: Un Chabrol , encore plus féroce que d’habitude, plus cynique, on est parfois plus proche de Mocky , voir même avec la scène d’ouverture d’un film néo-gore.
Il y a au départ une description assez classique, Chabrolienne, de la bourgeoise de province, des non-dits, des interdits avec ici l’opposition entre la bru issue de milieu modeste, girl et la famille de son mari le beau Jean Claude Drouot , issu de la haute bourgeoisie , magnifiquement représenté par son père ,Michel Bouquet au sommet de son art, impeccable démontrant son mépris de classe. Jean Claude Drouot, acteur culte de « Thierry la Fronde » icone pour toute une génération de petits français, qui ne fera malheureusement pas une grande carrière au cinéma, a un rôle un peu passif quoiqu’assez intense dans la dernière demie heure.
Jean Pierre Cassel dans un rôle de fourbe machiavélique est excellent, touchant même à la folie dans la dernière partie, quel grand acteur.
A noter un second rôle très intéressant pour Annie Cordy , chanteuse, mais qui donne ici une dimension, profonde à son personnage. Jean Carmet, Duchaussoy et Catherine Rouvel excellents dans leur petit second rôle respectif.
L’intrigue se met bien en place, monte en puissance accompagnée d’une musique exceptionnelle de Pierre Jansen qui amène une touche oppressante, voire fantastique à ce film qui serait sinon un peu fade dans sa première moitié. Quel maître.
Mais c’est surtout cette dernière demie -heure qui basculera vers le fantastique, l’onirique, des images de rêves, de cauchemars, des effets de couleurs , il y a un côté presque surréaliste , complètent atypique dans le cinéma de Chabrol, on est plus proche de Buñuel , voire même de Robbe Grillet , c’est très beau , envoutant, et les scènes finales sont complètement ensorcelantes.
Stéphane Audran un peu effacée au début prend son envol et nous éblouit de son talent, affichant une variété de jeu assez surprenante, sortant de sa zone de confort ..