Stéphane est en pleine crise affective et comme condamné à ne pas ou plus aimé, Maxime aime Camille, et cette dernière aime Maxime mais elle préfère Stéphane. Les positions sont simples, et elles ne changeront à aucun moment du film. En effet, les personnages agissent de façon tout à fait normale en fonction de l'étiquette (très solidement fixée) qu'ils portent. Sans surprise et sans passion, ce film de Claude Sautet est finalement bien triste, sinistre même, que ce soit dans sa maigre originalité formelle ou dans son scénario d'une extrême platitude. "Un cœur en hiver" est un pur drame, austère mais sans génie, et qui s'oublie une fois le générique terminé. Après cela, on a qu'une seule envie: voir du cinéma, du vrai.
Beaucoup trop de longueurs dans ce film et trop de musiques dont il eut pu être fait usage avec plus de modération. Un malaise persistant plane tout le long de ce film somme toute assez banal et on s'ennuie, on s'ennuie... Seuls les comédiens semblent croire à ce qui n'est pas une aventure, mais à un récit au scénario soporifique.
Un film envoutant à la mise en scène sobre et clair. Claude Sautet met ici en scène le prototype même du film français classique. La mise en scène est d'une grande sobriété mais toute en finesse et en délicatesse. Le tout est servi par une histoire touchante et des personnages assez intéressants, même s'ils n'évoluent pas beaucoup. Parfois un brin sur écrits, les dialogues sont parfois assez convenus et sans reliefs, mais le tout est rattrapé par le charme immense des acteurs. Daniel Auteuil, tout en retenue est assez touchant et Emanuelle Béart est renversante.
On a du mal à se laisser convaincre par cette opération de séduction par la froideur, et le film tombe un peu dans son propre piège d'apathie. Dommage, car il est bien écrit et très musical - peut-être trop animé par la sophistication au détriment de la spontanéité ?
Un coeur en hiver, mon premier Claude Sautet, et bien je ne sais pas trop quoi en penser, une romance assez originale et psychologique, un peu difficile à cerner au départ, malgré tout nous avons là une histoire intéressante même si pas follement passionnante, de plus le casting est parfait, Emmanuelle Béart superbe et Daniel Auteuil jouant un personnage complexe sans émotion. Voilà en bref un bon film, bien travaillé, soigné, en plus la bande son est un régal. Sans être une perle ça reste bon.
Avant dernier film de Claude Sautet qui livrera son dernier souffle en 2000, "Un Cœur en Hiver" nous fait suivre Maxime et Stéphane, deux amis qui travaillent ensemble dans un atelier de lutherie puis Maxime tombe amoureux d'une jeune violoniste, qui ne laisse pas indifférente Stéphane. Il s'est d'ailleurs inspiré de la vie du compositeur Maurice Ravel.
"Un Cœur en Hiver" brille d'abord par sa qualité d'écriture avec une histoire qui ne tombe jamais dans la caricature ou dans le pathos, c'est d'ailleurs dans un style très "Bergman" mais c'est surtout réussi au niveau des personnages. Stéphane dont on ne sait jamais les sentiments et à quel jeu joue t-il, d'ailleurs il parait être émotionnellement handicapé, face à lui cet envoutant objet de désirs dont les rencontres commencent par leur commun amour du violon... Il donne une véritable dimension psychologique à son récit et laisse toujours planer le doute vis à vis de Stéphane.
Côté interprétation, Daniel Auteuil est troublant et énigmatique tandis que Béart est envoutante. Si André Dussollier est un peu en retrait vis à vis des deux autres, il n'en est pas moins impeccable.
Un beau film, cruel et mélancolique, doté d'une bonne qualité d'écritures et d'excellentes interprétations.
Même si la mise en scène de bonne facture permet d'éviter le ratage, le personnage joué par Daniel Auteuil est beaucoup trop tarte pour que l'histoire soit crédible.
Même si le triangle amoureux est intéressant et les acteurs classieux, "Un cœur en hiver" n'est absolument pas transcendant, voir même un peu trop mou pour réellement nous passionner voir nous intéresser! Sautet s'entête a mettre des discours et dialogues pseudo philosophiques, faussement intellectuels, qui, lorsqu'ils ne sont pas à la limite du ridicule, reste d'un ennui non relatif! Les acteurs bien que prestigieux et talentueux, interprètent des personnages vides et offrent des prestations monocordes assez fades qui mériteraient une bonne ouverture pour éviter les personnages terriblement coincés auxquels ont a eu droit... Dommage l'histoire avait un bon potentiel, la technique n'est pas mauvaise, et une certaine ambiance planait la dessus, mais il manque une ferveur, une effervescence, une passion pour mettre un bon coup d'accélérateur dans ce film...
Un film délectable, une bonne tranche de France bourgeoise. Je pense que tout un tissu psychologique et sociale est ici déployé au profit du d'un "climax" subtil et puissant. Je ne conêt pas les intentions de l'auteur mais je pense que le film les surpassent.
Un triangle amoureux sensible et cruel, dans lequel brille le couple à l époque, Daniel Auteuil et Emmanuel Béart. César du meilleur réal pour Claude Sautet.
La musique classique est au centre du film. « La musique c'est du rêve » déclare Stéphane (Daniel Auteuil), c'est-à-dire qu'elle est sans conséquence. La vraie vie Stéphane est incapable de l'affronter. Il s'est construit un univers personnel dont les sentiments sont absents. Parce que les sentiments c'est de l'attachement, c'est de la souffrance. Il ne ressent aucune émotion pour Camille dont le métier de violoniste la conduit naturellement à l'émotion : à travers la musique, et les rencontres humaines. Stéphane répare les instruments, très autocritique envers lui-même, il a abandonné le conservatoire. Il n'est donc pas devenu musicien, mais artisan : son goût pour les automates renvoient bien à ce vide qui l'habite, sa vie sans chair, sans amour, sans émotion du moins envers les autres. J'ai pensé que le personnage allait se suicider à la fin : coincé dans son enfermement, son cœur hivernal, que rien ne vient éveiller. Inaptitude à éprouver de l'amour, handicap émotionnel. On peut croire qu'au début il est pervers, «démystifier les sentiments » les renvoyer à leur mensonge, s'amuser de séduire, pour combler un vide qu'il sent en lui sans se l'avouer, comme si l'autre, ici Camille, était un instrument, l'absorber pour sentir vibrer en lui une musique. C'est un vampire.
Un bon film de Claude Sautet avec trois excellents acteurs. Daniel Auteuil est parfait en homme froid et retranché dans son atelier, Emmanuelle Béart joue bien le rôle qui lui est donné et André Dussollier, récompensé d'un césar pour ce film, est excellent dans ce rôle de spectateur. Une mise en scène sobre mais efficace. On reste un peu sur notre faim avec ce dénouement un peu calme mais disons qu'on reste sur le même tempo tout le long du film.
Depuis "Quelques jours avec moi", avec le même Daniel Auteuil, Claude Sautet marque une rupture nette avec ses sujets "sociologiques" des années 70. Que ce soit ici, dans ce "Coeur en hiver", dans "Quelques jours..." et plus tard dans "Nelly et Mr. Arnaud", le ton est plus grave, plus austère, plus mélancolique, plus froid et profond que ces réussites passées. Peut-être parce que ces trois derniers films traitent des mêmes sujets: la solitude, le sentiment d'être étranger au monde et l'incommunicabilité des sentiments déclinés sous différents points de vues. Dans "Un coeur en hiver", le personnage central incarné par Auteuil est une énigme à lui tout seul: Stéphane s'est construit une routine sécurisante avec son "meilleur " ami et associé Maxime (André Dussollier) -"partenaire", rien de plus, dit-il à Camille (Emmanuelle Béart)- mais ne semble toucher par rien. A peine son travail de luthier semble lui procurer quelques émotions et satisfactions. Il semble accepter le jeu des conventions sociales par aspect purement utilitaire et par peur de se retrouver seul, mais n'hésite pas à se montrer froidement cynique et provocateur vis-à-vis de qui bon lui semble. Seul Lachaume (émouvant Maurice Garrel), son père spirituel et professeur, semble trouver grâce à ses yeux. C'est également le seul qui semble comprendre qui est Stéphane sous cette gangue hermétique. Maxime, le fidèle, lui, accepte Stéphane tel qu'il est, mais n'a jamais chercher à résoudre l'énigme Stéphane et n'a jamais tenté de le remettre en question. En somme, la routine utilitaire de la relation lui sied tout autant qu'à Stéphane... Camille "bouleverse" tout. Emmanuelle Béart, à son avantage, n'est jamais aussi bien que quand elle incarne des femmes passionnée et fougueuse, portée par des sentiments brûlants et destructeurs. L'énigme Stéphane la fascine et l'attire irrémédiablement. Ils sont l'anti-thèse de l'un et de l'autre. Ce dont "semble" jouer ironiquement et volontairement Stéphane. Je dis bien "semble" car le jeu de Daniel Auteuil, porté par l'oeil et la direction de Sautet, est d'une infinie subtilité. C'est même du grand art. La mise en scène épurée et sobre, privilégiant les plans longs, appuie sur ses regards qui en disent bien plus longs sur lui que le discours qu'il tient. C'est par son regard d'ethnologue de l'âme humaine que Sautet parvient à nous livrer une part de Stéphane. Les nombreux silences et non-dits appuyés par des regards signifiants sont autant d'informations pour le spectateur. La force de Sautet, c'est de toujours prendre le spectateur pour quelqu'un d'intelligent, il ne tombe jamais dans la démonstration ou le dialogue de trop, jouant avec finesse le décalage entre le verbalisé et ce que le personnage ressent. Beaucoup de ses films reposent sur cette construction et ce sentiment. L'intrigue est rectiligne, le personnage central est scruté par la caméra jusqu'à la moëlle, sans pour autant trahir ses secrets et ses zones d'ombres, jouant du décalage dont je viens de parler. Sautet filme la solitude comme personne, surtout ici. Car au bout du compte, Stéphane est seul au milieu de tout le monde, il s'en est exclu volontairement tel un misanthrope au regard lucide, dure et acéré, souvent cruel, mais qui en se réfugiant dans sa tour d'ivoire souffre horriblement et s'empêche d'aimer pour se protéger de la souffrance. Car dans le fond, il les aimes tous, il a vraiment eu le coup de foudre pour Camille, il se culpabilise de faire mal à Maxime, admire Madame Amet (Myriam Boyer) et Lachaume, à beaucoup de tendresse pour Hélène (Elisabeth Bourgine) mais se convainc lui-même d'être un personnage froid et antipathique, qui fera tout pour se faire détester de tous. La solitude face à la maladie, la souffrance et la mort est aussi abordée avec le personnage de Lachaume - c'est d'ailleurs cela qui fait "réagir" Stéphane -. Ne dit-il pas à Camille, lors de la scène de fin (dans une brasserie - lieu récurent dans les films du réalisateur), "je croyais n'aimer que lui mais c'est le contraire". Tout est dit en une phrase.