Une oeuvre qui est considérée comme mineur dans la carrière du grand Kurosawa. Mais au vue du résultat, je veux bien consommer du mineur tous les jours venant de ce cinéaste. Disons que le terme "méconnu" serait plus approprié. Alors qu'on pouvait légitimement s'attendre comme le fait penser le début à une critique en avance sur son temps patati-patata... de la presse à sensation qui se soucie peu de la vérité ainsi que de la vie privée, il y a de cela dans ce film bien sûr mais à mi-parcours on part surtout sur le cas innattendu de l'avocat minable du plaignant partagé entre l'appât du gain et ses remords. Une description dostoïevskienne auquelle l'acteur Takashi Shimura révèle magistralement toute la faiblesse de son personnage avec une telle conviction qu'on ne peut qu'avoir envie de le gifler un bon coup et de lui dire de redevenir un homme. Toshiro Mifune est remarquable comme à son habitude mais cette fois c'est surtout Takashi Shimura que l'on retient. Quand à la mise en scène d'Akira Kurosawa, son élégance visuelle et l'efficacité de sa réalisation font encore des merveilles. Il suffit juste pour exemple de voir les scènes de prétoire pour voir qu'on a vraiment affaire à un cinéaste exceptionnel. Mineur, peut-être mais c'est loin d'être évident, méconnu, sans conteste, mais brillant ça c'est sûr.
Un film moderne sur la presse à scandale, le nom de paparazzi ne va faire son apparition que 10 ans plus tard. le scénario reste un peu trop prévisible.
Le sujet du film est d'une modernité folle, les dérives de la presse (presse a scandale) étaient déjà bien présentent dans le début des années 50 au Japon. La mise en scène est vive et les dialogues sobres. Le ton passe de l'humour gentil à une mélancolie et jusque parfois de la noirceur. J'ai bien aimé aussi le fait que le personnage principal change en cours de récit.
Un Kurosawa très intéressant et surtout très actuel égratignant le business de la presse à scandale dès 1950 ! Toshiro Mifune impose sa classe et son charisme naturels à l'écran dans un scénario toujours aussi bien écrit. Takashi Shimura, éternel second rôle de Kurosawa est aussi très bon dans ce personnage d'avocat médiocre essayant d'entretenir sa fille atteinte de tuberculose. Le génie du maître est de créer des histoires simples avec des personnages complexes sans jamais tomber dans le "patho" ou l'eau de rose, créant une multitude d'émotions et de réflexions. Du grand art...
Peu de temps après le remarquable Chien Enragé, Kurosawa propose Scandale, où il est question d'un peintre et d'une jeune chanteuse piégés par un journal à sensation qui va créer une idylle inexistante entre eux.
Si Scandale est loin d'être considéré comme un Kurosawa majeur, ce serait tout de même dommage de s'en priver tant le metteur en scène de Rashomon démontre à nouveau un véritable savoir-faire, sachant faire ressortir tous les intérêts et la richesse des enjeux et personnages. Bénéficiant d'une réelle qualité d'écriture, tant pour les dialogues que personnages ou avancement de l'histoire, il mène avec brio son récit, jusqu'à une dernière partie réussie et teintée d'émotion.
Il semble diviser son histoire en deux parties distinctes, l'une où il est question d'une pique envers les journaux à sensation et l'autre, plus intéressante, où il va s'intéresser à l'avocat et son dilemme moral, où sa fille malade sera forcément en jeu. C'est sur ce point-là que Kurosawa se révèle réellement intrigant et passionnant, où l'avocat va être face à sa culpabilité et réfléchir entre l’appât du gain et ses remords. On ressent toute la richesse qui se cache derrière ainsi que l'humanisme dont le metteur en scène des 7 Samouraïs fait preuve.
L'oeuvre reste moins forte émotionnellement vis-à-vis de ce que Kurosawa a pu proposer dans son cinéma, mais elle n'en reste pas moins particulièrement captivante et prenante de bout en bout, avec une intensité qui s'accentue au fil des minutes dans la seconde partie. Comme souvent, il montre une réelle élégance derrière la caméra et visuelle, c'est tout simplement remarquable tandis que Takashi Shimura est brillant, sachant bien retranscrire ses dilemmes et une certaine vision de ce que c'est que "d'être un homme".
Akira Kurosawa signe avec Scandale une oeuvre assez méconnue mais particulièrement intéressante et riche, notamment lorsqu'il s'intéresse avec humanité aux dilemmes moraux et aux devoirs de l'homme.
Dix ans avant La Dolce Vita de Federico Fellini, Akira Kurosawa signe ce film admirable sur l'univers impitoyable de la presse à scandales. Chef d'oeuvre, visuellement impeccable et scénaristiquement passionnant, Scandale n'a malheureusement pas trouvé le succès auprès du public européen : il faudra attendre Rashomon, le film suivant de Kurosawa, pour que suive la consécration occidentale. Un film sur la dignité humaine, thème que peu de cinéaste ont exploré avec autant d'acuité. En cela, le personnage de l'avocat demeure emblématique : d'abord lâche et corrompu jusqu'à la moêle, il s'avère au final honnête et courageux ( la prestation de Takashi Shimura est extraordinaire ). Le film navigue autour d'un scandale sulfureux pour finalement plonger vers l'essentiel : la rédemption. On peut remarquer que cette fable optimiste est astucieusement réalisée ( notamment dans son utilisation pertinente du hors champ ) et qu'elle permet aux acteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes ( incroyable Toshiro Mifune, autre acteur fétiche de Kurosawa ). Pour ma part, un magnifique Scandale. Incontournable.
Sujet toujours d'actualité 60 ans après, l'immense Akira Kurosawa nous offre sa réflexion sur le pouvoir de l'image à travers ce simple fait divers de la presse à scandale. Critique de l'influence occidentale lors du contrôle américain d'après guerre, on retrouve tout le talent exceptionel de la mise en scène de cet artiste hors norme sublimé par l'émouvante préstation de son acteur fétiche: Toshiro Mifune. On ne s'en lasse pas!
Kurosawa signe un film qui reste encore d'actualité sur les ravages de la presse à scandale. Il y a un peu trop de longueurs mais l'ensemble est très réussi.
Un jeune peintre que le tempérament vif expose aux calomnie de la mondanité fait la rencontre d’une célèbre chanteuse sur un chemin perdu, au sommet d’un mont. Entre eux deux se lie une simple amitié. Devant l’innocence de leur rapport, les «nouveaux médias à scandale» invente une relation qu’ils publient dans un des premiers journaux people japonais. «Shubun» (Japon, 1950) d’Akira Kurosawa synthétise les prémisses esthétiques de l’œuvre du cinéaste avant qu’il se propulse dans les sommets du grand art (avec notamment «Rashômon» et «Shichinin no samurai»). Les quartiers insalubres d’«Yoidore Tenshi» sont repris, de même que le sentiment envahissant de justice qui régnait d’ores et déjà dans «Shizukanaru ketto». Le film de Kurosawa, reclus sur un trio en même temps qu’il aborde un véritable phénomène de société, présente les médias et leur force comme le vecteur d’une déliquescence, d’un abus de pouvoir et d’une perte de moralité. La moralité, et la façon dont elle s’accomplit par les faits, est un des sujets qui préoccupe le mieux le cinéma de Kurosawa. Jusque dans ses films les plus commerciaux, comme «Tsubaki Sanjuro», Kurosawa infiltre les questions de morale dans les actes des protagonistes en les soumettant à la tragédie de leur condition. Le sentimentalisme qu’on peut, bien souvent à tort, reprocher à Kurosawa est une nécessité pour transcender le statut des personnages, le contexte dans lequel ils évoluent et la manière dont ils agissent au rang des drames shakespearien. Assimiler Kurosawa, comme Welles, à Shakespeare n’est pas innocent. La contemporanéité de «Shubun» le distance quelque peu de cette dimension mais ne porte pas moins les protagonistes à une lutte des valeurs sur le terrain de l’éthique. Le père avocat Hiruta interprété par Takashi Shimura a l’allure de guide dans cette lutte. Il caractérise à lui seul l’affront que se livrent les journaux mondains calomnieux et les célébrités soucieuses, à juste titre, de leur image.
"Scandale" fut tournée juste avant la reconnaissance occidentale de Kurosawa avec "Rashomon" son film suivant. Il resta longtemps méconnu ou invisible et ne fut redécouvert qu'après la mort cinéaste. Son sujet sur la presse à scandale n'a pourtant pas pris une ride et reste d'actualité encore aujourd'hui. Il fut produit au Japon alors que les autorités américaines controlaient encore le pays avec de nombreuses restrictions quant aux sujets des films en projet. Il reste un film réussit même si Kurosawa avoua que le sujet lui échappa, l'histoire personnelle du personnage de l'avocat pris le dessus sur son intention initiale de faire une critique des tabloïdes.
70 ans après son tournage, «Scandale» reste d'une brûlante actualité. Avec son acuité habituelle, Akira Kurosawa y évoque les dégâts d'une presse vampirisant la vie privée des gens pour générer du profit et avilir ses lecteurs, à l'aide de méthodes toujours utilisées de nos jours, à savoir la falsification, le mensonge et la diffamation.
Un jeune artiste (Toshirô Mifune) peignant sur le flanc d'une montagne se propose de reconduire sur sa moto une jeune inconnue égarée (Shirley Yamaguchi). Hélas, il ignore que c'est une célèbre vedette de la chanson et que des journalistes peu scrupuleux les ont suivis, les photographiant à leur insu et répandant dans la presse à scandale la fausse rumeur de leur liaison.
Les deux jeunes personnes font alors appel à un avocat (Takashi Shimura, dans l'un de ses plus grands rôles, particulièrement complexe et émouvant) pour les défendre devant un tribunal. Mais leur avocat s'avère complètement corrompu par la partie adverse, lâche et faible, miné par la maladie qui ronge sa fille (lumineuse Yôko Katsuragi), qu'il aime par dessus tout.
Le récit s'oriente alors vers le combat de l'avocat véreux contre lui-même et les journalistes qui l'ont soudoyé pour perdre le procès. « Scandale » est donc bien plus qu'un plaidoyer contre la presse de caniveau, c'est aussi une bouleversante réflexion sur la confiance et la dignité de l'homme face aux tentations diverses et aux aléas de la vie. Une réflexion sur l'éthique individuelle doublée d'une chronique sociale, un des genres de prédilection de Kurosawa, digne héritier de Dostoïevski.
Comme toujours chez Kurosawa la mise en scène est moderne et sublime, la photographie et le montage sont parfaits... Tous les ingrédients de ce long métrage en font une œuvre touchante et passionnante, un film essentiel et hélas, bien trop méconnu dans la filmographie du cinéaste nippon. Quel dommage que ce long métrage soit aujourd'hui introuvable dans le commerce, une réédition s'impose !
Qu'il fut bon de quitter le Japon médiéval deux heures durant. Kurosawa est souvent reconnu pour les quelques films qu'il a réalisé sur les samouraïs, mais "Scandale" nous prouve qu'il était tout aussi fort ailleurs! Une affaire médiatique dans un Japon contemporain, où sont montrées du doigt les exagérations de la presse à scandale lorsqu'ils s'agit de la vie intime de célébrités. Au delà du procès et de la presse, "Scandale" est un film qui traite des grands sentiments humains. spoiler: On y retrouve la confiance, la culpabilité, le deuil et l'amour . Toshirô Mufine et Takashi Shimura font la paire dans ce duo mémorable et nous apporterons un jolie lot d'émotions. Ils confirmeront cette entente 4 années plus tard avec le chef d'oeuvre d'Akira Kurosawa "Les 7 Samouraïs".
Les temps changent mais pas les murs. Dès la moitié du siècle dernier, et sûrement bien avant, comme ce film en est le témoin, existaient les paparazzis, les journaux à scandales, et un public toujours prêt à récolter des informations croustillantes sur les stars quils affectionnent. Ici, Toshiro Mifune, joue le rôle dun jeune peintre, qui, parce quil sest montré attentionné envers une jeune inconnue qui savère être une chanteuse renommée, va se retrouver en première page dun magazine à sensation, étiqueté comme lamant de la jeune femme. Furieux il décide donc de porter un procès et prend pour le défendre un avocat minable et lâche, porté sur la boisson, et père dune adorable fille clouée au lit par la tuberculose. Tous les éléments du drame humain que Kurosawa affectionne et maîtrise tant sont réunis ainsi que ses deux acteurs fétiches, Takashi Shimura jouant le rôle de lavocat, et une fois encore on nest pas déçu. LEmpereur nous offre une multitude démotions nous menant du rire aux larmes, et ce en plusieurs allers-retours, avec la plus grande justesse. Et encore une fois il montre combien les hommes sont faibles et tourmentés mais comment ils essaient, parfois vainement, de se changer et de lutter contre leur nature. Il profite également de ce film pour montrer du doigt les charognards sans scrupules que sont les journalistes de ce genre de presse et en dépeint un tableau sans concessions. Au final une oeuvre grandiose, pleine de beauté et de mélancolie, qui atteste une nouvelle fois du talent incroyable de Kurosawa.(+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)