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2,0
Publiée le 4 mars 2018
On retrouve les classiques de Melville : les bons, les méchants et les brutes (les méchants sans honneur). Les personnages sont de pures icônes de leur catégorie, sans réel soucis de vraisemblance. Ils accomplissent le destin auquel leur catégorie les a prédestiné. On a donc un film, à l'ancienne, mais ayant beaucoup vieilli, notamment à cause de son rythme très lent.
Dernier film en noir en blanc de Jean-Pierre Melville avant la trilogie Le samouraï/Le cercle rouge/Un flic avec Alain Delon et L'armée des ombres, œuvre dans laquelle il retrouvera Lino Ventura, Le deuxième souffle est un polar solide et brillant dans lequel se révèle une nouvelle fois le talent incroyable du génial cinéaste. Tous les plans sont sublimes et chaque scène est millimétrée. Adapté d'un roman de José Giovanni, le long-métrage décrit dans une atmosphère unique l'évasion et la cavale d'un gangster qui n'hésite pas à tuer lors de ses braquages mais qui possède un code d'honneur en train de se perdre dans le milieu de la pègre. Il est porté par des acteurs géniaux – Paul Meurisse dans le rôle d'un inspecteur à la personnalité originale est au cœur d'un plan-séquence extraordinaire dans lequel il pose les questions et fait les réponses après sont arrivée dans un bar mafieux où un homme vient d'être abattu. Totalement melvillien, c'est-à-dire juste sublime.
Emblème incontournable du cinéma de Jean-Pierre Melville, Le Deuxième Souffle ne s'engage pas seulement dans un cinéma de gangster classique mais dans une sorte d'hybride entre le cinéma noir Américain et les obsessions de son auteur. Melville ralentit (un peu trop) volontairement l'acte, le silence pesant et ses mouvements de caméras lents et stricts lui permet de refléter le fonctionnement froid mais pourtant très ordonné monde des criminels dans lequel Lino Ventura est un membre renommé conscient de son code moral. Les personnages évoluant de l'autre côté de la loi forment tous une sorte d'organisation d'affranchis aux règles tacites qui lui permet d'entraider ses membres comme une grande famille. Même la police incarnée par Paul Meurisse fait partie de ce monde de truands dans son comportement mais agissant seulement pour une autre raison, dans les deux camps que ce soit policiers ou gangsters, trahir les préceptes éthiques, même entre ennemis, est un crime qui doit être puni. Melville les place tous sur un pied d'égalité sans faire de jugement moral. Le seul à être une figure de "protagoniste" n'est autre que Ventura, vieux de la vieille respectueux du code, par pour le maintien d'une bonne entente mais par règle de vie. Une plongée lente et riche dans un monde d'ombres, du grand polar.
Chef-d’œuvre ! Un très bon polar que Melville transforme en tragédie moderne. Tout est parfait : mise en scène sobre mais maîtrisée, interprétation de haute volée, dialogues justes, ambiance, rythme. Rien ne cloche. À ne pas confondre avec le piètre remake d’Alain Corneau avec Daniel Auteuil et Monica Belucci.
Un polar génial un noir et blanc superbe des acteurs très bon et un Paul Meurisse stratosphérique Une intrigue assez simple même si certains s y ont perdus??? sans doute trop habitués aux nanars américains pour ados ou l on explique au moins 3 fois les choses Un étonnement quand même la scène de torture à l eau à été modifiée et très "allegee" pour ne pas déplaire à la police d aujourd'hui ??
Encore un très grand film de Melville, qui à coup sûr a inspiré d'autres réalisateurs par la suite. Tout ce qui fait la force d'un bon film noir est présent. Ambiance, gangsters à l'ancienne, flics roublards (Paul Meurisse est exceptionnel) et des dialogues remarquablement bien écrit.
Un polar signé Melville pour se relaxer après une bonne journée, ca ne fait jamais de mal. Lino fait du Ventura, solitaire comme un caid fidèle à sa famille dans tous les sens du terme. Meurisse campe un commissaire rusé et fort soupconneux quant aux méthodes de ses collègues marseillais. Le noir et blanc sied bien à ce polar noir. Cadré au cordeau, l'essentiel y est, les années soixante un peu viellottes, certes on n'atteint pas le sublime du Samourai, mais on ne peut pas manger tous les jours de la langouste. TV 1 - novembre 2017
Un gros film de JP Melville . Tout y est déjà, un climat pesant, un rythme Zen et distancié, et des acteurs magnifiquement dirigés. Ventura et Meurisse ( un acteur trop oublié) absolument excellents. L'intrigue est bien construite . Un moment de cinéma intense.
Dans ce polar froid et tendu, Melville prend son temps pour analyser les comportements des protagonistes. Il n’y a pas que l’action qui compte (à tel point que l’action sanglante n’a lieu qu’au bout d’1h30 de film), mais surtout la façon dont les évènements intègrent un certain code d’honneur que chacun des protagonistes s’acharne à faire respecter. Interprétation assez magistrale et film passionnant.
Personne ne m’empêchera pas de penser que le neuvième long métrage de Jean-Pierre Melville a un goût d’inachevé : il manque quelque chose. Quelque chose d’essentiel. Lorsque je vois la tendance générale des internautes, je me dis que je vais me faire envoyer sur les roses, et vous auriez sans doute raison. Mais essayez d’imaginer le même film… avec des dialogues de Michel Audiard… Ah oui, hein ? De suite ça le fait davantage ! Pourtant ce n’est pas mal écrit, loin de là. Mais les dialogues de José Giovanni sont parfois inégaux. Oh ! je ne dis pas que "Le deuxième souffle" n’est pas bien, surtout pendant la première heure durant laquelle on retrouve tous les codes du polar noir. Mais je n’ai pu m’empêcher de penser aux bons mots de Michel Audiard. Nous avons toutefois quelques bonnes banderilles verbales, notamment à travers Paul Meurisse à qui on a prêté un humour caustique, notamment lors de sa première intervention : spoiler: en tant qu’inspecteur Blot, le voir se foutre crânement de la gueule des truands est un grand moment de cinéma. Malgré un scénario relativement classique, Melville nous amène dans le monde des truands, un monde où la confiance ne se gagne pas en un claquement de doigts, où la trahison est sévèrement punie, où le langage corporel (les positionnements, les regards échangés souvent sans aucune équivoque remplaçant avantageusement toute réplique), et où le maniement d’armes est pour ainsi dire naturel, si naturel qu’on pose parfois les flingues comme on pose les clés sur le premier meuble venu quand on rentre chez soi. Si Meurisse nous régale dans un premier temps, le duo Constantin/Ventura prend un temps le dessus, bien que le regretté Michel n’apparaisse finalement qu’assez peu. C’est dommage, parce qu’il dégage une présence folle, toujours droit dans ses bottes, quelles que soient les circonstances ! D’ailleurs peu de répliques lui ont été attribuées, et c’est dans la gestuelle qu’on voit que la paire qu’il forme avec Lino fonctionne le mieux. Le tableau n’aurait pas été complet sans la présence de la très belle Christine Fabrega : telle une femme du monde aux jambes joliment gainées de bas-couture, elle apporte du charme, voire même un certain glamour. Sans compter qu’on aime se perdre dans la couleur claire de ses yeux, en dépit d’un regard souvent inexpressif. A croire dans ces moments-là qu'elle n’a d’yeux que pour la fameuse ligne bleue des Vosges, point imaginaire à fixer utilisé au théâtre pour garder la tête droite. Je vous l’ai dit : tous les codes du polar noir sont là, ce qui rend le film assez prévisible. A plusieurs reprises, j’ai senti venir la scène suivante. Seulement Melville n’a pas fait les choses simplement : il y a mêlé une pointe de dramaturgie, m’évoquant de façon succincte dans sa trame "La métamorphose des cloportes" que j’ai découvert récemment. Le rythme est lent, souvent sans musique, mais cette lenteur est maîtrisée pour la rendre hypnotique par une mise en scène soignée et un cadrage millimétré de tous les instants. De plus, la mise en images est d’une qualité rare pour un film en noir et blanc, avec de superbes contrastes obtenus par un éclairage lui aussi maîtrisé. C’est ainsi que nous suivons tout au long de ces 143 minutes sans véritable ennui tous ces acteurs d’une étonnante sobriété car ils n’en font jamais trop, même si on commence à sentir que ça fait un peu long sur la fin.
A l'époque, le film était sans doute bien meilleur et la présence de Lino Ventura, Michel Constantin et Paul Meurisse y est pour quelque chose. Cependant, aujourd'hui, trop de longueurs... Le hold-up remontre un peu le rythme avec la traque policière. Les acteurs sont bons et le film est soigné et bien ficelé, les acteurs sont dans le ton. Dommage qu'il y ait tant de discussions et de scènes d'attentes. Le final est moins bien que dans le remake, pour moi.
C'est vraiment avec Le Deuxième Souffle que la seconde vie de Melville commence, celle des polars noirs épurés où l'action et la tragédie sont privilégiées face aux dialogues et potentielles lourdeurs inutiles.
Dès les premières secondes avec l'évasion, il nous fait rentrer au coeur du récit en nous faisant suivre le périple de cet évadé où amitié, dignité, trahison, police et honneur vont être au rendez-vous. Pas d'histoire d'amour ou de complexité inutile, Melville va à l'essentiel et cela il le fait à merveille, bénéficiant d'un scénario adapté de José Giovanni parfaitement ficelé et mettant en place une ambiance sombre, parfois trouble, toujours prenante et de plus en plus fataliste et tragique.
Il orchestre donc son récit avec brio, trouvant toujours le bon équilibre et sachant nous immerger au centre du récit pour mieux y ressentir la noirceur, la violence du milieu et la tragédie. Il axe son film sur Gu, ne cherchant pas à le juger malgré des actes criminels mais préférant observer le milieu du crime, ainsi que celui des flics, et les relations qu'il aura avec son entourage et ceux qui vont être mêlés à ses affaires. Tout le long il place un soupçon d'ambiguïté sur lui, ainsi que l'ensemble des personnages d'ailleurs, et l'une des grandes réussites du film viendra de son opposition avec le flic (immense Paul Meurisse). Il fait ressortir, sans artifice, toute la complexité et les sensations des protagonistes, notamment Gu à qui un formidable Lino Ventura offre présence, force et émotion.
Jean-Pierre Melville propose une oeuvre très épurée, avec une mise en scène parfaite et millimétrée, laissant peu de place aux hasards et rendant son récit captivant de la première à la dernière seconde. Le rythme lent est adéquat à la façon de faire de Melville qui donne une intensité de plus en plus forte, jusqu'à un final mémorable et inéluctable. Il opte toujours pour le ton juste alors qu'il mêle plusieurs intrigues en même temps pour finir par les regrouper, tandis que sa science du cadrage et du détail participe pleinement à cet immense édifice qu'est Le Deuxième Souffle.
Pour l'anecdote, le film devait d'abord être tourné en 1964 avec Serge Reggiani, Simone Signoret, Lino Ventura ou encore Roger Hanin dans les rôles respectifs de Ventura, Christine Fabréga, Paul Meurisse et Marcel Bozzuffi, mais ce premier projet fut abandonné, malgré les contrats signés, à cause de problèmes financiers (ainsi qu'un autre projet similaire où Jean Gabin était impliqué).
Jean-Pierre Melville commence une nouvelle phase dans son cinéma avec Le Deuxième Souffle, dans un style plus épuré et direct, servi ici par une ambiance sombre, intense et tragique où le metteur en scène de Le Doulos orchestre son récit avec brio et grand talent, bien aidé par d'immenses comédiens.
Gustave Minda, aussi appelé « Gu » s'évade de la prison de Castres et à peine rentré sur Paris décide de faire un dernier coup : attaquer un fourgon transportant pas moins de 500kg de platine. « Le Deuxième Souffle » est le film qui modifia totalement la carrière de Jean-Pierre Melville, après le succès obtenu, celui-ci est devenu le maître du polar à la française, le maître du film d'hommes à la française tout en s'appuyant sur les modèles américains. Et pourtant, bien que charnière dans son, ce « Deuxième Souffle » n'est pas le meilleur film de Melville. Deux raisons à cela. Premièrement, l'intrigue du film met beaucoup, voire trop de temps pour se mettre en place. Du coup, dans ces conditions, il n'est pas évident de captiver celui qui regarde. Deuxièmement, le film souffre d'un rythme étonnamment inégal. Surprenant, car d'habitude les films de Melville ne présentent pas ce problème… Autre surprise : elle se situe au niveau des acteurs cette fois-ci. Si Paul Meurisse est tout simplement à un niveau de jeu stratophérique, Lino Ventura paraît en dedans, limite effacé par instants. S'il reste bon, il est toutefois moins performant qu'à l'accoutumée et pourtant ce rôle lui allait vraiment comme un gant. Mais bon, d'un côté il faut dire que Meurisse est un vrai ouragan et ne laisse que des miettes. Considéré comme un classique du cinéma français, « Le Deuxième Souffle » ne laisse pourtant pas de souvenirs impérissables. Du même Melville et dans un registre similaire, préférez plutôt « Le Doulos » ou « Le Samouraï » qui sont de véritables pièces maîtresses du genre.
"A sa naissance, il n'est donné à l'homme qu'un seul droit: celui de choisir sa mort. Mais si ce choix est commandé par le dégout de la vie, alors son existence n'aura été que pure dérision". Le Deuxième Souffle est le film le plus fataliste de Melville. Dès l'apparition de cette citation en début de film, on comprend que Gu et son code de l'honneur n'ont plus leur place dans le Milieu d'après-guerre. Dès lors, on suit la trajectoire torturée de ce personnage vers sa fin tragique et inéluctable. Sur le plan technique, c'est quasi parfait: la distribution est sensationnelle (Lino Ventura et Paul Meurisse au top), l'intrigue est d'une fluidité exemplaire malgré sa complexité et la réalisation épurée mettra tout le monde d'accord. Un des plus grands polars français!