doté d'un souffle élevé, et d'un romantisme qui ne sombre jamais dans la sensiblerie que le sujet pouvait apporter.
On regrettera que la musique de très haute facture soit parfois totalement inappropriée, je pense à l'annonce de la pendaison ou à la scène de lynchage public, deux scènes illustrées par une musique joyeuse et grandiloquente absolument déplacée.
Les décors des plages d'Irlande sont stupéfiants de beauté, et le jeu des acteurs fin et pénétrant.
Et quelle surprise d'apprendre que le film fait plus de trois heures, car le temps défile sans qu'on ne le voit passer.
Un casting un peu malheureux ternit la majestueuse réalisation du maître Britannique. Autrement, c'est constamment magnifique. "Un petit bijou", confia t-il.
Après "Le Pont de la rivière Kwai", "Lawrence d'Arabie" et "Le Docteur Jivago", David Lean livre sa 4ème grande fresque historique à mi chemin entre cinéma anglais intimiste de ses débuts et les films à grands spectacles qui ont fait sa renommé. Et "The Ryan Daugter" n'a rien à leur envier. Sur fond de guerre civile irlandaise durant la premiere guerre mondiale, une tragique et passionnante histoire romantique sûblimé par la photographie somptueuse de Freddie Young et les très beaux thèmes de Maurice Jarre. La mise en scène de David Lean est toujours aussi belle et les acteurs parfaits. Un chef d'oeuvre de plus qui fût fraichement acceuilli par la presse à sa sortie et désormais reconsidéré à sa juste valeur.
Un beau film, original, où se mêlent une quantité de thèmes autour de l'intrigue principale qui peut n'être finalement qu'un simple fil conducteur si on a envie de s'intéresser à tous les détails qui gravitent autour et à côté. Un film qui parle de la force et de la faiblesse des hommes, de l'amour et du mépris, de la beauté et de la laideur, de la souffrance et du bonheur, de l'égoïsme et du don de soi, et plein d'autres choses encore... Images superbes. Scénario soigné. Acteurs convainquants, y compris les seconds rôles. Le contexte de la première guerre mondiale vécue en Irlande nous apporte une vision bien différente de celle que nous voyons plus couramment dans les films. A voir.
Ce film me laisse mitigé. Autant j'ai adoré cette peinture d'une société irlandaise sous la première guerre mondiale, ses paysages, ses habitants, autant la première partie du film m'a semblé extrêmement longue. Le coup du vaudeville prévisible en somme. Mais la seconde partie plus vivante et plus psychologique m'a enchanté. Ce film reste néanmoins à voir car tout est beau : réalisation, photographie, musique, jeu d'acteur...même si je doute que beaucoup supporte certaines scènes qui traînent en longueur.